Compte-rendu de mission de recherche Université de Cambridge du 10 mai au 10 août 2021

Le Service « Enseignement supérieur, recherche et innovation » de l’Ambassade de France au Royaume-Uni offre chaque année la possibilité à des chercheurs confirmés établis en France de séjourner au Churchill College à Cambridge pour une durée allant de 3 à 10 mois, afin d’effectuer une activité de recherche dans toutes les disciplines.

Les chercheurs retenus participent à toutes les activités du Churchill College en tant que French Government Fellows, soit comme By-Fellows, soit comme Overseas Fellows, selon leur niveau académique ainsi que la durée de leur séjour.

Malgré le biais sciences dures du College (voulu dès son origine à la fin des années 1950), des candidats venant des ‘humanités’ sont les bienvenus et la parité est une priorité. Le projet de recherche soumis m’a valu l’honneur d’être un des trois lauréats pour l’année 2020-2021 et nommée Overseas Fellow.

Je remercie à ce titre le Ministère des Affaires étrangères (les offres sont à chercher sur le site diplomatie.gouv.fr et auprès des Ambassades – Londres, Washington, Berlin etc.) et l’Ambassade de France à Londres, et tout particulièrement, M. Eric Tabuteau, attaché de coopération scientifique et universitaire au service enseignement supérieur, recherche et innovation, pendant mon séjour.

Le projet prévoyait d’utiliser la proximité des collections d’archives des Colleges de Cambridge (Churchill, King’s, Trinity, St John’s) et de l’Université de Londres pour compléter les informations sur l’un, voire deux, des collectionneurs de livres rare d’histoire économique, contemporains d’Auguste Dubois, professeur à Poitiers, et de commencer la rédaction d’un ouvrage consacré à l’histoire collective de ces collectionneurs.

Malgré le séjour écourté (réduit de six à trois mois par les aléas de la pandémie et des interdictions de voyage), la mission de recherche a été productive. La rédaction, qui a été retardée par le report de la consultation des archives, est en cours.

  • Accueil et organisation du séjour

La bourse attribuée par l’Ambassade couvre le logement, dans un appartement F3 avec cour intérieur, au Churchill College, vaste ‘campus’ d’une cinquantaine d’hectares, à 20m à pied du centre-ville, l’un des 31 Colleges, résidences, mais aussi communautés d’enseignants-chercheurs, de l’Université de Cambridge.

Photo : https://www.e-architect.com/cambridge/churchill-college-cambridge

Les appariteurs (Porters) sont aux petits soins, 24/24, et les contacts avec les services administratifs – malheureusement seulement par mail pour cause de travail à distance – sont à la fois cordiaux et efficaces.

Pour un Fellow pendant la période du séjour, tous les repas sont gratuits – aussi bien au restaurant universitaire ou au Senior Common Room, que pour les dîners formels, servis soit dans la salle à manger des professeurs soit dans le réfectoire. Une fois nommé Fellow, on le reste à vie – avec le droit de bénéficier chaque année de quatre nuitées dans les chambres réservées aux invités et de six dîners formels (Dining Rights) et la possibilité d’y convier des invités.

N’étant arrivée que début mai, après mon 2e vaccin, obtenu non sans peine, dès fin avril, j’ai dû néanmoins, selon les règles en vigueur à ce moment-là effectuer dix jours d’isolement, et deux tests PCR négatifs avant d’être ‘libérée’. Cela dit, le pays commençait tout juste à se ‘déconfiner’ permettant l’ouverture des cafés et pubs pour un service en extérieur (avec App code QCR de fréquentation des lieux).

Le campus semblait vide, mais on m’a assuré que la plupart des étudiants (les 1ères années sont tous logées dans les résidences universitaires) étaient revenus, mais sous consignes strictes en constituant des ‘bulles’ entre colocataires des mêmes couloirs. A partir du mois de juin, les consignes devenues moins strictes et les beaux jours ont permis des activités et des rassemblements de plein air.

Les deux premières semaines furent donc consacrées principalement à prendre des contacts, organiser des rendez-vous, demander la réservation de tables dans les centres d’archives et les bibliothèques – un casse-tête, car tous n’étaient pas ouverts, les créneaux étaient réduits, et certaines semaines étaient déjà combles.

J’ai réussi néanmoins, et ce pendant les jours qui ont immédiatement suivi ma sortie de ‘quarantaine’, à rencontrer en ville (car les Colleges n’admettaient pas de ‘visiteurs’), deux personnes qui ont été essentielles par la suite, deux Bibliothécaires/Conservateurs de Fonds importants – Peter Jones et Karen Attar, et à prendre contact avec plusieurs autres, tout en utilisant les ressources en ligne que les archivistes pouvaient m’indiquer.

Photo : King’s Parade. S. Finding

Ont été ainsi organisées des semaines de travail, d’abord à Cambridge, chaque semaine dans le Fonds de l’un des Colleges, puis à Londres au Fonds de l’Université de Londres, et à Oxford, ainsi que dans deux demeures historiques, Stowe et Burghley, pour suivre des pistes qui étaient en attente depuis mes précédents séjours de recherche, dans les archives de la International Institute of Social History à Amsterdam et à la Huntington Library, California.

 

  • Manifestations scientifiques

Pendant les mois de mai et juin, j’ai participé aux manifestations suivantes, pour la plupart en ligne.

  • History of Libraries Research Seminar (@HistLibraries), University of London. Sponsored by @IES_London, @ihr_history, @CILIP_lihg et organisé par Giles Mandelbrote (Lambeth Palace Library); Dr. Keith A. Manley (National Trust); Dr. Raphaële Mouren (Warburg Institute); Professor Isabel Rivers (Queen Mary).

Le 1er Juin, James N. Green (Librarian, Library Company of Philadelphia) a animé la séance sur le sujet de: `Memory, Reason, Imagination: Subject Classification in the 1789 Catalogue of the Library Company of Philadelphia’.

  • Le GIS ‘Book and Print Initiative’, de la Warburg Institute, School of Advanced Studies, University of London (https://warburg.sas.ac.uk/book-and-print-initiative) m’a accueillie pour la présentation faite, le 20 mai, par Laura Cleaver, Senior Lecturer in Manuscript Studies, sur la vente de manuscrits médiévaux anglais à des collectionneurs américains au début du XXe siècle.
  • Lucy Panesar, University of the Arts, Londres, m’a invitée à participer à l’atelier-rencontre en ligne qu’elle animait le 19 mai, https://festivalofempire.myblog.arts.ac.uk/2021/06/04/19-may-roundtable-video/, et de participer activement en proposant une contribution pour le projet autour du Crystal Palace, parc au sud de Londres, où fut hébergé le 1911 Festival of Empire pour le projet de commémoration (https://festivalofempire.myblog.arts.ac.uk/).
  • Et à la demande d’Anny King, Fellow à Churchill et rédactrice en chef du Churchill Review (à paraître), j’ai rédigé un compte-rendu de la conversation entre le principal (Master) du College, Professor Dame Athene Donald, et Chi Onwurah, député travailliste, chargé du portefeuille Numérique, Sciences et Technologie sur les bancs de l’opposition, ,: https://www.chu.cam.ac.uk/about/events/conversations/chi-onwurah-mp/ .
  • Archives consultées :

Dans divers endroits, tous plus beaux les uns que les autres, j’ai pu obtenir de précieux indices et des informations inédites sur les cinq personnes et leurs collections qui forment l’objet de mes recherches.

Kashnor – archives familiales privées – grâce à des recherches généalogiques, j’ai pu rentrer en contact avec des membres de la famille du bouquiniste spécialisé à Londres, fournisseur des trois-quarts d’ouvrages en anglais assemblés par Auguste Dubois, faisant partie des fournisseurs également utilisés par les collectionneurs britanniques et américains qui ont constitué ce corpus spécifique. J’ai pu également visiter la rue, Museum Street, tout près du British Museum, où se tenait son magasin, dans l’un des quartiers renommés pour ce genre de commerce au début du XXe siècle.

Je remercie tout particulièrement Mary Melnyk, petite-fille de Leon Kashnor, pour son accueil enthousiaste et chaleureux, le partage de ses souvenirs, les manuscrits qu’elle m’a permis de consulter et l’accès aux autres membres ayant quelques bribes d’information.

Ces contacts m’ont également permis de solliciter un bouquiniste américain, ami de la famille, qui s’est montré très intéressé par le projet : Rusty Mott of Howard S. Mott, Inc. Rare Books & Manuscripts, Sheffield, MA. (Est. 1936).

Je regrette seulement de n’avoir appris son existence que maintenant, car son établissement se trouve à moins d’une heure de route de New Haven, où j’ai séjourné trois mois en 2014, pour explorer le Fonds d’un des collectionneurs, déposé à la bibliothèque Beinecke, à Yale.  Il m’assure avoir encore du stock du fonds de la boutique de livres rares et anciens que se parents avaient été autorisés à acquérir par les enfants de Kashnor à partir des années 1960.

Au cours de mes recherches je me suis rendue à :

King’s College Archives, Cambridge, les archives de John Maynard Keynes, collègue et ami de H.S. Foxwell, et collectionneur lui aussi d’ouvrages anciens – mais pas d’ouvrages économiques !

Photo : S. Finding

 

Marshall Library, University of Cambridge. Marshall Library Special Collections

St. John’s College Library, Cambridge.

Papers of Sir Joseph Larmor GB 275, The Eagle (magazine du College, dont Foxwell a été naguère directeur)

Photo : S. Finding

 

 

 

Trinity College (Wren) Library, Cambridge, Papers of Piero Sraffa 1905-1983

Photo S. Finding

 

J’ai également utilisé les fonds de la bibliothèque centrale de l’Université de Cambridge, bibliothèque de dépôt légal, pour compléter des lectures de périodiques et d’ouvrages.

Et, bien sûr, j’ai profité du Churchill Archives Centre, qui fait partie du  College, qui contient, comme son nom l’indique, non seulement les archives de Winston Churchill, mais de deux autres premiers ministres britanniques : Margaret Thatcher et John Major, ainsi que la collection British Diplomatic Oral History, la collection Mitrokhin (archiviste du KGB exfiltré en 1992) et tant d’autres.

 

 

Et, à Londres, dans le quartier de Bloomsbury, j’ai utilisé les archives de la Senate House Library, University of London – Herbert Somerton Foxwell Papers.

Photo : S. Finding

 

 

et de la SOAS (School of Oriental and African Studies) National Research Library, University of London, Special Collections – Papers of Sir Charles Stewart Addis

  • Rencontres et contacts:

J’ai déjà mentionné Peter Jones, Fellow Librarian, King’s College Library, et Karen Attar, Curator of Rare Books and University Art at Senate House Library, University of London, qui m’ont tous deux reçue avec intérêt, ont partagé des informations et donné des conseils et des contacts qui m’ont beaucoup aidé par la suite.Un tiroir de classement d’origine appartenant à H. S. Foxwell avec son contenu tel quel. Senate House Library. Photo : S. Finding

-Une collaboration avec Karen Attar s’ensuit avec échange de brouillons d’un chapitre/article à propos d’un des collectionneurs, et discussions autour d’un café sur le sujet. Suite à quoi, j’ai été invitée à participer à un blog de l’Université de Londres : Talking Humanities, School of Advanced Study (https://talkinghumanities.blogs.sas.ac.uk/ – un post récent évoque l’ouvrage de Gustave de Beaumont, L’Irlande sociale, politique et religieuse (1838)-  à propos de l’utilité de certaines archives – en l’occurrence des reçus d’achat de livres et de relieurs se trouvant dans les archives d’un des collectionneurs – pour l’étude de l’histoire du livre.

Parmi ceux et celles avec qui j’ai eu des échanges à propos de ce projet, soit de vive voix, soit par mails interposés, je remercie tout particulièrement les collègues suivants pour leurs éclairages et discussions stimulantes :

-Prof. Eugenio Biagini, Fellow of Sydney Sussex College, Cambridge, qui a accepté d’être mon ‘garant’ pour le projet et de me procurer la lettre d’invitation ;

-Prof. Mark Goldie, FRHistS, Emeritus Fellow de Churchill College, que j’ai également rencontré, aurait pu le faire aussi. Nous fûmes étudiants d’histoire à Sussex à la même époque et avons des connaissances en commun ;

-Professor James Raven, FBA, Fellow of Magdalene College, President of the Bibliographical Society 2020-2022, coordinateur du Cambridge Project for the Book Trust, qui m’a proposé de faire une communication devant ce groupe à l’avenir ;

-Giles Mandelbrote, Librarian and Archivist, Lambeth Palace Library;

-Professor Giancarlo de Vivo, de l’Université de Naples, avec qui j’ai échangé sur mon projet et ses travaux sur un autre économiste de Cambridge collectionneur de livres ancien, Piero Sraffa, qui a connu H. S. Foxwell, A. Marshall, et J.M. Keynes.

J’ai également pu visiter deux demeures splendides, fin juin, puis fin juillet, dont les bibliothèques sont pour l’une intacte et in situ, à l’ancienne, Burghley House dans le Cambridgeshire, magnifique demeure élisabéthaine, regorgeant de meubles, de toiles de maîtres et d’ouvrages anciens ;                  

 

et l’autre, Stowe House, dans le Buckinghamshire, superbe résidence ayant appartenu à des acteurs politiques importants au XVIIIe siècle (les Grenville), dont la bibliothèque et les archives furent vendues, au début du XXe siècle, – et sont certainement passées entre les mains des bouquinistes et des collectionneurs qui nous intéressent.          

Photos : S. Finding

-La visite de Stowe m’a permis d’entrer en contact avec plusieurs personnes supplémentaires :  Anna McEvoy & Susy Pullen, de la Stowe House Preservation Trust ; Jeremy Howard, Buckingham University, ancien commissaire-priseur, historien de l’art et de collections et, Vanessa Wilkie, à la Huntington Organisation (Californie), où j’avais pu consulter les fonds en 2017, mais sans savoir que j’allais encore y avoir recours pour des informations concernant le projet en cours.

L’aide des archivistes, conservateurs et bibliothécaires pour les nombreux documents et livres que je souhaitais utiliser a été précieuse. Mes remerciements vont donc tout particulièrement à:

Alea Baker, Senate House Library Special Collections ; Dr. Patricia McGuire, King’s College Cambridge Archive Centre; Jonathan Smith, Archivist, and Steven Archer, Sub-Librarian, Trinity College Cambridge; Agnieszka Drabek-Prime & Nicola Hudson, Rare Books Superintendents, and David Chapman, of the Reference Department, Cambridge University Library; Dominique Akhoun-Schwarb, Curator of Rare Books and Manuscripts, Special Collections, SOAS National Research Library; et Emma Quinlan, Assistant Librarian (Archives), Nuffield College, Oxford.

Enfin, je dois remercier ceux sans qui tout ceci n’aurait pas été possible, les collègues de Churchill College, en particulier :Professor Dame Athene Donald, DBE, FRS, Master; Prof. Andrew J. Webber, FBA, Vice-Master; Allen Packwood, FRHistS, Director, & Madelin Evans, Archivist, Churchill Archives Centre; Dr Christophe Gagne, Teaching Fellow in French et Helen Johnson, Fellowship Secretary;

et les nombreux collègues et étudiants, toutes disciplines confondues, rencontrés lors des dîners formels qui ont eu à cœur de s’intéresser à ma présence parmi eux, et pour certains de m’inclure dans des activités hors des murs : cérémonie de remise de diplômes, pique-niques, et excursion sur la rivière Cam, jusqu’ à Grantchester, village bucolique, célébré par le poète Rupert Brooke. Ce sont :

Professor Christopher Tout, Dr Alison Ming, Mr Graeme Morgan, Professor Ross Anderson & Shireen Anderson, Professor Peter Landrock & Marianne Landrock, Professor Marcus Kraft, Ms Anny King, Dr Franck Courbon, Dr Ewan Campbell, Rachel Stott, Dr Christopher Hicks, Professor Archie Howie, Professor David Newbery, Dr Graham Dixon & Mrs Rose Dixon, Professor Alison Finch, Dr Liz Soilleux, Dr Paul Russell, Professor Sir Mike Gregory, Professor Douglas Gough, Mrs Natasha Squire.

La page web de Churchill College donne un aperçu de l’environnement intellectuel riche et stimulant créé lors de ces rencontres.

J’ajouterai que les pubs de la ville ont leur propre histoire également très riche. Ce fut à The Eagle que l’ADN a été ‘découvert’, et The Pickerell Inn où C.S.Lewis et J.R.Tolkein, avaient leurs habitudes et s’installaient pour écrire.

 

  • Rédaction entamée

Je reviens le disque-dur plein de notes et de photos, prises dans les archives et bibliothèques que j’ai pu fréquenter, qui sont à présent à exploiter.

La rédaction d’une monographie est néanmoins déjà en voie – les échanges avec les collègues ayant créé le besoin de partager avec eux la partie du projet qui les intéressait – ainsi, l’introduction et deux chapitres sont quasiment terminés, un autre en cours de finition.

Le titre de l’ouvrage et la table des matières, provisoires, sont les suivants :

A Wealth of Rare Books. Collectors and Collections of Political Economy: Academics, Bibliophiles & Antiquarian Bookdealers, 1880-1940, France, Britain and the United States

  1. Introduction
  2. Auguste Dubois and the ‘république des professeurs’.
  3. A wealth of sources: the old book market
  4. ‘The smartest bookseller in London’: Leon Kashnor
  5. Mining for rare books: Henry R. Wagner:
  6. Fellow bibliographer Herbert S. Foxwell
  7. Transatlantic connexions: Edwin R. A. Seligman
  8. Conclusion

 

 

Collectionneurs de livres rares d’histoire économique, contemporains d’Auguste Dubois et leurs collections

Billet publié sur le site consacré au

Fonds Dubois / Dubois Collection

A la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle la vente de bibliothèques privées anciennes réunies par des gentilshommes britanniques a permis aux collectionneurs connaisseurs, érudits ou amateurs, d’acquérir des oeuvres rares d’histoire économique auprès des libraires spécialisés dans le marché du livre ancien ayant pignon sur rue à Londres.

Les recherches menées autour des livres rares d’histoire économique de langue anglaise dans le Fonds Dubois ont mis à jour un réseau restreint de cinq collectionneurs de raretés dans ce domaine à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle : Auguste Dubois, Herbert Somerton Foxwell, E.R.A. Seligman, Henry Raup Wagner et Leon Kashnor.

Le corpus collectif réuni par ces cinq collectionneurs éminents actifs pendant la période 1880 à 1930 constitue les plus grandes collections d’oeuvres dans le domaine de l’histoire des débuts de la science économique en dehors des bibliothèques de dépot légal ou des bibliothèques nationales telles que la British Library et la National Library of Australia.

Ces cinq collectionneurs comprennent un Français, deux Anglais et deux Américains. Trois d’entre eux furent professeurs d’économie :  Auguste Dubois (1866-1935) à l’Université de Poitiers ; Edwin Seligman (1861-1939) à l’Université de Columbia (New York)  ; et Henry S. Foxwell (1849-1936) à l’Université de Cambridge, puis professeur à l’Université de Londres. Ces trois hommes ont tous contribué à l’émergence de leur discipline, fondé des associations et des périodiques pour promouvoir l’étude de l’économie, et, réuni et préservé ce corpus ancien, à l’époque mal estimé.

 

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Le ‘Festival of Britain 1951’ : une certaine idée du Royaume-Uni

Le numéro 20 des Cahiers du MIMMOC est paru.

20 | 2019  Le ‘Festival of Britain 1951’ : une certaine idée du Royaume-Uni

The Festival of Britain 1951: the cultural politics of display
Sous la direction de Susan FINDING

La journée d’études, Londres et le « Festival of Britain » 1951, organisée par Moya Jones et Philippe Chassaigne, de l’Université de Bordeaux-Montaige, avec le soutien de l’EA 2958, CEMMC, et la participation de spécialistes français des études culturelles et politiques du Royaume-Uni, s’est tenue le jeudi 8 novembre 2018. Les articles qui composent ce numéro des Cahiers du MIMMOC reprennent les communications qui y ont été présentées.

Dans les analyses qui composent ce numéro, on retracera le contexte historique et politique, les retombées culturelles (architecture, cinéma et musique), et l’image que renvoient les manifestations et produits associées au Festival (publicités, festivités à Londres et dans les provinces).

Le narratif, le roman national, qui s’en dégage reflète la vision orientée du passé et de l’avenir du pays façonnée par les élites dirigeantes politiques et culturelles en cette période charnière qui clôt les années d’austérité et de guerre et ouvre une période de prospérité.

L’histoire institutionnelle des études de ‘civilisation britannique’ en France

Lors de la Journée d’études ‘Théories et épistémologie de la civilisation’,organisé à la MSHS, à Poitiers, le 5 avril 2019, par la FE2C (Fédération pour l’étude des civilisations contemporaines) réunissant des enseignants-chercheurs des universités de Poitiers, La Rochelle, Limoges et Orléans, j’ai présenté « L’histoire institutionnelle des études de ‘civilisation britannique’ en France ».

La présente contribution est une approche institutionnelle des études de civilisation dans le domaine des études anglophones en France fondées par Monica Charlot, professeur à Paris III. Agrégée d’anglais dès 1959, elle enseignait à l’Institut d’études politiques, où son mari, Jean Charlot fut un éminent politologue. La notice qui lui est consacrée dans Le Monde à son décès en 2006, « pionnière, en France, des études de civilisation, surmontant les murs qui séparent les domaines du savoir en sciences humaines (histoire, philosophie, sciences politiques, économie). Elle est ainsi la première à soutenir une thèse de civilisation à proprement parler. » Sa thèse, La Démocratie à l’anglaise, publié en 1972, dans le droit fil des études sur la spécificité du Royaume-Uni, reprend ainsi le flambeau des auteurs français qui cherchait à comprendre les institutions et l’idéologie du monde anglo-saxonne, à commencer par De Tocqueville, André Maurois, et, plus récemment, les historiens Roland Marx et François Bédarida.

Sous l’impulsion de Monica Charlot, la ‘civilisation’ devient une sous-discipline des études anglaises en France, notamment dans les concours et dans les formations universitaires[1], différenciée des deux autres sous-disciplines reconnues : la littérature et la linguistique. Elle est à l’origine, en 1973, de la création du CRECIB, association membre de la Société des Anglicistes de l’Enseignement Supérieur (SAES). Le CRECIB tient deux réunions annuelles, à l’automne à la Sorbonne, et au printemps, lors du Congrès de la SAES. Il organise des ateliers lors de ce dernier, et subventionne des manifestations organisées par les collègues dès lors que le nombre de participants membres du CRECIB est majoritaire[2]. Impulsant l’entrée de la civilisation comme option dans l’Agrégation à partir de 1977, l’approche lie l’étude des faits historiques et politiques à l’analyse du discours sur les corpus écrits et iconographiques de ces domaines, voire des œuvres de fiction qui ont eu un retentissement sur le monde des idées : par exemple le roman utopique Nouvelles de nulle part de William Morris.

La Revue française de civilisation britannique, créée par le CRECIB au début des années 1980, témoigne de l’approche qui a été adoptée dès l’origine : études politiques contemporaines et historiques, étude des institutions, études socio-culturelles… Elle devint la revue de référence des études de civilisation britannique en France. Dans la lignée des orientations prises lors de la création de cette sous-discipline, sont régulièrement étudiés :

  • le domaine politique : les élections législatives, les référendums, l’action et la philosophie des gouvernements (Thatcher, Blair), les syndicats, la presse, les élites, la monarchie, la citoyenneté, l’État providence, le système éducatif[3];
  • l’histoire et l’évolution de la vie sociale, économique et culturelle : les femmes, les minorités, la jeunesse, la pauvreté, l’emploi, la ville ;
  • des pans de la culture sous une approche historique: la religion, l’art, la musique, le cinéma, le sport, les loisirs ;
  • des moments clés : les Guerres 14-18 et 39-45, la Grande Famine en Irlande, la révolution industrielle ;
  • et les relations étrangères : l’Europe, la décolonisation en Afrique, la ‘Relation spéciale’ avec les États-Unis[4].

Depuis le volume XX (2015), la RFCB est publiée en ligne (open édition) et numérise les anciens numéros. Les directeurs des numéros, présidents et membres du CRECIB, constituent un Who’s Who, une liste des personnes qui ont façonné les études britanniques (Paul Brennan, Jean-Claude Sergeant, Jacques Carré, François Poirier, Michael Parsons…) et qui aujourd’hui continuent d’orienter les études de civilisation britannique en France. Son dernier numéro rejoint les préoccupations de la présente journée sur l’épistémologie des études de civilisation[5].

Un essaimage de sociétés d’études d’aires spécifiques dans les îles britanniques s’est produit par la suite : la SOFEIR (Société française d’études irlandaises) fondée en 1981, publie la revue Études irlandaises[6] ; la Société française d’études écossaises (SFEE) est lancée en 2000[7], alors qu’une revue annuelle, Études écossaises, existe depuis 1992[8].

L’Observatoire de la société britannique est à l’origine un réseau établi par un groupe de collègues tenant un colloque tous les deux ans à tour de rôle. La présentation du réseau par son président, Gilles Leydier, explique l’orientation donnée :  fondé à la fin des « années 80, et regroupant des civilisationnistes des universités du Sud-Est de la France, originellement Grenoble, Clermont-Ferrand, Lyon, et Chambéry puis Aix et Toulon. Les travaux de ce groupe ont porté pour l’essentiel sur les questions sociales. En pleine période de transition entre la société industrielle et la version néolibérale du « post fordisme », il était en quelque sorte naturel que les chercheurs anglicistes français se concentrent sur la thématique de la pauvreté au Royaume Uni. L’Observatoire consacra également beaucoup d’efforts à la réflexion méthodologique sur la discipline, incité par une double sollicitation. D’une part, la civilisation, reconnue comme une des trois composantes des études anglophones depuis son intégration à l’agrégation d’Anglais en 1977, méritait ce regard, et devait notamment penser son rapport avec les Cultural Studies, auxquelles la France est restée relativement imperméable, et avec les sollicitations comparatives. D’autre part les politiques publiques en matière de recherche universitaire suivies pendant les « années Mitterrand », avaient fait accéder la recherche en Sciences de l’Homme et de la Société à l’étape du travail collectif, transition douloureuse car impliquant une rupture avec la tradition littéraire, et le splendide isolement du penseur enfermé dans sa tour d’ivoire. L’isolement du thésard devant son pavé virtuel, l’indifférence de l’intellectuel face aux problématiques issues de la demande sociétale devaient appartenir au passé…[9] »

Le réseau s’est ainsi différencié du CRECIB, par son approche plus axée sur le sociétale et le contemporain – l’objet d’étude étant la ‘société britannique’ plutôt que la ‘civilisation britannique’. Le réseau a commencé à publier la revue OSB, par les soins de l’Université de Toulon, en version papier, en 2006. Elle est passée très rapidement à une version électronique, (Open édition) paraissant un an après la version papier. La revue a permis de doubler l’espace de débat public en France autour des questions de civilisation britannique. Les sujets qu’elle aborde sont des questions d’actualité en France autant qu’en Grande-Bretagne : gouvernance, genre, diversité, signes religieux, services publics et mobilisations de la société civile[10]. Signe d’une certaine convergence actuelle dans les études britanniques, la RFCB publie des numéros thématiques sur des sujets similaires (activisme, citoyenneté, intégration sociale, environnement) et deux promoteurs de l’Observatoire de la société britannique, Gilles Leydier et Jean-Paul Revauger, ont assuré la fonction de Président du CRECIB lors des deux derniers mandats.

Pour conclure, les études de civilisation britannique en France ont été longtemps influencées par leurs origines et leur fondatrice. Son emprunt perdure, et le politique, au sens large, l’emporte. Reste à savoir si les études culturelles et des études à la marge actuellement en civilisation britannique (notamment, la culture et l’anthropologie) seront plus présentes à l’avenir.

Annexe 1

Liste des parutions de la Revue française de civilisation britannique

Volume I, n° 1 AUX SOURCES DE L’ÈRE VICTORIENNE

Volume I, n° 2 RADICALISME ET LIBÉRALISME – ENSEIGNEMENT SECONDAIRE

Volume I, n° 3 (épuisé)LA PRESSE Dir. B. Cassen et B. d’Hellencourt

Volume I, n° 4WELFARE STATE – ESTHÉTIQUE ET PAYSAGE AU XVIIIe SIÈCLE Dir. M. Charlot

Volume II, n° 1 MALTHUS – L’IMMIGRATION Dir. R. Palacin

Volume II, n° 2 LES ÉLITES EN Grande-Bretagne Dir. P. Brennan

Volume II, n° 3 (épuisé) GOUVERNEMENT CENTRAL ET GOUVERNEMENT LOCAL AU Royaume-Uni Dir. R. Palacin

Volume II, n° 4 EMPLOI ET CHÔMAGE EN GRANDE-BRETAGNE, 1979–1983 Dir. M. Babaz, C. Guichard et M. Quéré

Volume III, n° 1 LA VIE POLITIQUE BRITANNIQUE DEPUIS 1945 Dir. M. Charlot et S. Baudemont

Volume III, n° 2 LA GRANDE-BRETAGNE DE L’ENTRE-DEUX-GUERRES FACE À LA MONTÉE DES PÉRILS EXTÉRIEURS Dir. S. Baudemont

Volume III, n° 3 ESTHÉTIQUE ET SOCIÉTÉ Dir. M. Baridon et C. Comanzo

Volume III, n° 4 L’ESTABLISHMENT Dir. M. Charlot

Volume IV, n° 1 INTELLECTUELS ET POLITIQUE EN Grande-Bretagne Dir. B. d’Hellencourt et R. Sibley

Volume IV, n° 2 (épuisé) LA GRANDE-BRETAGNE ET L’EUROPE, 1945–1986 Dir. R. Marx

Volume IV, n° 3 ATTITUDES FACE À LA CRISE EN Grande-Bretagne Dir. J.-P. Ravier et F. Poirier

Volume IV, n° 4 LE SYNDICALISME EN Grande-Bretagne Dir. R. Sibley

Volume V, n° 1 LE CORPS : ÉVOLUTION DES ATTITUDES EN Grande-Bretagne Dir. S. Baudemont

Volume V, n° 2 L’IRLANDE DU NORD Dir. P. Brennan

Volume V, n° 3 (automne 1989) LONDRES Dir. M. Curcurù et J. Carré

Volume V, n° 4 (printemps 1990) LES MÉDIAS EN GRANDE-BRETAGNE : LE QUATRIÈME POUVOIR DEPUIS 1855 Dir. B. d’Hellencourt et J-C.Sergeant

Volume VI, n° 1 (automne 1990) L’ÉDUCATION EN Grande-Bretagne Dir. M. Lemosse

Volume VI, n° 2 (printemps 1991) PAUVRETÉ ET ASSISTANCE EN GRANDE-BRETAGNE AU XIXe SIÈCLE Dir. J. Carré

Volume VI, n° 3 (automne 1991) RELIGION, POLITIQUE ET SOCIÉTÉ EN Grande-Bretagne Dir. S. Dayras et C. D’Haussy

Volume VI, n° 4 (printemps 1991) LE THATCHÉRISME Dir. M. Charlot et F. Poirier En ligne ici

Volume VII, n° 1 (automne 1992) LES ÉLECTIONS DE 1992 EN Grande-Bretagne Dir. M. Charlot

Volume VII, n° 2 (printemps 1993) LA RÉVOLUTION INDUSTRIELLE EN GRANDE-BRETAGNE (1760–1830) Dir. R. Marx

Volume VII, n° 3 (automne 1993) L’IMMIGRATION Dir. B. d’Hellencourt

Volume VII, n° 4 (printemps 1994) LA MONARCHIE BRITANNIQUE Dir. M. Charlot

Volume VIII, n° 1 (automne 1994) LES ÉLITES FONCIÈRES (1750–1846) – LES INNER CITIES DEPUIS 1960 Dir. J. Carré et J-P. Révauger En ligne ici

Volume VIII, n° 2 (printemps 1995) ASPECTS DU XIXe SIÈCLE – ENJEUX CONTEMPORAINS Dir. J.-C. Sergeant En ligne ici

Volume VIII, n° 3 (automne 1995) LA CONQUÊTE DU SUFFRAGE UNIVERSEL (1832–1928) Dir. G. Bonifas En ligne ici

Volume VIII, n° 4 (printemps 1996) LE VOYAGE Dir. G. Guilcher

Volume IX, n° 1 (automne 1996) LA SOCIÉTÉ anglaise EN GUERRE (1939–1945) Dir. A. Capet

Volume IX, n° 2 (printemps 1997) L’ÉCOSSE CONTEMPORAINE Dir. J. Leruez et C. Civardi

Volume IX, n° 3 (automne 1997) LES ÉLECTIONS GÉNÉRALES DE 1997 EN Grande-Bretagne Dir. M. Charlot

Volume IX, n° 4 (printemps 1998) L’ÉTAT-PROVIDENCE Dir. M. Lemosse, A. Kober-Smith, T. Whitton

Volume X, n° 1 (automne 1998) LES ANNÉES WILSON Dir. M. Lemosse

Volume X, n° 2 (printemps 1999) En ligne ici LA NATIONAL LOTTERY Dir. M. Charlot et M. Lemosse

Volume X, n° 3 (automne 1999) L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR EN Grande-Bretagne Dir. M. Lemosse

Volume X, n° 4 (printemps 2000) SPORT ET ENJEUX IDENTITAIRES DANS LES ÎLES BRITANNIQUES Dir. R. Sibley et E. Roudaut

Volume XI, n° 1 (automne 2000) PAUVRETÉ ET INÉGALITÉS EN Grande-Bretagne, 1942-1990 Dir. J.-P. Révauger En ligne ici

Hors série n° 1 (mars 2001) MÉLANGES EN L’HONNEUR DE ROLAND MARX Dir. M. Charlot et R. Sibley

Volume XI, n° 2 (printemps 2001) LE CINÉMA BRITANNIQUE Dir. A.Shepherd

Volume XI, n° 3 (février 2002) TONY BLAIR ET LA RÉFORME DES INSTITUTIONS Dir. J.-Cl. Sergeant *Disponible sur OpenEdition

Volume XI, n° 4 (octobre 2002) LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES DE 2001 AU Royaume-Uni Dir. M. Charlot

Volume XII, n° 1 (décembre 2002) LA « RELATION SPÉCIALE » Royaume-Uni / États-Unis ENTRE MYTHE ET RÉALITÉ, 1945-1990 Dir. J.-Cl. Sergeant En ligne ici

Volume XII, n° 2 (printemps 2003) LA SITUATION ET LES POLITIQUES DE L’EMPLOI EN FRANCE ET EN Grande-Bretagne, 1990-2000 Dir. M. Lemosse

Volume XII, n° 3 (automne 2003) LA VILLE VICTORIENNE Dir. J. Carré *Disponible sur OpenEdition

Volume XII, n° 4 (printemps 2004) CONSTANTES ET ÉVOLUTIONS DE LA SOCIÉTÉ BRITANNIQUE, XIXe-XXIe SIÈCLES : MÉLANGES EN HOMMAGE À MONICA CHARLOT Dir. A. Capet

Volume XIII, n° 1 (automne 2004) WILLIAM MORRIS Dir. M. Faraut et G. Bonifas

Volume XIII, n° 2 (printemps 2005) DÉCENTRALISATION ET PARTICIPATION CITOYENNE : UNE NOUVELLE RÉPARTITION DES POUVOIRS EN ANGLETERRE ? Dir. A. Kober-Smith, S. Nail et D. Fée

Volume XIII, n° 3 (automne 2005) LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES DE 2005 AU Royaume-Uni Dir. B. d’Hellencourt et G. Leydier

Volume XIII, n° 4 (printemps 2006) ART ET NATION Dir. S. Halimi

Volume XIV, n° 1 (automne 2006) LA DÉVOLUTION DES POUVOIRS À L’ÉCOSSE ET AU PAYS DE GALLES Dir. C. Civardi et M. Jones *Disponible sur OpenEdition

Volume XIV, n° 2 (printemps 2007) LES USAGES DU TEMPS LIBRE Dir. E. Roudaut En ligne ici

Volume XIV, n° 3 (automne 2007) LE DÉFI MULTICULTUREL Dir. G. Millat

Volume XIV, n° 4 (printemps 2008) L’HISTOIRE SOCIALE EN MUTATION Dir. F. Bensimon

Volume XV, n° 1 (automne 2008) (épuisé) ASPECTS DU DÉBAT SUR L’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE EN GRANDE-BRETAGNE 1787-1840 Dir. L. Germain et S. Halimi En ligne ici

Volume XV, n° 2 (printemps 2009) LES SYNDICATS BRITANNIQUES : DÉCLIN OU RENOUVEAU ? Dir. Anne-Marie Motard *Disponible sur OpenEdition

Hors série n° 2 (mai 2009)LA PRATIQUE RÉFÉRENDAIRE DANS LES ÎLES BRITANNIQUES Dir. Bernard d’Hellencourt et Pauline Schnapper

Volume XV, n° 3 (automne 2009) REGARD SUR LA JEUNESSE BRITANNIQUE Dir. Jean-Philippe FONS En ligne ici

Volume XV, n° 4 (printemps 2010) PRÉSENTATIONS ? RE PRÉSENTATIONS, RE- PRÉSENTATIONS Dir. Antoine CAPET

Volume XVI, n° 1 (printemps 2011) LES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES DE 2010 AU Royaume-Uni Dir. Emmanuelle AVRIL et Pauline SCHNAPPER

Volume XVI, n° 2 (automne 2011) LE PARTI LIBÉRAL EN GRANDE-BRETAGNE 1906-1924 Dir. Antoine CAPET et Martine MONACELLI-FARAUT

Volume XVII, n° 1 (printemps 2012) LE POUVOIR ET SA REPRÉSENTATION AU Royaume-Uni Dir. Gilles LEYDIER

Volume XVII, n° 2, 2012 (septembre 2012) Hommage à Lucienne Germain MINORITÉS, INTÉGRATION EN GRANDE-BRETAGNE ET DANS LES PAYS DU COMMONWEALTH Dir. Suzy HALIMI et Didier LASSALLE *Disponible sur OpenEdition

Volume XVII, n° 3, 2012 (octobre 2012) Hommage à François Poirier REGARDS CROISÉS SUR LA GRANDE-BRETAGNE. HISTOIRE SOCIALE Dir. Michael PARSONS et Fabrice BENSIMON

Volume XVII, n° 4 (décembre 2012) MUSIQUE, NATION ET IDENTITÉ : LA RENAISSANCE DE LA MUSIQUE ANGLAISE, FORMES ET CONDITIONS Dir. Gilles COUDERC et Jean-Philippe HEBERLÉ En ligne ici

Volume XVIII, n° 1 (mars 2013) Hommage à Christiane d’Haussy ORTHODOXIE ET HÉRÉSIE DANS LES ÎLES BRITANNIQUES Dir. Yannick DESCHAMPS et Suzy HALIMI

Volume XVIII, n° 2 (automne 2013) LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE BRITANNIQUE EN AFRIQUE DEPUIS 1957 : ACTEURS, PRINCIPES, PRATIQUES Dir. Mélanie TORRENT et Michael PARSONS En ligne ici

Volume XIX, n° 1 (printemps 2014) LAbelling the Deviant : Othering and Exclusion in Britain from Past to Present Dir. Emma BELL et Gilles CHRISTOPH En ligne ici

Volume XIX N° 2 2014 THE GREAT FAMINE IN IRELAND, 1845-1851Dir. Anne-Catherine DE BOUVIER and Christophe GILLISSEN *Disponible sur OpenEdition

Volume XIX N° 3  LES MOUVEMENTS BRITANNIQUES POUR LA REFORME MORALE : ENTRE PROGRESSISME ET REACTION Dir. Emmanuel Roudaut En ligne ici

Volume XX N° 1 | 2015REVISITING THE GREAT WAR Dir John MULLEN et Florence BINARD *Disponible sur OpenEdition

Volume XX N°2| 2015THE SCOTTISH INDEPENDENCE REFERENDUM OF   Dir Nathalie DUCLOS *Disponible sur OpenEdition

Volume XX N°3 2015 LES ELECTIONS LEGISLATIVES AU ROYAUME UNI EN MAI 2015 Dir David FEE et Romain GARBAYE *Disponible sur OpenEdition

Vol XXI N° 1 2016 CITIZENSHIP IN THE UNITED KINGDOMDir Nathalie DUCLOS ET Vincent LATOUR *Disponible sur OpenEdition

Vol XXI N° 2 2016  ECONOMIC CRISIS IN THE UNITED KINGDOM TODAY/ CAUSES AND CONSEQUENCES Dir Stéphane GUY et Catherine MARSHALL *Disponible sur OpenEdition

Vol XXII N° 1 2017THE BOOK OF COMMON PRAYER : STUDIES IN RELIGIOUS TRANSFER Dir Rémy BETHMONT et Aude MEZERAC-ZANETTI *Disponible sur OpenEdition

Vol XXII N° 2 2017 THE BREXIT REFERENDUM OF 23 JUNE 2016 Dir Karine TOURNIER-SOL *Disponible sur OpenEdition

Vol XXII N° 3 2017 FORMS OF ACTIVISM IN THE UNITED KINGDOM  Dir Laurent CURELLY et John MULLEN *Disponible sur OpenEdition

XXII-4 | 2017 THE MAY 2016 DEVOLVED ELECTIONS IN SCOTLAND, WALES, NORTHERN IRELAND AND LONDON: CONVERGENCES AND DIVERGENCES Sous la direction de Stéphanie BORY et Timothy WHITTON *Disponible sur OpenEdition

Volume XXII- Hors série | 2017 THE UNITED KINGDOM AND THE CRISIS IN THE 1970S Sous la direction de Gilles LEYDIER et John MULLEN *Disponible sur OpenEdition

 

 

 

RFCB Uniquement en version électronique :

XXIV-1 | 2019 British Civilisation Studies and Interdisciplinarity

XXIII-3 | 2018 A Long Awakening? Environmental Concerns in the United Kingdom Since the Nineteenth Century

XXIII-2 | 2018 Moving Toward Brexit: the UK 2017 General Election

XXIII-1 | 2018 Women in Britain since 1900: Evolution, Revolution or ‘Plus ça change…’ ?

XXII- Hors série | 2017The United Kingdom and the Crisis in the 1970s

XXII-4 | 2017 The May 2016 Devolved Elections in Scotland, Wales, Northern Ireland and London: Convergences and Divergences

XXII-3 | 2017 Forms of Activism in the United Kingdom (Grassroots Activism, Culture, Media)

XXII-1 | 2017 The Book of Common Prayer : Studies in Religious Transfer

XXII-2 | 2017 The Brexit Referendum of 23 June 2016

XXI-2 | 2016 Economic Crisis in the United Kingdom Today: Causes and Consequences

XXI-1 | 2016 Citizenship in the United Kingdom

XX-3 | 2015 The 2015 General Election in the United Kingdom

XX-2 | 2015 The Scottish Independence Referendum of September 2014

XX-1 | 2015 Revisiting the Great War

XIX-2 | 2014 The Great Famine in Ireland, 1845-1851

XVII-2 | 2012 Minorities and Integration in Britain and the Commonwealth

XV-2 | 2009 British Trade Unions: Decline or Renewal?

XIV-1 | 2006 La dévolution des pouvoirs à l’Écosse et au Pays de Galles 1966-1999

XIII-4 | 2006 Art and the Nation in Britain in the 18th Century

XII-3 | 2003 The Victorian City

XI-3 | 2002 Tony Blair et la réforme des institutions

 

 

 

Annexe 2 Numéros parus de l’Observatoire de la société britannique

23 | 2018 La société civile mobilisée aux 20ème et 21ème siècles. Perspectives britanniques, irlandaises et internationales

22 | 2018 L’Irlande du bNord dans un Royaume en turbulences

21 | 2018 The United Kingdom of Theresa May, Le Royaume-Uni de Theresa May

20 | 2018 Le Royaume-Uni et le monde, Leadership Politics in the United Kingdom’s Local Government

19 | 2017 Les services publics au Royaume-Uni et en France face aux politiques d’austérité

18 | 2016 L’engagement en Ecosse autour de l’enjeu de l’indépendance

17 | 2015 L’héritage du thatchérisme

16 | 2014 La gouvernance des politiques publiques au Royaume-Uni depuis 1997

15 | 2014 Le Royaume-Uni à l’heure de la coalition

14 | 2013 Politiques familiales et politiques d’emploi « genrées » au Royaume-Uni et en Europe

13 | 2012 Les signes religieux dans l’espace public

12 | 2012 La nouvelle donne politique en Grande-Bretagne (2010-2012)

11 | 2011 Londres : capitale internationale, multiculturelle et olympique

10 | 2011 Les politiques économiques des années Brown 1997-2010

9 | 2010 La Grande-Bretagne de l’Après-Blair Transitions et recompositions politiques

8 | 2010 Nouvelle gestion publique et réforme des services publics sous le New Labour

7 | 2009 Les années John Major 1990-1997

6 | 2008 Les coulisses du pouvoir

5 | 2008 Le New Labour et l’identité britannique

4 | 2007 Le Parti conservateur britannique aujourd’hui

3 | 2007 Les années Blair

2 | 2006 Les politiques de retour à l’emploi en Grande-Bretagne et en France

1 | 2006 La Grande-Bretagne entre modèle américain et social-libéralisme

 

[1] https://www.cairn.info/revue-etudes-anglaises-2005-2-page-255.htm; Le Monde, 26 mai 2006.

[2] Ce fut le cas par exemple de la journée d’études sur le Brexit organisé en novembre 2018 à Poitiers.

[3] Ma première contribution à la RFCB remonte à 1999 dans un numéro sur l’enseignement supérieur en Grande-Bretagne.

[4] Voir la liste complète des numéros : https://journals.openedition.org/rfcb/216.

[5] Revue française de civilisation britannique, XXIV-1 | 2019 Les Enjeux de l’interdisciplinarité en civilisation britannique – voir notamment les contributions de Cornelius Crowley et l’entretien avec Jean-Paul Revauger en ce qui concerne le contexte institutionnel universitaire en France et les questions que se posent sur la portée de la recherche en ‘civilisation’ britannique.

[6] https://www.sofeir.fr/sofeir/presentation/.

[7] https://sfee.univ-tours.fr/  .

[8] https://journals.openedition.org/etudesecossaises/?lang=en .

[9] https://journals.openedition.org/osb/1060.

[10] Observatoire de la Société britannique, numéros parus et en ligne, https://journals.openedition.org/osb/67 .

 

Festival of Britain 1951 Journée d’études Bordeaux 8 novembre 2018

Il est des fois que l’actualité rejoint la programmation scientifique. Fin septembre, le Premier ministre, Theresa May, annonçait un Festival qui mettrait en avant les atouts du Royaume-Uni de l’après-Brexit, faisant référence à la Grande Exposition de 1851 et le Festival of Britain de 1951. Or, depuis près d’un an, des collègues de l’Université Bordeaux-Montaigne prépare une journée d’étude réunissant des collègues historiens et anglicistes autour du Festival de 1951.

Londres et le « Festival of Britain »  1951, le jeudi 8 novembre 2018, a l’ Université Bordeaux-Montaigne (9h30-12h30 : salle G 101; 14h30-16h30 : amphi Cirot), organisée par Moya Jones (Dept. d’Anglais) et Philippe Chassaigne (Dept. d’Histoire) avec le soutien de l’EA 2958, CEMMC.
Festival of Britain (pdf du programme).
Les communications feront l’objet d’une publication en 2019 dans un prochain numéro des Cahiers du MIMMOC (revue open.édition).

Preserving the Sixties. Cultural politics and political culture in the Sixties

Review of Preserving the Sixties. Britain and the ‘Decade of Protest’, Edited by Trevor Harris and Monia O’Brien Castro, Basingstoke : Palgrave Macmillan , 2014. 197 pp. (xvi p.). ISBN 978-1-137-37409-.

Do the Sixties need to be preserved? Surely, the cultural legacy of that decade speaks for itself and the current revival of Sixties style in fashion and interior design, not the mention the perennial impact of pop culture and music on the cultural scene fifty years on, are evidence enough that preservation is assured.

This collection of essays examines the political culture and the politics of culture in Britain during that iconic period. Eleven contributions by British and French academics are arranged into two general sections under the heading of politics and culture, a choice which may seem somewhat artificial, given the interchangeable nature of the two headings. Following three introductory pieces  – the thought-provoking Foreword by Dominic Sandbrook, the Introduction by the editors, and a historiographical overview by Mark Donnelly, the chapters progress broadly from political science and historical  to the cultural studies approach, but all contributions inevitably deal with both, the Sixties being defined by their cultural imprint. The themes and specific topics covered range through political organization and legislation (Industrial relations, abortion), political groups and culture (radical left, Northern Irish civil rights) cultural expression of political protest (satire, music, fiction). Inevitably notions of counter-culture, liberation, youth, modernity are evoked and definitions proposed.

A definition of the ‘Swinging Sixties’ is first suggested by the first three pieces (Sandford, O’Brien Castro & Harris, Morris). The idea that the hip counter-culture was a mass phenomenon is countered, only relatively few experienced the inner sanctum of the ‘chic’, ‘in’, ‘with it’ circles. Yet not only dress and music, but also education, technology and consumer goods underwent massive transformation in this period and there was undeniably a liberalization of mores and a democratization of access to culture.

The circumstances and consequences of the 1967 abortion law (Pomiès-Maréchal and Leggett), industrial relations legislation (Chommeloux), the situation in Northern Ireland that lead to Bloody Sunday (Pelletier), are examined with reference not just to the political and social setup, but also to cultural and social representations at the time and subsequently. For example, the complicated links between the Radical Left (Communists, International Marxists, International Socialists, Socialist Workers Party) and popular cultural icons John Lennon and Mick Jagger (Tranmer) reveal that simplistic categorization does justice neither to the singers nor the left-wing political groups.

The final section provides a close reading of several iconic cultural artefacts, the Beatles’ White Album (Winsworth), the Kinks’ songs (Costambeys-Kempczynski), the Monty Python television show and the weekly satire TW3 (That Was The Week That Was) (Roof), or again emblematic poetry and novels (Vernon) or the work of playwright Brian Friel (Pelletier).

The multiple contradictions of the Sixties are highlighted. Several pieces underline the underlying tensions between consumerism and the critique of consumer society via music and television (Winsworth, Roof), or the opposition between individual freedom and state or collective action (Vernon), indeed the oxymoron ‘collective laissez-faire’  is used to describe industrial relations at the time (Chommeloux), or again the generational confrontation between the hedonistic culture of babyboomers with its accompanying ideals of enduring halcyon and their parents’ war-weary, unselfish and upright posture of dignity and fortitude at all costs (Donnelly, Winsworth, p.160, Morris, p.33). The book confirms the antagonisms between conservative traditionalists in the Labour party supported by its traditional and traditionalist working-class electorate (Pomiès-Maréchal and Leggett, Tranmer), shunning popular culture and long-haired idols, and the liberal permissive intelligentsia whose idea of what constituted ‘civilized’ behaviour (p68-69) was to lead to social reforms that the former disapproved of (such as the decriminalization of homosexuality and abortion).

Similarly the Sixties were an era of unbound optimism and unlimited growth and the wholesale rejection of the past, when ‘modern’ became a by-word for a tabula rasa in architecture and town planning, bulldozing historic landmarks, when a ‘major reordering of space’ (Morris) aimed at rationalizing haphazard higgledy-piggledy development in towns and homes and the railways (the Beecham Axe) – concrete jungle versus rural idyll, before the setting in of an awareness that the aesthetic and functional arrangements of previous eras had some value, reinstating nostalgia for the steam train, the trunk line, the village green (Costambeys-Kempczynski).

The essays also attempt to place markers at defining moments which flag the beginning and end of this era, and to replace the decade during which visible social change was manifest, in a longer time-scale. The decade or so of The Sixties is defined in terms of the economy and industrial relations as a period of transition between post-war orthodox interventionism under the portmanteau term of Butskellism and post-modern neo-liberal Blatcherism (Chommeloux). In cultural terms, the modernism of the Sixties pop music and mid-century modern architecture for example, gave way to punk and neo-eclectic post-modern architecture.  The Sixties were accused of being the cause of all subsequent evils: capitalism and consumerism, welfare dependency, technology and multinationals, and yet, as Donnelly points out, they were also a period of collective protest, state surveillance, of a revolution in the mind (Hardt & Negri, Empire, 2000).

The bibliography at the end of each chapter give indications for further reading, whilst the index provides a useful, though incomplete, number of entries into the text. The Fab Four are all indexed but not Roy Jenkins, Edward Heath but not Bernadette Devlin, Bloody Sunday, NICRA (Northern Ireland Civil Rights Association), the CRA or the CDU (Campaign for a Democratic Ulster). The index does reveal however, by way of the number of entries under these headings, two polysemic and frequently used terms from the period, typical of the discourse and preoccupations of the period: class and revolution. Perhaps these notions could have been examined in a specific chapter each, especially as the subtitle of the book is Britain and the ‘Decade of Protest’.

This collection is an excellent survey of a number of phenomenon whose roots stretch back not only to the 1950s but to pre-Second World War Britain, a picture not only of the Sixties, but of Britain in the mid-twentieth century, following the hiatus and upheavals of the war. To determine whether they are to be considered as the end of a forty-year period (1930-1970) or a prelude to the next forty years (1960-1997) would need a wider lense.

La chanson populaire au Royaume-Uni pendant la Grande Guerre

Nous reproduisons ici les trois premiers paragraphes du compte-rendu de livre de John Mullen, La chanson populaire en Grande-Bretagne pendant la Grande Guerre 1914-1918 “The show must go on!”, Paris: L’Harmattan, 2012. Broché. 290 pages. ISBN 978-2296996663. 29€, publié dans la Revue française de civilisation britannique/French Journal of British Studies, XX-1 | 2015 : Revisiting the Great War.

The Music Hall and Theatre History Website

Les figures populaires des chanteurs édouardiens Harry Lauder, Vesta Tilley, Marie Lloyd et Harry Champion, les chansons telles que « A bicycle built for two » , « I do like to be beside the seaside », « If you were the only girl in the world » ou encore « Pack up your troubles in your old kit-bag », seront familiers aux britanniques nés avant les années 1960. Si le dernier est immédiatement identifiable au sort des soldats, les autres font néanmoins partie du corpus de chansons populaires répertoriées et analysées dans ce livre. Le genre du music hall des années 1880 à 1920 a même été ressuscité par la télévision, avec l’émission The Good Old Days, en direct d’un théâtre de variétés de Leeds, dont la longévité (trente ans entre 1953 et 1983) atteste à nouveau la popularité du genre, et produit un effet de mise en abyme de et par des moyens de divertissement populaire.

La monographie La chanson populaire en Grande-Bretagne pendant la Grande Guerre 1914-1918 “The show must go on!”,  publié chez l’Harmattan, est composé de huit chapitres assortis de vignettes sur les artistes les plus en vue, la liste du millier de titres de son corpus et d’une chronologie. On regrette cependant le manque de bibliographie et d’index dans la version française, d’autant plus que l’ouvrage est le premier livre qui traite de la question en français ou en anglais, gage de son originalité. [La revue ci-dessous traite de la version française. La version anglaise vient de paraître : The Show Must Go On! Popular Song in Britain during the First World War, Ashgate, August 2015, 262 pages, Paperback, ISBN: 978-1-4724-4159-1.]

.           The Show Must Go On! Popular Song in Britain During the First World War

Le phénomène culturel de la chanson populaire est surtout présent dans les théâtres de variété, music halls, où des spectacles professionnels et amateurs de divers genres sont produits : revues, comédies musicales, minstrelsy, concerts, et pantomime. L’ouvrage est à la fois un traité sur l’industrie des loisirs, un examen d’un phénomène culturel complexe, et une analyse de l’interaction entre cette forme de culture populaire et l’effort de guerre. L’auteur retrace l’importance de l’économie du spectacle vivant (quelque pence pour une entrée), les milliers d’emplois de l’industrie du spectacle – artistes comiques et musiciens, régisseurs, éditeurs de partitions –, les genres artistiques (divertissement populaires, spectacles, musique, chansons), l’analyse des thèmes traités dans les chansons (nostalgie, amour, femmes, vie quotidienne, militaires) et une typologie dynamique du public concerné – spectateurs, acheteurs des partitions et, plus rarement, auditeurs des disques (mais le gramophone était encore réservé à une élite) – sert à dresser un bilan de l’apport de ce moyen d’expression à la cohésion sociale pendant cette période, où le souci de ‘solidarité nationale’ fut particulièrement sensible, et la contribution de la musique populaire au soutien à l’effort de guerre.

Pour lire plus….

Cultures coloniales et postcoloniales et la décolonisation

Journée d’études Cultures coloniales et postcoloniales et la décolonisation, le vendredi 15 février 2013 à l’Université François Rabelais Tours.

Organisé par le laboratoire Interactions Culturelles et Discursives (ICD) EA 6297 et la Fédération pour l’étude des civilisations contemporaines (FE2C) FR 4227 avec le soutien de la CRHIA EA 1163 Université de La Rochelle et la participation de membres du MIMMOC EA 3812 Université de Poitiers dans le cadre du projet PRES Limousin-Poitou-Charentes « Cultures et territoires ».

Dans le cadre d’un projet de recherche commun à plusieurs laboratoires et d’universitaires membres de la Fédération pour l’étude des civilisations contemporaines (FE2C) initiée par les laboratoires MIMMOC (Université de Poitiers), EHIC (Université de Limoges et Blaise Pascal Clermont-Ferrand), FREDD (Université de Limoges), la journée d’étude a réuni onze chercheurs de sept universités françaises autour des « cultures coloniales » devant un public composé de chercheurs, de doctorants et d’étudiants de master sur les bords de la Loire dans les locaux de l’Université François Rabelais Tours.

Les intervenants se sont penchés sur les questions suivantes posées en préalable :

-Le traitement du fait colonial diffère sensiblement entre les différents empires coloniaux : britannique et français, notamment, mais aussi dans les futures ex-colonies liées par leur histoire aux autres cultures européennes. Qu’est-ce que « une culture coloniale »? Comment se manifeste-t-elle?

-Dans quelle mesure la/les culture(s) coloniales) (éducation, religion, littérature…) a-t-elle, ont-elles contribué à la décolonisation ou, au contraire, freiné l’émergence d’une culture indépendante ? L’appropriation du savoir colonial par les autochtones est-elle à l’origine d’un pouvoir, ou a-t-elle plutôt décrédibilisé les « convertis »?

-Les cultures coloniales, les empires, furent pluriethniques, voire plurinationales. Ce phénomène a-t-il contribué à l’émergence d’un transnationalisme postcolonial? Les mouvements panafricain, panislamique, ont-ils été générés par le fait même de l’existence d’une culture coloniale?

Au cours de la journée des interventions sur l’Afrique du nord et l’Afrique subsaharienne à l’époque coloniale (le Maroc espagnol, la Tunisie sous protectorat française, le Cameroun méridional), sur les Amériques (l’Amérique latine – notamment le Puerto Rico -, les Caraïbes et l’Amérique du nord), sur les représentations et le traitement des populations indigènes (les Indiens d’Amérique latine et des Etats-Unis, les pèlerins du hajj, la police coloniale britannique) ainsi que la dissémination des idées politiques dans les ‘cultures coloniales’ dans les pays colonisateurs (Amérique du nord, Royaume-Uni, Caraïbes).

Les cinq interventions de la matinée furent présidées par Trevor Harris (ICD Université de Tours):

Alfredo Gomez-Muller (Université François- Rabelais, Tours) expliqua comment les « Représentations de « l’indien » dans les imaginaires sociaux et politiques des XIXe et XXe siècles en Amérique Latine » ont cherché à éliminer la présence de l’indien dans la culture et les réseaux de pouvoir dans les jeunes états indépendants latino-américains.

Marie-Catherine Chanfreau (Université de Poitiers) analysa l’ « Adaptation ou réaction locale vis-à-vis de l’administration espagnole au Maroc »,  les jeux de pouvoir et les soulèvements marocains sur fond de rivalités coloniales franco-hispano-allemandes de la seconde moitié du XIXe siècle et jusqu’à la fin du régime franquiste (1859 – 1976).

Luc Chantre (Université de Limoges) examina l‘ « L’organisation du pèlerinage à La Mecque dans l’empire français à la veille des indépendances. Peut-on parler d’une « culture coloniale » du hajj ? »  avec la Tunisie comme cas d’étude particulière pour illustrer la logique promotionnelle qu’emprunta la France lors de l’encadrement et de l’organisation des pèlerinages, d’abord une question interne de politique sanitaire, sociale et économique, qui devint par la suite une question de politique étrangère.

Mélanie Torrent (Université Paris Diderot – Paris 7) montra comment le partage territorial des Camérouns devint un enjeu culturel : « Des partages coloniaux aux frontières culturelles : espace politique et stratégies identitaires au Cameroun méridional (1954-1961) ». L’unification de deux territoires, administrés l’un par les Britanniques, l’autre par les Français, fournit l’occasion de comparer les pratiques coloniales et la réaction des populations administrées, par exemple, le choix de la lutte armée ou une campagne pacifique lors des combats pour l’indépendance.

Cheikh Nguirane (Université de Poitiers) parla de la mise en place, dans les trois mille cours de soutien et centres communautaires des Afro-Caribéens britanniques, de lieux de mémoire et de résistance, et de la création d’une tradition transnationale inspiré par le panafricanisme: « De la communauté ethnique au communautarisme scolaire: Les ‘Black Supplementary Schools’ dans la diaspora noire britannique ».

Les quatre interventions de l’après-midi furent présidées par Susan Finding (MIMMOC, Université de Poitiers) :

Dans son intervention « Le Racisme Scientifique: justification et application d’une culture coloniale en Amérique du Nord », Kelly Fazilleau (Université de Poitiers) retraça les représentations « scientifiques » de l’indigène au XIXe siècle et leur évolution et des politiques qui en découlèrent ou/et en furent inspirées aux Etats-Unis et au Canada jusqu’au milieu du XXe.

Cynthia Tolentino (University of Oregon/L’Institut d’histoire du temps présent – IHTP)  prît l’exemple de Puerto Rico pour dresser le fond politique nécessaire à la compréhension des représentations des Puerto-ricains dans la culture littéraire et cinématographique américaine. Dans sa communication « From U.S. Unincorporated Territory to U.S. Commonwealth: Refigurations of Decolonization and Difference », elle analysa comment on peut parler de décolonisation sans l’existence d’un empire formel et devant l’amnésie ou le déni de son existence par la mémoire collective et l’historiographie américaines.

Les « Global radicals » qui sont le sujet de la communication de Jean-Paul Révauger (Université Michel de Montaigne – Bordeaux 3) sont des intellectuels engagés C.L.R. James et George Padmore du Trinidad et la Oil Workers Trade Union de Trinidad, ainsi que Maurice Bishop et Bernard Coard, de la Grenade. Ces hommes furent à la fois le produit des cultures coloniales et l’exemple même d’une culture transatlantique, dans des réseaux ‘panafricains’ dont les centres d’activité se trouvaient à Londres et à New York.

L’intervention d’ Emma Bell (Université de Savoie), « Normalising the Exceptional: Colonial Policing Cultures Come Home » , évoqua la culture coloniale des services de police dans les colonies britanniques comme soutien au pouvoir militaire. Elle démontra comment le modèle irlandais a largement inspiré les mesures mises en place dans la métropole, au Royaume-Uni, dès la création de la police londonienne en 1824 et jusqu’à la fin du XXe siècle.

L’ensemble des communications a contribué à éclairer les questions qui ont été posées dès le début de ce projet, à savoir, les définitions d’une « culture coloniale », les circulations d’idées à l’intérieur des empires, et les manifestations culturelles post-coloniales : idéologie et idées politiques, littérature et arts.

Union Jacks

Those who watched the Closing Ceremony of the London Olympics 2012 will have seen the Union Jack produced by Damien Hirst that was installed in the centre of the stadium. The crosses were used as ramps to the centre stage.

It is interesting to discover that the idea is not new, indeed for the 1911 Coronation Celebrations, a human flag was organised in Bristol, as a postcard posted by Paul Townsend on Flickr shows.

1805 Union Flag Flown at the Battle of Trafalgar

The history of the present Union Jack dates back to the 1801 Act of Union, incorporating Ireland, giving the full name United Kingdom of Great Britain & Ireland to the country.

A 1805 Union Jack which flew from the mast of HMS Spartiate during the Battle of Trafalgar recently made news when sold at auction in 2009.

Sex Pistols This torn and tattered relic is not dissimilar to the distressed reproduction the Sex Pistols used in 1976, at the time of the Silver Jubilee celebrations, showing a torn copy of the flag, adorned with the hallmark safety pins of the punk movement.

For more about this topic see a recent article in The Guardian, « Why the union flag is flying again » by Owen Hatherley, written at the time of the Queen’s Diamond Jubilee celebrations.

Jubilé à Londres

En attendant de pouvoir rendre compte de l’événement auquel j’assisterai sur place, l’occasion pour les britanniques de célébrer leur souverain et de se remémorer les six décennies depuis son accession au trône, voici quelques liens vers des articles de presse française : Sept symboles pour le jubilé d’une reine  (La Croix); Jubilé de la Reine (petitjournal.com); Les britanniques jubilent! (Paris Match); Les britanniques s’apprêtent à jubiler pour la Reine (TF1).