Liberté, inégalité, austérité. La politique de l’éducation en Angleterre entre 2010 et 2020   

Résumé du chapitre à paraître dans l’ouvrage Le Parti Conservateur au pouvoir : politiques, enjeux et bilan (2010-2020), Louise Dalingwater, Stéphane Porion (dir.), Villeneuve d’Ascq, Septentrion, 2023.

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(Photo Creative Commons :Educators.co.uk. 

Depuis l’ère Thatcher, l’objectif des gouvernements conservateurs a été de réduire la dépense publique. Pour ce faire, la stratégie éducative des gouvernements entre 2010 et 2020 a été de limiter puis de diminuer le budget de l’éducation et d’en confier une partie croissante au secteur privé. Cela s’est fait par l’intermédiaire d’une politique dite d’ « académisation ». Contrairement aux autres nations, en Angleterre, qui n’a pas de parlement spécifique [1], c’est le gouvernement du Royaume-Uni qui décide des politiques éducatives pour les 8,82 millions d’élèves fréquentant les 24 300 établissements scolaires en Angleterre, soit 85,6% de la population scolaire du Royaume-Uni [2]. Il sera ici exclusivement question de l’enseignement obligatoire en Angleterre qui est au cœur du système éducatif [3]. Dans un premier temps nous examinerons les programmes électoraux du Parti conservateur. La mise en œuvre de ces programmes politiques sera examinée dans une seconde partie. Les effets de ces politiques sur le terrain feront l’objet de la troisième partie.

[1] Au Royaume Uni, si le financement global est décidé par le gouvernement central à Londres, il revient aux nations (l’Écosse, le pays de Galles et l’Irlande du nord) d’élaborer leur propre politique et d’ajouter d’autres financements. Voir par exemple, pour le pays de Galles : https://eacea.ec.europa.eu/national-policies/eurydice/content/funding-education-96_en.

[2] Department for Education, Schools, pupils and their characteristics: January 2019, 27 juin 2019. À titre de comparaison, l’Écosse totalise 6,8% des élèves britanniques, le pays de Galles 4,5% et l’Irlande du nord 3,3%. Scottish Government, Summary statistics for schools in Scotland, no.10, 2019 ; Welsh Government, Schools’ Census Results : as at January 2019, Statistical First Release 57/2019 ; Northern Ireland direct, Schools and pupils in Northern Ireland 1991/2 to 2018/19, 30 avril 2019.

[3] La préscolarisation, qui relève autant des services sociaux que de l’enseignement au Royaume-Uni et les formations post-obligatoires ou alternatives (université et instituts d’enseignement supérieur – colleges of further education) mériteraient chacune un chapitre. Il ne sera pas non plus question de l’enseignement privé (8% des élèves), par définition, exclu des politiques publiques.

L’histoire de la Première guerre mondiale en France : une histoire partagée

Au début de l’automne, il m’a été donné de participer à une cérémonie de remise d’une carte d’état-major, ayant appartenu à un sous-officier britannique de la 62e Division, à un musée de la Grande guerre dans le Pas de Calais (« La famille d’un soldat anglais remet une carte de la bataille de 1917 au musée », La Voix du Nord, samedi 17 septembre 2022).

Carte d’état-major, secteur Bullecourt, ordre de bataille du 3 mai 2017 du 2/6th Bataillon Duke of Wellington’s.

La carte montre les tranchées allemandes lors des batailles de Bullecourt en avril et en mai 1917, et, marquées au crayon bleu – sans doute par le soldat –, les positions de départ et les lignes d’attaque planifiées qui avaient été signifiées à son détachement.

L’accueil réservé aux petits-enfants de ce soldat britannique par les responsables du musée et par les instances politiques locales – le maire de Bullecourt, le président de la Communauté des communes du Sud-Artois, – témoigne de la mémoire encore vive des combats qui ont eu lieu sur ce territoire français.

Sam Mendès s’est inspiré des ces mêmes faits pour son film 1917. (Voir l’article très complet de FR3 Hauts de France « 1917 » favori des Oscars : on vous raconte l’histoire de la Bataille de Bullecourt qui a inspiré le film de Sam Mendes).

Lors des commémorations du centenaire de la fin de la guerre 14-18, une grande collecte de souvenirs de ‘poilus’ a été initiée, plusieurs manifestations ont été organisées et la Mission Centenaire 14-18 créée pour impulser l’ensemble. Ces contributions ont mis en avant l’impact de la guerre sur les français, combattants et civils.

Après la stabilisation du front, fin 1914, la plupart des combats auxquels les soldats français ont participé se sont déroulés au sud d’Amiens (voir la Cartographie des lignes de front) tandis que les armées alliées (composées de divisions britanniques, australiennes, canadiennes, sud-africaines, mais aussi indiennes) étaient concentrées au nord de cette zone.

Il est donc naturel que les commémorations, les souvenirs, les regards concernant les français, combattants et civils, se soient focalisés sur le vaste front (en longueur, ce front occupait les quatre cinquièmes des lignes tenues) allant d’Amiens à Saint Dié dans les Vosges, en passant par Soissons, l’Aisne, Reims et Verdun.

Le front tenu par les alliés au nord s’étendait d’Amiens à au-delà d’Ypres en Belgique, à travers quatre départements français fortement touchés par les combats et la présence militaire alliée ou ennemie, la Somme (Amiens, Albert), l’Aisne (St. Quentin), le Pas-de-Calais (Arras, Vimy, St Quentin, Cambrai), et le Nord (Lens, Lille).

Malgré les efforts des musées, l’histoire de ce secteur, une histoire partagée entre les français, les alliés et les soldats du camp opposé, et avec les descendants de ces combattants, de ces civils, reste moins connue en France.

L’Historial de Péronne et de Thiepval, musées de référence, se sont efforcés à représenter

« le premier conflit mondial dans toute son ampleur : culturelle, sociale et militaire. Les visions des trois principales nations européennes combattantes (France, Allemagne, Royaume-Uni) se croisent au fil des empreintes de la guerre vécues sur le front et à l’arrière.

Le musée a été conçu pour être un musée d’histoire culturelle, ce qui se traduit par une scénographie plaçant au centre de la présentation les individus : les soldats comme les civils, les prisonniers, les populations occupées, déplacées… Cette approche anthropologique vise à montrer l’humanité en guerre, dans une guerre totale affectant la société dans son ensemble. »

Sur le plan local, les Archives départementales du Pas-de-Calais ont ouvert les Chroniques de la Grande Guerre, avec de nombreux articles en ligne sur des sujets très larges comprenant les faits d’armes, les bombardements des villes (Arras), l’industrie locale, l’impact de la présence des troupes dans les zones à l’arrière, le brassage des populations, l’occupation allemande, parmi tant d’autres.

Le Musée Jean & Denise Letaille – Bullecourt 1917 honore la mémoire des troupes australiennes, britanniques et allemandes, qui se sont battus dans et autour de ce village en 1917.

C’est ici que sont rassemblés des artefacts trouvés sur place et assemblés patiemment par les époux Letaille.

 

Sont ainsi évoqués les combats et la vie dans les tranchées, l’histoire individuelle de quelques-uns des milliers de combattants envoyés dans ce lieu, qui, également par milliers, rien que sur cette commune du Pas-de-Calais, y ont laissé leur vie, leur sang et leur âme.

C’est ici, à Bullecourt, que le sous-officier britannique de la 62e Division a combattu au printemps 1917, avant d’être envoyé sur d’autres fronts, proches et plus lointains. Une de ses petites-filles a rappelé cette histoire partagée lors de la cérémonie de remise de la carte en ces termes :

« Au nom de notre père, Kenneth Finding, nous sommes extrêmement fiers de pouvoir confier cette carte au Musée Jean et Denise Letaille à Bullecourt aujourd’hui, 13 septembre 2022.

Le projet est né il y a quatre ans. Présente lors des commémorations du centenaire de la dernière offensive alliée à la Cathédrale d’Amiens, en août 2018, j’ai fait un pèlerinage dans les villages où je savais que notre grand-père avait été envoyé et je suis venue au musée.

Rendant compte de ma visite à mon père, aujourd’hui âgé de 97 ans, il s’est souvenu que plusieurs années auparavant, il était venu à Bullecourt avec la carte pour reconnaître les lieux. Quelqu’un l’ayant vu avec sa carte à la main lui a indiqué qu’il fallait s’adresser à M. Letaille et notre père a pu ainsi voir la collection dans la grange. Il était très heureux de voir les photos que j’avais prises du nouveau musée.

Peu de temps après, notre père a décidé qu’il souhaitait faire don de la carte au musée. Ce projet a pris quelques années pour se réaliser à cause des interdictions de voyage liées au Covid, mais nous sommes très heureux qu’il se concrétise aujourd’hui. Notre père, empêché par son âge, vous transmet son bon souvenir.

Quelques mots sur notre grand-père vous donneront une idée de sa trajectoire et sa présence en 1917 à Bullecourt et des actions auxquelles il a participé.

Né en 1878, il s’engagea dans l’armée britannique en septembre 1897 à l’âge de 19 ans. Il a passé huit ans en Inde et rentre au Royaume-Uni en 1905. Il gravit les grades de sous-officier, et lorsqu’il se marie en 1909, il est sergent. Au début de la guerre, à trente-cinq ans, il est nommé sergent major d’une compagnie, formant les recrues.

R.S.M. George Finding, 2/6th Duke of Wellington’s.

Il est promu Sergent-major du régiment, le plus haut gradé des sous-officiers, chargé de s’occuper de l’ensemble des sous-officiers et des hommes, en 1915. Son régiment de l’armée territoriale, régiment de réserve, le 2/6 Bataillon du Duke of Wellington’s, est envoyé en France début 1917.

Le régiment arrive au Havre le 6 février 1917 et atteint les lignes arrières de l’armée britannique, attaché au 62e division britannique. Son bataillon est devant Bullecourt en avril 1917 comme troupes de seconde ligne d’attaque et, dans les jours suivant la première bataille (14-15 avril), participe aux tentatives pour percer les barbelés et ainsi faciliter toute attaque future mais son unité n’est pas engagée dans la bataille du 11 avril, qui ne tourne pas en faveur des alliés, comme vous le savez.

Le bataillon est utilisé lors de la seconde attaque le 3 mai, et le plan d’attaque de son secteur est marqué au crayon bleu sur la carte qu’il a gardé. Pour vous le situer, cela se trouve à l’ouest du village, depuis Écoust St Mein, le QG opérationnel, et la ligne de départ se situait au carrefour où se trouvent aujourd’hui les éoliennes, les menant au-delà de la route qui mène à Fontaine-les-Croisilles, exposés non seulement de front au tir des troupes en face dans les tranchées attaquées mais également sur le flanc droit, depuis le village tenu par les allemands.

A 3h40, le 3 mai, son bataillon fut engagé parmi d’autres. Les pertes furent importantes. En un jour, le bataillon perd un quart de ses effectifs. 267 sur les mille hommes du bataillon furent blessés, tués ou portés disparus. Ils sont relevés le soir même à 22h et bivouaquent à Mory. Le lendemain, le 4 mai, ils sont à nouveau envoyés pour occuper et tenir la 1ère ligne pendant 48h sous des bombardements allemands.

Ils sont ensuite envoyés dans des camps à Mory, Courcelles, Achiet le Petit, et Favreuil, participant aux travaux d’ingénierie et de logistique, avant d’être renvoyés dans les tranchées à Noreuil, et, à nouveau, à Bullecourt, du 21 au 29 août 2017. Par la suite, le bataillon participa à l’attaque à Havrincourt (bataille de Cambrai) fin novembre 1917.

En février 1918, son bataillon ayant été dissout, il est rattaché au 5e bataillon King’s Own Yorkshire Light Infantry, qui avait également participé aux opérations à Bullecourt, au printemps 1917. Ce bataillon s’est distingué pendant la bataille de Bapaume à Bucquoy et à Rossignol Wood en mars 1918.

En juillet 1918 ils sont envoyés dans la Marne où le bataillon a subi des pertes au Bois de Courton au sud-ouest de Reims. Ils reviennent à Mory, le 25 août 1918, à Havrincourt le 12 septembre, puis ont participé à l’action pour prendre le Canal du Nord (Ribécourt), le 27 sept. [Informations obtenues dans les histoires des régiments et des journaux de bord officiels tenus par chaque bataillon aux National Archives, Royaume-Uni, ainsi que dans les livres d’histoire sur ces épisodes].

La veille de l’Armistice, ils reprenaient Maubeuge. Notre grand-père, après avoir été envoyé à Cologne avec l’armée d’occupation en Allemagne en 1919, a terminé sa carrière militaire comme Commandant de camp de démobilisation au pays de Galles. Il quitte l’armée en 1920, à 42 ans, sa santé ne lui permettant pas de se réengager. Cela ne l’a pas empêché d’atteindre ses 90 ans. Il est décédé en janvier 1967, pensionnaire de la Royal Chelsea Hospital de Londres, prestigieux hospice pour anciens combattants.

Nous sommes très heureux de pouvoir faire don de cette carte au Musée Jean & Denise Letaille et de commémorer les hommes avec qui notre grand-père a combattu ici même. Au nom de Kenneth Finding, son fils, et ses cinq petits-enfants : Judith Burgin, Anthony Finding, Susan Finding (Poitiers), Andy Finding, Kate Poore. »

Le lecteur aura compris pourquoi cette histoire partagée me semble doublement importante.

Des poids et des mesures – où l’on parle du retour du système impérial d’unités (SI)

L’information fait le tour des rédactions britanniques. Le Premier ministre, Boris Johnson, aurait le projet de revenir au système de poids et de mesures anglo-saxon millénaire, projet annoncé la veille du Jubilé de la Reine, qui donnera lieu à quatre jours de jouissances du 2 au 5 juin 2022. On ne peut qu’y voir le souhait d’un bon en arrière de 70 ans, pour revenir au temps de l’Empire britannique.

Cette annonce est la dernière en date en lien avec la sortie du Royaume-Uni de l’UE, qui promettait, parmi d’autre bénéfices, de ‘libérer’ le peuple britannique du joug étranger, dont le système métrique, qui aurait été imposé par les diktats de Bruxelles. L’histoire confirme la nature politique des décisions en matière des mesures.

Imperial Standards of Length, Trafalgar Square - detail

Imperial Standards of Length, Trafalgar Square Copyright Mike Quinn. Creative Commons Licence.

Verra-t-on les livres et les onces, les pieds et les pouces, les yards et les perches, les pintes et les gallons, les degrés Fahrenheit, les shilling et les pennies faire leur retour? Les calculs mentaux et les recettes de cuisine risquent de se compliquer.

Au Royaume-Uni, seules les personnes qui ont plus de soixante ans se souviennent qu’une livre égale 16 onces, qu’un pied fait 12 pouces, ou des prix exprimés en demi-couronnes (2/- 6d). Pour tout avouer, j’ai encore en tête le prix du premier album 33 tours que j’ai pu acheter avec l’argent gagné en distribuant les journaux : 17/6d, soit les trois-quarts d’une livre sterling.

Il semble opportun de republier le début de l’introduction du numéro de l’Observatoire de la société britannique 24 | 2019 : L’économie britannique et le Brexit

Depuis l’entrée du Royaume-Uni dans la Communauté économique européenne en janvier 1973, un certain nombre de britanniques n’ont cessé de penser que l’entrée dans la CEE a eu un impact négatif sur l’économie du pays. Le passage au système métrique, décidé dès 1965, n’a fait que renforcer l’idée que l’économie de la première nation industrielle, son système impérial de poids et de mesures, tous deux séculaires, sont menacés par cette participation. Dans l’esprit de nombreux britanniques la décimalisation de la monnaie, à partir de février 1971, a contribué à la vision négative de l’impact, notamment sur la flambée des prix. Voir par exemple, Dominic Sandbrook, dans le quotidien conservateur, le Daily Mail, 31 janvier 2011, « The day Britain lost its soul. How decimalisation signalled the demise of a proudly independent nation ». La demande – il y a quarante ans – d’une renégociation de la contribution britannique au budget européen par le nouveau Premier ministre, Margaret Thatcher, et ses déclarations péremptoires concernant le déficit démocratique des institutions européennes, reflétaient et entretiennent encore ce sentiment. En 2016, la contribution budgétaire britannique à l’Union européenne a été utilisée comme l’un des principaux arguments de la campagne en faveur du Brexit, ses partisans prétendant que les 350 millions de livres sterling hebdomadaires versés à l’UE – chiffre contesté – seraient consacrés au système public de santé (NHS), institution emblématique du système social britannique. Si l’entrée du Royaume-Uni dans l’union douanière, puis dans l’union politique et sociale, a posé problème aux britanniques, sa sortie, près de cinquante ans plus tard, ne pose pas moins de questions, notamment à propos son impact sur l’économie.

 

Un professeur émérite ça fait quoi au juste?

« Alors, tu ne t’ennuies pas trop ? » Depuis bientôt six mois je suis à la retraite, mais j’ai l’impression de ne pas avoir arrêté le travail.

Ayant demandé et obtenu le statut de professeur émérite, j’appartiens toujours à l’unité de recherche MIMMOC, principalement pour pouvoir continuer de suivre les doctorants sous ma direction qui n’ont pas terminé leurs thèses, mais aussi, plus largement participer à la recherche.

Je fais le point et découvre que depuis septembre dernier, j’ai :

-aidé l’unité de recherche dans la mise à jour de son site web avant évaluation ;

-rédigé une réponse à l’évaluation de l’unité de la HCERES ;

-assisté aux réunions de laboratoire (septembre, janvier) et aux journées d’études (novembre) et colloques (décembre) en personne ou par zoom ;

-assisté à la réunion de la fédération des laboratoires et aidé à remplir un dossier de demande de financement pour un colloque demandé par la fédération ;

-relu un article en anglais pour une collègue, et un mémoire de droit suisse pour un ami – lectures qui ont pris deux jours ;

-rédigé des lettres de recommandation pour des financements (et conseillé les candidats), des délégations, et des réinscriptions ;

-coordonné la lecture aveugle de quinze articles par deux experts chacun pour un numéro des Cahiers du MIMMOC, et assurer dans un futur proche la coordination de leur mise en ligne quand les articles seront révisés (un mois et demi) ;

-fait partie du comité scientifique qui sélectionne et expertise des articles pour publication dans une revue d’éducation comparée, plusieurs réunions zoom de deux heures chacune, expertise d’articles (trois lus et avis rédigé) ;

-assuré la traduction en français du texte d’un des keynote speakers à ce colloque (3 jours) ;

-suivi le travail de mes deux doctorantes (réunions de travail, coups de fil, lecture de chapitres de thèse, conseils de correction et d’amélioration…. Environ une fois par mois, mais plusieurs jours de travail), et constitué le jury pour la soutenance de l’une prévue à l’automne 2022 ;

-suivi et conseillé la MCF qui souhaite soutenir son HDR avec moi l’année prochaine, et constitué le jury (soutenance prévue en 2022-23) ;

-aidé à la mise en place de sa venue à Poitiers pour une projection-débat le 31 mars.

Par ailleurs, j’ai continué le projet de recherche entamé il y plusieurs années, autour du Fonds Dubois, (Auguste Dubois, Professeur à la Faculté de Droit de l’Université de Poitiers, dont la bibliothèque est déposée au Fonds ancien) :

-progressé avec la rédaction du manuscrit d’un livre (200 pages depuis un an), notamment et ce depuis septembre en ce qui concerne un chapitre sur la vie et l’oeuvre d’Auguste Dubois:

-fait des recherches dans les Archives départementales de la Vienne, de la Somme, de l’Yonne pour la biographie d’Auguste Dubois ;

-contacté et rencontré trois fois les propriétaires de la maison ayant appartenu à Dubois à Poitiers ;

-rencontré le Doyen de la Faculté de Droit pour l’informer et obtenir des informations, pistes et contacts supplémentaires ;

-contacté un MCF HDR économiste à la retraite qui connaît bien le Fonds Dubois ;

-mais aussi contacté et obtenu deux rendez-vous pour une consultation en ligne d’Archives à la Huntington Library Californie pour un autre chapitre du m/s ;

-et rédigé un billet de blog scientifique à la demande d’une collègue de l’Université de Londres rencontré lors de mon séjour à Cambridge et mes recherches dans les Fonds du Senate House Library en lien avec ce projet.

J’ai également :

-discuté lors de déjeuners et diners avec des collègues amis de leurs projets, des recrutements à venir, de l’avenir de la profession… ;

-commencé la rédaction d’une communication à une Journée d’études à Bordeaux mi-mars 2022, sollicitée par les organisateurs ;

Et pour finir, entamé des démarches pour :

-demander une bourse de recherche au Fonds ancien de la bibliothèque de l’Université d’Illinois (projet, CV, 2 lettres de soutien à demande) pour une mission de recherche en 22-23 ;

-demander un visiting fellowship (3 ans) à l’Institute of English Studies, School of Advanced Studies, University of London, pour poursuivre mes recherches à la Senate House Library.

Et les loisirs ? Je trouve quand même le temps de participer à des ateliers de musique, de faire de la photographie, d’aller à des concerts et des expositions.

On the use of bookdealers’ invoices

Talking Humanities blog, School of Advanced Study, Institute of English Studies, University of London, https://talkinghumanities.blogs.sas.ac.uk/

For the full text : https://ies.sas.ac.uk/blog/use-bookdealers-invoices

In the course of an ongoing research project into collectors and collections of economic corpora, I have had the privilege to consult invoices for purchases of rare books, pamphlets, manuscripts and maps in the papers of H.S. Foxwell at Senate House Library, University of London and the Baker Library at Harvard, those of J.M. Keynes at King’s College and Piero Sraffa at the Wren Library, Trinity College, Cambridge and those of E.R.A. Seligman at Columbia University Library, New York.

Such collections of invoices give insights into not just the collection or the collector but also provenance of certain items, and the book trade overall.  While the physical examination of the books and pamphlets in the collection may reveal indications as to their source (binder’s stamp, bookseller’s mark, bookplates, binding marks, even handwritten notes on the endpapers), invoices give an overall picture of purchases made and can further help trace provenance.

(…)

Compte-rendu de mission de recherche Université de Cambridge du 10 mai au 10 août 2021

Le Service « Enseignement supérieur, recherche et innovation » de l’Ambassade de France au Royaume-Uni offre chaque année la possibilité à des chercheurs confirmés établis en France de séjourner au Churchill College à Cambridge pour une durée allant de 3 à 10 mois, afin d’effectuer une activité de recherche dans toutes les disciplines.

Les chercheurs retenus participent à toutes les activités du Churchill College en tant que French Government Fellows, soit comme By-Fellows, soit comme Overseas Fellows, selon leur niveau académique ainsi que la durée de leur séjour.

Malgré le biais sciences dures du College (voulu dès son origine à la fin des années 1950), des candidats venant des ‘humanités’ sont les bienvenus et la parité est une priorité. Le projet de recherche soumis m’a valu l’honneur d’être un des trois lauréats pour l’année 2020-2021 et nommée Overseas Fellow.

Je remercie à ce titre le Ministère des Affaires étrangères (les offres sont à chercher sur le site diplomatie.gouv.fr et auprès des Ambassades – Londres, Washington, Berlin etc.) et l’Ambassade de France à Londres, et tout particulièrement, M. Eric Tabuteau, attaché de coopération scientifique et universitaire au service enseignement supérieur, recherche et innovation, pendant mon séjour.

Le projet prévoyait d’utiliser la proximité des collections d’archives des Colleges de Cambridge (Churchill, King’s, Trinity, St John’s) et de l’Université de Londres pour compléter les informations sur l’un, voire deux, des collectionneurs de livres rare d’histoire économique, contemporains d’Auguste Dubois, professeur à Poitiers, et de commencer la rédaction d’un ouvrage consacré à l’histoire collective de ces collectionneurs.

Malgré le séjour écourté (réduit de six à trois mois par les aléas de la pandémie et des interdictions de voyage), la mission de recherche a été productive. La rédaction, qui a été retardée par le report de la consultation des archives, est en cours.

  • Accueil et organisation du séjour

La bourse attribuée par l’Ambassade couvre le logement, dans un appartement F3 avec cour intérieur, au Churchill College, vaste ‘campus’ d’une cinquantaine d’hectares, à 20m à pied du centre-ville, l’un des 31 Colleges, résidences, mais aussi communautés d’enseignants-chercheurs, de l’Université de Cambridge.

Photo : https://www.e-architect.com/cambridge/churchill-college-cambridge

Les appariteurs (Porters) sont aux petits soins, 24/24, et les contacts avec les services administratifs – malheureusement seulement par mail pour cause de travail à distance – sont à la fois cordiaux et efficaces.

Pour un Fellow pendant la période du séjour, tous les repas sont gratuits – aussi bien au restaurant universitaire ou au Senior Common Room, que pour les dîners formels, servis soit dans la salle à manger des professeurs soit dans le réfectoire. Une fois nommé Fellow, on le reste à vie – avec le droit de bénéficier chaque année de quatre nuitées dans les chambres réservées aux invités et de six dîners formels (Dining Rights) et la possibilité d’y convier des invités.

N’étant arrivée que début mai, après mon 2e vaccin, obtenu non sans peine, dès fin avril, j’ai dû néanmoins, selon les règles en vigueur à ce moment-là effectuer dix jours d’isolement, et deux tests PCR négatifs avant d’être ‘libérée’. Cela dit, le pays commençait tout juste à se ‘déconfiner’ permettant l’ouverture des cafés et pubs pour un service en extérieur (avec App code QCR de fréquentation des lieux).

Le campus semblait vide, mais on m’a assuré que la plupart des étudiants (les 1ères années sont tous logées dans les résidences universitaires) étaient revenus, mais sous consignes strictes en constituant des ‘bulles’ entre colocataires des mêmes couloirs. A partir du mois de juin, les consignes devenues moins strictes et les beaux jours ont permis des activités et des rassemblements de plein air.

Les deux premières semaines furent donc consacrées principalement à prendre des contacts, organiser des rendez-vous, demander la réservation de tables dans les centres d’archives et les bibliothèques – un casse-tête, car tous n’étaient pas ouverts, les créneaux étaient réduits, et certaines semaines étaient déjà combles.

J’ai réussi néanmoins, et ce pendant les jours qui ont immédiatement suivi ma sortie de ‘quarantaine’, à rencontrer en ville (car les Colleges n’admettaient pas de ‘visiteurs’), deux personnes qui ont été essentielles par la suite, deux Bibliothécaires/Conservateurs de Fonds importants – Peter Jones et Karen Attar, et à prendre contact avec plusieurs autres, tout en utilisant les ressources en ligne que les archivistes pouvaient m’indiquer.

Photo : King’s Parade. S. Finding

Ont été ainsi organisées des semaines de travail, d’abord à Cambridge, chaque semaine dans le Fonds de l’un des Colleges, puis à Londres au Fonds de l’Université de Londres, et à Oxford, ainsi que dans deux demeures historiques, Stowe et Burghley, pour suivre des pistes qui étaient en attente depuis mes précédents séjours de recherche, dans les archives de la International Institute of Social History à Amsterdam et à la Huntington Library, California.

 

  • Manifestations scientifiques

Pendant les mois de mai et juin, j’ai participé aux manifestations suivantes, pour la plupart en ligne.

  • History of Libraries Research Seminar (@HistLibraries), University of London. Sponsored by @IES_London, @ihr_history, @CILIP_lihg et organisé par Giles Mandelbrote (Lambeth Palace Library); Dr. Keith A. Manley (National Trust); Dr. Raphaële Mouren (Warburg Institute); Professor Isabel Rivers (Queen Mary).

Le 1er Juin, James N. Green (Librarian, Library Company of Philadelphia) a animé la séance sur le sujet de: `Memory, Reason, Imagination: Subject Classification in the 1789 Catalogue of the Library Company of Philadelphia’.

  • Le GIS ‘Book and Print Initiative’, de la Warburg Institute, School of Advanced Studies, University of London (https://warburg.sas.ac.uk/book-and-print-initiative) m’a accueillie pour la présentation faite, le 20 mai, par Laura Cleaver, Senior Lecturer in Manuscript Studies, sur la vente de manuscrits médiévaux anglais à des collectionneurs américains au début du XXe siècle.
  • Lucy Panesar, University of the Arts, Londres, m’a invitée à participer à l’atelier-rencontre en ligne qu’elle animait le 19 mai, https://festivalofempire.myblog.arts.ac.uk/2021/06/04/19-may-roundtable-video/, et de participer activement en proposant une contribution pour le projet autour du Crystal Palace, parc au sud de Londres, où fut hébergé le 1911 Festival of Empire pour le projet de commémoration (https://festivalofempire.myblog.arts.ac.uk/).
  • Et à la demande d’Anny King, Fellow à Churchill et rédactrice en chef du Churchill Review (à paraître), j’ai rédigé un compte-rendu de la conversation entre le principal (Master) du College, Professor Dame Athene Donald, et Chi Onwurah, député travailliste, chargé du portefeuille Numérique, Sciences et Technologie sur les bancs de l’opposition, ,: https://www.chu.cam.ac.uk/about/events/conversations/chi-onwurah-mp/ .
  • Archives consultées :

Dans divers endroits, tous plus beaux les uns que les autres, j’ai pu obtenir de précieux indices et des informations inédites sur les cinq personnes et leurs collections qui forment l’objet de mes recherches.

Kashnor – archives familiales privées – grâce à des recherches généalogiques, j’ai pu rentrer en contact avec des membres de la famille du bouquiniste spécialisé à Londres, fournisseur des trois-quarts d’ouvrages en anglais assemblés par Auguste Dubois, faisant partie des fournisseurs également utilisés par les collectionneurs britanniques et américains qui ont constitué ce corpus spécifique. J’ai pu également visiter la rue, Museum Street, tout près du British Museum, où se tenait son magasin, dans l’un des quartiers renommés pour ce genre de commerce au début du XXe siècle.

Je remercie tout particulièrement Mary Melnyk, petite-fille de Leon Kashnor, pour son accueil enthousiaste et chaleureux, le partage de ses souvenirs, les manuscrits qu’elle m’a permis de consulter et l’accès aux autres membres ayant quelques bribes d’information.

Ces contacts m’ont également permis de solliciter un bouquiniste américain, ami de la famille, qui s’est montré très intéressé par le projet : Rusty Mott of Howard S. Mott, Inc. Rare Books & Manuscripts, Sheffield, MA. (Est. 1936).

Je regrette seulement de n’avoir appris son existence que maintenant, car son établissement se trouve à moins d’une heure de route de New Haven, où j’ai séjourné trois mois en 2014, pour explorer le Fonds d’un des collectionneurs, déposé à la bibliothèque Beinecke, à Yale.  Il m’assure avoir encore du stock du fonds de la boutique de livres rares et anciens que se parents avaient été autorisés à acquérir par les enfants de Kashnor à partir des années 1960.

Au cours de mes recherches je me suis rendue à :

King’s College Archives, Cambridge, les archives de John Maynard Keynes, collègue et ami de H.S. Foxwell, et collectionneur lui aussi d’ouvrages anciens – mais pas d’ouvrages économiques !

Photo : S. Finding

 

Marshall Library, University of Cambridge. Marshall Library Special Collections

St. John’s College Library, Cambridge.

Papers of Sir Joseph Larmor GB 275, The Eagle (magazine du College, dont Foxwell a été naguère directeur)

Photo : S. Finding

 

 

 

Trinity College (Wren) Library, Cambridge, Papers of Piero Sraffa 1905-1983

Photo S. Finding

 

J’ai également utilisé les fonds de la bibliothèque centrale de l’Université de Cambridge, bibliothèque de dépôt légal, pour compléter des lectures de périodiques et d’ouvrages.

Et, bien sûr, j’ai profité du Churchill Archives Centre, qui fait partie du  College, qui contient, comme son nom l’indique, non seulement les archives de Winston Churchill, mais de deux autres premiers ministres britanniques : Margaret Thatcher et John Major, ainsi que la collection British Diplomatic Oral History, la collection Mitrokhin (archiviste du KGB exfiltré en 1992) et tant d’autres.

 

 

Et, à Londres, dans le quartier de Bloomsbury, j’ai utilisé les archives de la Senate House Library, University of London – Herbert Somerton Foxwell Papers.

Photo : S. Finding

 

 

et de la SOAS (School of Oriental and African Studies) National Research Library, University of London, Special Collections – Papers of Sir Charles Stewart Addis

  • Rencontres et contacts:

J’ai déjà mentionné Peter Jones, Fellow Librarian, King’s College Library, et Karen Attar, Curator of Rare Books and University Art at Senate House Library, University of London, qui m’ont tous deux reçue avec intérêt, ont partagé des informations et donné des conseils et des contacts qui m’ont beaucoup aidé par la suite.Un tiroir de classement d’origine appartenant à H. S. Foxwell avec son contenu tel quel. Senate House Library. Photo : S. Finding

-Une collaboration avec Karen Attar s’ensuit avec échange de brouillons d’un chapitre/article à propos d’un des collectionneurs, et discussions autour d’un café sur le sujet. Suite à quoi, j’ai été invitée à participer à un blog de l’Université de Londres : Talking Humanities, School of Advanced Study (https://talkinghumanities.blogs.sas.ac.uk/ – un post récent évoque l’ouvrage de Gustave de Beaumont, L’Irlande sociale, politique et religieuse (1838)-  à propos de l’utilité de certaines archives – en l’occurrence des reçus d’achat de livres et de relieurs se trouvant dans les archives d’un des collectionneurs – pour l’étude de l’histoire du livre.

Parmi ceux et celles avec qui j’ai eu des échanges à propos de ce projet, soit de vive voix, soit par mails interposés, je remercie tout particulièrement les collègues suivants pour leurs éclairages et discussions stimulantes :

-Prof. Eugenio Biagini, Fellow of Sydney Sussex College, Cambridge, qui a accepté d’être mon ‘garant’ pour le projet et de me procurer la lettre d’invitation ;

-Prof. Mark Goldie, FRHistS, Emeritus Fellow de Churchill College, que j’ai également rencontré, aurait pu le faire aussi. Nous fûmes étudiants d’histoire à Sussex à la même époque et avons des connaissances en commun ;

-Professor James Raven, FBA, Fellow of Magdalene College, President of the Bibliographical Society 2020-2022, coordinateur du Cambridge Project for the Book Trust, qui m’a proposé de faire une communication devant ce groupe à l’avenir ;

-Giles Mandelbrote, Librarian and Archivist, Lambeth Palace Library;

-Professor Giancarlo de Vivo, de l’Université de Naples, avec qui j’ai échangé sur mon projet et ses travaux sur un autre économiste de Cambridge collectionneur de livres ancien, Piero Sraffa, qui a connu H. S. Foxwell, A. Marshall, et J.M. Keynes.

J’ai également pu visiter deux demeures splendides, fin juin, puis fin juillet, dont les bibliothèques sont pour l’une intacte et in situ, à l’ancienne, Burghley House dans le Cambridgeshire, magnifique demeure élisabéthaine, regorgeant de meubles, de toiles de maîtres et d’ouvrages anciens ;                  

 

et l’autre, Stowe House, dans le Buckinghamshire, superbe résidence ayant appartenu à des acteurs politiques importants au XVIIIe siècle (les Grenville), dont la bibliothèque et les archives furent vendues, au début du XXe siècle, – et sont certainement passées entre les mains des bouquinistes et des collectionneurs qui nous intéressent.          

Photos : S. Finding

-La visite de Stowe m’a permis d’entrer en contact avec plusieurs personnes supplémentaires :  Anna McEvoy & Susy Pullen, de la Stowe House Preservation Trust ; Jeremy Howard, Buckingham University, ancien commissaire-priseur, historien de l’art et de collections et, Vanessa Wilkie, à la Huntington Organisation (Californie), où j’avais pu consulter les fonds en 2017, mais sans savoir que j’allais encore y avoir recours pour des informations concernant le projet en cours.

L’aide des archivistes, conservateurs et bibliothécaires pour les nombreux documents et livres que je souhaitais utiliser a été précieuse. Mes remerciements vont donc tout particulièrement à:

Alea Baker, Senate House Library Special Collections ; Dr. Patricia McGuire, King’s College Cambridge Archive Centre; Jonathan Smith, Archivist, and Steven Archer, Sub-Librarian, Trinity College Cambridge; Agnieszka Drabek-Prime & Nicola Hudson, Rare Books Superintendents, and David Chapman, of the Reference Department, Cambridge University Library; Dominique Akhoun-Schwarb, Curator of Rare Books and Manuscripts, Special Collections, SOAS National Research Library; et Emma Quinlan, Assistant Librarian (Archives), Nuffield College, Oxford.

Enfin, je dois remercier ceux sans qui tout ceci n’aurait pas été possible, les collègues de Churchill College, en particulier :Professor Dame Athene Donald, DBE, FRS, Master; Prof. Andrew J. Webber, FBA, Vice-Master; Allen Packwood, FRHistS, Director, & Madelin Evans, Archivist, Churchill Archives Centre; Dr Christophe Gagne, Teaching Fellow in French et Helen Johnson, Fellowship Secretary;

et les nombreux collègues et étudiants, toutes disciplines confondues, rencontrés lors des dîners formels qui ont eu à cœur de s’intéresser à ma présence parmi eux, et pour certains de m’inclure dans des activités hors des murs : cérémonie de remise de diplômes, pique-niques, et excursion sur la rivière Cam, jusqu’ à Grantchester, village bucolique, célébré par le poète Rupert Brooke. Ce sont :

Professor Christopher Tout, Dr Alison Ming, Mr Graeme Morgan, Professor Ross Anderson & Shireen Anderson, Professor Peter Landrock & Marianne Landrock, Professor Marcus Kraft, Ms Anny King, Dr Franck Courbon, Dr Ewan Campbell, Rachel Stott, Dr Christopher Hicks, Professor Archie Howie, Professor David Newbery, Dr Graham Dixon & Mrs Rose Dixon, Professor Alison Finch, Dr Liz Soilleux, Dr Paul Russell, Professor Sir Mike Gregory, Professor Douglas Gough, Mrs Natasha Squire.

La page web de Churchill College donne un aperçu de l’environnement intellectuel riche et stimulant créé lors de ces rencontres.

J’ajouterai que les pubs de la ville ont leur propre histoire également très riche. Ce fut à The Eagle que l’ADN a été ‘découvert’, et The Pickerell Inn où C.S.Lewis et J.R.Tolkein, avaient leurs habitudes et s’installaient pour écrire.

 

  • Rédaction entamée

Je reviens le disque-dur plein de notes et de photos, prises dans les archives et bibliothèques que j’ai pu fréquenter, qui sont à présent à exploiter.

La rédaction d’une monographie est néanmoins déjà en voie – les échanges avec les collègues ayant créé le besoin de partager avec eux la partie du projet qui les intéressait – ainsi, l’introduction et deux chapitres sont quasiment terminés, un autre en cours de finition.

Le titre de l’ouvrage et la table des matières, provisoires, sont les suivants :

A Wealth of Rare Books. Collectors and Collections of Political Economy: Academics, Bibliophiles & Antiquarian Bookdealers, 1880-1940, France, Britain and the United States

  1. Introduction
  2. Auguste Dubois and the ‘république des professeurs’.
  3. A wealth of sources: the old book market
  4. ‘The smartest bookseller in London’: Leon Kashnor
  5. Mining for rare books: Henry R. Wagner:
  6. Fellow bibliographer Herbert S. Foxwell
  7. Transatlantic connexions: Edwin R. A. Seligman
  8. Conclusion

 

 

Gendered Employment Policies: European Social Models and Gendered Employment

Vient de paraître : « Gendered Employment Policies: European Social Models and Gendered Employment Today » dans Working Women, 1800-2017: A Never-Ending (R)Evolution, ouvrage dirigé par Martine Stirling and Delphine Sangu, chez Cambridge Scholars Publishing, Newcastle upon Tyne, 2021, pp.25-36.

This paper continues work previously done on gendered employment, particularly with respect to the public services and in particular the education, health, and care sectors in European countries (United Kingdom, France, Italy, Denmark and Norway).[1] It explores whether the welfare typology noted within Europe influences gendered employment and looks at how gendered employment policies initiated within the European social policy framework have affected that. Based on statistical evidence from various European and governmental agencies, the discussion looks in particular at the United Kingdom and its place in the welfare model typology in view of the gendered employment policies which were initiated from the turn of the 21st century.

[1] Susan Finding, Anémone Kober-Smith, (ed.) Politiques familiales et politiques d’emploi «genrées» au Royaume-Uni et en Europe, Observatoire de la société britannique, 14, 2013.

 

Quarantine diary (1) May 2021

Travelling to the UK from France under quarantine regulations

Kent coast from Calais cliffs

I am currently in ten-day quarantine in the university residence provided for my stay at Cambridge. On Monday 10th May, I travelled by car via the tunnel and completed all the documentation needed online previous to travel : prebooked Covid testing package for days 2 and 8 of quarantine (£164), negative PCR Covid test less than 72h prior to travel (free in France), online passenger locator form giving quarantine address, Covid testing package reference number and various other details about travel prior to entering Britain.

This was a long process and I needed a check list with dates by which I had to make sure I had completed each step. Eurotunnel sent me regular reminders about these steps right up to within hours of my departure time. With the necessary papers the check-in and police checks at the Eurotunnel was very simple. The Eurotunnel staff and system recognize your number plate and identify you immediately. They ask you, once more, whether you have completed all the necessary steps. The French police checked my passport, the British Border control checked my ID and the two documents proving I had a negative Covid test result and had completed the passenger locator form. Neither asked me for proof that my trip was necessary, as would have been the case several weeks ago.

I had no delays in that respect, although I had had to change my booking at the last minute and rebook another train 2 hours later due to an unexpected battery failure on my car – solved by the emergency car service I called. Luckily I had chosen a rebookable and refundable ticket. Then again, having driven six hours to Calais, I had also chosen to stay overnight in a hotel the night before, firstly to avoid a 12h trip and to be in good time to respect the curfew in place in France (no travel from 7pm to 6am), but also so as to be less pressed for time and to make the crossing and checking-in less stressful. It meant I had allowed the full 90 minutes before departure to complete the checks had any problems with other cars in front of me in the queue held the proceedings up.

Once off the train and onto the M20 – no further checks necessary on the British side, I travelled directly to my university digs as instructed, although it was impossible not to stop at motorway services to buy petrol and use the toilet facilities as the Eurotunnel trains have no on-board services at the moment. Once I had retrieved my key and unloaded my car, I have remained in my flat. Luckily it has a courtyard for sun, air and outdoor exercise. I am also lucky in not having to pay for compulsory hotel accomodation as foreign residents who arrive by plane from ‘banned’ countries, and I’m getting two hot meals a day and breakfast delivered by the catering staff, and can order in food for delivery by local stores.

I have been contacted by phone by Test and Trace who asked me a number of questions. I was asked if it was ok to continue the phone call in English, I don’t know what would have happened had I said no – and in view of the extremely serious and detailed content of the call, many people who did not have a good command of English might not have understood everything that was recited.

The caller obviously had prompt cards telling him what he should say and the language was very formal. I was asked whether I was following the instructions to quarantine, reminded me of the £10,000 fine I incurred if I didn’t, asked if I had received my test package, told what to do if the first test was positive – who to call, not to go to doctor or hospital, not to take the second test… which seems obvious now I think about it, but I hadn’t envisaged.

In fact, despite the tone being business-like and polite, the content of the call was rather frightening – fines and the idea that you might have a positive Covid test back all being clearly set out. At no point was I reassured that if the two tests were negative I would be ‘free’ to leave quarantine after Day 10. I checked on the government website and the precise moment is 11.59 pm on day 10, no matter what time you arrived on Day 0. Apparently I can look forward to receiving these phone calls every day. Maybe I shall ask about what if everything is ok. But then, this is serious and the tone probably intentional to make people keep to the quarantine rules. Tomorrow I shall complete the first test (Day 2) and send it back for processing. I expect the result to take a couple of days.

At no time in the process since registering online, have I been asked whether I am vaccinated or to give details (when, where, which vaccine, how many doses). In fact, I am fully vaccinated and have been since the 30th April. However, it is still possible, although less likely, that I could catch Covid, and that I can pass it on. As the Government website states:

« What you can do after you’ve had the vaccine

The vaccine cannot give you COVID-19 infection, and a full course will reduce your chance of becoming seriously ill. We don’t know how much it will reduce the risk of you passing on the virus. So it is important to continue to follow current national guidance.

To protect yourself and your family, friends and colleagues, you MUST still:

  • practise social distancing
  • wear a face mask
  • wash your hands carefully and frequently
  • open windows to let fresh air in
  • follow the current guidance »

I intend to keep the habits dearly learnt even with family for the moment – my adult children are still socially distancing when we meet – although my 96 year-old father, also fully vaccinated, wants to be able to hug me when I see him again for the first time in 14 months… I will let him be the judge of that.

Note: As of May 17th, France will be on the Amber list and the same restrictions and obligations will apply.

 

Séjour de recherche, Churchill College Cambridge

Avec mon arrivée lundi 10 mai 2021, le séjour de recherche consacré au projet concernant les collections et collectionneurs d’ouvrages d’histoire économique (lien vers le projet décrit en français), qui devait commencer début janvier 2021 et avait été reporté pour cause de la situation sanitaire, a enfin pu commencer.

En consacrant le temps dégagé pour ce déplacement depuis janvier au projet en travaillant à distance, et en ciblant les ressources dont l’exploitation sera nécessaire, le projet de six mois, maintenant réduit à quatre mois et demi, ne sera pas trop impacté.

Déjà le mois de mai promet d’être riche en rencontres, à distance (quarantaine oblige) et de visu (à fur et à mesure que les mesures de confinement sont levées). Des collègues des départements d’histoire et de français de l’Université de Cambridge, et des collègues de d’autres universités britanniques (Institute of Education, University of London; University of the Arts, London; University of Essex…) ont prévu de m’inclure dans leurs réunions, deux communications ont déjà été ajoutées au programme initialement prévu.

J’assurerai pour la Churchill Review un compte-rendu de l’entretien qui aura lieu le 26 mai 2021, dans le cadre d’une série d’entretiens visant à mettre en avant les femmes scientifiques. Le « Maître » du College, Professor Dame Athena Donald, recevra la députée travailliste Chi Onwurah, membre du cabinet fantôme, chargée de deux porte-feuilles: les affaires, l’énergie et la stratégie industrielle; et le numérique, la culture, les médias, et le sport. Chi Onwurah a auparavant été Directrice du département de la Téchnologie des Télécom à l’Office of Communications (Ofcom), organe officiel de surveillance et de régulation des industries de la communication.

Collectionneurs de livres rares d’histoire économique, contemporains d’Auguste Dubois et leurs collections

Billet publié sur le site consacré au

Fonds Dubois / Dubois Collection

A la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle la vente de bibliothèques privées anciennes réunies par des gentilshommes britanniques a permis aux collectionneurs connaisseurs, érudits ou amateurs, d’acquérir des oeuvres rares d’histoire économique auprès des libraires spécialisés dans le marché du livre ancien ayant pignon sur rue à Londres.

Les recherches menées autour des livres rares d’histoire économique de langue anglaise dans le Fonds Dubois ont mis à jour un réseau restreint de cinq collectionneurs de raretés dans ce domaine à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle : Auguste Dubois, Herbert Somerton Foxwell, E.R.A. Seligman, Henry Raup Wagner et Leon Kashnor.

Le corpus collectif réuni par ces cinq collectionneurs éminents actifs pendant la période 1880 à 1930 constitue les plus grandes collections d’oeuvres dans le domaine de l’histoire des débuts de la science économique en dehors des bibliothèques de dépot légal ou des bibliothèques nationales telles que la British Library et la National Library of Australia.

Ces cinq collectionneurs comprennent un Français, deux Anglais et deux Américains. Trois d’entre eux furent professeurs d’économie :  Auguste Dubois (1866-1935) à l’Université de Poitiers ; Edwin Seligman (1861-1939) à l’Université de Columbia (New York)  ; et Henry S. Foxwell (1849-1936) à l’Université de Cambridge, puis professeur à l’Université de Londres. Ces trois hommes ont tous contribué à l’émergence de leur discipline, fondé des associations et des périodiques pour promouvoir l’étude de l’économie, et, réuni et préservé ce corpus ancien, à l’époque mal estimé.

 

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