London 1911 : celebrating the imperial

London 1911 : celebrating the imperial  Susan Finding, MIMMOC, University of Poitiers

Article published in  « Londres: capitale internationale, multiculurelle et olympique »,  Observatoire de la société britannique, 11, décembre 2011, sous la direction de Timothy Whitton.

Abstract
Unlike many rival capital cities (Paris, Berlin, Washington D.C.),
London combined functions  as the seat of government, major seaport, industrial and commercial centre. London authorities sought to control and improve the living and working conditions within their boundaries. Unlike its rivals however, London was seen to be lacking in monuments and urban layout suitable to its calling.  The local authorities in London sought to remedy the planning side but celebration in stone and pageantry were ensured by official displays and semi-official entertainment heavily underpinned with imperial designs.http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQNAg4qvw1JM1Of6JnNHwhHgPIu7arjtY2TevJ3XUtU7RX3ZPvZ

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British Colonies, Dependencies & Trade Routes 1911

RESUME
C’est au mois de juillet 2005 que le CIO décide d’attribuer les Jeux Olympiques à la ville de Londres, vingt-quatre heures avant qu’une série d’attentats n’ébranle les certitudes multiculturalistes des Londoniens. Malgré le traumatisme subi, Londres sort la tête haute de cet épisode tragique, portée par sa volonté de défendre sa diversité autant que son statut de ville résolument internationale voire « globale ». Ce numéro explore l’évolution de la capitale britannique, non seulement sur les traces de son passé impérial, mais également en fonction de la manière dont elle s’accomode de sa place au cœur de l’échiquier financier mondial. La distribution et la gestion de son espace urbain sont également des enjeux majeurs dans la trajectoire que Londres cherche à se forger afin de rester dans le peloton de tête des capitales mondiales.

SOMMAIRE
Timothy Whitton
Forewords
Susan Finding
London 1911: celebrating the imperial
Carine Berbéri
Londres: une ville plus favorable à l’euro que les autres villes du Royaume-Uni ?
Hervé Marchal & Jean-Marc Stébé
Exister ou disparaître dans le jeu économique de la globalisation : un défi pour Londres et Paris
Ian Gordon
London Capital of Boom and Bust?
Martine Drozdz
Marges convoitées: lecture paysagère et géographique de l’extension du quartier d’affaires de la City à Londres.
Manuel Appert
Les nouvelles tours de Londres comme marqueurs des mutations d’une métropole globale
Timothy Whitton
Over to you Boris: the defeat of Ken Livingstone in 2008
Nancy Holman & Andrew Thornley
The reversal of strategic planning in London: the Boris effect with a focus on sustainability.
Nassera Zmihi
Londres 2012, un objectif olympien :zéro sans-abri.
Jeremy Tranmer
London: a capital of protest politics
Corinne Nativel
Mobilisations urbaines et espaces de résistance aux Jeux Olympiques de Londres et de Vancouver

12 euros (prix au numéro, frais de port compris), libellé à l’ordre de l’Agent comptable de l’Université de Toulon, à l’adresse ci-dessous
Gilles Leydier
Directeur de la publication
Revue « L’Observatoire de la société britannique »
UFR Lettres & Sciences Humaines
Université du Sud Toulon-Var
83957 La Garde cédex

Première campagne d’opinion moderne – la lutte anti-esclavagiste au Royaume-Uni

‘Granville Sharp the Abolitionist Rescuing a Slave from the Hands of His Master’ James Hayllar 1864, Copyright Victoria and Albert Museum.

Ce texte a été publié comme introduction à l’ouvrageL’abolition de l’esclavage au Royaume-Uni : débats et dissension, Paris: SEDES, 2009

En dehors de la transformation que l’abolition de l’esclavage a opéré dans la vie de centaines de milliers d’asservis, la campagne pour l’abolition de la traite britannique organisée par la Society for the Abolition of the Slave Trade qui commença en 1787 et fut la première du genre, fut le produit de son époque, celle de l’industrialisation, de la démocratisation de la culture et de la lecture, et des débuts de l’extension du vote et d’une période de réforme politique et sociale. Mais, dans plusieurs domaines, la campagne fut elle-même un moteur de cette évolution : elle fit partie des facteurs de la transformation sociale du Royaume-Uni, renforçant des tendances politiques nationales et internationales et accentuant l’émergence d’une nouvelle culture, d’un nouveau courant d’idées.

Le 18e siècle libertin, où débauche et licence à la Hogarth furent la règle dans les cercles influents, cèda le pas à un 19e siècle empreinte de censure, de moralisme et de réprobation, sentiments qui trouvèrent écho chez les classes moyennes ascendantes. La première campagne de commerce équitable (boycott de produits manufacturés produits par les esclaves : sucre, rhum et coton) fut accompagnée par la résurgence d’un puritanisme militant. La sainteté fut élevée comme valeur morale magnifiée par la renaissance des valeurs chrétiennes et l’adhésion des couches populaires – le Grand Reveil (The Great Awakening). En même temps s’opère un rejet de l’anglicanisme endormi et hypocrite de l’Establishment.

La lutte contre l’esclavage fut la raison pour laquelle http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQ2nOTiLuCDrGXLr5ypehg7sDexbtZoGlZNept-TVPlQl2b_HuoyAWilliam Wilberforce fut  « canonisé » par l’historiographie du 19ème siècle (on appela de leur vivant le groupe d’hommes graves et sans reproche, gravitant autour de l’église Holy Trinity à Clapham, les « Saints »). Ce ne fut pourtant pas la seule « mission » du parlementaire : il s’attribua lui-même la réformation des moeurs (manners ) (Harris). Ainsi, Wilberforce se distingua comme le précurseur d’un nouvel esprit, d’une nouvelle génération d’hommes politiques, sobres, sérieux, intenses et profondément religieux. À l’extérieur, les guerres et les renversements de l’ordre établi (Révolutions américaine et française, guerres napoléoniennes) en cette fin de siècle portèrent le débat sur des terrains plus vastes. Il n’était plus question de nombrilisme attentiste ou de protectionisme, mais de l’intérêt national et de la sécurité nationale, d’une politique étrangère moralisante et de l’identité même de la nation britannique (Harris). Toutefois, l’appartenance à la nation des membres noirs, au nom desquels on se battait, sembla rarement effleurer l’esprit des anti-esclavagistes (Kitson, Dresser, Curelly).

Une phrase du sermon de John Dore résume à elle seule les arguments de l’époque :      « The very idea of trading the persons of men should kindle detestation in the breasts of MEN, especially of BRITONS – and above all of CHRISTIANS » [Dore : 14-18]                Le triptyque – humanité, identité nationale et identité religieuse – se croise et s’entrelace dans grand nombre des sources citées, du témoignage d’Ouladah Equiano de 1789 (Currelly, Coleman) au roman d’Harriet Beecher Stowe de 1851-2 (Lowance) en passant par les prêches de quatre ministres baptistes au cours de la première campagne entre 1788 et 1792 (Briggs), les lettres indignées de Robert Hall au journal de Bristol (Whelan), l’intervention de poètes romantiques comme Coleridge, Southey et Cowper (Kitson,
Coleman) et les préoccupations des femmes engagées dans la lutte (Midgley). Les dimensions humanistes, nationales et religieuses sont présentes dans l’ensemble des débats, tout au long des cinquante ans que dura cette campagne, dans le discours des anti-esclavagistes de toutes tendances, de toutes origines géographiques et sociales, mais aussi dans celui de leurs opposants, les défenseurs du statu quo et du maintien de l’esclavage et de la traite.

Les quatre sermons étudiés atteignirent une certaine notoriété, étant imprimés et distribués par le réseau actif d’imprimeries de l’époque mis à contribution pour réussir ce qu’on appellerait aujourd’hui « une stratégie de communication ». Ils témoignaient non seulement de la puissance de l’orateur, mais aussi de la force de la campagne organisée, de l’impact décuplé que pouvait avoir un sermon par sa reproduction, par sa lecture dans les foyers et par les réunions organisées par les comités anti-esclavagistes qui s’étaient multipliés à travers le pays (Midgley).

L’étendue de la campagne se mesura au nombre de villes citées dans ces quelques exemples.http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRNY_BC5CoDboa9F0QgIzKZ-xuIEImnJmvGoH7aIIf4BfX2jZ7HEALes quatre prêches analysées par Briggs furent donnés à Maze Pond, Southwark (ou par un pasteur issu de cette communauté), au sud de la Tamise, et à Prescot Street au nord – tout près de là où se situaient les docks et le commerce triangulaire au départ de Londres, dans un rayon d’un kilomètre de George Yard, au coeur de la City, où le premier comité anti-esclavagiste fut établi début 1787 (1) – et à Hull, ville natale et circonscription parlementaire de William Wilberforce entre 1780 à 1784.

La ville de Bristol, premier port esclavagiste britannique jusqu’au milieu du 18e siècle

http://img.dailymail.co.uk/i/pix/2007/03_02/039Quaker_228x342.jpgquand Liverpool prit son essor, figure à plusieurs reprises dans les récits : comme point d’entrée d’une population noire, esclaves ou hommes/femmes libres (Dresser), comme plaque tournante de la traite triangulaire (Satchell), comme lieu privilégié d’enquête par Thomas Clarkson (2) et comme centre actif d’un noyau d’anti-esclavagistes dès 1787 (Whelan), et d’action militante – le poète romantique Samuel Taylor Coleridge, qui affectionnait les séjours dans le Somerset et le Devon au sud de Bristol, y donna une conférence anti-esclavagiste en 1795 (Kitson).

Si le triangle de ports esclavagiste – Londres, Bristol, Liverpool – apparaît naturellement occuper le devant de la scène dans ces récits, les villes industrielles – Manchester, Leicester, Birmingham, Nottingham, Northampton et Leeds – figurent de façon récurrente dans l’organisation du soutien pour la campagne parlementaire. L’étendue de ce soutien se mesure non seulement par les centaines de milliers de signatures récoltées par les nombreuses pétitions, et par le nombre de personnes qui participèrent à l’appel à boycotter le sucre – les ‘anti-saccharites’ –, mais aussi par la multiplication de pamphlets, d’enquêtes, de livres, de sermons imprimés et distribués, ainsi que par l’étendue géographique et sociale de la campagne.

L’amalgame de ces phénomènes avec les idées et les arguments employés, la stratégie de communication adoptée et la tactique parlementaire utilisée eurent une telle ampleur que cette campagne fut, avec raison, considérée comme la première campagne d’opinion moderne [Brown (2006)]. « Abolitionism (…) helped to redefine the shape of British politics. » [Oldfield : 187] Elle contribua à faire basculer le pays de l’ère pré-industrielle et mercantile à celle de l’ère industrielle et impérialiste (Satchell, Harris). La lecture des articles aide à comprendre comment et pourquoi la campagne pour l’abolition de l’esclavage en Grande Bretagne fut si significative.

1. Jamaica Wine House, un lieu de rendez-vous d’affaires pour les armateurs et marchands d’esclaves, s’y trouve encore de nos jours, sur le site du premier ‘café’ londonien. (Illustration : St Michael’s Alley).

2. Voir  How did the real hero of the anti-slavery movement get airbrushed out of history? By ISABEL WOLFF, Daily Mail, 23 March 2007.

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L’abolition de l’esclavage au Royaume-Uni : débats et dissension, Paris: SEDES, 2009

Entre 1787 et 1840 le Royaume-Uni et ses colonies connaissent une longue lutte entre partisans et opposants de la traite des esclaves et de l’esclavage. C’est ce combat, souvent intense, parfois violent, qu’étudient les contributions françaises et internationales réunies dans cet ouvrage. Leurs analyses portent sur le climat moral et intellectuel au Royaume-Uni à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle. Des thèmes particuliers et des cas d’études spécifiques sont abordés : les évangélistes, les baptistes, les femmes militantes de la cause abolitionniste, le port esclavagiste de Bristol, l’ex-esclave Equiano, le poète Coleridge, le réformateur Wilberforce, le débat économique.  À la croisée de plusieurs disciplines (études anglaises, histoire des idées, sciences politiques) cet ouvrage est destiné aux étudiants préparant le concours, ainsi qu’à tous ceux qui s’intéressent à la civilisation anglophone.

A collection of essays from scholars worldwide dealing with the issues concerning the context and content of the debates in Britain and its colonies during the fifty year struggle to implement the abolition of the slave trade and the institution of slavery from 1787 to 1840. Scholars from Australia, Britain, France, and the United States examine the moral and intellectual climate of late-eighteenth and early-nineteenth century Britain. Themes include the Enlightenment, religion and romanticism, ethics and politics, transatlantic influences and abolitionist discourse. Case studies analyse particular aspects: the Evangelicals, the Baptists, women abolitionists, black Bristol, Equiano the former slave, Coleridge the poet, Wilberforce the reformer, the economic debate.  At the crossroads between English Studies, History, the History of Ideas and Politics, it will be of interest to students and scholars studying English literature and English-speaking cultures, the social, intellectual and political history of Britain and the Caribbean, and cross-cultural and transdisciplinary transfers.


Ouvrage dirigé par Susan Finding,
Professeur à l’université de Poitiers.
John Briggs, Professor, Theology Department, University of Oxford.
Vernon Burton, Emeritus Professor of History, African American Studies, andSociology, University of Illinois.
John Coffey, Professor of Early Modern History, University of Leicester.
Deirdre Coleman, Robert Wallace Chair of English, University of Melbourne.
Laurent Curelly, Maître de conférences en civilisation britannique, Université de Haute-Alsace.
Madge Dresser, Reader in History, University of West England.
Susan Finding, Professeur de civilisation britannique, Université de Poitiers.
Trevor Harris, Professeur de civilisation britannique, Université François Rabelais, Tours.
Peter Kitson, Professor of English, University of Dundee.
Mason I. Lowance, Professor of English, University of Massachussetts, Amherst.
Lawrence McDonnell, Lecturer in History, Iowa State University, Ames, IA.
Clare Midgely, Professor of History, Sheffield Hallam University.
Veront M. Satchell, Senior Lecturer in History and Archeology, University of the West Indies, Kingston, Jamaica.
Troy Smith, NCSA, University of Illinois, Urbana-Champagne.
Timothy Wheelan, Professor of English Studies, Georgia Southern University.

 

 

Les coulisses du pouvoir et la démocratie parlementaire au Royaume-Uni

Les coulisses du pouvoir, métaphore spatiale pour les hautes sphères des instances politiques, soustraites au regard du public, sont un espace privilégié et réservé. L’analyse du fonctionnement des antichambres des principaux partis politiques britanniques et des rapports en coulisse entre l’exécutif, le législatif et l’administratif fait ressortir le rôle et l’efficacité des coulisses du pouvoir comme lieu de régulation des tensions engendrées dans le jeu des différents composantes des pouvoirs politiques. L’évolution des technologies de la communication, le déplacement de pouvoirs vers des instances « dépolitisées » et le décloisonnement des sphères politiques annoncent une transformation de ce lieu de pouvoir et une redéfinition des coulisses.

Introduction

En politique, l’envers du décor1, les coulisses de la scène publique, sont synonymes des lieux où le jeu du pouvoir s’exerce de façon mystérieuse, peu transparente voire occulte. Dans le présent volume, les études de cas particuliers qui évoquent les couloirs de Westminster et de Whitehall, ainsi que les coulisses des nouvelles instances mises en place depuis 1998, à savoir, le Parlement écossais, l’exécutif gallois et la mairie de Londres, font état de tractations et de compromis. Ces lieux de pouvoir, espace privilégié, réservé et restreint, et souvent mal connus, forment le substrat de la démocratie parlementaire britannique où les réseaux politiques se font et se défont. Ces coulisses forment un labyrinthe – ne parle-t-on pas des arcanes du pouvoir ? – dans lequel les auteurs se sont aventurés pour essayer d’en explorer la structure, le rôle et le
fonctionnement.

Le terme anglais ‘corridors of power’ désigne les plus hautes sphères du pouvoir exécutif, les lieux où se prennent les décisions de la plus haute importance2 et la notion, traduite en français par l’expression ‘coulisses du pouvoir’3, fut inventée par le scientifique, romancier et haut fonctionnaire britannique, C.P. Snow4, habitué de ces lieux, dans un roman datant de 1956, intitulé Homecomings. Il utilisa à nouveau cette appellation dans le roman éponyme 

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Corridors of Power de 1964, dont l’action se situe à l’époque de la crise de Suez, pendant la Guerre froide. Il est lui-même devenu, de 1964 à 1966, parliamentary secretary du Ministre de la Technologie du gouvernement Wilson, Frank Cousins, incarnant ainsi un des personnages dont il avait esquissé les traits. L’intrigue se déroule dans ce contexte historique et évoque les luttes byzantines dans le cercle fermé des ministres et des hauts fonctionnaires. Sous-jacentes à cette notion sont donc les idées de lieu clos et d’influences secrètes alors que le personnage principal, Roger Quaile, opposé à la course à l’armement nucléaire, tente d’élargir son rayon d’action et d’asseoir le pouvoir qu’il exerce en tant que ministre. Comme l’explique
Snow dans son avant-propos5, l’auteur et critique Rayner Heppenstall remarqua le terme, l’utilisa comme titre pour un compte-rendu de Homecomings6. C’est ainsi que le public et Snow lui-même adoptèrent la notion et le choisit comme titre de son futur roman. Le terme est devenu courant avant même la publication de ce dernier. La résonance particulière du terme répondait, sans doute, au besoin de nommer et ainsi de reconnaître l’existence de cette réalité, politique, d’identifier en quelque sorte le phénomène comme objet d’étude

Sous le libellé de coulisses du pouvoir, on évoque la machinerie du gouvernement élu et celle de son support administratif dans les ministères, mais aussi, et surtout, ses aspects cachés, l’envers de la scène publique : les conseillers officiels et officieux des hommes et femmes de pouvoir, qu’ils soient fonctionnaires, éminence grise ou ‘spin doctor’, ainsi que les divers types de groupes de pression7. Le terme même de lobby8 fait référence aux couloirs des Chambres du Parlement où les députés sont sollicités, où des négociations, dont le contenu et la manière peuvent être tendancieux, sont conduites. En français « faire antichambre » ne signifie-t-il pas attendre une faveur ?

À Westminster comme à Whitehall, mais aussi dans d’autres lieux de pouvoir, délocalisés, « dévolus », le pouvoir s’exerce dans les lieux de débat public et dans des lieux moins accessibles. L’exercice du pouvoir dans les parlements écossais et gallois, les autorités locales et régionales, les mairies, les partis politiques, les syndicats, les
entreprises, les organisations fédératrices (comme le Trade Union Congress, la Confederation of British Industry ou l’Union Européenne), ou encore les organisations non-gouvernementales, à l’intérieur même des lobbies, est ainsi plus ou moins transparent selon la tradition, la politique et les mœurs de ces instances.

Le travail présenté ici, sans prétendre être exhaustif, nous amène à examiner les rapports de pouvoir, les stratégies diverses, les conflits d’intérêts, la négociation et les compromis, la transparence ou non de la démocratie élective et les pouvoirs occultes qui s’y exercent. Certains épisodes parlementaires évoqués dans ce volume – les débats sur Maastricht en 1993, sur l’Irak en 2003, sur les droits du citoyen et les libertés individuelles en 2005 – illustrent ce propos. Ces questions, posées depuis une vingtaine d’années, ont suscité un
débat de fond sur la réforme des institutions britanniques, réforme qui concerne plusieurs composantes de la constitution, comme en témoignent les réformes entreprises depuis dix ans par le gouvernement Blair. Celles-ci comprennent la décentralisation des pouvoirs, « devolution », (1998), les droits de l’homme (1998), la Chambre des Lords (1999), la gestion des partis politiques et des élections (2000), l’accès à l’information (2000), le pouvoir judiciaire (2005). Un certain nombre de ces réformes sont évoquées directement ou indirectement dans les contributions qui suivent, toutes liées par la même interrogation sur les lieux de pouvoir dans une démocratie moderne. On évoquera tour à tour les composantes du pouvoir politique que sont les partis politiques, l’administration centrale et les nouvelles institutions démocratiques mises en place dans les régions depuis 1998.

Depuis la parution de ce numéro en 2008, les réformes constitutionnelles continuent au Royaume-Uni.

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Lords’ Constitutional Reform Committee 2010

  • 1  Thème du XXe congrès de la Société des Anglicistes de l’Enseignement Supérieur (SAES) tenu en Avignon (…)
  • 2  Cambridge International Dictionary of Idioms, 1998.
  • 3  Le terme ‘couloirs du pouvoir’ est cependant utilisé par Yvan Levaï, La République des mots : De M (…)
  • 4  (1905–1980) Physicien à l’université de Cambridge, haut fonctionnaire responsable de la sélection (…)
  • 5  C.P. Snow, Corridors of Power, Londres, Macmillan, 1964 (Penguin, 1966), 7, Author’s note to the o (…)
  • 6 Times Literary Supplement, 7 September 1956, 524 voir Nicholas Tredell, “Corridors of Power”, The L (…)
  • 7  Il n’est pas du ressort de ce présent volume d’examiner ce point particulier. Les think tanks font (…)
  • 8  Selon le Online Etymology Dictionary le sens de « grande entrée d’un bâtiment public » du terme lo (…)

L’abolition de l’esclavage au Royaume-Uni : débats et dissensions

http://www.images.hachette-livre.fr/media/imgarticle/SEDES/2010/9782301000606-V.jpgL’abolition de l’esclavage au Royaume-Uni 1787-1840 : débats et dissension  / The abolition of slavery in Britain 1787-1840 : debate and dissension. Paris, Sedes, 2009. Ouvrage dirigé par Susan Finding, Professeur à l’université de Poitiers.

Entre 1787 et 1840 le Royaume-Uni et ses colonies connaissent une longue lutte entre partisans et opposants de la traite des esclaves et de l’esclavage. C’est ce combat, souvent intense, parfois violent, qu’étudient les contributions françaises et internationales réunies dans cet ouvrage. Leurs analyses portent sur le climat moral et intellectuel au Royaume-Uni à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle. Des thèmes particuliers et des cas d’études spécifiques sont abordés : les évangélistes, les baptistes, les femmes militantes de la cause abolitionniste, le port esclavagiste de Bristol, l’ex-esclave Equiano, le poète Coleridge, le réformateur Wilberforce, le débat économique.  À la croisée de plusieurs disciplines (études anglaises, histoire des idées, sciences politiques) cet ouvrage est destiné aux étudiants préparant le concours, ainsi qu’à tous ceux qui s’intéressent à la civilisation anglophone.

Pour une revue de cet ouvrage voir Notes de lecture : Révauger Cécile   lien XVII-XVIII. Revue de la société d’études anglo-américaines des XVIIe et XVIIIe siècles,     Année   2011,    Volume   68,    Numéro   68,   pp. 203-205.

A collection of essays from scholars worldwide dealing with the issues concerning the context and content of the debates in Britain and its colonies during the fifty year struggle to implement the abolition of the slave trade and the institution of slavery from 1787 to 1840. Scholars from Australia, Britain, France, and the United States examine the moral and intellectual climate of late-eighteenth and early-nineteenth century Britain. Themes include the Enlightenment, religion and romanticism, ethics and politics, transatlantic influences and abolitionist discourse. Case studies analyse particular aspects: the Evangelicals, the Baptists, women abolitionists, black Bristol, Equiano the former slave, Coleridge the poet, Wilberforce the reformer, the economic debate.  At the crossroads between English Studies, History, the History of Ideas and Politics, it will be of interest to students and scholars studying English literature and English-speaking cultures, the social, intellectual and political history of Britain and the Caribbean, and cross-cultural and transdisciplinary transfers.

John Briggs, Professor, Theology Department, University of Oxford.
Vernon Burton, Emeritus Professor of History, African American Studies, andSociology, University of Illinois.
John Coffey, Professor of Early Modern History, University of Leicester.
Deirdre Coleman, Robert Wallace Chair of English, University of Melbourne.
Laurent Curelly, Maître de conférences en civilisation britannique, Université de Haute-Alsace.
Madge Dresser, Reader in History, University of West England.
Susan Finding, Professeur de civilisation britannique, Université de Poitiers.
Trevor Harris, Professeur de civilisation britannique, Université François Rabelais, Tours.
Peter Kitson, Professor of English, University of Dundee.
Mason I. Lowance, Professor of English, University of Massachussetts, Amherst.
Lawrence McDonnell, Lecturer in History, Iowa State University, Ames, IA.
Clare Midgely, Professor of History, Sheffield Hallam University.
Veront M. Satchell, Senior Lecturer in History and Archeology, University of the West Indies, Kingston, Jamaica.
Troy Smith, NCSA, University of Illinois, Urbana-Champagne.
Timothy Wheelan, Professor of English Studies, Georgia Southern University.

Introduction (Susan Finding)