De beaux jours pour la monarchie

Sous un ciel gris plus que menaçant, le public massé le long de la Tamise lors du défilé fluvial du dimanche 3 juin pendant les fêtes consacrées aux soixante ans de règne de la reine Elizabeth.

Photo prise près du pont de Blackfriars à Londres au passage de la barge royale.

A titre de comparaison, la vue aérienne de la même scène, publié par le quotidien The Mirror le 4 juin 2012.

Les réjouissances pour le Jubilé de la Reine furent l’occasion non seulement de fêter la souveraine mais ont également donné lieu à une célébration autour d’individus connus et moins connus, auteurs d’exploits ou simples membres du public actifs dans différents types d’association et d’activité. Etre reconnu(e) par la Reine, par une médaille, un titre, une invitation à pique-niquer sur son gazon dans l’enceinte du palais de Buckingham ou à participer au défilé fluvial aux accents historiques et contemporains. L’une des références les plus répondues fut celle de la toile montrant la flotille et barge du maire de Londres peint en 1746 par Canaletto.

La barque Gloriana, cadeau royal d’une valeur de £1m du Lord Stirling, – cela ne s’invente pas – (président de la compagnie maritime P&O, annobli sur suggestion de Mme. Thatcher en 1990) a été construit en 2012 sur le modèle des barques d’il y a deux cent ans.

Le sentiment de fierté, les expressions de dévouement envers la reine du devoir, la bonhomie, les versions spontanées et a capella de l’hymne national à l’honneur du souverain, entendus tout au long de ces quatre jours, ont souligné la popularité de l’institution. La monarchie parlementaire comme forme de gouvernement démocratique est toujours d’actualité. La longue histoire de la monarchie britannique – longue parce que souvent rapiécée – et les traditions inventées récentes et moins récentes (r)assurent.

La présence du drapeau britannique, symbolisant l’union des Royaumes d’Angleterre et d’Ecosse, la principauté du pays de Galles et l’Irlande du Nord, sur les mâts, dans les rues, sur les bâtiments, sur les vêtements et le visage, témoignent d’un regain d’identification avec une identité commune. Certains se sont réjouis que le drapeau avait été ainsi repris à l’extrême-droite raciste qui en avait fait son emblème.

Les républicains eurent droit à leur propre manifestation anti-monarchiste près du siège de la municipalité de Londres lors du défilé fluvial, mais à 1,200 contre 1,200,000 à Londres et 6 millions de personnes participant aux festivités – feux de joie, déjeuners populaires – à travers le pays d’après le quotidien The Guardian, la monarchie a de beaux jours devant elle.

Jubilé à Londres

En attendant de pouvoir rendre compte de l’événement auquel j’assisterai sur place, l’occasion pour les britanniques de célébrer leur souverain et de se remémorer les six décennies depuis son accession au trône, voici quelques liens vers des articles de presse française : Sept symboles pour le jubilé d’une reine  (La Croix); Jubilé de la Reine (petitjournal.com); Les britanniques jubilent! (Paris Match); Les britanniques s’apprêtent à jubiler pour la Reine (TF1).

Comprendre les enjeux de Londres et le Royaume-Uni avant les JO

Après l’Atlas géopolitique du Royaume-Uni (BAILONI M. et PAPIN D., 2009, Editions Autrement, Paris), Delphine Papin, Marc Bailoni, spécialiste de géopolitique à Nancy-Metz, Manuel Appert, géographe et urbaniste, Lyon, et Eugénie Dumas, cartographe, ont réussi un tour de force en publiant un nouvel ouvrage dans la collection Atlas aux éditions Autrement consacré à Londres, la « ville globale » (selon l’expression consacrée de Saskia Sassen).

La présentation de l’ouvrage résume les thèmes couverts par l’ouvrage :
« The world in one city », dit-on encore aujourd’hui : Londres se situe parmi les villes les plus cosmopolites du monde. Ville mondiale et connectée parce qu’elle est aussi une place financière majeure. S’y pressent les puissants de la planète, et les plus démunis d’Europe. Cité inégalitaire également, dotée d’infrastructures parfois anachroniques, où se côtoient les tours de verres, les maisons victoriennes, les friches, la City, le banglatown, club de l’Arsenal et pubs select… Quel est donc l’avenir de ce laboratoire urbain ? Londres devient-elle une nouvelle espèce de ville européenne, verticale ? La tenue des JO sera-t-elle l’occasion de garantir un développement sur le long terme ? Comment se mesure-t-elle désormais avec sa grande rivale Paris, en tous points contraire et pourtant voisine? Etrange, mouvante, contrastée, Londres n’en finit pas de fasciner. »
A une époque ou les images parlent autant que les paroles, les cartes et photographies  illustrent les enjeux et gageure que seront les Jeux olympiques pour cette ville de 8 million et demi d’habitants, poumon du sud-est de l’Angleterre, capitale politique du royaume,  « salle des machines du capitalisme mondiale » (Jonathan Coe, écrivain, interviewé dans L’Express du 30 mars 2011) et haut lieu culturel. Les textes qui accompagnent cette exploration visuelle donnent suffisamment d’explications pour comprendre les thèmes abordés et avoir envie d’aller plus loin. A emporter avec soi lors d’une exploration des quartiers et districts de Londres, à lire avant les Jeux olympiques pour visualiser la topographie des événements sportifs (marathon, triathlon, cyclisme sur route) qui auront lieu dans les rues et les parcs de la capitale.

Doctoriales de civilisation au Congrès de la SAES à Limoges

 Les doctoriales de civilisation au congrès annuel de la SAES (Société d’anglicistes de l’enseignement supérieur) du 11 au 13 mai 2012 ont ouvert le bal à la Faculté de Lettres et de Sciences Humaines, Université de Limoges. Le vendredi 11 mai 2012, quatre doctorants ont présenté leurs travaux dans la séance qu’on m’avait demandé de présider :

10h00 Myriam Yakoubi (Paris VIII – Vincennes-Saint-Denis – Collège de France)
« La représentation de l’altérité chez Lawrence d’Arabie: Enjeux épistémologiques et politiques de la transparence »
10h30 Gwennaëlle Cariou (Paris VII – Diderot)
« La création des musées afro-américains aux États-Unis ou le passage de l’invisible vers le visible »
11h00 Delphine Schneider (Aix-Marseille)
« Rétablissement de la hiérarchie catholique en Angleterre en 1850: enjeux officiels et officieux »
11h30 Emilie Berthillot (Toulouse II – Le Mirail)
« Le château de Dublin de 1850 à 1922: traître ou agent double? »

Pour mémoire, Delphine Scheider est également intervenue  le samedi 12 mai (matin) dans l’Atelier 8 Ecosse et pays de Galles « Le rétablissement de la hiérarchie écossaise: enjeux officiels et officieux »,   le samedi 12 mai 2012 (matin) dans l’Atelier 18, Civilisation du Commonwealth “Double-Edged Transparency and Easiness: The Case of the Establishment of the Catholic Hierarchy in Australia (1842-1850)” et le dimanche 13 mai (matin) dans l’Atelier 4 : Etudes victoriennes et éduardiennes (SFEVE) « La reine Victoria et le pape Pie IX, une amitié improbable? ».

Emilie Berthillot est également intervenue le vendredi 11 mai (après-midi) dans l’Atelier 8 Ecosse et pays de Galles (SFEEc) « Espionnage et contre-espionnage dans les rébellions jacobites ».

Vers un modèle social européen?

MARTENS (Stephan), RÉVAUGER (Jean-Paul), (dir.), Vers un modèle social européen ?Bordeaux : Presses universitaires de Bordeaux, 2012, Broché, 16 x 24, 326 p.

L’Europe possède-t-elle un modèle social spécifique ? La question déjà brûlante en France au moment des choix décisifs de 1992 et 2005 revêt une importance cruciale pour l’ensemble du continent en temps de crise financière et budgétaire.
La politique sociale est-elle un luxe coûteux ou une politique publique indispensable à la justice sociale, à la cohésion et à l’efficacité économique ?
Le présent ouvrage analyse les façons dont la question est perçue au sein de l’Union depuis 2000. Il est structuré autour d’études des cas nationaux de la France, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne, qui sont représentatifs de différents modèles, d’analyses thématiques ou de comparaisons bilatérales, ainsi le dossier des retraites et celui des politiques d’intégration.
La question du travail, élément fondamental de l’identité et de la structuration sociales est au coeur de la démarche.
Stephan Martens est Professeur de civilisation allemande contemporaine à l’Université Bordeaux 3.
Jean-Paul Révauger est Professeur de civilisation britannique contemporaine à l’Université Bordeaux 3.
Ont contribué à cet ouvrage : Nada Afiouni, Aurelie Binet-Grosclaude, Philippe Brillet, Franz Clement, Catherine Coron, Marion Del Sol, Joëlle Harel, Christopher John Nock, Canio Lagala, Vincent Latour, Carmela Maltone, Stephan Martens, Ruxandra Pavelchievici, Enrico Reuter, Jean-Paul Revauger, Michaela Schulze, Susan Trouve-Finding, Pascale Turquet, Henrik Uterwedde, Nicolas Verschueren, Bernard Yvars.

Les enjeux des jeux : Londres 2012

Ville olympique pour deux fois déjà (1908, 1948), Londres est aujourd’hui une ville cosmopolite de 7,75 millions d’habitants, soit 12,5% de la population britannique, dont un tiers est né à l’étranger et où on parle 300 langues. Les JO de Londres vont s’ouvrir le 27 juillet 2012, sept ans après l’annonce de l’attribution des jeux à Londres. Les attentats qui frappèrent la ville le lendemain même, le 7 juillet 2005, ont alerté sur les risques encourus qui sont liés à la taille, la diversité et l’attractivité de la capitale. Malgré cela, les organisateurs font le pari de retombées durables pour la ville, le pays et ses habitants.

Au-delà des risques d’attentats terroristes, la capacité d’accueil de la ville sera testé. Le prix ‘scandaleux’ des chambres d’hôtel à Londres est, dénoncé et le nombre de réservations est en dessous de celles d’une saison normale car les touristes semblent bouder la capitale, craignant les foules. La saturation des réseaux de transport public est un souci majeur malgré la construction de la gare Eurostar de Stratford International pour le parc olympique. Le site web de la billetterie a été victime du son succès et le système d’attribution par loterie conduit a des dérives. Pourtant, le maire de Londres, Boris Johnson, qui n’a pas obtenu des billets pour sa famille, s’est réjoui de cette preuve de démocratie. La gratuité limitée et la visibilité restreinte du spectacle sportif en dehors des stades (arrivées du marathon et du triathlon, épreuves nautiques et de cyclisme) sont discutées. En matière de santé publique, des mises en garde contre les risques accrus d’épidémies ont été émises. Et, dans un pays épris de paris en tout genre, est apparue la crainte de paris sportifs truqués.

La participation et l’inclusion sociale restent les maître-mots des paris à tenir. Pour réussir la fête nationale, la flamme olympique parcoura 13 000 km au Royaume-Uni, tous les comtés britanniques, des lieux symboliques et passera à moins de 15km de 95% de la population. Chaque étape donnera lieu à des fêtes locales. Les matchs de football sont organisés à Wembley, mais aussi à Cardiff, Glascow, Coventry, Manchester et Newcastle. 70 000 volontaires ont été recrutés pour l’accueil de touristes et la logistique des épreuves. La participation sportive accrue qu’est attendue des britanniques reste cependant en dessous des espérances. UK Sport, organisme chargé de promouvoir le sport de haut niveau avec des fonds provenant de la loterie nationale et du gouvernement, oeuvre pour améliorer le palmarès des médailles britanniques, espoir majeur. Les directeurs des cérémonies d’ouverture et de clôture devront se surpasser pour faire oublier la prestation modeste de la ville de Londres lors de la cérémonie de clôture à Beijing en 2008, et ce, l’année même de la fête nationale populaire du Jubilé de la Reine, du 2 au 5 juin, sept semaines seulement avant les jeux.

Les retombées économiques et sociales escomptées ont conduit à situer le parc olympique dans le quartier défavorisé de Newham, lequel a le taux d’emploi le plus bas (56%) de Londres et une population d’origine ethnique parmi les plus denses du pays (55%). La maîtrise des coûts et le modèle britannique de financement public-privé stipulaient la vente du stade olympique après les jeux. Suite à des rivalités entre des clubs de football de Londres, candidats à l’achat, le site restera public et sera loué, sans doute à West Ham. Le parc olympique est conçu comme un modèle de développement durable et écologique, avec espaces verts et plans d’eau, afin de laisser un environnement urbain renouvelé et des structures pérennes pour les 1 million de Londoniens dans les 6 quartiers concernés. Quant aux emplois permanents, 3 000 devraient être générés. En outre, un centre commercial, le plus grand d’Europe, Westfield Stratford City, a ouvert à l’entrée du site et devrait créer 10 000 emplois, dont un cinquième serait réservé aux sans-emploi locaux.

Pour aller plus loin:

Parmi les articles publiés en France, à cent jours de l’ouverture des Jeux :

La Nouvelle République, mardi 17 avril 2012, ‘La dernière ligne droite‘ (p.38).

Le Journal du Dimanche, dimanche 15 avril 2012, ‘Sebastian Coe, le seigneur des anneaux‘, portrait du patron de l’organisation des jeux.

Roseline Théron, « Le Grand Londres face aux défis du XXIème siècle ». ‘L’Angleterre sur écoute’ La Revue des Deux Mondes (octobre-novembre 2011) : 95-103.

Timothy Whitton (dir.), Observatoire de la société britannique, 11 | 2011, Londres : capitale internationale, multiculturelle et olympique.

Will Jennings. ‘London 2012 : A Risk-Based Olympics?’, Risk & Regulation 18(Winter): 14-16, 2009.

The Lancet, Mass Gatherings Health, January 16, 2012.

John Hollis, Focus on London 2010, Population and Migration, Greater London Authority, 2010.

http://www.citymayors.com/sport/2012-olympics-london.html.

http://www.uksport.gov.uk/pages/about-uk-sport/.

Politiques sociales (Milan 2011)

http://www.espanet-italia.net/conferenza2011/img/header-2010.jpg

En septembre 2011 (29 sept – 1er oct) s’est tenu le 4e congrès de la section italienne du réseau européen pour l’étude des politiques sociales (ESPANET) au Politecnico di Milano, Dipartimento di Architettura e Pianificazione (DIAP)   

Innovare il welfare Percorsi di trasformazione in Italia e in europa.  L’appel à communications / Call for papers :

« Le transformations en cours dans les systèmes sociaux en Europe, en particulier en Italie, sont l’objet des travaux. La crise économique et les processus de changement social, économique et démographique qui ont touché l’Europe, ont initié des révisions profondes des règles des systèmes sociaux, afin de mieux adapter la protection sociale aux besoins sociaux et la rendre plus durable du point de vue budgetaire.

Pour effectuer la ‘quadrature du cercle’ des améliorations ont été recherchées, avec des modalités plus ou moins explicites et progressives, dont des innovations institutionnelles, qui n’ont en aucun cas remis en cause les modèles sociaux précédents.
En cette phase turbulente, l’Italie brille par une capacité d’innover assez pauvre et une grande difficulté d’introduire des transformations profonds au modelè toujours plus inadéquat et inefficace.
Toutefois, notre pays ne manque pas d’expérience dans l’innovation institutionnelle et politique. La conférence fera le point sur ces thèmes, et invite les chercheurs italiens et européens à s’interroger sur les directions du changement, sur les raisons qui le rendent nécessaire, et sur les obstacles qui en empêchent son développement. »

 

J’ai pu assister aux sessions suivantes et à la plénière de clôture. Je remercie tout particulièrement Giuliana Costa (Politechnico di Milano).  Photo : Susan Finding et Giuliana Costa.

Sessione 10
The effects of the economic crisis on family incomes, inequality and poverty   Présidée par Holly Sutherland, Institute for Social and Economic Research- University of Essex, UK

Flaviana Palmisano, Vito Peragine (Università di Bari)
The distributional incidence of growth: A non-anonymous and rank dependent approach

Manos Matsaganis, Chrysa Leventi (Athens University of Economics and Business)
Distributional implications of the recession and the austerity in

Alberto Tumino, Marina Fernandez Salgado, Francesco Figari, Holly Sutherland (University of Essex)
Unemployment, inactivity and economic crisis: stress testing the welfare systems in Europe

Massimo Baldini (Università di Modena e Reggio Emilia), Emanuele Ciani (Università di Essex, UK)
Inequality and poverty during the recession in Italy

Coordonnée par Manos Matsaganis Athens University of Economics and Business

Sessione 13
Trasformazioni lavorative e familiari e strategie di conciliazione: il ruolo delle politiche sociali   présidée par Laura Balbo, Università di Padova

SESSIONE 13A    Titolo  Percorsi  tra lavoro per la famiglia e lavoro per il mercato

Renata Semenza (degli Studi di Milano), Manuela Samek Lodovici, Daniela Loi, Erika Freschi  (IRS)
Uscite Transitorie. Le dimissioni delle lavoratrici madri nel primo anno di vita del figlio

Tiziana Tesauro  (Irpps-Cnr)
Bisogni di conciliazione e strategie familiari di cura condivisa

Sonia Bertolini, Paola Torrioni (Università di Torino)
Il lavoro atipico e le sue ripercussioni sulle strategie di formazione della famiglia e sui corsi di vita individuali: quali politiche per una flessibilità lavorativa “sostenibile”?

SESSIONE 13B
Titolo: Politiche di conciliazione e divisioni di genere

Rossella Ciccia, Mieke Verloo (Radboud University Nijmegen),
Leave Regulations and Gender Equality in an Enlarged Europe: A Fuzzy Set Ideal Type Analysis

Francesca Bergamante (Isfol)
La conciliazione attraverso lo strumento della riorganizzazione dei tempi di lavoro in Europa e in Italia

Renzo Carriero (Università of Torino)
Perceived Fairness And The Division Of Domestic Labour: A Longitudinal View

Rebecca Zanuso e Giovanni Viganò (Synergia)
Rilevare i bisogni e le aspettative per realizzare politiche di conciliazione efficaci

Elisabetta Donati (Università degli Studi di Torino)
Sconfinamenti  e conflitti di lealtà: lavoro e cura lungo il corso di vita. Il contributo italiano in uno studio comparativo europeo

 http://www.espanet-italia.net/conferenza2011/img/header-2010.jpg

session coordonnée par Manuela Naldini, Università di Torino, Cristina Solera, Università Torino

Sessione 19  The governance of social policy at the European Union level: law and politics coordonnée par Jean-Claude Barbier Università di Parigi I Panthéon Sorbonne CNRS  et Fabrice Colomb Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

Stefano Sacchi (University of Milan)
Flexicurity in Action: Flexibility and Worker Security in Advanced Political Economies
The European

Axel van den Berg (McGill University), Jean-Claude Barbier (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne)
A Tale of Two Federalisms: Social Policy in Canada and the European Union

Patrik Vesan (University of Valle d’Aosta)
From the Lisbon ‘Growth and Job’ to the ‘Europe 2020’ strategy: The emergence and transformation of the European agenda on flexicurity

Plénière de clôture : Trajectories of institutional change in Europe,  présidé par Jean-Claude Barbier  où les invités suivants ont présenté leurs travaux :

Giuliano Bonoli (Institut des Hautes Etudes d’Administration Publique, Lausanne) ‘Activation policies in Europe’
Sandro Cattacin (University of Ginevra) ‘Politiche d’integrazione degli immigrati in Europa: tra pragmatismo locale e populismo nazionale’
Joakim Palme (Institute for Future Studies, Stockholm) ‘What future for social investment?’
Chiara Saraceno (Wissenschaftszentrum für Sozialforschung – WZB, Berlin) ‘Le politiche della cura’.

Les scientifiques s’indignent aussi

Le quotidien britannique The Guardian (papier) publie à la une et développe sur deux pleines pages dans le numéro daté du mercredi 11 avril 2012 une information concernant la décision par le Wellcome Trust, fonds de recherche médicale et biologique, d’inciter les chercheurs travaillant sur des projets financés par eux à publier dans des revues « ouvertes » : ‘Wellcome Trust joins ‘academic spring’ to open up science.’ Le directeur du fonds estime que les grandes groupes d’édition scientifique qui font payer la lecture d’un article profitent des fonds publics et du volontariat pour engranger des bénéfices commerciaux.

L’Université de Poitiers a récemment décidé de fermer des comptes payant d’accès en ligne chez les grands groupes d’édition scientifique estimant que les coûts, qui ont augmenté de façon importante depuis dix ans, n’étaient pas justifiés. De nombreux chercheurs dans des disciplines diverses se plaignent de l’inaccessibilité d’informations scientifiques s’ils ne font pas partie d’un laboratoire CNRS qui a ses propres accords et abonnement à des bouquets de revues en ligne.

Les pare-feu payants (paywall en anglais) derrière lesquels le savoir est caché sont ils en train de tomber après deux décennies d’exploitation? Le mouvement lancé par un post sur le blog de Tim Gowers, mathématicien de Cambridge, lauréat du Fields Medal, en janvier 2012 prend de l’ampleur et un site dédié, The cost of knowledge, a recueilli plus de 9000 signatures. Dès 2009 de prestigieuses universités – tel que Berkeley (Californie) –  se sont prononcées en faveur de l’accès libre.

De plus en plus de sites en accès gratuit (open access) sont créés pour le partage des connaissances. L’Université de Poitiers publie des revues en ligne sur son plateforme. Ces revues, qui sont dans le domaine des sciences humaines et sociales, sont également diffusées, pour certains, par le portail open-edition sur les sites de revue.org et de calenda : Mémoires, identités et marginalités, Cahiers du MIMMOC et la Revue Européenne des Migrations Internationales.

Le site de l’Université de Poitiers répertorie les sites suivants:

  • Cahiers du Mimmoc
    Une revue électronique en libre accès proposée par l’équipe de recherche MIMMOC « Mémoire(s), Identité(s) et Marginalité(s) dans le Monde Occidental Contemporain » de la Maison des Sciences de l’Homme et de la Société de l’Université de Poitiers.
  • Cahiers Shakespeare en devenir
    Dans le prolongement de ses activités éditoriales, la revue La Licorne propose les Cahiers, des publications réalisées exclusivement sous forme électronique et libres d’accès. Il s’agit de Cahiers dévolus à un écrivain, à une problématique, ou à un corpus particulier. Les Cahiers Shakespeare en devenir ont ainsi pour vocation première de créer des liens signifiants entre l’époque de Shakespeare et la nôtre. Il s’agit de s’interroger sur ce que l’œuvre de Shakespeare est devenue au fil des siècles, au gré des cultures, et sur la manière dont elle continue d’évoluer aujourd’hui.
  • Corela
    Une revue de sciences du langage, non thématique, entièrement en ligne et en accès libre. Elle accueille toute proposition relevant des domaines de la linguistique.
  • La Licorne
    Une revue de langue et littérature françaises, abordant les domaines de la littérature française et comparée, de la poétique et de la stylistique.
  • Revue Européenne des Migrations Internationales
    La Revue Européenne des Migrations Internationales (REMI) a pour vocation de publier les travaux de recherche, empiriques et théoriques, des différentes disciplines concernées par les migrations internationales et des relations interethniques. La REMI adhère à Revues.org, fédération de revues en sciences humaines et sociales.
  • Revue du CEES – Centre Européen d’Etudes Slaves
    L’objectif de cette revue est de promouvoir la dynamique scientifique dans le domaine d’études slaves et d’accentuer davantage la présence de la slavistique dans le contexte national et international. Il s’agit aussi de favoriser les échanges intellectuels interdisciplinaires et multilingues, ainsi que de réunir tous les segments de la recherche dans le domaine des études slaves.

Bibliothèques numériques

  • UPthèses – Les thèses en ligne de l’Université de Poitiers
    Le site UPthèses propose la consultation en libre-accès des thèses soutenues à l’Université de Poitiers depuis le 1er janvier 2008. Pour chaque thèse, sont disponibles la notice descriptive et le texte intégral au format PDF.
  • Bibliothèque virtuelle sur les Premiers Socialismes
    La bibliothèque virtuelle sur les premiers socialismes permet de consulter en ligne des textes politiques, juridiques, économiques, médicaux, pédagogiques rares, extraits pour la plupart du fonds légué à l’Université par Auguste Dubois, qui fut professeur d’histoire des doctrines économiques et politiques à l’Université de Poitiers. Les documents présentés (ouvrages, périodiques, placards, ….) sont accompagnés de textes introductifs qui permettent de mieux les comprendre.
  • Bibliothèque virtuelle sur les Coutumiers du Centre-Ouest
    Dans le cadre d’un travail de recherche sur le droit coutumier du Poitou, de l’Angoumois, de la Saintonge et de l’Aunis, a été entrepris, à l’initiative de l’

Auguste Dubois rare books collection (Fonds Auguste Dubois)

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La journée d’étude du 27 mars 2012 Fonds Dubois organisée par les laboratoires MIMMOC-CRIHAM et le Service commun de documentation (SCD) de l’Université Poitiers à la MSHS de Poitiers et à la Bibliothèque Universitaire Droit-Lettres, a réuni des universitaires anglicistes (11e section), des historiens (22e section), et un conservateur, une bibliothécaire et un ingénieur d’étude des universités de Poitiers, Paris VIII, Paris-Diderot, Montpellier, Metz, Bordeaux 3 et Yale (Etats-Unis) spécialistes de l’histoire de l’Angleterre et du Royaume-Uni des 17e et 18e siècles.

La présentation du Fonds Dubois par Mme Traineau-Durozoy, Conservateur, responsable du Fonds ancien du Service commun de documentation (SCD)de l’Université de Poitiers,celle de la Bibliothèque virtuelle Premiers socialismes (BVPS) par Mme Nathalie Bremand, bibliothécaire, mis en ligne sur le site du SCD de l’Université, et de la plateforme des ressources numériques de la Maison des Sciences de l’Homme et de la Société (MSHS-CNRS) de Poitiers et de la plateforme Omeka par Eric Planchon, Ingénieur d’études, responsable de ce service, a permis de prendre la mesure à la fois de l’importance du fonds, des moyens existants et des possibilités d’exploitation déjà expérimentées sur place.

L’historique du projet est rappelé par Susan Finding. L’idée d’associer deux projets de valorisation du patrimoine de l’Université de Poitiers a pris forme progressivement. Depuis le dernier plan quadriennal du MIMMOC soumis en 2006, il avait été question d’exploiter le Fonds Valière, recueil de bandes magnétiques, enregistrements anthropologiques de patrimoine oral du Poitou – chansons, coutumes, contes – en lien avec des collègues de la Francophonie acadienne et cajun. L’existence d’ouvrages anglais dans le Fonds Dubois était connue, mais ce n’est que lorsqu’un catalogue spécifique a été produit par le Service Commun de Documentation en avril 2008 que l’importance de la collection est devenue évidente. La valorisation de ce fonds unique semblait avoir une importance non seulement pour l’Université de Poitiers, mais aussi pour la communauté scientifique internationale.

Grâce au travail préliminaire fourni par Steven Pincus, Professeur d’histoire à l’Université de Yale (Etats-Unis) d’une part et par Karim Ghorbal (Paris VIII) qui  d’autre part, il a déjà été établi que certains ouvrages sont uniques et ne paraissent dans aucune collection d’archives existante connue. D’autres sont des premières éditions (ex. Adam Smith). Qui plus est, la mise en parallèle du Fonds Dubois et du Fonds d’Argenson, également déposé dans le Fonds ancien de l’Université de Poitiers, apporte une réelle avancée dans la connaissance des transferts intellectuels, de la circulation des savoirs et des connaissances mutuelles entre le Royaume-Uni, la France et les colonies américaines du 18e siècle. Une biographie d’Auguste Dubois, Professeur de doctrines politiques et économiques à l’Université de Poitiers à partir de 1899 et co-fondateur de la Revue d’histoire économique et sociale,  et un travail sur la composition de sa collection éclaireront l’histoire intellectuelle, l’histoire de l’université, mais aussi l’histoire et l’enseignement de l’économie en France.

Steven Pincus a montré comment les débats sur la place et le rôle du commerce, des banques, de la création des richesses, des colonies, des conséquences de l’unification du Royaume-Uni sur l’économie, dont témoignent les collections du Fonds Dubois et du Fonds d’Argenson, sont d’autant plus importants que les nouveaux paradigmes de ce début du XXIe siècle sont très proches de ceux-ci : la globalisation, les marchés orientaux, la dette publique, les banques et la mise en cause de l’unification britannique sont de nouveaux au centre des préoccupations. Le contenu des deux Fonds sur les débats de l’époque, les choix envisagés et les politiques suivies sont donc non seulement importants pour une meilleure compréhension du 18e siècle, mais aussi riches en enseignements pour la mise en perspective des débats contemporains.

La caution apportée de l’intérêt du Fonds Dubois par les universitaires français et américain présents est de bonne augure et permet d’espérer que le projet est non seulement prometteur au niveau de la communauté scientifique française mais aussi au niveau international.

« Rethinking revolutions »

Steven Pincus, Bradford Durfee Professor of History, Yale University, invité par le laboratoire MIMMOC, donnera une conférence intitulé « Rethinking Revolutions » le jeudi 29 mars 2012, 14h-16h, dans l’Amphi 2, à l’UFR Lettres & Langues, de l’Université de Poitiers. Professeur Pincus est l’auteur de 1688 The First Modern Revolution (Yale, 2009) et de Protestantism and patriotism: Ideologies and the Making of. English Foreign Policy, 1650~1668 (Cambridge, 1996).

Lien vers la conférence en ligne sur UPTV

et

Prof. Steven Pincus: \ »1688: The First Modern Revolution\ » – YouTube