L’impact économique de la crise sur les territoires de Nouvelle-Aquitaine

C’est le titre du premier document produit par le service que je pilote, au sein du Pôle Datar de la Région Nouvelle-Aquitaine. En voici le résumé :

Nous analysons dans ce document l’impact de la crise en nous appuyant sur les données les plus récentes disponibles, relatives à l’évolution de l’emploi privé hors agriculture entre le dernier trimestre 2019 et le deuxième trimestre 2020.

Les points à retenir sont les suivants :

  • France entière, le choc actuel a conduit à la destruction de 638 019 emplois entre fin décembre 2019 et fin juin 2020, soit un rythme trimestriel moyen de  ‑1,71%,  plus de trois fois supérieur au rythme observé lors de la crise de 2008-2009 (-0,54% par trimestre à l’époque),
  • Plus de la moitié des destructions d’emploi est concentrée dans trois secteurs : l’intérim (32,6% des destructions), la restauration (14,1%) et l’hébergement (7,0%). D’autres secteurs, qui pèsent moins dans l’économie mais qui sont particulièrement impactés, relèvent des activités de la culture et des loisirs,
  • La Nouvelle-Aquitaine fait partie des régions relativement moins touchées (2ème région de France métropolitaine la moins impactée), avec une baisse trimestrielle moyenne de 1,54% (44 673 emplois détruits),
  • Les zones d’emploi de Nouvelle-Aquitaine sont touchées de manière différenciée, la baisse trimestrielle moyenne variant de -0,73% pour la zone de Marmande à -4,96% pour celle de Sarlat-la-Canéda, soit un rapport de près de 7 pour 1,
  • La baisse légèrement moins forte en Nouvelle-Aquitaine que France entière s’explique pour partie (pour 13%) par un positionnement sectoriel plus favorable, mais surtout (pour 87%) par des effets dits « locaux » ou « résiduels » positifs,
  • On retrouve l’importance de ces effets locaux, plus que des effets de spécialisation, dans les différences de trajectoire observées à l’échelle des zones d’emploi.

Vous pouvez télécharger le document complet ici. Nous mettons également à la disposition de tout un chacun un fichier excel qui reprend les résultats par secteur, par région et par zones d’emploi.

Nous travaillons actuellement sur d’autres jeux de données pour mesurer l’impact territorial de la crise. Nous travaillons également sur d’autres thématiques, dont je vous ferai part au fur et à mesure. Un espace dédié sur le site de la Région Nouvelle-Aquitaine est en cours de construction, sur lequel nous mettrons à disposition l’ensemble des documents, ainsi que des outils de datavisualisation. Plein de choses passionnantes à venir, donc, en 2021.

L’Université n’est pas en crise

C’est le titre d’un ouvrage co-écrit par deux sociologues, Romuald Bodin et Sophie Orange, qui a vocation à chasser les idées reçues qui circulent sur l’Université et sous-tendent certaines des politiques qui lui sont appliquées. Rue89 résume les six idées démontées par ces chercheurs :

  1. On va à l’Université faute de mieux
  2. Les étudiants n’ont pas de projet professionnel précis
  3. Les bacs pro et techno envahissent la fac
  4. L’Université ne forme que des chômeurs
  5. Les abandons en fin de première année sont un fléau
  6. Une sélection à l’entrée serait préférable

Je vais m’empresser d’acheter l’ouvrage qui me semble particulièrement intéressant et bien documenté (gros travail empirique). Les éléments présentés dans l’article de Rue89 me semblent convaincants, j’émettrai juste une réserve sur le point 3 : certes, les bacs pro et techno n’envahissent pas la fac, ils restent largement minoritaires, mais ceux qui y vont ont des taux de réussite très faibles et côté bac pro, plus de la moitié de ceux ayant demandé un BTS en 1er voeu n’ont pu y accéder, voir le billet que j’avais écrit sur ce sujet, il y a donc une vraie problématique à traiter.

Je vais regarder plus précisément ce qu’ils en disent, note de lecture à suivre!