L’état de l’Irlande (1640 – 1830) – exposition virtuelle

L’Etat de l’Irlande 1640-1830 (cliquez pour visiter l’exposition)

Dans les quelque neuf cents ouvrages en anglais du Service du Livre ancien de l’Université de Poitiers, cent soixante-deux traitent de l’Irlande. Ils ont été publiés entre 1643 et 1800. Une cinquantaine de ces ouvrages ont été sélectionnés pour l’exposition « L’état de l’Irlande 1640-1830 ». Ils traitent de sujets touchant à la politique économique et à l’économie politique et abordent des sujets variés, qui vont des décisions régulant l’imposition et la taxation au moment de la guerre civile en Angleterre entre parlementaires et royalistes (1643) à un traité sur les considérations sur l’état de l’Irlande au moment de l’incorporation politique (1801).

L’Irlande dans le Fonds Dubois

Les auteurs

Parmi les auteurs des ouvrages on peut dénombrer des hommes politiques (William PITT, Edmund BURKE), des satiristes (Jonathan SWIFT), des « mathématiciens politiques » (William PETTY) et des agronomes (Lord SHEFFIELD, Arthur YOUNG). Certaines œuvres sont anonymes, sans nom d’auteur ou avec des pseudonymes codés : Hiberno Britannus – l’Irlandais britannique (Hibernia : mot latin pour l’Irlande), A Gentleman – Un Gentilhomme, Philopatriae – le patriote.

Les thématiques

Les sujets abordés incluent les principales occupations commerciales et manufacturières, la régulation de l’économie irlandaise par statut, l’exportation du blé et de la laine, la production du lin, les tisserands (pour certains de ces pamphlets politiques Jonathan SWIFT adopta le pseudonyme du Drapier), la dette nationale, la monnaie, les impôts, la propriété terrienne, l’amélioration de l’agriculture, l’industrie du fer, la condition ouvrière, le protectionnisme, les tarifs douaniers et la réglementation des exportations irlandaises. Sont aussi évoqués des problèmes plus politiques tels que la démocratie, la religion, l’exclusion politique des catholiques, la domination anglaise et l’union politique de 1801.

Les problématiques

Pendant plus d’un siècle, à partir de l’annexion de l’île de l’Irlande par l’Angleterre et l’implantation des colons, les questions économiques et politiques furent posées et débattues dans ces pamphlets et ouvrages. Comment administrer l’île ? Comment encourager l’agriculture et l’industrie pour que l’Irlande et ses habitants ne constituent pas un gouffre financier ? Comment accorder une voix aux Irlandais dans la gestion de leurs affaires ? La solution trouvée en 1801 – par les Anglais – fut l’Union des deux parlements.

Crédits

Philippe Cauvet, Pascale Drouet, Susan Finding, Elodie Peyrol-Kleiber, enseignants chercheurs du département d’études anglophones de l’UFR Lettres et Langues de l’Université de Poitiers, membres du MIMMOC (EA 3812) et du FORELL (EA 3816)

Anne-Sophie Traineau-Durozoy et l’équipe du Service du Livre ancien du SCD de l’Université de Poitiers (Jérôme Bonneau, Stéphanie Daude, David Denaud, Marie-Agnès Godefroy, Sandrine Painsard)

Romain Ménard, d’I-Médias

Les étudiants du Master 2 esDoc promotion 2015

Auguste Dubois rare books collection (Fonds Auguste Dubois)

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La journée d’étude du 27 mars 2012 Fonds Dubois organisée par les laboratoires MIMMOC-CRIHAM et le Service commun de documentation (SCD) de l’Université Poitiers à la MSHS de Poitiers et à la Bibliothèque Universitaire Droit-Lettres, a réuni des universitaires anglicistes (11e section), des historiens (22e section), et un conservateur, une bibliothécaire et un ingénieur d’étude des universités de Poitiers, Paris VIII, Paris-Diderot, Montpellier, Metz, Bordeaux 3 et Yale (Etats-Unis) spécialistes de l’histoire de l’Angleterre et du Royaume-Uni des 17e et 18e siècles.

La présentation du Fonds Dubois par Mme Traineau-Durozoy, Conservateur, responsable du Fonds ancien du Service commun de documentation (SCD)de l’Université de Poitiers,celle de la Bibliothèque virtuelle Premiers socialismes (BVPS) par Mme Nathalie Bremand, bibliothécaire, mis en ligne sur le site du SCD de l’Université, et de la plateforme des ressources numériques de la Maison des Sciences de l’Homme et de la Société (MSHS-CNRS) de Poitiers et de la plateforme Omeka par Eric Planchon, Ingénieur d’études, responsable de ce service, a permis de prendre la mesure à la fois de l’importance du fonds, des moyens existants et des possibilités d’exploitation déjà expérimentées sur place.

L’historique du projet est rappelé par Susan Finding. L’idée d’associer deux projets de valorisation du patrimoine de l’Université de Poitiers a pris forme progressivement. Depuis le dernier plan quadriennal du MIMMOC soumis en 2006, il avait été question d’exploiter le Fonds Valière, recueil de bandes magnétiques, enregistrements anthropologiques de patrimoine oral du Poitou – chansons, coutumes, contes – en lien avec des collègues de la Francophonie acadienne et cajun. L’existence d’ouvrages anglais dans le Fonds Dubois était connue, mais ce n’est que lorsqu’un catalogue spécifique a été produit par le Service Commun de Documentation en avril 2008 que l’importance de la collection est devenue évidente. La valorisation de ce fonds unique semblait avoir une importance non seulement pour l’Université de Poitiers, mais aussi pour la communauté scientifique internationale.

Grâce au travail préliminaire fourni par Steven Pincus, Professeur d’histoire à l’Université de Yale (Etats-Unis) d’une part et par Karim Ghorbal (Paris VIII) qui  d’autre part, il a déjà été établi que certains ouvrages sont uniques et ne paraissent dans aucune collection d’archives existante connue. D’autres sont des premières éditions (ex. Adam Smith). Qui plus est, la mise en parallèle du Fonds Dubois et du Fonds d’Argenson, également déposé dans le Fonds ancien de l’Université de Poitiers, apporte une réelle avancée dans la connaissance des transferts intellectuels, de la circulation des savoirs et des connaissances mutuelles entre le Royaume-Uni, la France et les colonies américaines du 18e siècle. Une biographie d’Auguste Dubois, Professeur de doctrines politiques et économiques à l’Université de Poitiers à partir de 1899 et co-fondateur de la Revue d’histoire économique et sociale,  et un travail sur la composition de sa collection éclaireront l’histoire intellectuelle, l’histoire de l’université, mais aussi l’histoire et l’enseignement de l’économie en France.

Steven Pincus a montré comment les débats sur la place et le rôle du commerce, des banques, de la création des richesses, des colonies, des conséquences de l’unification du Royaume-Uni sur l’économie, dont témoignent les collections du Fonds Dubois et du Fonds d’Argenson, sont d’autant plus importants que les nouveaux paradigmes de ce début du XXIe siècle sont très proches de ceux-ci : la globalisation, les marchés orientaux, la dette publique, les banques et la mise en cause de l’unification britannique sont de nouveaux au centre des préoccupations. Le contenu des deux Fonds sur les débats de l’époque, les choix envisagés et les politiques suivies sont donc non seulement importants pour une meilleure compréhension du 18e siècle, mais aussi riches en enseignements pour la mise en perspective des débats contemporains.

La caution apportée de l’intérêt du Fonds Dubois par les universitaires français et américain présents est de bonne augure et permet d’espérer que le projet est non seulement prometteur au niveau de la communauté scientifique française mais aussi au niveau international.