Anti-Social Behaviour in Britain

Book review published in the International Review of Social History / Volume 60 / Issue 02 / August 2015, pp 290-293. Copyright © Internationaal Instituut voor Sociale Geschiedenis 2015.

DOI: http://dx.doi.org/10.1017/S0020859015000231 (About DOI), Published online: 22 July 2015

Anti-Social Behaviour in Britain. Victorian and Contemporary Perspectives. Ed. by Sarah Pickard. Palgrave Macmillan, Basingstoke 2014. xx, 375 pp. £75.00.

This collection of essays consists of twenty-five scholarly contributions by thirty academics in British Studies, Cultural Studies, Sociology and Criminology, and Urban Studies. Recent legislation in Britain on the question of anti-social behaviour (Anti-social Behaviour, Crime and Policing Act 2014, Anti-social Behaviour Act 2003) is put into perspective by case studies. The contents are arranged into three thematic sections covering issues coming under the general headings of urban and public space, vulnerability and marginalization, recreation and leisure.

It is something of a challenge to compare the late twentieth century and early twenty-first century Britain with the late Victorian period, yet this comparative approach brings insights and depth of understanding to what has been labelled as anti-social behaviour, though this term is not as recent as might be thought: the first occurrence being attributed to Gladstone in 1887 (T. Harris, p.21). The conclusions may serve as lessons for policy-makers today.

The comparisons highlight the difficulty of defining the term anti-social behaviour, as any definition carries a class-basis and normative standards are regularly imposed by moral crusaders. They place the discussion in the framework of the Foucauldian paradigm of the taming of the masses by institutional violence and Ellias’ theory of the civilizing process which, together, bring into play the notion of social constraints and codes of behaviour. Also at play are the Bourdieusian notion of a cultural elite (aristocracy) or a hierarchy of aesthetics. As Andrew Millie puts it: “There are clearly issues of power in who defines what is acceptable.” (p.105). Ultimately, it is the notion of power which permeates each contribution. […]

Le Royaume-Uni au XXIe siècle : mutations d’un modèle

Je signale la parution d’un ouvrage complet sur le Royaume-Uni aujourd’hui auquel j’ai contribué : Le Royaume-Uni au XXIe siècle : mutations d’un modèle, ouvrage collectif, dirigé par Emmanuelle Avril et Pauline Schnapper. ISBN : 9782708013780, broché, 400 pages, Septembre 2014. 

J’ai signé deux sections (le système éducatif, la famille) de la deuxième partie : questions économiques et sociales.

Ci-dessous la présentation faite par l’éditeur:

Cet ouvrage propose un tableau dynamique du Royaume-Uni contemporain rédigé par les meilleurs spécialistes français des différentes questions abordées. Il est destiné à des étudiants anglicistes ou de droit et sciences politiques, en licence et master.

Le fil directeur en est une interrogation sur la pertinence et la permanence d’un « modèle » britannique qui concernerait aussi bien les institutions politiques (le modèle dit de Westminster) que l’approche libérale et néo-libérale de l’économie, le pluralisme social et les pratiques culturelles.
L’ouvrage aborde ces différentes questions en évoquant les tensions, clivages et mutations qui remettent en question ce « modèle » et en s’interrogeant sur ses capacités d’adaptation aux défis du nouveau siècle.

Table des matières :

Partie I. Politique et institutions
1. Un modèle démocratique en mutation
2. Les partis politiques : un paysage recomposé
3. Les dilemmes de la politique étrangère britannique

Partie II. Questions économiques et sociales
4. Quelle économie au XXIe siècle ?
5. Le modèle social britannique : réussite et limites
6. Les remises en question de l’état-providence
7. Le système judiciaire : entre sécurité et liberté

Partie III. Identités et pratiques culturelles
8. Quelle place pour les religions ?
9. Cultures populaires et cultures d’élite
10. Les médias britanniques à l’ère de la révolution numérique : diversification et nouveaux usages

Rentrée scolaire sous pression au Royaume-Uni

Un titre dans la presse anglaise interpelle le lecteur – des classes de soixante-dix élèves, des enfants d’âge primaire obligé de faire quatre heures de transport quotidiennes, en mettant clairement en cause l’immigration : l’augmentation des naissances en Grande Bretagne (22% depuis dix ans) venant en particulier des familles d’origine étrangère (15% des naissances en 2001, 25% en 2011) (Tom Rawstorn, « Classes of 70, four-year-olds forced to commute for three hours and a roof turned into a playground: Why no one will admit immigration is the reason Britain’s primary schools are bursting at the seams “, Daily Mail, 29 août 2014). Interrogée sur cette information, un article sur Atlantico.fr « Classes à 70 élèves, cour de récré sur les toits ou scolarisation à 1h30 de chez soi… Quand le poids de l’immigration s’invite dans la rentrée britannique« 
rend compte de cet entretien.

Pour vérifier l’alarmisme du Daily Mail, journal à sensation à fort tirage dont les prises de position xenophobes et traditionalistes sont connues, les quotidiens ‘sérieux’ ont été consultés. Mais The Independent verse également dans le scoop et le scandale, sans toutefois le couplet sur l’immigration (Richard Garner, Lucy Mote, Juliette Ihler, “Exclusive: Nearly 2,000 families still without school places for their children”, The Independent du vendredi 29 août 2014) : « Des milliers », « près de 2000 », et plus loin « plus de 1700 » familles sont sans une école pour leur(s) enfant(s), et les chiffres seraient incomplets et susceptibles de croître.

Pour comprendre à la fois les faits rapportés et les réactions des deux journaux, sensibles aux soucis quotidiens de leurs lecteurs, il faut examiner la question de plus près. Rapporté au nombre total d’élèves scolarisés en Angleterre et au Pays de galles, 8.7 million, (voir le billet L’éducation au Royaume-Uni… sur ce blog) ce phénomène concerne à peine 0.02 % (ou vingt élèves sur cent mille, pour ramener les chiffres à la taille d’une ville moyenne française). Mais selon le syndicat des fonctionnaires territoriaux (Local Government Association), il manquerait 130,000 places dans le primaire, ce qui veut dire 1.5%, 1500 élèves sur cent mille, ce qui veut dire l’équivalent de plusieurs établissements scolaires.

La cause de cette bévue ? Un baby-boom sans précédent depuis les années 1970, qui a été mal anticipé. La fermeture de classes dans le primaire dans la décennie 2000-2010 correspondant à la chute des naissances, n’a pas été suivie de réouvertures alors qu’on savait que la courbe des naissances s’était renversée. De plus, comme les démographes le savent, l’augmentation n’est pas uniforme, et concerne certaines villes, voire certains quartiers, plus particulièrement. Il ne s’agit donc pas de politiques d’austérité ou répressives, mais d’une mauvaise gestion.

Les conséquences de cette incurie sont plurielles :

-classes surchargées, alors que pendant les gouvernements précédents, on s’était attelés à réduire le nombre d’élèves par classe, dans le primaire en particulier

-établissements de plus en plus grands, obligés d’absorber une population scolaire non pas en diminution, mais en augmentation. La plus grande école primaire, Gascoigne, à Londres (Barking & Dagenham) a plus de mille élèves. Il faut remarquer cependant que, pour l’Angleterre et le Pays de galles, qui ont une population dense, les établissements scolaires, y compris les écoles primaires, ont un nombre d’élèves assez élevé entre 180 et 250.

Gascoigne primary is the biggest primary school in England, according to the latest official statistics. In two years’ time there will be more than 1,200 pupils, The Guardian, 23 avril 2014

-établissements obligés d’ouvrir des salles de classe dans des bâtiments temporaires, de transformer des salles spécialisées (informatique, SVT, sport) en salles de classe, d’ériger à la hâte des salles sur les terrains de sport (Fran Adams, « The growth of the ‘Titan’ schools, The Guardian, 23 avril 2012) avec les conséquences qu’on imagine sur l’emploi du temps, sur les matières enseignées et sur les élèves.

Dès 2010, des alertes avait été données (Tim Ross, « 100,000 pupils crammed into overcrowded state schools », The Telegraph, 2012, à Londres et aux alentours, mais aussi en Écosse, des parents faisaient état d’établissements de 700 à 800 élèves, qui pourraient avoir à augmenter leur capacité de 100 élèves. Certains défendaient la qualité de l’enseignement et d’environnement présente dans ces écoles. D’autres signalaient des difficultés de circulation dans la salle de classe.

Face à ces difficultés, les parents qui le peuvent, réagissent :

-l’école publique est délaissée en faveur de soit les écoles privées (mais peu nombreuses pour le primaire) ou pour la scolarisation à domicile (environ 20,000 élèves)

Pour les parents, obtenir une place dans l’école de son choix, la plus près, et/ou la mieux cotée, relève d’une loterie.

Mais ce dernier état de fait ne date pas d’hier. Il est la conséquence logique de politiques mises en place il y a vingt-cinq ans, et jamais remis en cause par les gouvernements successifs depuis lors.

Depuis l’introduction du ‘choix parental’ par le gouvernement Thatcher à la fin des années 1980, les parents ont le droit de déposer des demandes pour l’école de leur choix pour leur enfant. La mesure était censé améliorer la qualité de l’enseignement dans l’ensemble des écoles par le jeu de l’émulation, de la concurrence. Les écoles les mieux cotées (rapports d’inspection des établissements et note publiés sur internet) sont ceux qui reçoivent le plus de demandes. Les écoles les moins bien cotées verraient les parents se détourner d’eux, perdraient des élèves et seraient obligées de rectifier le tir pour attirer des élèves et des crédits.

Le désespoir de parents qui, du fait que leur maison se trouve une centaine de mètres en dehors du secteur de recrutement, déterminée par le nombre de places et la demande, est de compréhensible. Le prix des résidences dans les secteurs des meilleures écoles prend une surcote parfois de 20 à 30%, alors qu’on sait que le coût de l’immobilier est déjà très élevé.

Quant à la conséquence de la forte natalité dans les banlieues à forte population issue des minorités, l’exemple de Londres est connu. Mais toutes les municipalités sont conscientes des enjeux de ce phénomène et ce aussi depuis une vingtaine d’années.

Les statistiques sur l’appartenance minoritaire, sur la langue maternelle, sur la religion professé, mais aussi sur les familles en difficulté, existent et sont utilisées par les autorités pour essayer de consacrer des efforts supplémentaires, que ce soit en matière de gratuité des repas à la cantine scolaire (mesure étendue à cette rentrée scolaire à tous les enfants de moins de 7 ans pour combattre le déséquilibre alimentaire et la pauvreté, mesure prônée par le vice-premier ministre, Nick Clegg), ou en matière d’enseignement (anglais comme langue étrangère, reconnaissance des fêtes culturelles des différentes minorités).

En 2012, les conseils municipaux dans les villes de Londres, mais aussi Birmingham et Bristol, ayant des populations issues des minorités importantes, mais aussi celles de Bournemouth et Winchester (vers la côte sud à l’ouest de Londres), qui ne sont pas des villes connues pour leur population ethnique, sonnaient l’alarme.

D’autres, face aux conséquences de la construction de quartiers nouveaux sur la population scolaire, ont considéré que l’absorption du surcroît enfants d’âge scolaire dans les établissements existants coulait de source, et n’ont pas intégré la construction de nouvelles écoles dans le plan d’urbanisme, mais ils ne sont pas les seuls. Le plan directeur général (National Policy Planning Framework) de mars 2012 était critiqué pour l’absence de considérations sociales et la décentralisation de la planification (Population Growth and Housing Expansion in the UK Some preliminary considerations, 2013, p.13).

La stratégie de développement du Grand Londres dévoilé fin 2013 par le maire Boris Johnson fait état du besoin de quarante mille nouveaux foyers par an pendant vingt ans, rien qu’à Londres, et propose des solutions pour combler l’écart entre croissance démographique et habitations, mais n’inclut pas de réflexion sur l’impact sur les services publics (santé, éducation, transport par exemples) qui devraient accompagner ces mesures.

D’autres phénomènes expliquent donc l’augmentation de la demande à Londres et dans le Grand Sud-Est. La tendance des jeunes couples chargés de famille de quitter les villes a ralenti, et le nombre de jeunes enfants présents dans les centres urbains a augmenté. A Londres, il manquerait 118 000 places dans les écoles primaires et secondaires. Le Conseil de Londres avait milité en 2009 pour une dotation supplémentaire pour pouvoir créer de nouvelles places, et réitère sa demande en 2014.

La situation était connue dès 2012 et donnait du grain à moudre à l’Opposition. (« Primary schools to rise to 1,000 pupils in places shortage », Sean Coughlan, BBC News, 12 mars 2012Jessica Shepherd, « Labour warns England will be 500,000 primary school places short by 2015 », The Guardian)

A primary school in Barking, east London. The authority is planning a school in a former Woolworths store, with two shifts. Photograph: David Levene for the Guardian, 2012

Le gouvernement Cameron a reconnu le problème posé par l’augmentation de la natalité, en annonçant que les investissements immobiliers pendant 5 ans seraient consacrés aux écoles primaires. En décembre 2013, un budget supplémentaire de 2.3 million de livres sterling pour créer des places dans les établissements scolaires était annoncé.

Les titres des quotidiens sont révèlent le malaise qui règne mais l’examen de la question fait ressortir le refus des autorités nationales d’intervenir dans le sphère de compétences des autorités locales, chargées de l’éducation, qui au Royaume-Uni, est bien plus décentralisé qu’en France (à titre d’exemple, les enseignants ont toujours été des employés territoriaux et non des fonctionnaires de l’État). Les leçons sont à méditer alors qu’en France le transfert des compétences vers les territoires (régions, départements, villes) et la refonte de ces mêmes territoires est en cours.

Références :

Tom Rawstorn, « Classes of 70, four-year-olds forced to commute for three hours and a roof turned into a playground: Why no one will admit immigration is the reason Britain’s primary schools are bursting at the seams “, Daily Mail, 29 août 2014

Richard Garner, Lucy Mote, Juliette Ihler, “Exclusive: Nearly 2,000 families still without school places for their children”, The Independent, 29 août 2014

Richard Garner, « Free school meals: Lib Dems promise to expand policy to all primary school pupils in next parliament », The Independent, 2 septembre 2014

Sean Coughlan, « Primary schools to rise to 1,000 pupils in places shortage », BBC News, 12 mars 2012

Jessica Shepherd, « Labour warns England will be 500,000 primary school places short by 2015 », The Guardian

Fran Adams, « The growth of the ‘Titan’ schools, The Guardian, 23 avril 2012

Tim Ross, « 100,000 pupils crammed into overcrowded state schools », The Telegraph26 octobre 2010

Homes for London, the draft housing strategy 2013, Greater London Authority, 2013

http://www.londoncouncils.gov.uk/policylobbying/children/schools/primarys

Population Growth and Housing Expansion in the UK Some preliminary considerations, Population Matters, janvier 2013

« Quatre mariages et un enterrement » – La politique familiale et la théorie du genre au Royaume-Uni

Après une brève intervention sur LCI le 4 février 2014 dans l’émission de Michel Field dédiée aux politiques familiales en France et ailleurs, après le report par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault du projet de loi sur la famille, un rappel des principaux points concernant les questions de l’égalité des sexes, de l’éducation sexuelle, de la procréation médicalement assistée et du mariage gay au Royaume-Uni semble utile.

Depuis la loi de 1967, l’IVG est permise jusqu’à 24 semaines de grossesse, mais il est conseillé de le pratiquer avant 12 semaines. La suggestion de baisser la durée de la grossesse à 12 semaines en 2012, faite par le ministre de la santé, Jeremy Hunt, fut rejetée par la profession médicale et par ses propres collègues femmes au sein du gouvernement conservateur, y compris la ministre de l’Intérieur, Teresa May.

La loi de 1967 a été votée lors des réformes sociales initiées par le gouvernement travailliste sous Harold Wilson, en même temps que d’autres lois anti-discriminatoires promouvant l’égalité quel que soit le genre, l’orientation sexuelle, ou l’origine ethnique. En même temps la censure de la production artistique et les lois sur le divorce furent également repensées. Des lois pour promouvoir l’égalité des chances dans l’éducation, de salaire, de protection de l’emploi, ont progressivement été introduites et une commission parlementaire permanente pour l’égalité et les droits de l’homme (2006), veille à l’application de ces droits et à l’extension des domaines réglementés. Les lois anti-discriminatoires furent étendus à la religion et aux croyances, et à l’orientation sexuelle en 2006-2007.

Á peine dix ans après les réformes sociales des années soixante, la première bébé éprouvette au monde, Louise Brown, est née au nord de l’Angleterre (1978) et la procréation médicalement assistée devient possible dans le système de santé publique britannique. Toutefois elle reste moins pratiquée qu’en France, où deux fois plus de procédures sont lancées. L’utilisation de cellules humaines (cellules souches) dans la recherche médicale, et éventuellement pour la reproduction (cloning ou PMA) à des fins médicaux, a été débattu par la chambre des Lords en 2002.

Ce fut le gouvernement travailliste de Tony Blair qui introduit le PACS (loi de 2005, application depuis 2006) mais le gouvernement de David Cameron qui présida au vote sur le mariage gay en 2013, et ce, malgré une rébellion de nombre des députés conservateurs qui ont voté contre ce projet de loi et une pétition signée par 600000 personnes de confession chrétienne. Alors que la société britannique évolue, le parti conservateur a dû se moderniser en acceptant les nouvelles formes de famille (couples hétérosexuels non-mariés, familles recomposées, familles monoparentales, familles d’homosexuels, familles peu nombreuses ).

Ces questions sont devenues tellement pertinentes que les séries de télévision populaires les ont intégrées à leur storyboard – la mort en janvier 2014, d’un caractère de Coronation Street (ITV, 10 millions de spectateurs par émission), bien que centrée sur la question du droit de mourir, concerne le premier personnage transsexuel permanente dans l’histoire de la télévision (Hayley Cropper, née Harold Paterson) apparue sur les écrans en 1998.

La procréation assistée et les mères porteuses sont juridiquement protégées – et l’adoption par les couples du même sexe est devenue possible depuis la loi de 2002, loi qui permettait aux agences d’adoption catholique de ne pas l’offrir. Un des homosexuels les plus en vue au Royaume-Uni, anobli par la Reine, participe à toutes les célébrations royales : Sir Elton John, marié et père de deux enfants adoptés, nés d’une mère porteuse, a fait son coming out dès 1976.

L’orientation sexuelle et l’enseignement avait déjà fait débat dans les années quatre-vingt lorsque le gouvernement de Margaret Thatcher avait interdit la « promotion de l’homosexualité » dans les établissements scolaires publiques (1988). L’article de loi en question (Section 28 du Local Government Act) fut annulée en 2000 en Écosse, et en 2003 dans le reste du Royaume-Uni. Aujourd’hui, on reconnaît l’existence et la part des homosexuels dans la société britannique.

L’éducation sexuelle obligatoire fut l’objet de débats au parlement britannique en janvier 2014 avant d’être rejetée par la Chambre des Lords. L’éducation sexuelle fait partie de l’enseignement optionnel dans le cursus secondaire, mais devant le nombre élévé de grossesses d’adolescentes (45 conceptions pour 1000 filles de moins de 18 ans, la plus forte en Europe), et des cas qui ont fait la une des journaux à sensation (Baby-faced Alfie Patten is father at 13), de nombreuses mesures sont prises pour essayer d’endiguer ce problème de santé publique (dangers pour la mère et l’enfant) dont l’impact sur la vie des jeunes mères (scolarisation interrompue, pauvreté et exclusion sociale) (voir à ce propos l’ouvrage de Fabienne Portier-Lecoq, Sexualité et maternité des adolescentes : voix anglaises et écossaises, Rennes, PUR, Collection des Sociétés, novembre 2009, 329 p.)

Mais les opinions varient sur l’âge à laquelle un enfant doit recevoir de tels enseignements, si cela ne relève pas du domaine privé, si l’enfant ne doit pas rester ‘innocent’, ou encore, comment protéger les enfants de sites internet pornographiques. La presse écrite, notamment The Daily Telegraph et The Guardian, a relayé et parfois initié ces débats non-partisans.

Politiques familiales et politiques d’emploi « genrées » au Royaume-Uni et en Europe

Signalons la parution du numéro 14 (2013) de l’Observatoire de la société britannique consacré au « Politiques familiales et politiques d’emploi « genrées » au Royaume-Uni et en Europe » et dirigé par Susan Finding et Anémone Kober-Smith. ISBN 978-295404734. 204p. 12€.

Table des matières

1. Politiques familiales et politiques d’emploi « genrées » au Royaume-Uni et en Europe

Susan FINDING (Université de Poitiers) & Anémone KOBER-SMITH (Université de Paris 13)

2. Gendered Organizations and Working Lives: continuities, change and policy engagement

Susan HALFORD (University of Southampton) & Pauline LEONARD (University of Southampton)

3. Women’s and men’s career interruptions in Europe: the role of social policies

Rosy MUSUMECI (Università da Torino) & Cristina SOLERA (University of Turin)

4. Dual Earner Parents Strategies for Reconciling Work and Care in Seven European Countries

Pamela ABBOTT (University of Aberdeen), Corinne NATIVEL (Université de Paris XIII) & Claire WALLACE (University of Aberdeen)

5. Private Assistants in the Italian Care System: Facts and Policies

Giuliana COSTA (Politechnico, Milano)

6. La politique familiale à l’épreuve des stéréotypes de genre : une comparaison France – Royaume-Uni – Suède

Natacha Ordioni (Université du Sud Toulon-Var)

7. Emplois genrés et les services à la personne au Royaume-Uni : la petite enfance

Susan FINDING (Université de Poitiers)

8.   British women’s human capital and employment evolution under New Labour

Catherine CORON (Université Panthéon-Assas)

9. Gender, education and employment within the education system in Britain

Susan FINDING  (Université de Poitiers)

Contacts

Observatoire de la société britannique
Faculté des Lettres et des Sciences Humaines
Université du Sud Toulon-Var
83957 La Garde cedex
France

Commandes

Les commandes sont à adresser à à Gilles Leydier à l’adresse ci-dessus.
Les chèques sont à libeller à l’ordre de M. l’Agent comptable de l’Université de Toulon.

Vers un modèle social européen?

MARTENS (Stephan), RÉVAUGER (Jean-Paul) Vers un modèle social européen ?Bordeaux : Presses universitaires de Bordeaux, 2012, Broché, 16 x 24, 326 p.

L’Europe possède-t-elle un modèle social spécifique ? La question déjà brûlante en France au moment des choix décisifs de 1992 et 2005 revêt une importance cruciale pour l’ensemble du continent en temps de crise financière et budgétaire.
La politique sociale est-elle un luxe coûteux ou une politique publique indispensable à la justice sociale, à la cohésion et à l’efficacité économique ?
Le présent ouvrage analyse les façons dont la question est perçue au sein de l’Union depuis 2000. Il est structuré autour d’études des cas nationaux de la France, de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne, qui sont représentatifs de différents modèles, d’analyses thématiques ou de comparaisons bilatérales, ainsi le dossier des retraites et celui des politiques d’intégration.
La question du travail, élément fondamental de l’identité et de la structuration sociales est au coeur de la démarche.
Stephan Martens est Professeur de civilisation allemande contemporaine à l’Université Bordeaux 3.
Jean-Paul Révauger est Professeur de civilisation britannique contemporaine à l’Université Bordeaux 3.
Ont contribué à cet ouvrage : Nada Afiouni, Aurelie Binet-Grosclaude, Philippe Brillet, Franz Clement, Catherine Coron, Marion Del Sol, Joëlle Harel, Christopher John Nock, Canio Lagala, Vincent Latour, Carmela Maltone, Stephan Martens, Ruxandra Pavelchievici, Enrico Reuter, Jean-Paul Revauger, Michaela Schulze, Susan Trouve-Finding, Pascale Turquet, Henrik Uterwedde, Nicolas Verschueren, Bernard Yvars.

Les enjeux des jeux : Londres 2012

Ville olympique pour deux fois déjà (1908, 1948), Londres est aujourd’hui une ville cosmopolite de 7,75 millions d’habitants, soit 12,5% de la population britannique, dont un tiers est né à l’étranger et où on parle 300 langues. Les JO de Londres vont s’ouvrir le 27 juillet 2012, sept ans après l’annonce de l’attribution des jeux à Londres. Les attentats qui frappèrent la ville le lendemain même, le 7 juillet 2005, ont alerté sur les risques encourus qui sont liés à la taille, la diversité et l’attractivité de la capitale. Malgré cela, les organisateurs font le pari de retombées durables pour la ville, le pays et ses habitants.

Au-delà des risques d’attentats terroristes, la capacité d’accueil de la ville sera testé. Le prix ‘scandaleux’ des chambres d’hôtel à Londres est, dénoncé et le nombre de réservations est en dessous de celles d’une saison normale car les touristes semblent bouder la capitale, craignant les foules. La saturation des réseaux de transport public est un souci majeur malgré la construction de la gare Eurostar de Stratford International pour le parc olympique. Le site web de la billetterie a été victime du son succès et le système d’attribution par loterie conduit a des dérives. Pourtant, le maire de Londres, Boris Johnson, qui n’a pas obtenu des billets pour sa famille, s’est réjoui de cette preuve de démocratie. La gratuité limitée et la visibilité restreinte du spectacle sportif en dehors des stades (arrivées du marathon et du triathlon, épreuves nautiques et de cyclisme) sont discutées. En matière de santé publique, des mises en garde contre les risques accrus d’épidémies ont été émises. Et, dans un pays épris de paris en tout genre, est apparue la crainte de paris sportifs truqués.

La participation et l’inclusion sociale restent les maître-mots des paris à tenir. Pour réussir la fête nationale, la flamme olympique parcoura 13 000 km au Royaume-Uni, tous les comtés britanniques, des lieux symboliques et passera à moins de 15km de 95% de la population. Chaque étape donnera lieu à des fêtes locales. Les matchs de football sont organisés à Wembley, mais aussi à Cardiff, Glascow, Coventry, Manchester et Newcastle. 70 000 volontaires ont été recrutés pour l’accueil de touristes et la logistique des épreuves. La participation sportive accrue qu’est attendue des britanniques reste cependant en dessous des espérances. UK Sport, organisme chargé de promouvoir le sport de haut niveau avec des fonds provenant de la loterie nationale et du gouvernement, oeuvre pour améliorer le palmarès des médailles britanniques, espoir majeur. Les directeurs des cérémonies d’ouverture et de clôture devront se surpasser pour faire oublier la prestation modeste de la ville de Londres lors de la cérémonie de clôture à Beijing en 2008, et ce, l’année même de la fête nationale populaire du Jubilé de la Reine, du 2 au 5 juin, sept semaines seulement avant les jeux.

Les retombées économiques et sociales escomptées ont conduit à situer le parc olympique dans le quartier défavorisé de Newham, lequel a le taux d’emploi le plus bas (56%) de Londres et une population d’origine ethnique parmi les plus denses du pays (55%). La maîtrise des coûts et le modèle britannique de financement public-privé stipulaient la vente du stade olympique après les jeux. Suite à des rivalités entre des clubs de football de Londres, candidats à l’achat, le site restera public et sera loué, sans doute à West Ham. Le parc olympique est conçu comme un modèle de développement durable et écologique, avec espaces verts et plans d’eau, afin de laisser un environnement urbain renouvelé et des structures pérennes pour les 1 million de Londoniens dans les 6 quartiers concernés. Quant aux emplois permanents, 3 000 devraient être générés. En outre, un centre commercial, le plus grand d’Europe, Westfield Stratford City, a ouvert à l’entrée du site et devrait créer 10 000 emplois, dont un cinquième serait réservé aux sans-emploi locaux.

Pour aller plus loin:

Parmi les articles publiés en France, à cent jours de l’ouverture des Jeux :

La Nouvelle République, mardi 17 avril 2012, ‘La dernière ligne droite‘ (p.38).

Le Journal du Dimanche, dimanche 15 avril 2012, ‘Sebastian Coe, le seigneur des anneaux‘, portrait du patron de l’organisation des jeux.

Roseline Théron, « Le Grand Londres face aux défis du XXIème siècle ». ‘L’Angleterre sur écoute’ La Revue des Deux Mondes (octobre-novembre 2011) : 95-103.

Timothy Whitton (dir.), Observatoire de la société britannique, 11 | 2011, Londres : capitale internationale, multiculturelle et olympique.

Will Jennings. ‘London 2012 : A Risk-Based Olympics?’, Risk & Regulation 18(Winter): 14-16, 2009.

The Lancet, Mass Gatherings Health, January 16, 2012.

John Hollis, Focus on London 2010, Population and Migration, Greater London Authority, 2010.

http://www.citymayors.com/sport/2012-olympics-london.html.

http://www.uksport.gov.uk/pages/about-uk-sport/.

Politiques sociales (Milan 2011)

http://www.espanet-italia.net/conferenza2011/img/header-2010.jpg

En septembre 2011 (29 sept – 1er oct) s’est tenu le 4e congrès de la section italienne du réseau européen pour l’étude des politiques sociales (ESPANET) au Politecnico di Milano, Dipartimento di Architettura e Pianificazione (DIAP)   

Innovare il welfare Percorsi di trasformazione in Italia e in europa.  L’appel à communications / Call for papers :

« Le transformations en cours dans les systèmes sociaux en Europe, en particulier en Italie, sont l’objet des travaux. La crise économique et les processus de changement social, économique et démographique qui ont touché l’Europe, ont initié des révisions profondes des règles des systèmes sociaux, afin de mieux adapter la protection sociale aux besoins sociaux et la rendre plus durable du point de vue budgetaire.

Pour effectuer la ‘quadrature du cercle’ des améliorations ont été recherchées, avec des modalités plus ou moins explicites et progressives, dont des innovations institutionnelles, qui n’ont en aucun cas remis en cause les modèles sociaux précédents.
En cette phase turbulente, l’Italie brille par une capacité d’innover assez pauvre et une grande difficulté d’introduire des transformations profonds au modelè toujours plus inadéquat et inefficace.
Toutefois, notre pays ne manque pas d’expérience dans l’innovation institutionnelle et politique. La conférence fera le point sur ces thèmes, et invite les chercheurs italiens et européens à s’interroger sur les directions du changement, sur les raisons qui le rendent nécessaire, et sur les obstacles qui en empêchent son développement. »

 

J’ai pu assister aux sessions suivantes et à la plénière de clôture. Je remercie tout particulièrement Giuliana Costa (Politechnico di Milano).  Photo : Susan Finding et Giuliana Costa.

Sessione 10
The effects of the economic crisis on family incomes, inequality and poverty   Présidée par Holly Sutherland, Institute for Social and Economic Research- University of Essex, UK

Flaviana Palmisano, Vito Peragine (Università di Bari)
The distributional incidence of growth: A non-anonymous and rank dependent approach

Manos Matsaganis, Chrysa Leventi (Athens University of Economics and Business)
Distributional implications of the recession and the austerity in

Alberto Tumino, Marina Fernandez Salgado, Francesco Figari, Holly Sutherland (University of Essex)
Unemployment, inactivity and economic crisis: stress testing the welfare systems in Europe

Massimo Baldini (Università di Modena e Reggio Emilia), Emanuele Ciani (Università di Essex, UK)
Inequality and poverty during the recession in Italy

Coordonnée par Manos Matsaganis Athens University of Economics and Business

Sessione 13
Trasformazioni lavorative e familiari e strategie di conciliazione: il ruolo delle politiche sociali   présidée par Laura Balbo, Università di Padova

SESSIONE 13A    Titolo  Percorsi  tra lavoro per la famiglia e lavoro per il mercato

Renata Semenza (degli Studi di Milano), Manuela Samek Lodovici, Daniela Loi, Erika Freschi  (IRS)
Uscite Transitorie. Le dimissioni delle lavoratrici madri nel primo anno di vita del figlio

Tiziana Tesauro  (Irpps-Cnr)
Bisogni di conciliazione e strategie familiari di cura condivisa

Sonia Bertolini, Paola Torrioni (Università di Torino)
Il lavoro atipico e le sue ripercussioni sulle strategie di formazione della famiglia e sui corsi di vita individuali: quali politiche per una flessibilità lavorativa “sostenibile”?

SESSIONE 13B
Titolo: Politiche di conciliazione e divisioni di genere

Rossella Ciccia, Mieke Verloo (Radboud University Nijmegen),
Leave Regulations and Gender Equality in an Enlarged Europe: A Fuzzy Set Ideal Type Analysis

Francesca Bergamante (Isfol)
La conciliazione attraverso lo strumento della riorganizzazione dei tempi di lavoro in Europa e in Italia

Renzo Carriero (Università of Torino)
Perceived Fairness And The Division Of Domestic Labour: A Longitudinal View

Rebecca Zanuso e Giovanni Viganò (Synergia)
Rilevare i bisogni e le aspettative per realizzare politiche di conciliazione efficaci

Elisabetta Donati (Università degli Studi di Torino)
Sconfinamenti  e conflitti di lealtà: lavoro e cura lungo il corso di vita. Il contributo italiano in uno studio comparativo europeo

 http://www.espanet-italia.net/conferenza2011/img/header-2010.jpg

session coordonnée par Manuela Naldini, Università di Torino, Cristina Solera, Università Torino

Sessione 19  The governance of social policy at the European Union level: law and politics coordonnée par Jean-Claude Barbier Università di Parigi I Panthéon Sorbonne CNRS  et Fabrice Colomb Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

Stefano Sacchi (University of Milan)
Flexicurity in Action: Flexibility and Worker Security in Advanced Political Economies
The European

Axel van den Berg (McGill University), Jean-Claude Barbier (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne)
A Tale of Two Federalisms: Social Policy in Canada and the European Union

Patrik Vesan (University of Valle d’Aosta)
From the Lisbon ‘Growth and Job’ to the ‘Europe 2020’ strategy: The emergence and transformation of the European agenda on flexicurity

Plénière de clôture : Trajectories of institutional change in Europe,  présidé par Jean-Claude Barbier  où les invités suivants ont présenté leurs travaux :

Giuliano Bonoli (Institut des Hautes Etudes d’Administration Publique, Lausanne) ‘Activation policies in Europe’
Sandro Cattacin (University of Ginevra) ‘Politiche d’integrazione degli immigrati in Europa: tra pragmatismo locale e populismo nazionale’
Joakim Palme (Institute for Future Studies, Stockholm) ‘What future for social investment?’
Chiara Saraceno (Wissenschaftszentrum für Sozialforschung – WZB, Berlin) ‘Le politiche della cura’.

Politiques familiales et politiques d’emploi « genrées » au Royaume-Uni

Compte-rendu de la journée d’étude « Politiques familiales et politiques d’emploi « genrées » au Royaume-Uni et en Europe » du 4 novembre 2011, Institut du Monde Anglophone, Université de Paris Sorbonne Nouvelle.

 Compte-rendu de la journée d’étude « Politiques familiales et politiques d’emploi « genrées » au Royaume-Uni et en Europe », tenue le vendredi 4 novembre 2011 à la Sorbonne Nouvelle,http://www.univ-paris3.fr/images/photos/0005/img_1224254183962.jpg 5 rue de l’école de médecine, 75006 Paris, organisée par Anémone KOBER-SMITH du Centre de Recherche
en Civilisation Britannique (CREC/CREW EA 4399), Université de la Sorbonne Nouvelle-Paris 3 et Susan FINDING du MIMMOC (EA3812), Université de Poitiers.

La journée d’étude était structurée en trois sessions qui ont marqué une progression méthodologique allant de considérations théoriques et comparatives  à des études de cas spécifiques.  Les trois sessions ont abordé successivement les thématiques du travail et du genre sous un angle comparatiste international, l’évolution des marchés du travail féminin sous le New Labour, et l’articulation(s) entre travail rémunéré et non-rémunéré, vie professionnelle et vie privée.

Les deux interventions de la première session, qui était consacrée au travail et au genre et présidée par Anémone KOBER-SMITH (Université Paris 13), ont permis à Susan HALFORD (University of Southampton) et Pamela ABBOTT (University of Aberdeen) d’apporter à la fois une perspective internationale et une approche sociologique à la journée.

L’intervention du Professeur HALFORD servit à la fois d’introduction théorique, de réflexion sur des grands axes interprétatifs et d’étude de cas.  Sa recherche concerne la façon dont les organisations (entreprises, lieu du travail) peuvent être ‘genrées’. Elle passa en revue l’écart entre la littérature théorique de la sociologie et de la critique féministe d’une part et les questions de politique publique d’autre part, des préoccupations qui semblent souvent éloignés les unes des autres. Elle avança ensuite que les concepts d’espace et de temps – notamment sous la forme d’innovation technologique – peuvent aider à analyser les évolutions dans les rapports de travail « genrés », au-delà des concepts de classe sociale, de genre, d’âge. Enfin, elle montra la pertinence de ses analyses dans le cadre d’une étude de cas qu’elle a mené auprès des sages-femmes des îles Lofoten en Norvège au moment de l’introduction d’un projet de consultation obstétrique par internet. 

Le cas des familles composées de deux parents travaillant à temps plein a été étudié par le Professeur ABBOTT et sa collègue Claire WALLACE. Il s’agissait de confronter la typologie des régimes de travail et des modèles sociaux en Europe (Esping-Andersen, 1990, 1999) aux pratiques parentales en termes de garde d’enfant(s). Cette étude – qui a été menée dans six pays européens représentatifs des différents types d’État-providence,
le Danemark, l’Autriche, la Hongrie, l’Italie, le Portugal et le Royaume-Uni – a mis en lumière la façon dont les parents qui travaillent résolvent la question de la garde d’enfant(s).  Les solutions adoptées incluent, à des degrés différents, les horaires flexibles (télé-travail, travail à domicile, horaires décalés…), le recours à des structures de garde
publiques ou privées et l’emploi des grands-parents pour lesquels la question de la rémunération publique ou privée est débattue. Pamela ABBOTT a avancé qu’en dépit d’avancées significatives, les tâches ménagères et parentales restent très inégalement réparties entre les pères et les mères et a conclu en soulignant qu’il existe de fortes convergences dans les stratégies parentales pour l’ensemble des pays étudiés en dépit de divergences nationales en termes de modèle social ou d’emploi.

La deuxième session, présidée par Susan FINDING (Université de Poitiers), fut consacrée à l’examen des tendances des quinze dernières années en matière d’emploi des femmes, de temps partiel et de corrélation entre le niveau de formation et les taux d’emploi. La perspective économique et sociologique des intervenantes, Marie-Annick MATTIOLI (Université Paris-Descartes) et Catherine CORON (Université Panthéon-Assas), permit de saisir les enjeux sociétaux et économiques de la question.

Dans son intervention, Marie-Annick MATTIOLI s’efforça d’analyser dans quelle mesure le travail à temps partiel au Royaume-Uni entre 1997 et 2010 fut un choix libre ou une contrainte imposée pour les femmes. Après une brève contextualisation comparatiste concernant la nature du  travail à temps partiel dans d’autres pays européens, elle montra comment la diversité des situations et la construction des enquêtes (questions à deux réponses, non graduées) ne permettaient ni de fournir une analyse fine des statistiques ni d’apporter une réponse tranchée à la question. Elle mit cependant en évidence le fort taux de travail à temps partiel chez les 15-25 ans, et la nature temporaire de ce travail, ce qui correspond le plus souvent à des étapes précises du cycle de vie.

La contribution de Catherine CORON concerna la politique sociale du gouvernement New Labour, le ‘New Deal’. Mme Coron rappela que cette politique avait pour but premier de s’attaquer au chômage des jeunes. Ce n’est qu’accessoirement que le chômage des jeunes parents isolés fut ciblé. Le New Deal for Lone Parents doit être considéré comme une politique « genrée » d’activation car la grande majorité des parents isolés concernés sont des femmes. En outre, une analyse statistique du niveau d’étude des inactifs met en évidence le taux élevé d’étudiants dans la population masculine inactive et de personnes à charge de famille dans la population féminine inactive.  Ces chiffres soulèvent à nouveau la question du ‘choix’ de l’inactivité et du temps partiel chez les femmes.

Finalement, la troisième session, présidée par Corinne NATIVEL (Université Franche-Comté) et les deux co-organisatrices, fut consacrée aux articulation(s) entre travail rémunéré et non-rémunéré, vie professionnelle et vie privée. Elle a donné l’occasion à Sue YEANDLE (University of Leeds) et Cécile DOUSTALY (Université de Cergy Pontoise) de présenter l’impact des politiques familiales dans des secteurs où la recherche est plus récente, le ‘care’ (soins de personnes invalides) et les loisirs des mères. 

Le Professeur YEANDLE a souligné l’importance des lobbys dans l’évolution, voire la création, d’une politique prenant en compte l’important travail à domicile mené par les aidants (carers), des parents ou amis qui s’occupent à titre bénévole de personnes dépendantes invalides. Elle souligna le rôle décisif des politiques récentes en faveur de la petite enfance, des politiques qui ont ouvert une brèche dans laquelle se sont engouffré les lobbies de soutien aux aidants et qui ont servi de modèle à la mise en place de mesures législatives favorables aux aidants.

Cécile DOUSTALY analysa l’accès aux loisirs des mères de famille, considéré longtemps comme une question privée et ne faisant pas partie d’une politique familiale. Son intervention montra à quel point l’accès aux loisirs des mères de famille, notamment des mères de famille dans le besoin, est lié aux politiques de soutien à la famille et aux enfants défavorisés.

La mise en commun de recherches disparates, mais néanmoins liées, fut l’occasion de découvrir des similitudes, de comparer les méthodes de travail, de mettre en évidence des thématiques transversales qui pourront être réutilisées avec profit dans ce domaine où la recherche et la politique sont intimement liées, comme le prouvent la présence de nombreuses participantes dans diverses instances consultatives.

(SF et AK-S).

Milan European Social Policy Network (ESPANET) conference

http://www.espanet-italia.net/conferenza2011/img/header-2010.jpgEn
septembre 2011 (29 sept – 1er oct), s’est tenu le 4e congrès de la section italienne du réseau européen pour l’étude des politiques sociales (ESPANET) au Politecnico di Milano, Dipartimento di Architettura e Pianificazione (DIAP)   

Innovare il welfare
Percorsi di trasformazione in Italia e in europa.

« Le transformations en cours dans les systèmes sociaux en Europe, en particulier en Italie, sont l’objet des travaux. La crise économique et les processus de changement social, économique et démographique qui ont touché l’Europe, ont initié des révisions profondes des règles des systèmes sociaux, afin de mieux adapter la protection sociale aux besoins sociaux et la rendre plus durable du point de vue budgetaire.

Pour effectuer la ‘quadrature du cercle’ des améliorations ont été recherchées, avec des modalités plus ou moins explicites et progressives, dont des innovations institutionnelles, qui n’ont en aucun cas remis en cause les modèles sociaux précédents. En cette phase turbulente, l’Italie brille par une capacité d’innover assez pauvre et une grande difficulté d’introduire des transformations profonds au modelè toujours plus inadéquat et
inefficace. Toutefois, notre pays ne manque pas d’expérience dans l’innovation institutionnelle et politique. La conférence fera le point sur ces thèmes, et invite les chercheurs italiens et européens à s’interroger sur les directions du changement, sur les raisons qui le rendent nécessaire, et sur les obstacles qui en empêchent son développement. »

J’ai pu assister aux sessions suivantes et à la plénière de clôture.

Sessione 10 The effects of the economic crisis on family incomes, inequality and poverty Présidée par Holly Sutherland, Institute for Social and Economic Research- University of Essex, UK

Flaviana Palmisano, Vito Peragine (Università di Bari)
The distributional incidence of growth: A non-anonymous and rank dependent approach

Manos Matsaganis, Chrysa Leventi (Athens University of Economics and Business)
Distributional implications of the recession and the austerity in

Alberto Tumino, Marina Fernandez Salgado, Francesco Figari, Holly Sutherland (University of Essex) Unemployment, inactivity and economic crisis: stress testing the
welfare systems in Europe

Massimo Baldini (Università di Modena e Reggio Emilia), Emanuele Ciani (Università di Essex, UK) Inequality and poverty during the recession in Italy

Coordonnée par Manos Matsaganis Athens University of Economics and Business

Sessione 13
Trasformazioni lavorative e familiari e strategie di conciliazione: il ruolo delle politiche sociali  présidée par Laura Balbo, Università di Padova

SESSIONE 13A Titolo  Percorsi  tra lavoro per la famiglia e lavoro per il mercato

Renata Semenza (degli Studi di Milano), Manuela Samek Lodovici, Daniela Loi, Erika Freschi  (IRS) Uscite Transitorie. Le dimissioni delle lavoratrici madri nel primo anno di
vita del figlio

Tiziana Tesauro  (Irpps-Cnr) Bisogni di conciliazione e strategie familiari di cura condivisa

Sonia Bertolini, Paola Torrioni (Università di Torino)
Il lavoro atipico e le sue ripercussioni sulle strategie di formazione della famiglia e sui
corsi di vita individuali: quali politiche per una flessibilità lavorativa “sostenibile”?

SESSIONE 13B Titolo: Politiche di conciliazione e divisioni di genere

Rossella Ciccia, Mieke Verloo (Radboud University Nijmegen), Leave Regulations and Gender Equality in an Enlarged Europe: A Fuzzy Set Ideal Type
Analysis

Francesca Bergamante (Isfol) La conciliazione attraverso lo strumento della riorganizzazione dei tempi di lavoro in Europa e in Italia

Renzo Carriero (Università of Torino) Perceived Fairness And The Division Of Domestic Labour: A Longitudinal View

Rebecca Zanuso e Giovanni Viganò (Synergia) Rilevare i bisogni e le aspettative per realizzare politiche di conciliazione efficaci

Elisabetta Donati (Università degli Studi di Torino) Sconfinamenti  e conflitti di
lealtà: lavoro e cura lungo il corso di vita. Il contributo italiano in uno studio comparativo europeo

session coordonnée par Manuela Naldini,http://www.espanet-italia.net/conferenza2011/img/header-2010.jpg Università di Torino, Cristina Solera, Università Torino


Sessione 19  The governance of social policy at the European Union level: law and politicscoordonnée par Jean-Claude Barbier Università di Parigi I Panthéon Sorbonne CNRSet Fabrice Colomb Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

Stefano Sacchi (University of Milan)
Flexicurity in Action: Flexibility and Worker Security in Advanced Political Economies
The European

Axel van den Berg (McGill University), Jean-Claude Barbier (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne) A Tale of Two Federalisms: Social Policy in Canada and the European Union

Patrik Vesan (University of Valle d’Aosta)
From the Lisbon ‘Growth and Job’ to the ‘Europe 2020’ strategy: The emergence and transformation of the
European agenda on flexicurity

Plénière de clôture : Trajectories of institutional change in Europe, présidé par Jean-Claude Barbier où les invités suivants ont présenté leurs travaux :

Giuliano Bonoli (Institut des Hautes Etudes d’Administration Publique, Lausanne) ‘Activation policies in Europe’
Sandro Cattacin (University of Ginevra) ‘Politiche d’integrazione degli immigrati in Europa: tra pragmatismo locale e populismo nazionale’
Joakim Palme (Institute for Future Studies, Stockholm) ‘What future for social investment?’
Chiara Saraceno (Wissenschaftszentrum für Sozialforschung – WZB, Berlin) ‘Le politiche della cura’.