Le recrutement local dans les Universités : rien ne change

La question du localisme semble retrouver une certaine actualité en France. Pour ceux qui l’auraient oublié, cette question avait suscité pas mal de débats en 2008, suite à l’étude de Godechot et Louvet, étude dont j’avais fait une analyse critique avec Michel Grossetti et Anne Lavigne. Plus récemment, j’avais posté un billet qui décalait quelque peu le débat, en présentant les résultats d’une étude s’intéressant moins aux pratiques de recrutement qu’à la mobilité géographique (inter-régionale) des enseignants-chercheurs.

Je viens de recevoir les résultats d’une autre étude empirique de Didier Chauveau et Stéphane Cordier, qui analysent l’Indice de Mobilité Académique (IMA) qui est publié par le ministère de la recherche et l’enseignement supérieur depuis 4 ans. Ils montrent que le taux de localisme est stable dans le temps et variable selon les disciplines. Sur le premier point, ils ont construit le graphique suivant, en distinguant les Professeurs des Universités et les Maîtres de Conférences :

L’endorecrutement des PU tourne autour de 50%, celui des MCF est autour des 20-25%. Tout corps confondus, il a été de 32%, 36 %, 27% et 28 % entre 2008 et 2011. Dans tous les cas, pas d’évolution statistiquement significative, précisent les auteurs.

Ils insistent ensuite sur le cas particulier des mathématiques, qui s’interdisent depuis pas mal d’années de recruter localement les MCF, ce que l’on retrouve logiquement dans les chiffres. Le pourcentage d’endorecrutement est également faible dans cette discipline au niveau des PU, mais là, un complément serait utile : étant donné que les recrutements locaux sont rares, n’assiste-t-on pas, lors du passage au corps des PU, à un retour plus important que la moyenne des autres disciplines à l’Université de soutenance de la thèse? Je ne suis pas sûr que les données mobilisées permettent de répondre à cette question, je transmets cependant aux auteurs, qu’ils n’hésitent pas à répondre en commentaire s’ils le souhaitent.

Je reviendrai bientôt sur le sujet, car nous sommes en train de finaliser une nouvelle version de notre article, qui complète le précédent sur un point essentiel : la faible mobilité géographique des enseignants-chercheurs est-elle spécifique à notre monde professionnel? Les docteurs ne s’engageant pas ensuite dans le monde de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche sont-ils plus mobiles géographiquement que ceux qui s’y engagent? Vous pouvez faire un pronostic en commentaire, réponse dans quelques jours…

Made in France et Made in Monde : de nouveaux chiffres

J’en ai parlé à plusieurs reprises (ici, et ) , la comptabilité traditionnelle des échanges extérieurs masque très largement la tendance croissante à la fragmentation des processus productifs. Petite illustration : une entreprise localisée en France exporte une voiture vers l’Allemagne, d’une valeur de 100. Dans la comptabilité traditionnelle, on comptera +100 pour les exportations françaises vers l’Allemagne dans le secteur automobile. Considérons maintenant la fragmentation des processus productifs : pour fabriquer cette voiture, l’entreprise importe des composants d’autres pays, par exemple des pays d’Europe Centrale et Orientale, disons de Slovaquie. Supposons que ces composants importés soient d’une valeur de 40. Une comptabilité en valeur ajoutée affectera +60 d’exportations de la France vers l’Allemagne et +40 d’exportations de la Slovaquie vers l’Allemagne. Supposons en outre que pour fabriquer cette voiture, l’entreprise achète des services à des entreprises localisées en France (design, recherche, communication, etc.), disons pour une valeur de +20. Dans la comptabilité traditionnelle, on compte +100 d’exportations de la France vers l’Allemagne dans le secteur automobile. Dans la comptabilité en valeur ajoutée, on comptera +60 d’exportations, dont +40 pour le secteur automobile et +20 pour les secteurs des services aux entreprises. On le voit, notre perception de la géographie des échanges et des secteurs exportateurs peut en être sensiblement modifiée.

L’OCDE et l’OMC se sont emparés du sujet depuis quelques temps. Ils viennent de mettre en ligne des données très intéressantes sur le sujet (merci à Xavier Desray pour l’info!), ainsi que des synthèses par pays. Ce document, notamment, montre ce que cela change pour la France : le déficit commercial vis-à-vis des Etats-Unis est sensiblement réduit, passant de 27 à 18 milliards de dollars. Idem, dans une moindre mesure, avec la Chine : le déficit passe de 12,3 milliards de dollars avec la comptabilité traditionnelle à 9,8 milliards avec la comptabilité en valeur ajoutée.

Une analyse non plus géographique mais sectorielle permet de souligner un autre point essentiel, qui ne va pas trop plaire aux obsédés de l’industrie mais que voulez-vous, c’est la vie : la France exporte essentiellement des services, qui sont incorporés dans les biens manufacturés. Dans l’ensemble des exportations brutes, la part des services est de 55%.

S’agissant des Etats-Unis, son déficit vis-à-vis de la Chine est réduit de 25%, au profit de l’Allemagne, du Japon et de la Corée du Sud. Les services pèsent 56% des exportations. Quant à l’Allemagne, son déficit commercial vis-à-vis des Etats-Unis se transforme en excédent avec cette nouvelle comptabilité. Les services pèsent également beaucoup dans leurs exportations, avec une part de 49%.

Ce serait bien que les politiques français, à l’échelle nationale comme à l’échelle régionale, s’emparent de ces chiffres et modifient leurs politiques : plutôt que de prôner à longueur de discours le Made in France et de mettre en place des observatoires des relocalisations qui ne serviront strictement à rien, ils devraient prendre acte de cette fragmentation des processus productifs et s’interroger sur le positionnement des entreprises françaises dans les chaînes de valeur ajoutée déployées à l’échelle mondiale. Quels sont nos avantages comparatifs? Comment les renforcer? Comment se rendre indispensable sur certains créneaux, afin de pérenniser ces avantages? Dans le même sens, je leur conseille d’analyser l’ensemble des secteurs, de regarder d’un oeil neuf le secteur des services, de sortir de leur obsession pour l’industrie.

Je sais : c’est pas gagné…

Le retour de la vengeance des relocalisations

Cet après-midi, un journaliste de Libé m’a contacté au sujet des relocalisations : il paraît que notre ministre du redressement productif (Arnaud Montebourg) souhaite mettre en place un programme confié à « l’Agence française des investissements internationaux (Afii) [qui] va offrir gratuitement aux entreprises qui le souhaitent un nouveau service en leur permettant de calculer les avantages de tous ordres à relocaliser des activités ». J’étais passé à côté de l’info, j’ai trouvé cet article du JDD daté du 18 janvier dernier et celui-ci (quasi le même) dans le Figaro (daté du 11 janvier).

Il y a près de deux ans, je m’étais fendu d’un billet pour montrer, à partir d’une des rares bases de données permettant de quantifier le phénomène (la base de l’Observatoire de l’Investissement de Trendéo), que les relocalisations ne pesaient quasiment rien dans les opérations d’investissement réalisées en France (ni dans les emplois créés à l’occasion de ces opérations). Les délocalisations pas beaucoup plus, en passant. Ceci sur données 2009. Un an plus tard, j’avais récidivé en co-écrivant un article sur données 2009 et 2010, qui arrivait au même résultat : les relocalisations ne pèsent quasiment rien, les délocalisations pas beaucoup plus.

Les politiques, qui n’aiment tant rien que de se saisir des sujets majeurs, se sont très vite emparés du sujet. J’en avais parlé un an plus tard, à la quasi-veille des élections présidentielles, pour rappeler que Nicolas Sarkozy avait confié à Yves Jégo la rédaction d’un rapport destiné à mettre fin à la mondialisation anonyme, de proposer des préconisations pour favoriser les relocalisations, tout ça, tout ça… Arnaud Montebourg, fils spirituel de Nicolas Sarkozy et d’Yves Jégo, donc, si je comprends bien.

Comme ce soir, je n’avais pas piscine, j’ai décidé d’actualiser un peu les statistiques de l’Observatoire de l’Investissement, en compilant les chiffres pour 2009, 2010, 2011 et 2012. Ce qui conduit à deux tableaux, le premier recense les opérations de délocalisation, de désinvestissement, de relocalisation et d’investissement observés en France par Trendéo ; le deuxième quantifie la même chose, en termes d’emplois créés/détruits plutôt qu’en nombre d’opérations. A chaque fois, on peut calculer le ratio délocalisation/désinvestissement (ça pèse lourd dans les emplois détruits les délocalisations?) et le ratio relocalisation/investissement (ça pèse lourd dans les emplois créés les relocalisations?).

Tableau 1, en nombre d’opérations :


année délocalisation désinvestissement ratio relocalisation investissement ratio
2009 106 2728 3,9% 12 3011 0,4%
2010 37 2712 1,4% 13 5261 0,2%
2011 30 2279 1,3% 8 4106 0,2%
2012 52 2067 2,5% 12 2961 0,4%
Total 261 10161 2,6% 45 15577 0,3%

Tableau 2, en nombre d’emplois


année délocalisation désinvestissement ratio relocalisation investissement ratio
2009 -12688 -285884 4,4% 406 169511 0,2%
2010 -3022 -172810 1,7% 205 194900 0,1%
2011 -2477 -119858 2,1% 108 165199 0,1%
2012 -3296 -117225 2,8% 245 132328 0,2%
Total -25495 -747487 3,4% 964 691130 0,1%

Les délocalisations pèsent 2,6% des opérations de désinvestissement et 3,4% des emplois détruits. Côté relocalisation, c’est 0,3% des opérations d’investissement et 0,1% des emplois créés.

Bon, on peut toujours se dire que, justement, il faudrait fissa mettre en place des politiques pour booster la dynamique. Pour preuve les cas de relocalisations aux Etats-Unis. Sauf qu’en pourcentage des emplois créés et détruits, aux Etats-Unis comme en France, ça doit pas peser lourd. Sauf qu’en plus, aux Etats-Unis, l’hétérogénéité des conditions de travail et de rémunération entre Etats est sans aucune mesure avec l’hétérogénéité des conditions de travail et de rémunération entre régions françaises : en forçant un peu le trait, certains Etats du Nord feraient palir d’envie la Suède, certains Etats du Sud feraient s’enfuir les travailleurs chinois. Et ça relocalise pas mal au Sud, quand même.

Voilà, voilà… Bon, sinon, en creux, les emplois détruits pour d’autres motifs que les délocalisations, ça pèsent 96,6% de l’ensemble des emplois détruits en France. Et les emplois créés pour d’autres motifs que pour des relocalisations, ça pèse 99,9% des emplois créés en France. Je me demande si le Ministère du Redressement Productif ne devrait pas se pencher un peu plus sur ces autres chiffres. Question idiote d’un chercheur qui n’a pas piscine, sans doute…

Accroître la dégressivité des indemnités chômage

La question de la dégressivité des indemnités chômage refait surface, avec ce rapport de la Cour des Comptes : le système français est peu dégressif, du fait du plafond d’indemnisation très élevé du chômage, plus de 6000€ en France, contre autour de 2000€ en Belgique et en Allemagne.

J’avais évoqué cette question lors de l’affaire Domenech, qui se retrouvait à toucher, après l’épopée glorieuse de l’équipe de France, autour de 5600€ nets mensuels d’indemnités chômage. Les Econoclastes s’interrogent sur la pertinence d’une baisse du plafond, en renvoyant notamment à cet article de la Tribune : la baisse du plafond devrait s’accompagner d’une baisse des cotisations des cadres, or ils contribuent beaucoup et bénéficient peu des indemnités car is sont très peu exposés au chômage. Par sûr que l’on y gagne, nous dit le journaliste…

Comme toujours sur ce sujet, je renvoie à l’excellent article des Ecopublix, qui montrait qu’une proportion non négligeable des personnes à très haut salaire attendaient le dernier moment pour reprendre un emploi, contrairement aux personnes à salaire plus faible. Logique : ces personnes à très haut salaire peuvent très vite retrouver un emploi, elles peuvent s’accorder entre deux jobs une bonne pause en vivant d’allocations généreuses et retouner à l’emploi lorsque l’allocation s’arrête (je force le trait, je ne dis pas que 100% de ces personnes font ça). Ce rapport du CERC, datant de 2005, évoquait déjà cette question. A l’époque, une baisse du plafond à 1500€ aurait concerné 14,6% des allocataires ; une baisse du plafond à 1800€ en aurait concerné 8%.  A 3000€, on tombait à une proportion de 2,3%. A l’époque toujours, le passage à un plafond de 1500€ aurait conduit à une économie pour l’Unedic de 2,75 milliards d’euros par an. Somme non négligeable, potentiellement mobilisable pour accompagner les personnes à l’inverse très exposées au risque de chômage.

Bref, compte-tenu de ces éléments, une baisse du plafond d’indemnisation en France me semble une mesure plutôt adaptée. Ni miraculeuse, ni révolutionnaire, mais plutôt adaptée : bien calibrée, elle permettrait de réduire ces comportements opportunistes et de se doter de moyens financiers supplémentaires pour former les personnes les moins qualifiées par exemple.

Mesure plutôt adaptée qui ne sera pas prise, bien sûr, car comme le dit le député socialiste Jean-Jacques Germain cité par Le Monde : « Surtout en temps de crise, il n’y aurait rien de pire que de toucher aux droits des chômeurs. (…) S’il y a un déficit qu’il faut accepter, c’est celui-là. » Je me demande ce que Jean-Jacques Germain pensait du montant des indemnités perçues par Raymond Domenech, il y a deux ans…

Dis, papa, il est où, papa?

C’est de saison : parler de l’homoparentalité. Juste pour vous inciter, quand un sujet de société comme celui-ci émerge, à regarder ce qu’en disent les chercheurs. Un moyen simple est d’aller sur Google Scholar, de taper des mots-clés, de regarder ce qui ressort (je sais, ce n’est pas si simple, il faut trier, savoir décrypter, etc. Se former à la recherche, quoi).

Personnellement, j’ai dégoté cet article en français, qui analyse 311 publications dont 35 à orientation empirique ou expérimentale (qui essaient de quantifier d’éventuels problèmes, donc). Pas de vulnérabilité plus forte des enfants. Cet article a le mérite de prendre du recul, en s’intéressant aussi à l’évolution des sujets traités ou non-traités.

Via @SH_lelabo, j’ai aussi trouvé cet article en anglais, qui conclut que les mères lesbiennes seraient de meilleurs parents. Résultat surprenant, selon les auteurs, qui citent en passant 9 articles ayant conclu à l’absence d’impact psychologique sur les enfants de l’orientation homosexuelle ou hétérosexuelle de leurs parents (références 7 à 15 de la bibliographie de l’article).

Plus de 40 études qui concluent qu’il n’y a pas de différence significative. Perso, chercheur que je suis, je conclus pareil.

Joyeux Noël (opération recyclage)

Comme c’est demain Noël et que je suis une grosse feignasse je veux sauver la planète, je recycle. En l’occurrence, un article d’il y a deux ans (preuve s’il en était besoin que mes billets ne se démodent pas…). Comme je suis gentil, j’ai ajouté une image, à la fin.

En fêtant Noël, vous allez participer :

1. à la désindustrialisation de la France, car vous allez acheter plein de produits Made in China,

2. à la destruction de la planète, car tous ces biens qui circulent, ça en fait du transport et des émissions de CO2,

3. à la souffrance des animaux, car le gavage des canards et des oies, c’est pas top écolo (vous allez très vite en avoir marre, vous aussi, d’être gavés),

4. au délitement du lien social, car les fêtes de famille se terminent souvent par des engueulades,

5. au trou de la sécurité sociale, car vous allez boire et manger pleins de trucs qui vont faire exploser votre mauvais cholestérol et donc la probabilité que vous ayez bientôt des problèmes cardio-vasculaires,

6. à la faillite de l’Etat français, car comment voulez-vous que les générations futures fassent preuve de rigueur et comprennent l’importance de la réduction de la dette si vous leur faites croire que le Père Noël existe, que donc on peut avoir plein de trucs sans effort ?

7. à la montée du sentiment d’insécurité, quand on découvrira demain qu’un mec habillé en rouge est entré par effraction dans des millions de foyers,

8. au pessimisme des générations futures, quand elles vont apprendre que le Père Noël n’existe pas,

9. à la baisse du pouvoir d’achat des français, parce qu’acheter des trucs qui servent à rien, ça vous empêche de faire des dépenses utiles,

10. au creusement des inégalités, car les jouets que le Père Noël offre aux riches sont plus chers que ceux qu’il apporte aux pauvres. Et ça, c’est vraiment dégueulasse…

Image bonus 2012!

Ah oui, et surtout, ce soir, en repartant, n’oubliez-pas (trouvé via @adelaigue ou @econoclaste, je ne sais plus…) :

 

Comment améliorer de 8% la réussite des étudiants sans effort?

Réponse : en espaçant les examens.

C’est ce qui ressort de cette étude sur données américaines de Ian Fillmore et Devin G. Pope, qui s’intéresse au lien entre fatigue cognitive et performance : les étudiants qui passent deux examens à 10 jours d’intervalle ont 8% de chance en plus de les valider que ceux qui les passent à une journée d’intervalle. Je garde cette idée en tête pour l’organisation des examens de fin d’année.

Résumé : In many education and work environments, economic agents must perform several mental tasks in a short period of time. As with physical fatigue, it is likely that cognitive fatigue can occur and affect performance if a series of mental tasks are scheduled close together. In this paper, we identify the impact of time between cognitive tasks on performance in a particular context: the taking of Advanced Placement (AP) exams by high-school students. We exploit the fact that AP exam dates change from year to year, so that students who take two subject exams in one year may have a different number of days between the exams than students who take the same two exams in a different year. We find strong evidence that a shorter amount of time between exams is associated with lower scores, particularly on the second exam. Our estimates suggest that students who take exams with 10 days of separation are 8% more likely to pass both exams than students who take the same two exams with only 1 day of separation.

 

Jolis graphiques hauts en couleur

Comme je sais que certains d’entre vous dépriment à la veille de la fin du monde, que d’autres dépriment à voir déprimer des gens à cette idée, que d’autres encore dépriment pour de meilleures raisons, j’ai décidé d’égayer votre journée avec quelques graphiques hauts en couleur.

Graphique 1, le taux de mortalité par agression dans différents pays développés, entre 1960 et aujourd’hui :

Graphique 2, déclinaison par régions américaines, car il existe une forte variabilité régionale (données de moins longue période, problème de disponibilité) :

Graphique 3, pour dire que cette variabilité régionale ne doit pas masquer le fait que la région US la plus vertueuse est beaucoup moins vertueuse que le moins vertueux des pays de l’OCDE :

Graphique 4, enfin, pour dire que ces variations géographiques sont sous-tendues pour une bonne part par des variations ethniques :

Je me demande ce qu’ils pensent des prédictions Mayas, ou des tribulations de Gégé chez les Belges, les noirs américains du sud des Etats-Unis…

Source, trouvé via @SH_lelabo.

Ai-ce que le nivo bèsse?

Document intéressant de l’Insee sur l’évolution des difficultés à l’écrit et en calcul de différentes classes d’âge.

A l’écrit, les compétences s’améliorent, pour preuve ce graphique (en abscisse, les années de naissance) :

Amélioration qui s’explique notamment par le « développement de l’accès à l’enseignement secondaire : très faible pour les générations nées avant-guerre, il s’est généralisé dans les années 1960. »

Côté calcul, c’est moin bon :

On remarque d’abord que l’évolution des scores entre 2004 et 2011 par classe d’âge est très négative pour les plus anciens, ce que l’Insee interprète comme le signe du veillissement de de l’éloignement progressif du système scolaire. Pour les générations les plus récentes, la dégradation s’expliquerait par « l’usage de plus en plus répandu d’outils micro-informatiques dans la vie quotidienne (ordinateur, calculatrice, smartphone…) [qui] amoindrit sans doute chez les plus jeunes l’intérêt à maîtriser parfaitement les règles de base du calcul ». Côté calcul, les jeunes sont rationnels, donc.

En complément, je renvoie à ce vieux billet (2006), qui explique par un petit exemple le décalage entre l’évolution du niveau perçu par les enseignants à chaque niveau d’étude et l’évolution globale du niveau de la population. Le coupable? La massification de l’enseignement.

Et je reposte ces quelques citations qui traversent l’histoire de France (source) :

« Le niveau baisse, mais les coûts de l’école augmentent » (Un député fribourgeois, La Liberté 29.10.2001).
«Nous sommes préoccupés du maigre résultat obtenu, dans les examens, par l’analphabétisme secondaire… »«La décadence est réelle, elle n’est pas une chimère: il est banal de trouver vingt fautes d’orthographe dans une même dissertation des classes terminales.» (Noël, Deska, 1956).
«Avec les copies d’une session de baccalauréat, on composerait un sottisier d’une grande richesse…»«L’enseignement secondaire se primarise…» (Lemonnier, 1929).
«J’estime que les trois quarts des bacheliers ne savent pas l’orthographe.» (Bérard, 1899).
«D’où vient qu’une partie des élèves qui ont achevé leurs études, bien loin d’être habiles dans leur langue maternelle, ne peuvent même pas écrire correctement l’orthographe?» (Lacombe, 1835)