Réaumur, auteur d’une grande œuvre sur les petites bêtes

Pour qui s’intéresse aux insectes, le service du Fonds Ancien conserve les 6 tomes des « Mémoires pour servir à l’histoire des insectes » de Réaumur qui, avec Linné, constitue la plus grande figure de l’entomologie du XVIIIe siècle.

Réaumur, page de titre des « Mémoires… », tome 1 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, M 5038)

En quoi cette œuvre « monumentale » est-elle digne d’intérêt ? Parce qu’avant Réaumur, la science des insectes (qui ne s’appelait pas encore « entomologie ») avait suivi trois grandes voies incomplètes ou défectueuses. Lire la suite

Imprimer à Poitiers à l’époque moderne

Coûtumier general / Joseph Boucheul.- Poitiers : Jacques Faulcon, 1727 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, Folio 3)

Le lundi 15 mai à 18h et le vendredi 19 mai à 12h, l’Heure du Livre ancien (une présentation d’une heure qui permet de découvrir des ouvrages anciens sur table plutôt que sous vitrine) aura pour thème Imprimer à l’époque moderne.

Les débuts de l’imprimerie à Poitiers

C’est à Mayence que Gutenberg, vers 1454, met au point la technique de l’impression typographique. Celle-ci se diffuse en France à partir de 1470, année durant laquelle une presse est installée à la Sorbonne. Poitiers est l’une des premières villes françaises à l’accueillir, après Angers, mais avant Bordeaux, Nantes, Tours ou Limoges. Ce sont surtout de grandes villes marchandes Lire la suite

L’enseignement jésuite de la philosophie au XVIIIᵉ siècle : le manuel de Berthold Hauser

Du 2 au 31 mai 2017, le Livre ancien du mois est consacré au manuel de philosophie du jésuite Bethold Hauser, Elementa philosophiae ad rationis et experientiae ductum conscripta atque usibus scholasticis accomodata, dont les tomes consacrés à la physique sont abondamment illustrés.

Elementa philosophiae ad rationis et experientiae ductum conscripta atque usibus scholasticis accomodata / Berthold Hauser. - Augsbourg ; Innsbruck : Joseph Wolff, 1755-1764 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, JP 506-6)

Elementa philosophiae ad rationis et experientiae ductum conscripta atque usibus scholasticis accomodata / Berthold Hauser. – Augsbourg ; Innsbruck : Joseph Wolff, 1755-1764 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, JP 506-6)


Berthold Hauser (1713-1762)

L’auteur, dont on sait peu de choses, naquit en 1713 à Wildberg en Allemagne (Bavière). Il entra dans la Compagnie de Jésus en 1729. A partir de 1749 il enseigna la philosophie (l’éthique) à Ingolstadt et, de 1751 jusqu’à sa mort, les mathématiques à l’Université de Dillingen. Enseigner à la fois la philosophie et les mathématiques était alors chose fréquente.

Elementa philosophiae fut le seul ouvrage – mais il est d’importance – qu’il écrivit. Cette somme, composée de huit tomes volumineux, est un manuel de philosophie. Synthèse des savoirs dispensés par ce professeur, imprimée de 1755 à 1764, les deux derniers tomes étant parus après sa mort, l’œuvre revêt un caractère testamentaire.

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Le cri du sage

Les élèves de première année du BTS Maintenance des systèmes éoliens du Lycée Raoul Mortier de Montmorillon sont venus visiter le Fonds ancien le 22 mars dernier. Ils ont découvert quelques livres écrits par des femmes, qu’ils se proposent de nous faire connaître…

Nous commencerons avec Le cri du sage, d’Olympe de Gouges…

Olympe de Gouges

Olympe de Gouges, de son vrai nom Marie Gouze, écrivain et dramaturge, est née en 1748 à Montauban. Elle est mariée à Louis Aubry en 1765 à 17 ans. Partie pour Paris avec son fils après la mort de son mari, elle se lance dans la politique et devient l’une des premières femmes féministes ; elle publie des écrits politiques :

C’est aussi l’auteur de pièces de théâtre :

En 1792, elle rejoint le parti des Girondins qui s’oppose à Louis XVI, mais elle propose d’aider Malesherbes à le défendre durant son procès. Elle est guillotinée en 1793 après la chute de son parti face à Robespierre et aux Montagnards. La même année, toute activité politique, jusque là tolérée au sein des clubs, est interdite aux femmes. Lire la suite

L’histoire des imaginations extravagantes de Monsieur Oufle de Laurent Bordelon ou comment la lecture peut rendre fou

Du 3 au 29 avril 2017, dans le hall de la BU Lettres, le Livre ancien du mois est consacré à L’histoire des imaginations extravagantes de Monsieur Oufle de Laurent Bordelon.
Le Fonds ancien possède le tome 1 de la première édition (1710) et la version abrégée de 1789.

Frontispice de L’histoire des imaginations extravagantes de Monsieur Oufle / Laurent Bordelon. Tome premier.- Paris : Nicolas Gosselin et Charles le Clerc, Pierre-Augustin Le Mercier, 1710
(Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, FAP 3327-01)

Après une soirée bien arrosée en période de carnaval, M. Oufle trouve un costume d’ours dans la chambre de son fils Sansugue. Il décide de le revêtir afin de faire une plaisanterie à sa femme. Celle-ci étant encore occupée avec sa camériste, il patiente en relisant la Démonomanie de Jean Bodin et notamment le passage consacré aux loups-garous. Il s’endort.
* Dans : Histoire de Monsieur Oufle / Laurent Bordelon ; retouchée et réduite par M. G. [Charles-Georges-Thomas Garnier].- Amsterdam [i.e. Paris] ; Paris [Gaspard-Joseph Cuchet], 1789
(Voyages imaginaires, songes, visions, et romans cabalistiques ; 36)
(Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, FD 1511-36)

L’auteur : Laurent Bordelon (1653-1730)

Né à Bourges, il y obtint le titre de docteur en théologie, dans une faculté tenue par les jésuites. Il s’installa à Paris, comme précepteur dans une famille de hauts magistrats, et devint chapelain à Saint-Eustache. À ce polygraphe prolifique, versant à ses débuts surtout dans le théâtre, on peut « seulement » attribuer une quarantaine d’œuvres. En effet, il signait rarement ses écrits. L’Histoire des imaginations extravagantes de Monsieur Oufle fut ainsi publiée anonymement. Entre 1708 et 1713, l’abbé divulgua quatre autres romans dénonçant la crédulité populaire. Il aimait également reprendre les sujets à la mode.

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Prêts en Bulles # 6

Il y a quelques semaines disparaissait Jirō Taniguchi, l’un des plus grands auteurs japonais de mangas. Ce genre apparu en France en 1978 a réellement conquis l’hexagone avec la saga futuriste Akira imaginée par Katsuhiro Otomo, douze ans plus tard. Puis sont arrivées les créations graphiques de J. Taniguchi. Celui qui a permis une vision inédite du manga a toujours été surpris par la ferveur qu’il dégageait auprès du public français. Une belle histoire qui a débuté en 1995 avec L’Homme qui marche, et qui ne s’est jamais essoufflée. C’est une œuvre remplie de délicatesse, de poésie et de rêverie que laisse en héritage un mangaka passionné par la bande dessinée européenne. Parmi ces quelques titres, la BU Lettres vous propose un voyage des plus apaisants.

Elle s’appelait Tomoji / J. Taniguchi : couverture. Ed. Rue de Sevres (source : Decitre.fr).

 

  • Notre avisTaniguchi s’inspire ici de la vie de Tomoji Uchida, célèbre pour avoir créé un temple bouddhiste (Tokyo). L’auteur, en narrant la jeunesse de Tomoji, en profite pour dépeindre un Japon moins connu, car pauvre et met l’accent sur les conditions de vie précaires. C’est là tout l’intérêt de l’histoire : découvrir cette période appelée l’ère Taishō (1913-1926), où la population se cantonnait à une vie rudimentaire. L’auteur distille quelques indices qui expliqueraient la raison pour laquelle Tomoji se serait dirigée vers le bouddhisme (notamment par de dures épreuves à traverser). Le trait épuré de Taniguchi accompagne harmonieusement ce portrait. Tout en délicatesse, il donne à ses personnages cette humilité qu’il affectionne tant. Avec cette particularité qu’il utilise pour la première fois, un personnage féminin au centre de l’histoire. Comme souvent, une fois l’oeuvre terminée, on a cette agréable sensation d’avoir été transportés.

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Qu’est-ce qu’une marque d’imprimeur-libraire ? (2)

In LXIX. Psalmos seu Hymnos prophetæ Davidis priores, & in sanctum Jesu Christi Evangelium secundum Matthæum… Commentaria / Mathias Bredenbach. – Cologne : Héritiers de Johann Quentel & Gerwin Calenius, 1560 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, XVIg 1372)

Marque, devise, enseigne et nom : des relations complexes

Pour se faire connaître et marquer leurs œuvres de leur empreinte, tout en disant quelque chose d’eux-mêmes et de leur travail, les libraires avaient plusieurs moyens à leur disposition. Ils avaient parfois recours au cadre qui entourait la marque et qui pouvait reprendre certains éléments de la symbolique pour l’enrichir. Mais ils utilisaient surtout la devise, l’enseigne et la marque.

La devise était le plus souvent en latin. Elle pouvait être une citation biblique, un emprunt à un auteur de l’Antiquité ou à une œuvre plus contemporains. C’étaient quelques mots dont il est souvent difficile de saisir le sens, tant le petit nombre de termes polysémiques employés permet d’hypothèses. Elle devait charmer le lecteur et montrer la qualité de l’imprimeur ou du libraire, chargé de diffuser le savoir. Lire la suite

Qu’est-ce qu’une marque d’imprimeur-libraire ? (1)

Lucerna inquisitorum hæreticae pravitatis / Bernardo da Como. - Venise : Marco Antonio Zaltieri, 1596 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, XVI 795)

Lucerna inquisitorum hæreticae pravitatis / Bernardo da Como. – Venise : Marco Antonio Zaltieri, 1596 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, XVI 795)

La prochaine Heure du Livre ancien, programmée au Fonds ancien les lundi 10 avril à 18h et vendredi 14 avril à 12h, sera consacrée aux marques d’imprimeurs-libraires. De quoi s’agit-il ?

Du colophon à la page de titre

Les marques de libraires et d’imprimeurs apparurent peu après l’invention de l’imprimerie. Placées sous le titre ou à la fin du livre, elles pouvaient être un simple signe analogue à celui que les imprimeurs mettaient sur les ballots de livre qu’ils expédiaient ou évoquer l’enseigne de l’imprimeur. Les premiers éléments de l’adresse, comme les lieu et date de l’impression, le nom de l’imprimeur-libraire, commencèrent à apparaître sous cette marque, sur la page de titre, à l’extrême fin du XVe siècle, alors qu’ils étaient jusque là placés à la fin de l’ouvrage, au colophon, selon l’usage en cours dans les manuscrits. Les marques permettaient de bien identifier l’imprimeur-libraire et les imprimés qu’il réalisaient. C’était également un moyen de lutter contre la contrefaçon. Elles se transmettaient souvent pour tout ou partie aux héritiers. Lire la suite

Histoire d’une Flore française de Lamarck

Flore françoise / Jean-Baptiste de Monet de Lamarck.- Paris : Imprimerie royale, 1778 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, MED 2420)

Flore françoise / Jean-Baptiste de Monet de Lamarck.- Paris : Imprimerie royale, 1778 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, MED 2420)

Connu pour être le fondateur du transformisme, Jean-Baptiste de Monet de Lamarck (1744-1829), professeur de zoologie au Muséum d’histoire naturelle et membre de l’Académie des sciences, était aussi un grand botaniste. Il rédigea en 1778 la Flore française, qui donne des méthodes d’identification des plantes de France à l’aide de clés dichotomiques. Cet ouvrage comprend trois tomes de textes (tome 1, tome 2 et tome 3), dans lesquels ont été insérés huit planches gravées sur cuivre (dont vous pouvez admirer ci-contre un exemple) par Étienne Fessard (1714-1777 ?), graveur du Roi, et un tableau dépliant.

Ce document du Fonds ancien est exposé à la BU Médecine-Pharmacie du 3 au 30 avril. Une présentation (une « Petite pause méridienne avec… », qui, en 30 minutes, permet de découvrir un ouvrage sur table plutôt que sous vitrine) est proposée le 11 avril à 13h (inscription : karine.furcy@univ-poitiers.fr). Lire la suite