Trafic de CAME à Poitiers

Dans notre dernière contribution, Michel Grossetti et moi indiquions que le trafic de CAME était loin de ne concerner que les métropoles (voir la note 14 page 11 pour être précis). La preuve avec cet article de la Nouvelle République, suite au vote par Grand (sic) Poitiers de son schéma de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

En quelques paragraphes, on y retrouve toute la mythologie. Cela commence avec les propos d’Alain Claeys, Président de la Communauté Urbaine :

Face aux grandes métropoles, Grand Poitiers s’appuie sur ses forces pour développer son attractivité

Le journaliste continue :

A l’heure où la compétition entre agglomérations devient plus vive, Grand Poitiers veut rassembler les énergies

Avant de citer les propos d’Alain Dorat, directeur du Cabinet DMS Conseil, « sollicité par Grand Poitiers pour faire des propositions que le service attractivité devra mettre en musique » :

La priorité, c’est de créer du lien pour faire naître des pépites, ces micro-entreprises à même de créer des emplois à partir d’une découverte en laboratoire

Bon, je crois qu’on a tout : des métropoles, de la compétitivité, de l’attractivité, des pépites excellentes. Je signale donc un trafic de CAME à Poitiers. Je ne sais pas combien elle a coûté, mais pour info, il y a mieux, à moins cher.

Enseignement à l’Université : faire d’une contrainte une opportunité

La rentrée des premières années de la licence « économie-gestion » de l’Université de Poitiers a eu lieu hier matin. Nouvelle montée des effectifs : nous avons accueilli lors de la réunion de rentrée 214 étudiants, sur les 230 inscrits ou pré-inscrits, contre 173 présents et 180 inscrits l’an passé. Le graphique ci-dessous reprend la progression depuis la rentrée 2012.

Image1Les effectifs ont globalement été multipliés par 2,5 en 4 ans. Cette évolution quantitative s’est doublée d’une évolution qualitative du public accueilli :

  • la part du public cible (bacheliers ES et S), de 71% en 2012, dépasse depuis 2013 les 80%, elle est de 84% cette année,
  • parmi ceux-ci, 35% avaient une mention en 2012, cette part est de 52% cette année. 23% ont une mention Bien ou Très Bien pour cette rentrée,
  • 68% des étudiants avaient placés Sciences Eco en voeu 1 cette année, 14% en voeu 2.

Cette évolution s’explique d’abord par une évolution de notre offre de formation, avec de nombreuses possibilités de séjours à l’étranger et de stages en entreprise, ainsi que par une meilleure communication auprès des lycéens (nous accueillons environ 600 lycéens de première et de terminale chaque année). Pour des éléments plus précis, je vous renvoie à ce billet.

Mais ceci n’est pas sans poser problème : nos ressources humaines et financières sont en effet limitées. Globalement, je dirais que nos ressources nous permettent d’accueillir 200 étudiants en L1, or nous dépassons ce seuil et cela risque de continuer les années prochaines, a minima au rythme de l’évolution démographique attendue. Il va sans dire que l’augmentation en L1 conduit à une augmentation des effectifs en L2 et L3, ainsi qu’en master. Les réponses possibles face à cette contrainte sont les suivantes :

  1. demander au Ministère des moyens supplémentaires et attendre de les obtenir pour faire face à la hausse des effectifs,
  2. laisser augmenter la taille des groupes de travaux dirigés, pour passer par exemple de 30 étudiants par groupe à 50 ou 60,
  3. supprimer des cours et/ou des TD dans l’offre de formation,
  4. s’interroger sur nos pratiques pédagogiques et tenter d’innover pour faire face à cette contrainte sans dégrader l’apprentissage des étudiants, voire en l’améliorant.

Ayant anticipé ce dépassement du cap des 200 cette année, n’étant pas naïfs au point de croire en la solution 1 à court terme (même si cette question est évidemment cruciale et qu’on espère que les choses vont bouger), ne souhaitant pas dégrader la qualité de nos enseignements avec les solutions 2 et 3, nous avons opté pour la solution 4.

L’idée générale retenue par l’équipe pédagogique est la suivante. Prenons l’exemple d’un enseignement de 20h de cours et de 20h de TD, avec 6 groupes de TD. Sachant qu’une heure de cours coûte 1,5h TD, le coût de cet enseignement pour la composante est de 20*1,5+6*20=150h TD. Certains collègues proposent d’assurer la moitié des TD en face à face, comme auparavant, l’autre moitié des TD étant faite en autonomie. Lors de ces séances en autonomie, les étudiants doivent travailler sur des ressources en ligne, faire des exercices en ligne, qui donnent systématiquement lieu à évaluation. Si les exercices en ligne sont bien conçus, leur évaluation peut être automatisée (l’idée de corriger 200 copies tous les 15 jours étant peu envisageable…). Le coût est alors de 20*1,5h (cours) + 6*10h (TD en face à face) + 10h (préparation des TD en autonomie) = 100h TD. Soit une économie de 50h.

Que faire de cette économie ? Compte-tenu de la hausse des effectifs, elle permet d’augmenter le nombre de groupes de TD. Dans mon exemple, on peut ainsi passer de 6 groupes de TD à 11 groupes sans coût supplémentaire. Elle peut permettre également de créer de nouveaux enseignements, ou de développer d’autres initiatives (encadrement de plus de projets tuteurés, de création de start-up, …), la limite étant celle de notre imagination.

Tous les collègues ne proposent pas nécessairement la même chose : certains commencent par une ou deux séances en autonomie, d’autres vont jusqu’à la moitié, certains optent pour une réduction du nombre de TD et une augmentation du volume de cours avec TD en cours (avec utilisation de dispositifs numériques pour renforcer l’interaction), d’autres encore proposent en ligne des séquences de cours à travailler avant le cours (avec QCM d’évaluation pour que l’enseignant voit ce qui a été compris avant son cours), etc. Au total, nous allons donc passer en L1 de 6 groupes de TD à 10 groupes pour certaines matières et de 9 groupes à 12 pour d’autres. Les effectifs en TD seront donc plus faibles cette année que l’an passé, alors que nos effectifs devraient augmenter d’une bonne cinquantaine d’étudiants.

Beaucoup de questions en apparence annexes mais en fait essentielles se posent pour basculer vers ce nouveau système. En termes de formation des enseignants à ces nouvelles pratiques, d’outils numériques adaptés pour les ressources en ligne, d’équipement des étudiants pour travailler efficacement en autonomie, etc. Sur tous ces points, l’Université de Poitiers et ses services communs, notamment le CRIIP (Centre de Ressources, d’Ingénierie et d’Initiatives Pédagogiques), nous ont apporté et nous apportent encore un soutien essentiel. Nombre d’enseignants ont suivi un cycle dédié de formations, nous nous sommes équipés en logiciel, de nombreux espaces vont être dédiés au travail en autonomie (amphi, salles informatiques, salles classiques, espaces au centre de documentation), parfois avec un moniteur encadrant. Nous avons également échangé avec des collègues ayant introduits de telles innovations à l’Université de Poitiers ou dans d’autres Universités.

Une des questions que nous nous posions était celui du taux d’équipement en ordinateur des primo-entrants. L’enquête réalisée hier montre qu’il est élevé : plus de 93% des étudiants interrogés disposent d’un ordinateur, ordinateur portable pour 94% d’entre eux. Un seul des étudiants interrogés ne dispose pas de connexion internet sur son lieu de résidence. Pour les étudiants non équipés d’ordinateur, nous assurerons un prêt de portable.

Je précise pour finir que notre objectif n’est pas seulement de répondre à la hausse des effectifs, mais aussi d’améliorer l’apprentissage des étudiants. Les quelques expériences menées montrent en effet que ces innovations pédagogiques réduisent le taux d’abandon des étudiants et améliorent la moyenne des étudiants. L’explication tient sans doute en partie aux possibilités offertes par les outils numériques (possibilités de mettre des ressources supplémentaires pour les étudiants ayant des difficultés, de repérer plus vite les « décrocheurs », etc.), mais pas seulement : les collègues ayant expérimenté ce type de dispositif expliquent que l’effet massif tient au fait que les étudiants se voient obligés de travailler beaucoup plus, et plus régulièrement qu’auparavant. C’est pourquoi toutes les séances en autonomie seront accompagnées d’un travail à rendre, travail qui sera systématiquement évalué. A charge pour nous de suivre cette expérimentation et de voir les incidences sur nos taux d’abandon et de réussite aux examens, je vous tiendrai bien sûr au courant.

L’attractivité de l’Université

Les lycéens avaient jusqu’au 20 mars minuit pour émettre leurs vœux d’orientation sur l’application post-bac (APB). L’occasion de faire un petit point statistique sur l’évolution des vœux pour la faculté de sciences économiques de l’Université de Poitiers.

France entière, le ministère a indiqué que l’Université dans son ensemble devient plus attractive, avec une hausse des vœux de 6,5%. Information relayée par exemple par le Parisien, qui ne peut s’empêcher d’ajouter « le ministère se félicite de « l’attractivité des filières universitaires » : +19,7% par rapport à 2013 et +6,5% par rapport à 2014. Attractivité ou limitation d’ambition par manque de moyen ? » J’y reviens plus loin.

Pour Sciences Eco Poitiers, nous sommes passés de 621 vœux l’an dernier à 760 cette année, soit 22% de hausse. L’analyse par filière de bac montre qu’il s’agit très majoritairement de notre public cible (bacs ES et S), qui représentaient 86% des vœux l’an dernier et 84% cette année.

Ces chiffres sont à prendre avec beaucoup de précaution : la filière « économie-gestion » se situe dans un univers très concurrentiel (BTS, IUT, prépas, bachelors, …), le chiffre le plus important est moins celui du nombre de vœux que celui du nombre de vœux n°1. Il était passé de 76 en 2013-2014 à 125 en 2014-2015, pour des effectifs totaux qui sont passés de 144 à 188 étudiants. Nous aurons l’information en mai-juin, mais vu l’évolution des vœux, je prédis une nouvelle hausse.

Est-ce par manque d’ambition ou de moyen, comme le sous-entend le journaliste du Parisien ? Non. 73% de notre promo de cette année nous avait placé en voeu n°1, près de 90% relève de notre public cible, près de 60% a obtenu un bac avec mention. Les lycéens qui viennent chez nous sont de bons bacheliers qui savent où ils mettent les pieds.

Comme je le dis souvent quand on m’interroge sur le sujet, la fac d’économie-gestion est une filière très sélective qui coûte très cher, comme toutes les filières de l’Université. Très sélective, non pas à l’entrée, certes, mais chaque année : pour passer dans l’année supérieure, il faut obtenir ses examens. Sélection ex-post plutôt que ex-ante, mais sélection. Notre public cible y réussit bien : 70 à 80% des bacheliers ES et S qui se présentent à l’ensemble des examens obtiennent leur première année.

Très chère, également. Si vous rapportez le budget de l’Université de Poitiers au nombre d’étudiants, vous obtenez quelque chose comme 10 000€ par étudiant. Comme la dépense est socialisée, chaque étudiant ne paye qu’une infime part de cet investissement. Mais c’est ce que chacun coûte (avec des variations, bien sûr, moins en licence qu’en master, moins en sciences humaines et sociales qu’en sciences dites dures plus gourmandes en matériel, etc.).

Je suis convaincu que nos meilleurs étudiants sont bien meilleurs que les meilleurs étudiants des autres formations, réputées meilleures parce que sélectives à l’entrée : un bon lycéen doit se battre, souvent, contre ses profs de lycée quand il explique qu’il veut rejoindre l’Université alors que son dossier lui ouvre grand les portes des prépas ; il doit se battre, souvent, contre ses parents, qui ont en tête l’image de l’Université d’il y a plus de trente ans ; il doit se battre contre cette pression sociale, véhiculée par les médias, qui font de l’Université, parce que non sélective, un choix par défaut ou par manque d’ambition. Ça forge un caractère, ça vous rend plus mature.

L’autre avantage de l’Université est de forger des jeunes qui restent humbles. Qui doutent d’eux-mêmes, qui s’interrogent. Qui ne débarquent pas dans une entreprise en terrain conquis, parce que quand même, on a été sélectionné, on est l’élite. Ils sont à l’écoute, avant de prendre la parole. Dans un monde incertain, c’est une grande qualité. C’est même la qualité première.

APB : faites un voeu… bien informé!

Comme chaque année, les lycéens doivent formuler des voeux d’orientation sur APB. Quelques éléments sur la Faculté de Sciences Economiques de l’Université de Poitiers, histoire de chasser quelques idées reçues et aussi parce que nous continuons d’innover !

Qui accueille-t-on ?

Nous avons vocation à accueillir des bacheliers ES et S qui souhaitent s’engager dans des études longues (bac+5). Ces bacheliers représentent cette année près de 90% de nos effectifs de première année de licence (dont 2/3 de bacs ES et 1/3 de bacs S). Leur taux de réussite, pour ceux qui passent l’ensemble des examens, est de 70 à 80%. Le taux de réussite des bacheliers technologiques est de 5 à 10%, celui des bacheliers professionnels est de 0%. Bacs ES et bacs S sont donc clairement notre public cible.

Le Monde a publié un article sur les lycéens qui ne regrettent pas d’avoir mis l’université en voeu 1 sur APB. Pour notre part, 73% des lycéens que nous avons accueilli cette année nous avaient mis en voeu 1, proportion qui dépasse 80% pour les bacheliers avec mention. S’agissant de ces derniers, je signale en passant qu’ils représentent près de 60% de la promotion.

Que propose-t-on ?

A partir de septembre 2015, nous proposons une licence généraliste « économie-gestion », organisée en partenariat avec l’IAE de Poitiers, dont les deux premières années sont communes à l’ensemble des étudiants. En troisième année, les étudiants peuvent poursuivre dans l’un des quatre parcours suivants : économie, gestion, communication ou comptabilité-contrôle-audit. Le premier se déroule à la fac de sciences éco, les trois derniers à l’IAE. Ci-dessous la plaquette de présentation de la licence :

  Nous proposons également, de manière optionnelle, un parcours « enjeux internationaux », composé chaque semestre d’un enseignement de langue (chinois, russe, portugais, allemand, italien) et d’un enseignement de géopolitique. Ci-dessous la plaquette de présentation de ce parcours :

Nos spécificités

Notre « positionnement stratégique » se caractérise par une forte ouverture à l’international. Au-delà du parcours mentionné ci-dessus, les étudiants peuvent partir un semestre ou une année en L3 dans l’une de nos universités partenaires (une quarantaine). Cette année, nous avons commencé à faire partir des étudiants de L2. Ci-dessous la carte de nos partenariats internationaux avec des informations pour chacun d’eux :


Afficher Partenariats internationaux de la faculté de Sciences Economiques de Poitiers sur une carte plus grande

L’autre spécificité de la faculté de sciences économiques de Poitiers concerne les possibilités de stage : stages courts optionnels entre la L1 et la L2 et entre la L2 et la L3 et surtout possibilité d’un stage long, remplaçant tout un semestre de cours, en troisième année de licence du parcours économie. Sauf erreur de ma part, nous sommes la seule licence d’économie à proposer cela.

Après la licence

Les étudiants diplômés de licence peuvent poursuivre dans un des Masters de la fac d’éco ou de l’IAE de Poitiers, ou, bien sûr, dans d’autres Masters d’autres villes universitaires. L’enjeu pour être pris dans un bon master n’est pas de faire sa licence au même endroit, mais d’avoir un bon niveau universitaire et d’avoir su profiter d’expérience de stages et de séjours à l’étranger. Bref, ce que l’on propose !

N’hésitez pas à visiter notre site pour plus d’informations et à venir nous rencontrer lors des Portes Ouvertes que nous organisons demain, samedi 14 février, pour échanger avec enseignants et étudiants.

Symposium Décentralisation : Saison 1, épisode 1 à 15

Comme indiqué précédemment, La Fédération de Recherche « Territoires » de l’Université de Poitiers a organisé un Symposium intitulé « Décentralisation : recompositions des pouvoirs, des institutions et des politiques publiques », les 3, 4 et 5 décembre 2014 derniers, sur Poitiers.

L’ensemble des 15 conférences a été filmé par i-médias, service commun informatique et multimédia de l’Université de Poitiers. Vous pouvez y accéder en cliquant sur ce lien. J’ai assisté à la plupart d’entre elles, beaucoup de choses très intéressantes. En bonus, vous pouvez également visionner les vidéos de micro-trottoirs réalisées par des étudiants du site poitevin de Sciences Po Paris. Comme ici on est chez moi, je dépose ci-dessous la vidéo de mon intervention.

Compte-tenu de la réussite de l’événement, la saison 2 est annoncée. Seul bémol sur la saison 1 : l’absence quasi-totale d’élus dans l’assistance. Vu les personnes invitées, des spécialistes reconnus des questions de décentralisation appartenant à différents champs disciplinaires, je trouve que c’est dommage. Bon, en même temps, c’est bien connu, les élus savent déjà tout, c’est pour cela que leurs actions sont toujours tellement éclairées…

Qui vient à l’Université ? Le cas de Sciences Eco Poitiers

Hier matin, 1er septembre 2014, c’était la rentrée des premières années de Licence de Sciences Économiques de l’Université de Poitiers. L’occasion de rédiger un petit billet sur le profil des lycéens qui nous rejoignent, car les choses bougent, suite à l’introduction depuis plusieurs années de différentes innovations résumées dans ce billet et d’une politique active d’information auprès des lycéens de l’académie (avec tout un ensemble d’actions menées par l’Université de Poitiers dans son ensemble et d’autres plus spécifiques à notre composante).

L’évolution des effectifs

Nous avons accueillis hier matin, à la réunion de rentrée, 154 étudiants, ce qui confirme la tendance à la hausse observée depuis deux ans. Figurent également dans le tableau le nombre de vœux déclarés sur APB (stable cette année) et le sous-ensemble des voeux 1 (forte hausse).

2012-2013

2013-2014

2014-2015

vœux APB

371

632

621

dont vœux 1

52

71

125

présents jour de rentrée

86

109

154

inscrits jour de rentrée

91

120

159

inscrits définitifs

111

154

?

Les inscriptions se déroulant jusque fin septembre, on peut estimer le nombre d’inscrits définitifs aux environs de 200 étudiants.

Profil des lycéens

Plus important, l’évolution du profil des étudiants accueillis. Lorsque nous informons les lycéens, nous insistons beaucoup sur le fait que les études en Sciences Économiques sont très bien adaptées aux bacs ES et S, beaucoup moins bien aux autres bacs. Le message passe, et de mieux en mieux, puisque cette année notre public cible pèse 88% de nos effectifs.

2012-2013

2013-2014

2014-2015

% cible (ES+S)

71%

80%

88%

% mention AB, B ou TB

35%

52%

56%

% mention B ou TB

10%

22%

24%

% mention France bac généraux

54%

54%

52%

Vous pouvez également constater que la part des bacheliers avec mention est importante, plus de la moitié de nos effectifs depuis l’an passé. Pour les bacs mention B ou TB, la proportion France entière (non reprise dans le tableau)  est de 30% ; elle est de 24% chez nous. Deux précisions cependant : i) les mentions B et TB sont surreprésentées France entière chez les bacs S (36% en 2013), or nous accueillons majoritairement des bacs ES (2/3 de notre promotion environ), qui sont 24% à avoir obtenu en 2013 une mention bien ou très bien France entière, ii) la part des bacs généraux avec mention B et TB est plus faible dans notre académie que France entière. Compte-tenu de ces éléments, on peut donc considérer que la part des bacs avec mention B ou TB est conforme, voire un peu supérieure, à la part attendue de notre bassin de recrutement.

Sciences Eco Poitiers, un choix par défaut ?

Dernier résultat suite à la petite enquête réalisée hier, une part très importante des étudiants que nous accueillons sont là par choix.

vœu 1

vœu 1 ou 2

ensemble des étudiants

73%

84%

bacs avec mention

82%

90%

bacs avec mention B ou TB

81%

87%

73% des étudiants présents hier nous avaient placés en vœu 1 sur APB, proportion qui monte à 84% si l’on agrège vœu 1 et vœu 2. Autre résultat intéressant : une proportion encore plus forte de bacs avec mention nous avaient placés en 1er vœu (plus de 80%) et/ou en deuxième vœu (autour de 90%).

Conclusion : nous accueillons un nombre croissant d’étudiants, venus des filières adaptées à des poursuites d’études en économie, qui ont un bon niveau scolaire, savent où ils mettent les pieds et le font par choix. On est loin de certaines idées véhiculées sur l’Université…

Sciences Eco Poitiers, les pieds dans l’actualité !

Les lycéens de terminale vont commencer à formuler leurs voeux d’orientation sur l’application Post-Bac à partir de lundi prochain, 20 janvier 2014. C’est donc l’occasion de leur donner un peu d’information sur les formations universitaires, pour ma part sur la faculté de Sciences Economiques de Poitiers.

Vous pouvez trouver tout un ensemble d’informations sur le site de la faculté, venir aux journées portes ouvertes que nous organisons le samedi 15 février, consulter notre nouvelle brochure au format flip book, nous poser des questions par mail à l’adresse ufr.sceco(at)univ-poitiers.fr.

Notre objectif n’est pas de vendre à tout prix nos formations, mais d’améliorer le niveau d’information des lycéens, qui ont, pour tout un ensemble de raisons, une image particulièrement dégradée de l’Université, histoire qu’ils fassent ensuite des choix mieux éclairés.

Pour notre part, nous sommes une petite composante de l’Université (environ 400 étudiants tous niveaux confondus dont un peu plus de 100 en L1, 130 cette année), dont le public cible est composé des bacheliers ES et des bacheliers S. Le taux de réussite des bacheliers de ces filières qui se présentent à l’ensemble des examens est de 75 à 80% en L1. Celui des bacs techno (une dizaine en L1) est beaucoup plus faible (15% les bonnes années), celui des bacs pro (1 ou 2 étudiants) est nul. La taille des promos, le fait que plus de la moitié des enseignements se fassent par groupe de 20 à 30 étudiants, les systèmes d’enseignants-référents (chaque étudiant se voit affecter un enseignant-référent en L1), de cours de soutien, de tutorat, le travail de nos associations étudiantes, etc… permettent d’accompagner efficacement nos étudiants, on est loin de l’image d’amphis bondés où chacun se sent perdu.

A ceux qui pensent que l’Université est le recours ultime offert aux lycéens recalés de toutes les filières sélectives, je signale que cette année, sur environ 110 lycéens de notre publics cible (bacs ES et S), nous accueillons une dizaine de bacheliers mention Très Bien, une vingtaine de bacheliers mention Bien et une trentaine de bacheliers mention Assez Bien, soit plus de la moitié de nos effectifs.

Notre offre s’adresse à des lycéens qui ont vocation à effectuer des études longues, de niveau bac+5. Comme indiqué dans ce billet, ce niveau de sortie protège efficacement contre le risque de chômage, comme les études courtes de type BTS, DUT et licence pro, mais, à la différence de ces dernières formations, il permet d’obtenir rapidement des emplois à plus forte responsabilité et mieux rémunérés.

Notre offre de formation est très simple : elle se compose d’une licence généraliste et de deux masters, l’un orienté vers les métiers de la banque, l’autre vers les métiers à l’international.

S’agissant de la licence, nous proposons :

  • une licence d’économie généraliste au cours de laquelle on développe des compétences en matière de collecte et de traitement des données, d’analyse et d’interprétation des résultats, de mise en perspective et d’élaboration de préconisations. Des compétences génériques indispensables ensuite, quel que soit le domaine professionnel que l’on vise,
  • les étudiants qui le souhaitent peuvent suivre en outre un parcours « enjeux internationaux », composé chaque semestre d’un enseignement de géopolitique et d’un enseignement de langue dite rare (chinois, russe ou portugais), en grand débutant où dans la continuité d’un apprentissage déjà commencé au lycée, l’objectif étant qu’ils atteignent un niveau seuil en L3 pour aller en séjour en Chine, en Russie ou au Brésil,
  • des possibilités de stage courts entre la L1 et la L2 ou entre la L2 et la L3, et la possibilité d’un stage long (un semestre) en L3, remplaçant l’ensemble des enseignements,
  • des possibilités de séjour à l’étranger en L3, soit un semestre, soit l’année entière. Vous trouverez ici la carte de nos partenariats, avec des éléments d’information pour chacun d’eux. Les étudiants qui le souhaitent peuvent cumuler en L3 un semestre dans une université étrangère et un semestre de stage.

Après la licence, très logiquement, certains de nos étudiants vont suivre des masters dans d’autres régions françaises, principalement dans les grandes villes (Bordeaux, Paris, Nantes, Toulouse, …) : le recrutement des universités françaises en licence est très massivement régional, les étudiants, qui ont grandi en Poitou-Charentes, été au lycée en Poitou-Charentes, puis en licence, ont envie d’aller voir ailleurs. Une autre partie poursuit dans des Institut d’Administration des Entreprises, qui proposent partout en France, y compris à Poitiers, un grand nombre de Masters.

Une autre partie continue dans l’un de nos deux Masters :

  • Le Master « Gestion de Patrimoine », ouvert à l’alternance depuis cette année, débouche sur des métiers de conseiller en clientèle dans les banques. Une enquête menée auprès de nos dix dernières promotions montre que 98% des diplômés trouvent un emploi en moins d’un an ; la rémunération annuelle nette mensuelle hors prime tourne autour de 2500€,
  • Le Master « Globalisation et Stratégies des Firmes », ouvert très récemment en partenariat avec France Business School (FBS), est orienté à l’international. En M1, les étudiants partent de nouveau un semestre à l’étranger dans une université partenaire, puis en stage en France ou à l’étranger en M2. Certains étudiants peuvent suivre un double diplôme Master de l’Université / MBA de France Business School.

Autant que faire se peut, les enseignements que nous dispensons s’appuient sur l’actualité la plus récente. A titre d’illustration, lors de ma prochaine séquence de cours de macroéconomie en L2, je vais échanger avec les étudiants sur le plan de réduction des charges proposé par François Hollande. Je m’appuierai sur les trois analyses d’Alexandre Delaigue, de Paul Krugman et de Xavier Timbeau, histoire d’introduire progressivement les effets multiplicateurs (puis plus tard les modèles IS/LM, WS/PS et OG/DG, désolé pour le jargon). Encore une fois, l’objectif n’est pas seulement de faire passer des connaissances en économie (peu de nos étudiants finiront macroéconomistes), il s’agit aussi de développer des compétences en matière de capacité d’analyse, utiles ensuite pour bien réussir en master et bien s’insérer dans le monde professionnel, comme en attestent nos taux d’insertion et la qualité des emplois occupés.

22% de pauvres à Poitiers

Rue89 a publié un article sur la pauvreté dans les 100 plus grandes villes françaises, suite à l’étude de Compas disponible ici. Le taux de pauvreté est défini comme la part dans la population des ménages disposant d’un revenu, après versement des prestations sociales, de 60% du revenu médian. Pour un ménage composé d’une personne seule, ceci correspond à une somme de 954€ par mois.

Ce taux oscille de 7% à Neuilly-sur-Seine à 46% à Roubaix, avec une moyenne France entière de 15%. De manière générale, les plus grandes villes connaissent des taux de pauvreté plus importants, pour des raisons bien expliquées dans l’article et l’étude.

Centre Presse m’a demandé de réagir sur le taux observé pour Poitiers, qui est de 22%, sensiblement plus fort que la moyenne France entière. Taux qui m’a surpris au départ, mais après réflexion, on trouve plusieurs éléments explicatifs :

  • Poitiers est une ville dont la population étudiante pèse beaucoup dans l’ensemble de la population, il s’agit même de la ville française dont le ratio étudiants/population est le plus élevé. Certes, tous ne résident pas sur Poitiers, mais ils sont nombreux à y être logés,
  • Ce n’est pas la seule dans ce cas cependant : Dijon, de taille comparable, présente également un ratio élevé. Pourtant, le taux de Pauvreté y est beaucoup plus faible (13%). Comment expliquer cet écart entre Poitiers et Dijon?
  • Première possibilité : la dynamique économique (chômage plus faible, croissance plus forte) et la structure des activités économiques (plusd’emplois à faible rémunération),
  • Deuxième possibilité : l’étude a calculé des taux de pauvreté sur les villes, non pas sur les agglomérations. Or, sur Dijon, le taux de pauvreté est plutôt faible car les logements sociaux sont majoritairement localisés dans les communes alentours. Sur Poitiers, nous sommes dans la configuration inverse : les logements sociaux sont majoritairement situés dans la ville centre, non pas dans les communes alentours comme Saint-Benoît, Buxerolles ou Mignaloux.

Sur ce dernier point, un travail réalisé par la Communauté d’Agglomération de Poitiers est plutôt éclairant, j’en reprends une des cartes les mieux adaptées au sujet (page 34) :

Les personnes disposant de contrats précaires sont localisés dans la ville centre, elles sont même fortement concentrés dans quelques quartiers.

Autre point important : être pauvre à Poitiers ou dans des villes plus grandes (Paris, Bordeaux, Marseille, …), ce n’est pas la même chose. Prenons le cas d’une personne seule disposant d’un revenu de 900€ à Poitiers, comparé au cas d’une personne percevant le même revenu mais localisée sur Paris. Compte-tenu du fonctionnement du marché du logement, il est clair que le coût pour se loger ne sera pas le même. Que la localisation de la personne pauvre sur Paris risque de la reléguer en périphérie lointaine ce qui va peser sur leur budget transport, etc. En complément, l’article évoque des prolongements intéressants, en étudiant par exemple le lien entre pauvreté monétaire et pauvreté ressentie.

Attractivité et rayonnement des villes universitaires

Je vous rappelle que Grand Poitiers et l’AVUF (Association des Villes Universitaires de France) organisent au Théâtre Auditorium de Poitiers (TAP), le vendredi 23 mars 2012, un colloque national sur l’attractivité et le rayonnement des villes universitaires. Toutes les informations sont ici. Propos politiquement incorrects garantis.

Attractivité et rayonnement des villes universitaires

Grand Poitiers et l’AVUF (Association des Villes Universitaires de France) organisent au Théâtre Auditorium de Poitiers (TAP), le vendredi 23 mars 2012, un colloque national sur l’attractivité et le rayonnement des villes universitaires.

J’interviendrai le matin, avec Christophe Demazière, entre 9h45 et 10h30. Michel Grossetti interviendra de 12h00 à 12h45.

Toutes les informations pour cette journée sont ici.