Décentralisation, réforme territoriale, tout ça, tout ça…

logo-federation-de-recherche-territoires-universite-de-Poitiers-300x212La Fédération de Recherche « Territoires » de l’Université de Poitiers organise un Symposium intitulé « Décentralisation : recompositions des pouvoirs, des institutions et des politiques publiques », les 3, 4 et 5 décembre 2014, sur Poitiers.

Le programme est particulièrement alléchant, je trouve (pour côtoyer régulièrement les organisateurs, je peux vous dire qu’ils n’ont pas fait ça comme on redessinerait la carte des régions de France, sur un coin de table, un lundi soir…)

Vous pourrez y écouter des juristes, économistes, géographes, …, spécialistes du sujet, l’objectif étant non seulement d’entendre ce que chacun a à dire mais aussi de susciter le débat.

Vous trouverez sur ce site toutes les informations utiles, l’inscription est libre mais obligatoire. Présence indispensable, ai-je envie d’ajouter.

Ma thèse en 180 secondes

Ma thèse en 180 secondes est un concours d’éloquence où de jeunes chercheurs doivent présenter leur sujet de recherche de façon claire en seulement 3 minutes devant un jury de chercheurs, industriels et journalistes. La finale régionale Centre/Poitou-Charentes s’est déroulée jeudi dernier à l’espace Mendès-France, vous en trouverez un compte-rendu ici. Les vidéos des 16 finalistes sont disponibles ici, vous pouvez ensuite voter ici et participer ainsi au prix du public.

Bastien Bernela défendait les couleurs de la Faculté de Sciences Economiques de Poitiers, ce qu’il a fait avec talent puisqu’il termine deuxième de la finale régionale et premier doctorant poitevin. Je vous laisse découvrir la vidéo de son intervention ci-dessous.

Gaia Universitas avait expliqué que certains grinçaient des dents face à ce type d’initiative, notamment Guy Birenbaum dans cette chronique, qui demande à ce que l’on continue à donner du temps aux chercheurs.

J’ai du mal à comprendre la critique de ce dernier : « ma thèse en 180 secondes » n’est pas la nouvelle version des soutenances de thèse, c’est un autre exercice permettant de faire connaître à un public plus large ce que font de jeunes chercheurs. Si, par ce moyen, un nombre plus grand de personnes est sensibilisé à l’intérêt de la recherche, et si des vocations naissent parmi les étudiants, on ne peut qu’applaudir.

Enseignant, que penses-tu de l’échec de tes élèves?

Reportage intéressant vu hier dans le cadre du journal de France 2, ce qui est plutôt rare. Les deux choses, je veux dire : que je regarde un JT sur France 2, d’une part, que j’y vois un reportage intéressant, d’autre part.

Bon, il faut dire qu’il s’agissait d’un reportage sur les résultats des travaux de deux chercheurs poitevins, Jean-Claude Croizet et Frédérique Autin, membres du CeRCA, laboratoire de psychologie cognitive. Le résultat de leur étude est simple et puissant, je trouve : l’échec est une étape normale du processus d’apprentissage, apprendre prend du temps et nécessite d’avoir des difficultés, si on explique cela aux enfants, autrement dit si on banalise l’échec, leurs résultats s’en trouvent améliorés. Pas sûr que ce genre de résultat soit intégré par les enseignants, quel que soit le niveau d’étude, d’ailleurs…

Dans le reportage, Jean-Claude Croizet développe avec pas mal d’humour, en prenant l’exemple de l’apprentissage du vélo, qui se fait hors cadre scolaire : lorsqu’on apprend à son enfant à faire du vélo, on est tolérant, on ne s’inquiète pas de l’échec, on le considère comme normal, on ne compare pas la vitesse d’apprentissage de son enfant par rapport à celle des autres, etc. Résultat? Tous les enfant apprennent avec succès à faire du vélo. Gageons que si l’apprentissage du vélo se faisait à l’école pas mal d’enfants ne sauraient jamais en faire…

L’article scientifique est disponible ici, je vous mets le résumé ci-dessous. Voir aussi cet article du Figaro qui a inspiré le reportage de France 2, ou encore cet article du Huffington Post, toujours sur la même expérience (merci à Jean-Claude Croizet pour tous ces éléments).

Résumé :

Working memory capacity, our ability to manage incoming information for processing purposes, predicts achievement on a wide range of intellectual abilities. Three randomized experiments (N = 310) tested the effectiveness of a brief psychological intervention designed to boost working memory efficiency (i.e., state working memory capacity) by alleviating concerns about incompetence subtly generated by demanding tasks. Sixth graders either received or did not receive a prior 10-min intervention designed to reframe metacognitive interpretation of difficulty as indicative of learning rather than of self- limitation. The intervention improved children’s working memory span and reading comprehension and also reduced the accessibility of self-related thoughts of incompetence. These findings demonstrate that constructing a psychologically safe environment through reframing metacognitive interpretation of subjective difficulty can allow children to express their full cognitive potential.