L’Allemagne a du mal à reproduire « le modèle allemand »…

Document intéressant de Jacqueline Hénard, mis en ligne par La Fabrique de l’Industrie (Think Tank créé il y a quelques temps par Louis Gallois), intitulé « L’Allemagne : un modèle, mais pour qui? ». Il ne s’agit pas d’une nouvelle analyse, mais d’une synthèse de travaux récents, avec des sources côté français et côté allemand. Neuf chapitres courts, bien documentés.

Jacqueline Hénard rappelle notamment qu’il y a un peu plus de dix ans, l’Allemagne était considérée comme « l’homme malade de l’Europe »… Qu’il n’y a pas de « modèle allemand », mais des réussites à l’échelle des Lander et des entreprises plus qu’à l’échelle du pays dans son ensemble. Que s’il y a un pays qui a du mal à reproduire le prétendu modèle allemand, c’est… l’Allemagne (dans l’ex-RDA). Que les caractéristiques du système économique allemand s’inscrivent dans l’histoire longue, parfois très longue pour certaines d’entre elles.

Conclusion forte, à laquelle je souscris totalement : quoique l’on pense de l’Allemagne, ce pays n’a pas procédé par imitation d’un modèle quelconque, mais plutôt par analyse de ses forces/faiblesses intrinsèques et mise en oeuvre ensuite de politiques jugées adaptées par les différents gouvernements.

Synthèse pas inutile, donc. Si on veut monter en généralité, on pourrait dire que ce document illustre l’intérêt des analyses en termes de diversité des capitalismes, qui rend stérile toute démarche procédant par tentative d’identification puis de reproduction d’un modèle prétendument supérieur. Il invite plutôt à un travail d’introspection ou, dit autrement, de prise en compte du contexte dans lequel s’inscrit le pays dont on souhaite la transformation : quels sont nos atouts? nos faiblesses? quelles solutions peut-on mettre en oeuvre? Quel est le coût économique ou social de ces solutions? etc.