Note CAE de P. Askenazy et P. Martin : les bras m’en tombent…

brasLes économistes me font peur lorsque, sur la base des résultats de quelques articles économétriques, ils en tirent des implications excessives et préconisent des mesures de politique publique contestables. C’est ce que viennent de faire Philippe Askenazy et Philippe Martin dans la note n°20 de février 2015 du Conseil d’Analyse Economique, note intitulée de manière coquasse « Promouvoir l’égalité des chances à travers le territoire ».

Je vous le fais court : la nouvelle économie géographique montre qu’il existe des effets d’agglomération, doubler la densité d’emploi permettrait de gagner de 2 à 10% en termes de productivité. Il faut donc arrêter de vouloir que l’activité économique soit répartie sur le territoire, mais plutôt mettre le paquet sur Paris et éventuellement quelques autres métropoles pour assurer la croissance de la France. Le problème est que ces métropoles souffrent d’effets de congestion conduisant notamment à un foncier trop cher. Il faut donc arrêter de construire des LGV entre les villes ou autres choses du même acabit et investir massivement dans les métropoles pour éviter ces effets de congestion.

Quid des autres territoires ? Pas de problème : en concentrant massivement dans quelques métropoles, je vous dis pas comment on va faire de la croissance, ce qui permettra de solvabiliser les transferts sociaux. On redonnera un peu de sous aux pauvres hors métropoles, quoi. Et puis quand même, pour « promouvoir l’égalité des chances », il faut faire des choses pour que les pauvres hors métropoles puissent s’y rendre et occuper des emplois, en développant notamment des lignes d’autocars et en mettant de la concurrence dans le secteur des auto-écoles.

Les bras m’en sont tombés…

Qu’est-ce qui ne va pas dans leur raisonnement, me direz-vous ? Beaucoup de choses, je fais court, là aussi.

La première partie de leur argumentation reprend très largement les analyses de Davezies, dont nous avons montré ailleurs qu’elles souffrent de nombreuses faiblesses. Les auteurs font « comme si » le PIB par habitant était un bon indicateur de la productivité des régions, reprennent le graphique de Davezies et Pech (2014) en nuançant leur conclusion (ils ne parlent pas de creusement des disparités mais de « l’arrêt de la convergence des PIB par habitant régionaux ») et proposent une histoire longue de la géographie productive.

Le problème est que le PIB par habitant, à l’échelle des régions, est un très mauvais indicateur de productivité. Il dépend certes en partie de la productivité apparente du travail, mais aussi des taux d’emploi, des taux d’activité, de la proportion de travailleurs transfrontaliers ou interrégionaux, des comportements de mobilité, etc. A titre d’illustration, une bonne part de l’écart entre le PIB par habitant de l’Ile-de-France et celui des autres régions tient au fait que les actifs d’Ile-de-France passent leur retraite hors de la région capitale ; une autre part s’explique par le fait que les PIB régionaux sont régionalisés sur la base des masses salariales et que Paris concentre certaines activités à très haut revenu (cadres de la banque et de la finance, cadres des états-majors des grands groupes, artistes, …). Autres exemples, si la Lorraine a un PIB par habitant inférieur à la moyenne, c’est pour une bonne part en raison du poids des travailleurs transfrontaliers ; en Languedoc-Roussillon, c’est notamment en raison du taux de chômage plus élevé qu’ailleurs.  Occulter ces autres déterminants biaise considérablement l’analyse. Les intégrer permet de montrer que, à l’échelle des régions, les écarts de productivité intrinsèque sont statistiquement non significatifs.

La deuxième partie, essentielle pour leur propos puisque c’est d’elle qu’ils tirent l’impérieuse nécessité de tout concentrer dans quelques métropoles, présente les résultats de quelques études empiriques s’inscrivant dans le cadre de la nouvelle économie géographique, études qui mobilisent des données françaises et européennes. Les travaux cités montrent, comme je l’ai dit, l’existence d’effets d’agglomération statistiquement significatifs : il conviendrait de doubler la densité d’emploi pour gagner de 2 à 10% en termes de productivité ou de salaire.

Sauf que si les effets sont significatifs, leur ampleur peut être considérée comme relativement faible. Doubler la densité d’un territoire correspond à une transformation non négligeable de la géographie des activités, ceci pour un gain en terme de productivité relativement modeste. Investir dans la formation des personnes semble une option stratégique beaucoup mieux adaptée.

Sauf que, ensuite, ce que nous disent ces travaux, c’est que oui, il existe des déterminants économiques qui expliquent en partie le fait urbain (il existe bien d’autres déterminants, soit dit en passant, qui expliquent la géographie française…). Mais entre dire « il existe des villes et elles procurent certains avantages économiques aux entreprises qui y sont localisées » et « Paris est l’horizon indépassable de la croissance économique française », vous avouerez qu’il y a un grand pas que je ne préfère pas franchir…

Il y a un autre point particulièrement problématique dans leur argumentation. Ils expliquent dès le premier paragraphe l’importance de distinguer deux échelles d’analyse : une échelle fine, entre et au sein des communes, où l’on observe des inégalités de revenu croissantes, et une échelle macro-territoriale (région, département, aire urbaine), entre lesquelles les inégalités de revenu sont décroissantes. C’est cette dernière qui constituerait l’échelle pertinente pour penser la croissance, c’est donc elle qu’ils retiennent dans leur analyse. Ils pensent ensuite démontrer l’intérêt d’une forte concentration de l’activité économique dans les métropoles, mais à aucun moment n’est posée la question du lien entre concentration géographique de l’activité et évolution des inégalités de revenu au sein de ces agglomérations.

Il me semble pourtant que c’est au sein de grandes métropoles, à commencer par Paris, que l’on observe quelques menus problèmes d’inégalités de revenu, de ségrégation spatiale et autres joyeusetés… Qu’à cela ne tienne : « les questions relatives aux ségrégations urbaines (…) sont renvoyées à des travaux ultérieurs » (sic). Bref, on concentre tout sur Paris et quelques métropoles, on investit pour y éliminer les effets de congestion, on redonne des sous aux pauvres qui ne sont pas dans les métropoles, on leur fait passer le permis ou on les fait monter dans des autocars. Si jamais tout ça accentue les problèmes de ségrégation urbaine et d’inégalités de revenu au sein des métropoles, eh bien… on verra plus tard ! (C’est là que mon premier bras est tombé…).

Le plus curieux, dans l’histoire, c’est que même si l’analyse générale proposée souffre de très sérieuses limites, certaines des recommandations me semblent intéressantes. Sans doute du fait qu’elles sont compatibles avec d’autres schémas d’analyse de la géographie des activités. La recommandation 1, qui propose de réorienter la politique du logement sur les zones en tension (zones très denses) semble ainsi tout à fait recevable. En passant, c’est déjà en partie le cas : la Caisse des Dépôts et Consignation collecte l’épargne sur livret partout en France et investit dans le logement social sur les territoires en tension, l’épargne du Cantal et de la Lozère finance ainsi l’investissement dans le logement social de Seine-Saint-Denis, et c’est très bien. La recommandation 2, qui préconise de réduire les effets de congestion dans les grandes villes, est également tout à fait louable, c’est un problème évident des zones densément peuplées. Mais, j’insiste, proposer de régler ce problème peut se faire sans considérer que la croissance doit passer exclusivement par les métropoles. Une idée à la mode n’est pas nécessairement une bonne idée, c’est même parfois une très mauvaise idée…

Pour finir, je signale à tous ceux qui sont obsédés par cette idée qu’il faut concentrer, tout concentrer, encore plus concentrer géographiquement, que de nombreux pays de niveau de développement comparable à la France (Allemagne, pays du Nord de l’Europe, Espagne, Italie, …) présentent des structures urbaines moins déséquilibrées que la structure française, qui comme le Royaume-Uni, se caractérise par une hypertrophie de la région capitale. C’est le produit d’une histoire longue propre à chaque pays, mais c’est le signe aussi que la géographie de la croissance peut prendre une diversité de forme. Croire que la seule solution pour faire de la croissance en France consiste à renforcer encore l’hypertrophie francilienne est particulièrement désolant et non fondé scientifiquement.

Economie de la Grande Aquitaine

Alain Rousset, Président du Conseil Régional d’Aquitaine et Président de l’Association des Régions de France, m’a invité à participer à une séance plénière exceptionnelle du 26 janvier 2015, de 10h à 13h, aux côtés de Pierre Delfaud, économiste bordelais et membre du CESER d’Aquitaine, l’objectif étant que nous présentions les caractéristiques socio-économiques de cette nouvelle région, que je baptise provisoirement Grande Aquitaine. Vous pourrez la suivre en direct ici, mais je ne résiste pas, fidèles lecteurs, à l’envie de vous livrer quelques éléments que je présenterai lundi.

Je commencerai par un petit point rapide pour dire tout le mal que je pense du discours pro-métropolisation, preuves empiriques à l’appui, sur la base des travaux que je réalise avec Michel Grossetti sur le sujet. Pour ceux (rares, j’imagine) qui n’en auraient pas encore entendu parler, vous pouvez en avoir une idée en consultant le texte version longue, version courte, ou une vidéo, version longue, version courte (Texte long | Texte court | vidéo Xerfi-Canal (7’) | vidéo UpTV (40’)).

Je continuerai en développant les deux points ci-dessous.

LE PIB par habitant se décompose…

Je vous ai déjà expliqué que le PIB par habitant est un très mauvais indicateur de la performance des régions, car tous les habitants (dénominateur de l’indicateur) ne participent pas à la production des richesses (numérateur de l’indicateur). Pour se rapprocher de quelque chose de plus satisfaisant, il suffit de décomposer statistiquement le PIB par habitant, qui est égal au produit de la productivité apparente du travail (PIB par emploi) et du ratio Emploi sur Habitant. Appliqué à l’Ile-de-France, on constate que la surproductivité apparente francilienne mesurée par le PIB par habitant, d’environ 60%, tombe à 30%, les autres 30% s’expliquant par un ratio Emploi sur Habitant très élevé de la région capitale, une des explications tenant au fait que les actifs, une fois à la retraite, vont passer leurs vieux jours dans d’autres régions.

Afin d’avancer dans l’analyse, on peut cependant approfondir la décomposition, selon le schéma suivant :

pib_hCôté productivité apparente du travail, trois effets peuvent expliquer une sur/sous-productivité : i) un effet de composition, certains secteurs plus/moins productifs étant localisés dans telle ou telle région, en raison de processus historiques de spécialisation, ii) un effet haut revenu, qui concerne en France l’Ile-de-France, lié à la concentration dans la région capitale de l’Etat major des grandes entreprises, du secteur de la finance, des hauts cadres de la fonction publique, iii) une effet intrinsèque, résiduel en quelque sorte, qui, compte-tenu de tous les calculs que j’ai pu effectuer est un effet nul à l’échelle des régions françaises.

Côté ratio emploi par habitant, il est le produit de quatre termes :

  • la concentration de l’emploi, rapport des emplois occupés localisés dans une région donnée et du nombre d’actifs occupés résidant cette même région. Il mesure en quelques sortes l’attractivité de la région considérée : un ratio faible signifie que beaucoup des actifs occupés résidant dans une région travaillent en dehors de cette région,
  • le taux d’emploi, rapport des actifs occupés à l’ensemble des actifs (actifs occupés + chômeurs, donc). C’est le complément à 1 du taux de chômage. Une valeur élevée signifie que le taux de chômage de la région est plus faible qu’ailleurs,
  • le taux d’activité, rapport du nombre d’actifs à la population en âge de travailler (l’ensemble des 15-64 ans). Un ratio faible peut signifier plusieurs choses : des jeunes (15-24 ans) plus souvent en étude qu’ailleurs, des seniors (50-64 ans) plus rapidement à la retraite, plus d’inactifs,
  • un ratio population en âge de travailler sur population totale, qui capture plusieurs effets démographiques se traduisant par plus ou moins de jeunes (0-15 ans) et/ou plus ou moins de « vieux » (64 ans et plus). Pour l’Ile-de-France, ce ratio va être plus faible qu’en moyenne puisque les « vieux » vont à la retraite ailleurs.

J’ai procédé à cette décomposition pour les trois régions Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes, en rapportant les valeurs à la moyenne des régions de province, toutes les données sont de 2011. Voilà ce que l’on obtient :

Aquitaine Limousin Poitou-Charentes
PIB par habitant (1) 2.3 -13.8 -6.8
Productivité du travail (2) -0.3 -15.2 -7.2
Emploi par habitant (3) 2.5 1.4 0.5
Concentration de l’emploi (4) 2.1 3.8 2.0
Taux d’emploi (5) 0.6 1.8 0.4
Taux d’activité (6) 0.3 -1.0 0.4
Effets démographiques (7) -0.6 -3.2 -2.5

Sans entrer dans des détails techniques, je précise que pour faciliter la lecture et rendre les effets additifs, je suis passé en logarithme. Dès lors, on peut lire le tableau comme suit : le PIB par habitant (ligne 1) de l’Aquitaine est supérieur de 2,3% au PIB par habitant des régions de province. Cette valeur est la somme d’un effet négatif « suproductivité apparente du travail » de -0,3% (ligne 2) et d’un effet positif du ratio emploi sur habitant de 2,5% (ligne 3). La ligne 3 est elle-même la somme des quatre effets définis plus haut (lignes 4 à 7).

Quelques commentaires :

  • le Limousin et le Poitou-Charentes ont un PIB par habitant très inférieur à la moyenne des régions de province, ce qui s’explique très largement par une productivité apparente du travail plus faible. Les compléments auxquels je me suis livré, non présentés ici, montrent que ceci est lié à des effets de composition, non pas à des effets de sous-productivité intrinsèque, qui, j’insiste, sont particulièrement faibles (non statistiquement significatifs) à l’échelle des régions françaises,
  • les trois régions ont des taux de chômage inférieurs à la moyenne, l’effet le plus fort étant observé pour le Limousin. Rappelons cependant qu’un même taux de chômage peut caractériser un territoire très dynamique (beaucoup de création et de destruction d’emplois) ou très peu dynamique (peu d’actifs, peu de créations/destructions d’emploi). Pour le Limousin, on est sans doute dans la deuxième configuration, les jeunes actifs à la recherche d’un emploi prospectant hors région,
  • les effets démographiques jouent négativement pour les trois régions, on peut y voir le jeu de l’économie résidentielle, ce sont trois régions qui attirent des retraités et font baisser leur ratio population en âge de travailler sur population totale,
  • la concentration de l’emploi est plutôt forte relativement aux autres régions de province. En regardant de plus près, c’est lié au fait qu’il y a moins de travailleurs « trans-régionaux » (qui résident dans une région et travaillent dans une autre) que la moyenne des régions de province, la plupart des actifs occupés de ces trois régions travaillent dans leur région de résidence. Résultat à creuser cependant,
  • Le Limousin se caractérise par un taux d’activité plus faible, signe peut-être d’une part plus importante d’adultes inactifs, c’est cependant, là aussi, à vérifier.

.A ma connaissance, très peu de régions (aucune?) se livrent à ce type de décomposition, très simple à mettre en oeuvre, qui permettent de sortir de la « dictature » du PIB par habitant et d’identifier rapidement le jeu d’effets de productivité, de spécialisation et d’effets socio-économiques et/ou démographiques. A bon entendeur…

Les secteurs spécifiques de la Grande Aquitaine

Dans un deuxième temps, je présenterai les secteurs spécifiques de la nouvelle grande région, autrement dit les secteurs dont le poids dans la région est sensiblement supérieur au poids observé France entière. Par exemple, si le poids d’un secteur est de 3% dans la Grande Aquitaine et de 1,5% France entière, l’indicateur de spécificité (noté Q) sera égal à 2 (3%/1,5%), le poids en région est le double de celui observé France entière.

J’ai ensuite distingué deux types de secteurs spécifiques :

  • les secteurs spécifiques pour la Grande Aquitaine qui sont également spécifiques pour les trois régions qui la composent, ce sont des secteurs spécifiques communs,
  • les secteurs spécifiques pour la Grande Aquitaine qui ne sont spécifiques que pour une ou deux des régions qui la composent.

Les données mobilisées sont des données Insee 2011, avec un découpage en A88 (86 secteurs d’activités). Voici les principaux résultats :

  • on identifie 4 secteurs très spécifiques (Q>1,5) communs aux tros régions : le travail du bois, l’industrie du papier/carton, les autres industries extractives (les carrières en gros) et le cuir/chaussure. Les deux premiers pèsent assez fort dans les emplois (15 000 emplois pour le bois, 10 000 pour le papier/carton),
  • 7 secteurs très spécifiques sont non communs aux trois régions : certains pèsent très peu comme l’extraction d’hydrocarbures (sur Pau essentiellement, en fait) avec moins de 600 emplois, d’autres pèsent plus, comme l’industrie des boissons, présente en Aquitaine et Poitou-Charentes avec plus de 5 000 emplois mais pas en Limousin, ou la fabrication d’autres matériels de transport (aéronautique, ferrovaire, naval), avec près de 20 000 emplois, en Aquitaine et Poitou-Charentes là encore. On y trouve aussi la sylviculture, en Aquitaine et Limousin (plus de 3 000 emplois), pas en Poitou-Charentes, cette fois.

Globalement, on voit ressortir des activités autour de la grande filière sylviculture, bois, papier/carton, meubles ; une autre grande filière viti-vinicole ou plus généralement tournant autour de l’agro-alimentaire (agriculture, pêche, industrie alimentaire, boissons, …) et l’industrie des autres matériels de transport.

J’ai enfin produit quelques cartes (avec PhilCarto, logiciel libre très bien fait je trouve, conçu par Phillipe Wanier, géographe de l’Université de Bordeaux) pour repérer la géographie plus fine de ces secteurs spécifiques, à l’échelle des zones d’emplois (plus de 300 en France métropolitaine. Je prends deux exemples ci-dessous, l’industrie du bois et les autres matériels de transport.

boisVous pouvez lire sur la gauche les effectifs totaux, les indices de spécificités (multipliés par 100, au niveau de la Grande Aquitaine, ce secteur pèse 2,62 fois plus que France entière) et un indice de concentration spatiale, en l’occurrence égal à 18. J’ai en fait calculé l’inverse de l’indice d’Herfindahl, qui se lit comme suit : étant donné que la Grande Aquitaine compte 33 zones d’emploi, cet indicateur signifie que tout se passe comme si l’industrie du bois était équitablement réparti dans 18 de ces 33 zones, signe d’un secteur assez dispersé géographiquement.

transportLe secteur des autres matériels de transport est plus concentré (indicateur de 6), on le retrouve sur Bordeaux, Rochefort/La Rochelle, Bayonne, Pau, …, très peu en Limousin.

Je conclurai en préconisant des analyses plus précises de ces secteurs (quelles entreprises, quelles relations entre elles, quels positionnements stratégiques, etc…) afin d’identifier les problématiques spécifiques que l’on peut identifier sur tel ou tel territoire. Ce qui constitue le préalable nécessaire à d’éventuelles actions publiques, qui ne doivent pas se limiter à la mise en oeuvre de politiques à la mode, toujours décalées par rapport à la réalité de l’économie des territoires français…

Symposium Décentralisation : Saison 1, épisode 1 à 15

Comme indiqué précédemment, La Fédération de Recherche « Territoires » de l’Université de Poitiers a organisé un Symposium intitulé « Décentralisation : recompositions des pouvoirs, des institutions et des politiques publiques », les 3, 4 et 5 décembre 2014 derniers, sur Poitiers.

L’ensemble des 15 conférences a été filmé par i-médias, service commun informatique et multimédia de l’Université de Poitiers. Vous pouvez y accéder en cliquant sur ce lien. J’ai assisté à la plupart d’entre elles, beaucoup de choses très intéressantes. En bonus, vous pouvez également visionner les vidéos de micro-trottoirs réalisées par des étudiants du site poitevin de Sciences Po Paris. Comme ici on est chez moi, je dépose ci-dessous la vidéo de mon intervention.

Compte-tenu de la réussite de l’événement, la saison 2 est annoncée. Seul bémol sur la saison 1 : l’absence quasi-totale d’élus dans l’assistance. Vu les personnes invitées, des spécialistes reconnus des questions de décentralisation appartenant à différents champs disciplinaires, je trouve que c’est dommage. Bon, en même temps, c’est bien connu, les élus savent déjà tout, c’est pour cela que leurs actions sont toujours tellement éclairées…

Territoires : une France coupée en deux ?

« Territoires : une France coupée en deux ? » C’est le titre d’un dossier du numéro de décembre 2014 d’Alternatives Economiques, accessible ici (€) ou en kiosque (p. 34-37).

Y sont présentées les thèses de Laurent Davezies et Thierry Pech, d’une part, et celles de Christophe Guilluy, d’autre part. Ainsi que les critiques de ces deux  thèses : la critique que Michel Grossetti et moi-même avons adressée au travail de Davezies/Pech ; la critique d’Eric Charmes et celle de Violaine Girard, adressées aux travaux de Guilluy.

Dossier très bien fait, je trouve, signé de Vincent Grimault et Xavier Molénat, qui conclut à l’importance de ce débat « si on veut éviter d’aggraver les difficultés du pays au lieu de les réduire à l’occasion de la réforme territoriale ».

Interview pour la Tribune : la fausse promesse économique des métropoles

Jean-Pierre Gonguet, journaliste à La Tribune, m’a interrogé longuement mardi dernier après avoir lu le texte co-écrit avec Michel Grossetti. Il vient de poster sur le site du journal l’article qu’il en a tiré. Vous y découvrirez quelques éléments empiriques complémentaires sur « l’effet Piketty », sur lequel nous commençons à travailler pour préciser certaines choses. Cliquez ici pour lire l’article.

Interview Xerfi Canal

Dans le cadre des journées de l’économie, en amont de ma participation à la table ronde sur la gouvernance économique des territoires, Xerfi Canal m’a interviewé quelques minutes autour de la question « quelle politique économique pour les territoires ? ». La vidéo vient d’être mise en ligne, vous pouvez la visionner ici.

L’avantage économique apparent des métropoles : un problème de méthode de calcul ?

Lors de la diffusion de notre texte « Les métropoles, horizon indépassable de la croissance économique? », je vous avais promis une version courte du texte car on sait bien que certains de nos lecteurs sont un brin fainéants votre temps est précieux.

Voilà qui est fait. La version courte est disponible sur le site du Labex « Structuration des Mondes Sociaux » (Labex SMS), plus précisément sur le site « Question de méthode » rassemblant des textes de réflexion méthodologique. Cliquez ici pour y accéder. N’hésitez pas à regarder également les autres textes. Et à nous faire part de tout commentaire, ici ou là-bas.

La gouvernance économique des territoires

Retour des Journées de l’économie sur Lyon, où j’ai notamment participé à une table ronde animée par Isabelle Laudier, intitulée « La gouvernance économique des territoires ». Table ronde filmée, voici la vidéo, j’interviens après 4’30 pendant une dizaine de minutes, interviennent ensuite Nadine Levratto, Denis Carré puis Olivier Crépin. S’ensuit un jeu de questions/réponses d’une quarantaine de minutes.


La gouvernance economique des territoires par journeeseconomie

Je suis également intervenu dans le cadre des Etats généraux étudiants, une vidéo devrait prochainement être disponible, je la poste lorsque c’est le cas.

De nombreuses conférences ont été filmées, je vous invite à aller jeter un oeil sur celles d’ores et déjà disponibles.

Les journées de l’économie

JECOLa semaine prochaine, du jeudi 13 au samedi 14 novembre, ce sont les Journées de l’économie 2014, sur Lyon. Le programme est disponible ici.

Personnellement, j’interviendrai le jeudi après-midi, entre 14h et 17h, dans le cadre des Etats Généraux des Etudiants, sur le thème « Relever le défi de la professionnalisation dès l’entrée à l’université », aux côtés de Pierre-Cyrille Hautcoeur, rédacteur du rapport dont j’avais parlé ici. Une délégation d’étudiants de la Faculté de Sciences Economiques de Poitiers y participe.

J’interviendrai également le vendredi de 14h à 15h30, dans un atelier consacré à la gouvernance économique des territoires. L’occasion entre autres d’évoquer le travail que l’on vient de finaliser avec Michel Grossetti (nous continuons à travailler sur le sujet, nouveaux épisodes à venir!).

Le programme est vraiment très riche, difficile de faire des choix… Bon, j’irai sans doute à l’atelier Mieux enseigner l’économie à l’Université et pour le reste… je vais voir (d’autant qu’il faut que je case dans mon emploi du temps quelques bouchons lyonnais…)

J’invite en tout cas tous ceux qui peuvent s’y rendre à ne pas hésiter!

 

 

Décentralisation, réforme territoriale, tout ça, tout ça…

logo-federation-de-recherche-territoires-universite-de-Poitiers-300x212La Fédération de Recherche « Territoires » de l’Université de Poitiers organise un Symposium intitulé « Décentralisation : recompositions des pouvoirs, des institutions et des politiques publiques », les 3, 4 et 5 décembre 2014, sur Poitiers.

Le programme est particulièrement alléchant, je trouve (pour côtoyer régulièrement les organisateurs, je peux vous dire qu’ils n’ont pas fait ça comme on redessinerait la carte des régions de France, sur un coin de table, un lundi soir…)

Vous pourrez y écouter des juristes, économistes, géographes, …, spécialistes du sujet, l’objectif étant non seulement d’entendre ce que chacun a à dire mais aussi de susciter le débat.

Vous trouverez sur ce site toutes les informations utiles, l’inscription est libre mais obligatoire. Présence indispensable, ai-je envie d’ajouter.