De riches gravures polysémiques

Emblemata / André Alciat - Paris : Jérôme de Marnef et Veuve Guillaume Cavellat, 1583 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, XVI 688)

Emblemata / André Alciat – Paris : Jérôme de Marnef et Veuve Guillaume Cavellat, 1583 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, XVI 688)

Lundi 24 septembre à 18h et jeudi 27 septembre à 12h, au Fonds ancien, Pierre Martin (Maître de conférences à l’UFR Lettres et langues de l’Université de Poitiers) anime une Heure du Livre ancien consacrée aux livres d’emblèmes. L’entrée est libre et gratuite, mais il est nécessaire s’inscrire (05 49 45 32 91 ou FondsAncien@univ-poitiers.fr). 

Selon la sixième édition du Dictionnaire dit de Trévoux (Paris, 1771), l’emblème, toujours composé d’une image et d’un texte, est « un symbole fait pour instruire et qui regarde en général tout le monde ». Il a deux valeurs principales : comme un miroir qui reflète les qualités, mais aussi les faiblesses de celui qui le regarde, il a une fonction morale et, comme une médaille qui réunit, de manière organisée et souvent frappante, sur un petit espace plusieurs symboles ou informations, il a un rôle mnémotechnique.

Le premier livre d’emblèmes,  paru en 1531, est celui d’Alciat (1492-1550), mais ce type d’ouvrages répond à un goût plus ancien. Ces livres connaissent un succès important aux XVIe et XVIIe siècles, en se spécialisant peu à peu.

Hieroglyphica / Giovan Pietro Pierio Valeriano. - Lyon : Paul Frellon, 1610 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, RAg 9)

Hieroglyphica / Giovan Pietro Pierio Valeriano. – Lyon : Paul Frellon, 1610 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, RAg 9)

La structure de l’emblème est toujours la même. Il est composé de trois éléments :

  • une sentence ou un titre, parfois appelé motto : presque toujours en latin, il est souvent difficile à comprendre précisément car il est très polysémique ;
  • une image, qui est une gravure sur bois ou sur métal ; son rôle est esthétique et mnémotechnique ; comme toute image codée, elle s’appuie sur des attributs, des symboles et des allégories ; le décodage de l’image devient plus difficile au cours des décennies car, de plus en plus souvent, son auteur superpose les niveaux d’interprétation, en recourant à des éléments aux multiples sens ;
  • une explication ou un commentaire : selon les cas, cette partie est en latin ou en langue vernaculaire ; elle est faite de vers, souvent accompagnés de prose ; elle commence par une description de l’emblème, puis précise le sens de celui-ci.

Il faut chercher les sources des emblèmes à la fois dans la mythologie classique, la Bible, les pères de l’Église, les bestiaires, les auteurs de l’Antiquité, les auteurs contemporains et la sagesse populaire.

Le Fonds ancien conserve un seul livre d’emblèmes, une édition pirate de l’ouvrage d’Alciat, les Emblemata (Paris : Jérôme de Marnef et Veuve Guillaume Cavellat, 1583).

Les images ou Tableaux de platte peinture / Philostrate ; traduction de Blaise de Vigenère.- Paris : veuve de Mathieu Guillemot et Mathieu Guillemot, 1629 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, Folio 574)

Les images ou Tableaux de platte peinture / Philostrate ; traduction de Blaise de Vigenère.- Paris : veuve de Mathieu Guillemot et Mathieu Guillemot, 1629 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, Folio 574)

Mais il abrite plusieurs ouvrages illustrés appartenant à la famille des livres d’emblèmes :

  • un répertoire d’emblèmes pour les pasteurs, ceux qui ont charge d’âme, que ce soient des évêques ou des prédicateurs : Dell’imprese pastorali / Carlo Labia.- Venise : Nicolò Pezzana, 1685
  • un recueil de symboles pour les artistes, très utilisé à l’époque moderne : Iconologie / Cesare Ripa.- Paris : Mathieu Guillemot, 1629
  • un texte de l’Antiquité commenté au XVIe siècle et illustré de gravures sur cuivre, pour certaines composées par les plus grands artistes du temps : Les images ou Tableaux de platte peinture / Philostrate ; traduction de Blaise de Vigenère.- Paris : veuve de Mathieu Guillemot et Mathieu Guillemot, 1629
  • un commentaire du XVIe siècle d’un texte hellénique redécouvert au siècle précédent : Hieroglyphica / Giovan Pietro Pierio Valeriano.- Lyon : Paul Frellon, 1610
  • un recueil allemand : Sämtliche geistreiche Bücher vom Wahren Christenthum / Johann Arndt.- Tübingen : J. H. Ph. Schramm, 1768
  • une œuvre rédigée dans un contexte universitaire et publiée en Slovaquie : Idea sapientis theo-politici / Antonio Vanossi.- Trnava : Jezsuita Akadémiai Nyomda, 1749
Iconologie / Cesare Ripa.- Paris : Mathieu Guillemot, 1629 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, FAM 1411)

Iconologie / Cesare Ripa.- Paris : Mathieu Guillemot, 1629 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, FAM 1411)

Suggestions bibliographiques

D’étonnants ex-libris découverts au Fonds ancien (3/3)

Photo d’Auguste Dubois (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien)

Difficile de dire ce qui surprit le plus les bibliothécaires du Fonds ancien : découvrir les ex-libris superposés de Madame Sabatier et d’Alfred Mosselman, son amant, ou faire cette trouvaille au sein du Fonds Dubois !

Auguste Dubois (1866-1935)

L’enseignant à l’origine du Fonds Dubois

Chargé de cours à la Faculté de droit de Lille en 1896, Émile Marie Félix Auguste Dubois enseigna à la Faculté de Poitiers à partir de 1899, comme chargé de cours d’économie politique, puis, entre 1908 et 1935, comme professeur d’histoire des doctrines économiques et économie politique. À son décès, il légua sa bibliothèque de travail –  plus de six mille ouvrages et brochures – à l’Université de Poitiers, où elle constitue aujourd’hui le noyau du Fonds Dubois, conservé au Fonds ancien.

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D’étonnants ex-libris découverts au Fonds ancien (2/3)

Une collection de récits de voyages imaginaires abritant deux ex-libris superposés, de personnes ayant entretenu une relation amoureuse pendant une dizaine d’années, tel est le genre de découverte que l’on peut faire au Fonds ancien !

Les 17 premiers volumes (sur 36) des Voyages imaginaires, songes, visions, et romans cabalistiques / [éd. par Charles-Georges-Thomas Garnier].- Amsterdam [i.e. Paris], 1787-1789 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, FD 1511)

 

Cette collection, ce sont les 36 volumes des Voyages imaginaires, songes, visions, et romans cabalistiques, publiés entre 1787 et 1789, et les ex-libris, celui d’Alfred Mosselman, objet d’un précédent billet, et de Madame Sabatier, évoquée dans celui-ci.

Un troisième billet est consacré à Auguste Dubois, entré en possession de ces exemplaires, légués après son décès à l’Université de Poitiers, où il enseignait.

 Aglaé Joséphine‎ Savatier, dite Apollonie Sabatier (1822-1890), Madame Sabatier ou la Présidente

L’égérie des artistes et des écrivains Lire la suite

D’étonnants ex-libris découverts au Fonds ancien (1/3)

Quelle n’a pas été la surprise des bibliothécaires découvrant deux ex-libris superposés, celui de Madame Sabatier et dessous, visible par transparence, celui d’Alfred Mosselman, son amant !

Ex-libris de Madame Sabatier et d’Alfred Mosselman au tome 23 des Voyages imaginaires, songes, visions, et romans cabalistiques / [éd. par Charles-Georges-Thomas Garnier].- Amsterdam [i.e. Paris], 1787-1789 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, FD 1511-23)

 

 Ces ex-libris ont été trouvés sur la garde collée d’ouvrages parus entre 1787 et 1789 dans la collection Voyages imaginaires, songes, visions, et romans cabalistiques. Les trente-six volumes qui constituent cet ensemble portent tous ces deux ex-libris, à l’exception du quatorzième, où ils ont visiblement été ôtés.

Ces exemplaires sont parvenus entre les mains d’Auguste Dubois qui à sa mort, en 1935, les légua, ainsi que le reste de sa bibliothèque, à l’Université de Poitiers, où il enseignait. Ils sont à présent conservés au Fonds ancien.

Alfred‎ Mosselman‎ (1810-1867)

L’homme

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De l’écriture cunéiforme à l’invention de l’imprimerie

Contrat archaïque sumérien concernant la vente d’un champ et d’une maison Shuruppak, inscription pré-cunéiforme, 2600 av. J.-C. Paris, Musée du Louvre

Marie Godard, en L1 à l’UFR de Lettres et Langues à l’Université de Poitiers, a fait un stage de deux semaines au Fonds ancien. Elle nous propose un parcours historique, de la naissance de l’écriture à la fin du XVe siècle…

La Mésopotamie, berceau de l’écriture

Au cours du septième millénaire avant notre ère, les mésopotamiens utilisent des jetons en argile (calculi) Lire la suite

Lectures estivales en Sciences Humaines et Arts

L'officiel de la musique 2018 : guide annuaire des musiquesactuelles : 25.000 contacts / IRMA.- 31e édition.- Paris : IRMA, DL 2017/http://www.irma.asso.fr/L-Officiel-de-la-musique

L’officiel de la musique 2018 : guide annuaire des musiques actuelles : 25.000 contacts / IRMA.- 31e édition.- Paris : IRMA, DL 2017/http://www.irma.asso.fr/L-Officiel-de-la-musique

Vos bibliothécaires ont concocté pour vous des suggestions de lecture dans le domaine des sciences humaines et arts pour l’été ! Pendant cette période estivale riche en évènements culturels, dressons un petit panorama sur le thème des loisirs et des vacances…

Les festivals de musiques actuelles sont à l’honneur en musicologie dans L’officiel de la musique, guide-annuaire des musiques actuelles 2018, qui s’adresse aussi bien aux amateurs qu’aux professionnels et qui répertorie contacts professionnels, métiers, formations, Lire la suite

Lire les publications de nos chercheurs : juin 2018

Voici un petit tour d’horizon de la production scientifique des chercheurs et chercheuses de l’Université de Poitiers en Lettres, Langues, Droit, Sciences Économiques et Sciences Humaines (relevé non exhaustif). En vert l’accès en ligne est libre ou le livre est à la BU, en orange vous pouvez lire l’article en ligne grâce aux abonnements payés par le Service Commun de Documentation, en rouge l’article en ligne est indisponible et la version papier n’est pas dans une BU de Poitiers, mais vous pouvez faire une demande de PEB ou une suggestion d’achat.

Si vous avez connaissance d’une publication qui devrait se trouver dans cette liste, n’hésitez pas à nous contacter : scd@support.univ-poitiers.fr. Et n’oubliez pas que le dépôt dans Hal est le meilleur moyen pour que vos publications soient visibles : n’hésitez pas à nous contacter pour en savoir plus.

ARTS

Roche-Liger, Cathy. « Paul Durcan’s Self-Portraits as Dialogues ». Études Irlandaises, no 43‑1, mai 2018. journals.openedition.org, doi:10.4000/etudesirlandaises.5489. Pas d’accès en ligne, la revue papier est disponible à la BU Lettres.

DROIT

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Flore médicale

Du 1er au 22 juin 2018, dans le hall de la BU Lettres, le Livre ancien du mois est consacré à la Flore médicale, écrite par Chaumeton, Poiret et Chamberet. L’ouvrage est habituellement conservé au Fonds ancien.

Flore médicale / décrite par MM. Chaumeton, Poiret, Chamberet ; peinte par Mme E. P. et par J. Turpin. – Paris : C. L. F. Panckoucke, 1828-1832 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, MED 573-01)

 

La Flore médicale est la flore du Dictionnaire des sciences médicales, ouvrage en soixante tomes, publié de 1812 à 1822 par le même éditeur, Charles-Louis-Fleury Joseph Panckoucke. Elle traite de chacune des 350 plantes qui font l’objet d’une entrée dans le Dictionnaire, dont elle adopte le classement alphabétique. Avec ses planches et sa description botanique plus développée, elle complète le Dictionnaire qui insiste davantage sur les aspects thérapeutiques des plantes, également abordés dans la Flore. Les souscripteurs du Dictionnaire bénéficiaient d’un tarif préférentiel pour l’acquisition de la Flore dont la première édition parut sous forme de livraisons de 1814 à 1820. Les deux titres connurent un très grand succès. Lire la suite

Gustave Doré illustre la Divine Comédie (2/2)

Ce billet complète celui du 9 mai 2018, consacré à Dante Alighieri et la Comédie, ainsi qu’à leur influence jusque vers les années 1860.

Gustave Doré (1832-1883) et La Divine Comédie

Quand, en 1861, Gustave Doré publia L’Enfer de Dante, il avait déjà illustré Rabelais (1854), les Contes drolatiques de Balzac (1855), Le Juif errant (1856) et fourni des caricatures lithographiques au Journal pour rire (1847-1850).

L’Enfer / Dante Alighieri ; ill. Gustave Doré.- Paris : Hachette, 1861 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, FG 1369-01)

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Gustave Doré illustre La Divine Comédie (1/2)

Du 2 au 31 mai 2018, dans le hall de la BU Lettres, le Livre ancien du mois est consacré à La Divine Comédie de Dante, illustrée par Gustave Doré. Elle est habituellement conservée au Fonds ancien.

L’Enfer / Dante Alighieri ; ill. Gustave Doré.- Paris : Hachette, 1861 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, FG 1369-01)

Dante Alighieri (1265-1321) et la Comédie

Perdu dans une forêt obscure (celle de l’erreur, du péché ?) le Jeudi Saint de l’an 1300, Dante doit traverser, vivant, l’Enfer et le Purgatoire, guidé par le poète Virgile. Il accède finalement au Paradis, sous la conduite de Béatrice, la femme aimée, qui siège parmi les bienheureux, près de Dieu. Telle est sommairement la trame de La Divine Comédie, l’ouvrage le plus célèbre de Dante Alighieri et sans doute de la littérature italienne. Le florentin appelait son œuvre, aux styles mêlés, en langue vernaculaire et au dénouement heureux, Comedia (ou Commedia). Boccace, le plus illustre de ses biographes, la qualifia de « divina », épithète intégrée au titre dans la seconde moitié du XVIsiècle. Lire la suite