Les terminaux 5G

Les opérateurs ont déposé leur demande auprès de l’ARCEP pour obtenir une bande de 50 MHz afin de déployer la 5G.

Cette bande autour de 3,4 GHz va permettre à l’opérateur de délivrer de la 5G par le mécanisme de double connectivité. Il s’agit de la 5G-NSA (Non StandAlone) déjà déployé par d’autres opérateurs dans plusieurs pays du monde.

Les enchères pour l’attribution des bandes 5G (jusqu’à 100 MHz de bandes) a été retardée à une date ultérieure, probablement début mai ce qui risque de retarder le lancement commercial de la 5G en France (initialement prévue en Juillet 2020).

Les équipementiers 5G (Qualcomm, Samsung, Huawei) fournissent déjà des terminaux 5G, dans cet article je présente les constructeurs de modem 5G et les terminaux qui sont vendus dans le monde et qui seront vendus en France.

La plupart des terminaux sont 5G NSA, il existe néanmoins des terminaux dual-mode (5G-NSA et 5G SA).

Les résultats sont montrés sous forme synthétiques de tableau, cette étude a été réalisée fin février 2020

I) Les équipementiers

II) Les téléphones

Les terminaux 5G dans le monde sont résumés dans le tableau suivante, avec en couleur les terminaux qui seront commercialisés en France (Selon la liste du 29/02/2020) à savoir

  • Huawei Mate 20 et Mate 30
  • Xiaomi Mi Mix 3
  • Samsung S10 et S20
  • ViVO Z6

 

Massive MIMO : Fonctionnement (Troisième Article)

Voici le troisième article sur le déploiement du Massive MIMO.

Se référer aux articles précédents :

Massive MIMO : Définition (Première Partie)

Massive MIMO : Description de l’antenne (Deuxième partie)

La spécification pour le LTE définit 8 modes de transmission, le LTE-Advanced en défini 10 et un onzième mode est rajouté dans la release R.11. A part le mode TM1 qui ne nécessite qu’une seule antenne en émission et en réception, les autres modes permettent :

  • d’apporter une meilleure robustesse du canal par de la diversité en émission ou par la gestion de faisceau ;
  • d’améliorer la capacité par une transmission MIMO. Dans le cas du MIMO, le nombre de couches MIMO dépend du nombre de transmission décorrélées entre l’émetteur et le récepteur. Soit H la matrice du canal de propagation, le rang du canal correspond au nombre de couches MIMO possible.

Il est donc nécessaire d’avoir une antenne avec une colonne d’éléments rayonnants, la polarisation cross-polaire permet de doubler la diversité.

Une antenne est alors configurée par :

  • un seul élément rayonnant ;
  • deux éléments rayonnant en cross-polaire ;
  • une colonne d’élément rayonnant (avec une seule ou deux polarisation) ;
  • de plusieurs colonnes, chaque colonne contient plusieurs éléments rayonnants (en nombre égal).

Dans le cas des antennes actives, plusieurs AE sont regroupés dans un TRX, et

On définit les caractéristiques de l’antenne par une lettre A à I :

Figure 14 : La configuration des antennes (extrait livre : « LTE-Advanced Pro, Une étape vers le réseau de mobiles 5G », LAUNAY, PEREZ)

Les modes de transmissions nécessitent une configuration d’antenne :

  • TM1 : SISO n’utilise qu’une seule colonne et une seule polarité
  • TM2 : Diversité en transmission nécessite 2 ou 4 colonnes d’éléments rayonnants. Elle peut donc utiliser la configuration d’antenne D (une colonne de polarisation +/- 45°), E, F, H ou I. Avec deux colonnes, le codage utilisé est le code d’Alamouti SFBC (Space Frequency Block Codes), avec 4 colonnes on rajoute de la diversité temporelle FSTD (Frequency Shift Time Diversity).
  • TM3 : SU-MIMO en boucle ouverte avec diversité CDD (Cyclic Delay Diversity) nécessite 2 ou 4 colonnes d’éléments rayonnants. Elle peut donc utiliser la configuration d’antenne B, D (une colonne de polarisation +/- 45°), E, F, H ou I.
  • TM4 : SU-MIMO en boucle fermée avec la configuration d’antennes B,D,E,F,H ou I
  • TM5 : MU-MIMO avec la configuration d’antennes B,C,E,F,H.
  • TM6 : Multiplexage spatiale pour la formation de faisceau avec la configuration d’antennes B,C,E,G (plusieurs colonnes) par précodage numérique (PMI)
  • TM7 : Multiplexage spatial pour la formation de faisceau et MIMO dans une direction donnée en exploitant l’angle d’arrivée (AoA) ou direction à l’arrivé (DoA). Le mobile ne distingue plus une antenne physique comme dans les modes précédents mais une antenne virtuelle (cf. figure 4) en s’appuyant sur des éléments rayonnants à égales distances (ULA : Uniform Linear Array) dont la distance est inférieure à lambda/2 (lambda est la longueur d’onde). Ce mode nécessite la configuration d’antennes B,C,E,G.
  • TM8 : Introduit dans la R.9, le mode TM8 est similaire au TM7 avec deux couches.
  • TM9 : SU-MIMO et MU-MIMO à 8 couches.

Pour le mode TM7, la spécification 3GPP introduit la notion d’antenne virtuelle AP5 : le terminal ne voit qu’une seule antenne virtuelle mais l’orientation numérique du faisceau est obtenue en apportant un déphasage et un gain constant sur chacune des antennes physiques. Une antenne physique est nommée dans cet article par antenne individuelle : le même signal est transmis sur 4 TRX avec une pondération différente, chaque TRX est connecté à une antenne individuelle.

Figure 15 : La connexion de l’antenne virtuelle et physique

Le standard 3GPP introduit la notion de port d’antenne, qui une nouvelle fois peut apporter de la confusion. Un port d’antenne est un port logique.

Tableau 1 : Les ports d’antenne pour la 4G

Comme l’indique la table 1, les signaux de références correspondent à un numéro de port d’antenne. Les ports d’antennes correspondants au UE Specific RS sont utilisés pour la formation du faisceau (obligatoirement supporté en mode TDD et optionnel en mode FDD).

Les signaux de références sont référencés à un numéro de port d’antenne, mais plusieurs ports d’antennes différents transmettent le signal vers la même antenne individuelle (antenne physique) ou transmis vers plusieurs antennes individuelles. La station de base gère la correspondance entre un port d’antenne et l’antenne individuelle.

Dans le cas de la formation d’un faisceau numérique (beamforming), le calcul des pondérations à effectuer sur chaque antennes individuelle (nommé aussi poids) est réalisé par la station de base en s’appuyant sur le rapport de retour d’état du canal 4G (CSI à partir des signaux de références) ou à partir des signaux de références sur le lien montant.

II-2) Les signaux de références

Un signal de référence (CRS ou CSI-RS) est une séquence pseudo-aléatoire transmise sur chaque antenne individuelle. La séquence pseudo-aléatoire permet au récepteur de séparer les différentes séquences CSI-RS et d’estimer la qualité du signal reçu au niveau de chaque séquence de référence.

Le récepteur n’a pas besoin de connaître le nombre d’antennes individuelles de l’antenne MIMO (ou Massive MIMO, il doit savoir combien de signaux de référence il doit mesurer. Il retourne ainsi l’état du canal de propagation ayant affecté chaque signal de référence. Pour que cette information soit utile, il est nécessaire que les signaux de références soient décorrelées. Ainsi, chaque signal de référence doit être transmis sur une et une seule antenne individuelle.

Dans le cas du LTE (R8, R9), le MIMO était limité à 4 antennes. L’exploitation de 4 signaux de références CRS suffit.

Si la release 10 augmente à 8 signaux de références CSI-RS, il est nécessaire de monter à 16 (R.13) puis 32 (R.14) signaux de références CSI-RS pour augmenter le nombre de chaîne de transmission TRX. Mais cela reste insuffisant pour fonctionner avec une antenne massive-MIMO 64T64R sauf si l’on transmet deux séquences CSI-RS sur deux antennes individuelles dont la polarisation est croisée (il s’agit ici d’une hypothèse, je n’ai aucune certitude sur ce point.)

Pour lever cette limitation, dans le cas LTE-FDD la station de base utilise la combinaison des signaux SRS et CSI-RS. Le signal SRS est le signal de référence émis par le terminal mobile vers la station de base. Ainsi dans le cas de la 4G TDD, il est plus efficace d’exploiter l’estimation du canal sur le lien montant.

Pour les modes TM7 et TM8 en 4G, la station de base utilise les signaux de références UE-RS. Pour la station de base 5G, la station de base s’appuie sur le signal de référence SRS du lien montant.

Dans le cas de la 5G à 3,5 GHz, les signaux de références du lien montant SRS suffisent à la station de base pour estimer la formation du faisceau.

Toutefois, le nombre de signaux de références CSI-RS étant limité, la 5G NR en mode FDD s’appuie sur deux méthodes :

  • Reciprocity based CSI : Il s’agit d’estimer le signal de référence CSI-RS à partir des signaux SRS
  • Closed Loop : Le terminal UE envoie à la station de base les informations du canal CSI

II-3) Le mode de transmission Massive MIMO en 5G

Pour améliorer les performances de la méthode Closed Loop, l’accès initial propose une commutation des faisceaux (beam switch transmission procedure) en utilisant différent blocs SSB. Au niveau de l’antenne, un réseau de calibration est nécessaire pour pointer dans la bonne direction. Ainsi, le terminal UE détermine le bloc SSB et renvoie les informations du canal pour chaque faisceau reçu à la station de base gNB. Ensuite, des informations complémentaires peuvent être transmis selon le type de configuration choisi :

  • CSI TYPE 1 : Normal (PMI) feedback dans le cas du SU-MIMO donnant la direction du faisceau le plus important
  • CSI TYPE 2 : Enhanced (explicit or codebook based) dans le cas du MU-MIMO en apportant plus d’information de retour par le terminal à la station de base.

ANNEXE

Reference 1 :

https://www.5gamericas.org/wp-content/uploads/2019/07/MIMO_and_Smart_Antennas_July_2013_FINAL.pdf)

Référence 2 : Livre « LTE-Advanced Pro, Une étape vers le réseau de mobiles 5G », Launay F, Perez A

(https://www.amazon.fr/LTE-Advanced-Pro-Fr%C3%A9d%C3%A9ric-Launay/dp/1784055778)

Massive MIMO : Description de l’antenne (Deuxième partie)

Suite de l’article : Massive MIMO : Définition (Première Partie)

I-4) La structure d’une antenne

Sur l’exemple ci-dessous extrait du site 5GAmericas (Reference 1), l’antenne est simplement constituée d’une colonne d’éléments rayonnants. L’antenne est équipée de 4 connecteurs coaxiaux, chaque connecteur est relié à une chaîne radio RF. Parmi ces 4 connecteurs, deux connecteurs permettent de fonctionner sur deux bandes différentes, et deux connecteurs sont utilisés pour l’exploitation de la polarisation cross-polaire (+/- 45°).

Figure 8 : Antenne 4G

Sur le schéma on observe 18 éléments rayonnants (Antenna Element), 10 éléments rayonnant sont conçus pour fonctionner dans une bande de fréquence avec une polarisation +/-45°, les 8 autres pour une autre bande de fréquence avec une polarisation de +/- 45°.

Il s’agit néanmoins que d’une seule antenne composée d’une colonne d’éléments rayonnants cross-polaire (single cross polarized column). Un panneau d’antennes (pannel antenna) représente un ensemble d’éléments rayonnants (AE) régulièrement espacés (Linear arrays).

Un circuit de connexion (feed network) réparti les signaux des connecteurs de la chaîne RF vers les éléments rayonnants correspondants (figure 8).

Figure 9 : Le circuit de connexion de l’antenne (feed circuit)

Pour reprendre les définitions précédentes : L’antenne dispose de 4 connecteurs TRX, deux connecteurs TRX fonctionnant sur une bande de fréquence, deux autres sur une autre bande.

Chaque antenne individuelle TRX se compose de 4 ou 5 éléments rayonnants. Chaque élément rayonnant fonctionnant sur une bande de fréquence et de même polarisation transmet donc le même signal RF. Si le déphasage apporté par le circuit de connexion est figé (feed circuit), on apporte un gain RF non contrôlé en temps réel (pas de possibilité d’orienter le faisceau RF de manière analogique, on peut toujours réaliser du beamforming numérique dans une bande donnée à partir des 2 antennes individuelles cross-polaires). Il s’agit d’antenne passive.

Le tiltage électronique peut être réalisé de manière mécanique soit par le contrôle d’un moteur DC soit par le déphasage apporté au niveau du circuit de connexion (signal RET e-tilt sur la figure 8).

Le faisceau commuté (switch beam) est une avancée vers l’antenne intelligente. L’objectif est de sélectionner le meilleur faisceau en fonction des conditions radios. Dans le cas de la matrice de Butler 4T4R, les 4 antennes individuelles sont toutes connectées à 4 éléments rayonnants avec une combinaison sur le déphasage de manière à transmettre 4 faisceaux différents.

Figure 10 : La commutation de faisceau

Chaque signal en entrée (4 signaux RF) peut donc être transmis dans une direction donnée.

Couplage du MIMO et du BeamForming : Pour transmettre le signal radio dans une direction donnée (Beamforming), il faut transmettre le même flux sur plusieurs antennes individuelles. Dans le cas suivant, l’antenne MIMO est une antenne 8T8R car elle est connectée à 8 chaînes radio RF. Chaque antenne individuelle est connectée à une colonne d’éléments rayonnant dans une polarisation donnée. La figure 11 montre 4 colonnes cross-polaires.

La directivité de l’onde nécessitant l’utilisation de plusieurs antennes individuelles de même polarisation, il est donc possible de générer deux ondes directives (nommés BeamForming BF1, BF2) à partir d’un poids de pondération à appliquer sur chaque antenne individuelle.

Il est donc possible :

  • de transmettre 8 flux identiques pour un seul utilisateur en exploitant les 8 antennes individuelles, dans ce cas on a un faisceau étroit et directif ;
  • ou de réaliser 4 flux MIMO pour augmenter la capacité et le ressenti utilisateur.

Figure 11 : L’antenne MIMO 8T8R

I-4) L’évolution vers le FD-MIMO.

Jusqu’à présent, la directivité de l’onde en élévation (vertical) était réalisée par un tiltage électronique (RET) lors du placement de l’antenne et cette configuration figeait la directivité dans la cellule.

Avec la technique FD-MIMO, il est possible de diriger le faisceau en élévation et en azimuth par l’exploitation d’un réseau d’antennes rectangulaires (ULA 2D) en temps réel.

Figure 12 : L’antenne ULA 2D

A partir de l’angle des signaux d’arrivé et d’un DSP intégré, l’antenne devient intelligente et peut contrôler la phase pour orienter le faisceau RF, on parle d’antenne active :

Figure 13 : Contrôle de la phase appliquée sur chaque AE de l’antenne individuelle

Les antennes Massive MIMO sont des antennes actives. La puissance de transmission  de l’antenne peut monter jusqu’à 120 W pour 128 AE et 180 W pour 192 AE lorsque tous les éléments rayonnants émettent à puissance maximales. La consommation électrique est bien supérieure, je n’ai pas les chiffres à ce jour.

 

Massive MIMO : Définition (Première Partie)

Je vous propose une série de 3 articles pour comprendre le massive MIMO. Je me suis appuyé sur les documents :

  • 3GPP;
  • 5G América;
  • et les informations des équipementiers comme Nokia, Ericsson et Huawei.

Cependant,malgré quelques réponses de Emil Björson (https://ma-mimo.ellintech.se/author/eb/) , et de Jakob Hoydis (Nokia), il y a une grande part d’interprétation. Je les remercie d’avoir pris le temps de me répondre.

N’hésitez donc pas à commenter ces articles pour améliorer le contenu, merci.

  1. Description générale du MIMO au Massive MIMO

I-1) Définition

La technologie MIMO (Multiple Input Multiple Output) consiste à transmettre simultanément N flux d’informations sur N antennes d’émission (un flux d’information par antenne d’émission) et chaque flux est reçu par M antennes en réception.

Le flux transmis par antenne peut être :

  • un même flux avec un précodage pour :
    • améliorer la diversité en émission (se référer aux codes Alamouti SBFC) ;
    • diriger le flux dans une direction donnée (avec un précodage pour orienter le flux – beam RF) ;
  • des flux différents (K flux, K est inférieur ou égal à N) pour augmenter la capacité de la station de base et améliorer le ressenti utilisateur.

Figure 1 : Le principe du MIMO

La notion de faisceau porte à confusion. On fera donc la différence entre :

  • un faisceau RF (beam RF) transmis dans une direction donnée en utilisant plusieurs antennes qui transmettent toutes le même flux;
  • un faisceau MIMO (beam) qui utilise plusieurs antennes pour transmettre différents flux ;
  • un faisceau MIMO dans une direction donnée (un faisceau RF) : le faisceau MIMO est constitué de plusieurs faisceaux RF (plusieurs beam RF) pour transmettre les flux différents dans une direction donnée. A titre d’exemple, on peut utiliser 16 antennes pour faire du 4×4 MIMO dans une direction donnée.

La notion d’antenne porte aussi à confusion, on parle en effet d’une antenne MIMO pour évoquer en réalité un réseau d’antennes (antenna array) ou un système multi-antennes. Pour clarifier les éléments, dans cet article, on nomme antenne MIMO, un réseau d’antennes constitué de plusieurs antennes individuelles et chaque antenne individuelle peut être constituée d’un réseau d’éléments rayonnants.

On va donc poser les définitions suivantes :

  • un réseau d’antennes est un ensemble de plusieurs antennes individuelles pouvant fonctionner ensemble comme une seule antenne nommée antenne MIMO;
  • les antennes individuelles sont connectées à un seul récepteur ou émetteur nommé TRX ;
  • l’évolution des techniques d’intégration permettent d’intégrer plusieurs éléments d’antennes (nommé Antenna Element) par antenne individuelle.

Une antenne du radio cellulaire (2G/3G/4G) est composée d’un ensemble d’éléments rayonnants protégé par un radôme :

Figure 2 : Le Radôme

Un élément rayonnant est appelé élément d’antenne (AE : Antenna Element). L’élément rayonnant présente un diagramme de rayonnement de 180° :

Figure 3 : Le Diagramme de rayonnement d’un élément d’antenne

Le module TRX est le module permettant de passer du signal en bande de base vers le signal RF. Il est composé d’un émetteur et d’un récepteur. En émission, le signal RF est transmis du module TRX à l’antenne individuelle, en réception l’antenne individuelle transmet le signal au module TRX.

L’antenne individuelle est constituée d’un réseau d’éléments rayonnants AE.

L’antenne MIMO est composée d’un ou de plusieurs panneaux d’antennes individuelles.

Les éléments rayonnant peuvent être co-localisés ou distribués.

Il existe deux modèle de connexion :

  • une antenne individuelle est connectée à un seul TRX, on parle de modèle de partitionnement ;
  • une antenne individuelle est connectée à plusieurs TRX, on parle de modèle complet.

En général, les antennes individuelles sont connectées à un ensemble d’éléments d’antennes colocalisées ou distribuées (sous-panneau – subarray), on est donc sur un modèle de partitionnement.

Figure 4 : Le modèle de connexion des TRX aux éléments d’antennes

I-2) La formation du faisceau RF

Un émetteur MIMO est composé de plusieurs modules d’émissions (N TX) chaque chaîne de transmission radio TX est connectée à une antenne individuelle.

Un récepteur MIMO est composé de plusieurs modules de réception (M RX) chaque chaîne de réception radio RX est connectée à une antenne individuelle.

Dans le cas de l’antenne MIMO, la formation d’un faisceau RF (beam RF) est un ensemble de gain et de déphasage appliqué sur les TRX de l’antenne par un précodage numérique.  La formation du faisceau est donc réalisée à partir d’un sous-réseau d’antennes individuelles passives.

Dans le cas de l’antenne Massive MIMO, chaque TRX est constitué d’un ou plusieurs éléments rayonnants (AE). Le contrôle des éléments rayonnant apporte un gain supplémentaire dans une direction donnée grâce à un contrôle en amplitude et en phase du signal issu du TRX (beam analog steering). Il s’agit donc d’un sous-réseau actif d’antennes et on parle de système d’antennes actives (AAS : Active Antenna System).

Figure 5 : Le contrôle de la direction du faisceau dans le domaine analogique

Si les éléments d’antennes sont régulièrement espacés (ULA : Uniform linear Array), la direction d’arrivée de l’onde est estimée à partir de la différence de marche :

Figure 6 : Calcul de la différence de marche

Pour un signal de bande étroite, en appliquant le retard (la différence de marche) sur chaque élément d’antenne, le signal reçu est le suivant :

(Equation 1)

 

On peut également écrire sous forme vectorielle :


(Equation 2)

 

 

 

Avec a la direction du faisceau.

A l’inverse, en appliquant un déphasage sur chaque élément d’antenne rayonnant, il est possible d’orienter le faisceau (faible bande car la formule dépend de la longueur d’onde) dans une direction donnée (AoD : Angle of Departure).

La simulation sous Matlab se programme ainsi :

%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%
% SIMPLE UNIFORM LINEAR ARRRAY
% WITH VARIABLE NUMBER OF ELEMENTS
% MATRIX IMPLEMENTATION
% COPYRIGHT RAYMAPS (C) 2018

%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%
clear all
close all

f=1e9;
c=3e8;
l=c/f;
d=l/2;

no_elements=4;
theta=0:pi/180:2*pi;

n=1:no_elements;
n=transpose(n);

A=(n-1)*(i*2*pi*d*cos(theta)/l);
X=exp(-A);
w=ones(1,no_elements);
r=w*X;

polar(theta,abs(r),'r')
title ('Gain of a Uniform Linear Array')


(source : http://www.raymaps.com/index.php/fundamentals-of-a-uniform-linear-array-ula/)

Figure 7 : Diagramme de rayonnement (angle et gain) en fonction du nombre d’éléments d’antenne

Le gain apporté par l’antenne individuelle (sur laquelle est connectée le TRX) est égal au nombre d’élément rayonnants, cela revient à concentrer la puissance du signal dans un faisceau étroit. Quel que soit le diagramme de rayonnement, la puissance transmise dans le faisceau est identique, par contre plus le faisceau est fin plus la couverture est importante. Si N est le nombre d’éléments rayonnants, le gain en dB s’exprime par 10*log10(N).

En réception, la station de base est en mesure de déterminer la position du mobile selon une des deux méthodes :

  • en analysant le signal de réception sur les différentes antennes (cf. equation 2). Le calcul de l’angle d’arrivée (AoA : Angle of Arrival ou DoA : Direction of Arrival) utilise un algorithme de traitement du signal comme MUSIC ou ESPRIT ;
  • à partir du rapport de mesure transmis par le terminal mobile (CSI : Channel State Information).

En émission, la station de base peut diriger le faisceau dans une direction donnée en appliquant un déphasage et un gain sur chacun des éléments rayonnants : pour diriger un faisceau (beam) dans une direction donnée, il est nécessaire d’apporter un poids sur chaque élément rayonnant :

La valeur du vecteur de poids w est estimée à partir d’une des deux méthodes décrites ci-dessus (estimation AoA ou CSI).

I-3) La formation du faisceau

L’une des complexités du Massive MIMO réside dans le contrôle du gain et de la phase de chaque élément d’antenne. Pour réduire cette complexité, la formation du faisceau est réalisée par un précodage numérique (digital beamforming) à partir d’un sous-résau d’antennes passif suivi d’un gain apporté par le tableau d’élément rayonnant (plusieurs AE) par un sous-réseau d’antennes actives. On parle alors de technique hybride (hybrid : digital and analog) formant un système d’antennes actives.

Nous avons vu précédemment qu’une antenne individuelle était connectée à une ou plusieurs chaîne radio TRX. Donc, une chaine radio (TRX) est connectée à une antenne individuelle, laquelle pour rappel est composée d’un ensemble d’éléments rayonnants.

Le précodage en bande de base consiste à contrôler les flux au niveau de chaque chaîne radio TRX. Ainsi dans le cas d’une antenne 64T64R, le précodage numérique contrôle 64 flux.

Le précodage analogique permet d’apporter un gain RF supplémentaire.

Pour résumer :

  • le précodage numérique (en bande de base) permet de contrôler un ensemble d’antenne individuelle par TRX. Le précodage s’appuie sur les retours CSI ;
    • du MIMO en transmettant des flux différents sur différentes antennes individuelles ;
    • de la formation d’un faisceau en transmettant le même flux vers différentes antennes individuelles (plusieurs TRX transmettent le même flux).
  • le précodage analogique (sur le signal RF) permet de contrôler les éléments d’antennes constituant un TRX. Le précodage s’appuie sur l’estimation de l’angle à l’arrivée.
    • Le précodage analogique en RF permet d’orienter le faisceau dans une direction donnée.

Il est ainsi possible

  • d’affiner le faisceau (beam) dans une direction donnée en couplant le précodage numérique et analogique ;
  • ou de faire du MIMO directif en couplant le MIMO du précodage numérique en dirigeant les faisceaux (le faisceau MIMO est formé à partir de plusieurs faisceaux RF).

Il existe deux types de connexion entre l’antenne individuelle de la chaîne radio TRX et les éléments d’antennes :

  • une connexion par partitionnement : une antenne individuelle est connectée à un ensemble d’éléments d’antennes disjoints (se référer à la figure 4) ;
  • une connexion complète : les antennes individuelles sont toutes connectées aux mêmes éléments d’antennes.

A titre d’exemple, pour une station de base 64T64R, si chaque antenne individuelle de la chaîne radio TRX est connectée à 4 AE, alors l’antenne massive MIMO est composée de 64*4 = 256 AE.

Etablissement de la connexion radio – Partie 3 : La procédure

Nous allons maintenant étudier la procédure d’accès aléatoire.

Lorsque le terminal UE est en veille, il récupère les paramètres d’accès radio transmis par la station de base à travers les différents SIB. Les informations SIB sont diffusées dans la cellule sur des canaux communs. Notamment, le terminal UE prend connaissance du SIB2 mais aucune ressource radio spécifique lui est dédiée.

Pour obtenir des ressources dédiées le terminal utilise dans un premier temps des ressources communes à l’ensemble des terminaux pour contacter l’entité radio (nous traitons le cas en 5G avec l’entité gNb mais la procédure est identique pour les autres accès radio mobiles) et l’informer de sa demande. Les ressources PRACH étant accessibles à l’ensemble des terminaux, la procédure d’accès aléatoire doit être en mesure de détecter un conflit en cas de collision.

Pour limiter les collisions, la station de base propose un ensemble de préambules (64 maximum). Le terminal tire au hasard un préambule parmi la liste proposée (on parle d’accès aléatoire). Le préambule est une séquence de Zadoff-Chu définit par son index RAPID (Random Access Preamble ID, l’index fait une correspondance avec la racine de la séquence, se référer au premier article décrivant l’accès aléatoire).

Cependant, rien n’exclut l’hypothèse que deux terminaux UE choisissent séparément le même préambule au même moment et transmettent chacun leur demande sur des ressources fréquentielles identiques. On parle alors de collision.

La procédure est décrite par les échanges suivants :

msg1 : Le terminal UE envoie sa demande d’accès aléatoire en transmettant un préambule. Une fois le préambule émis, le terminal UE écoute la réponse de la station de base entre l’instant t1 et t2= t1+ Fenêtre_reception (T300)

msg2 : La station de base répond au terminal mobile UE en indiquant l’avance de temps (TA) que le terminal UE doit appliquer, et lui alloue des ressources radios pour le prochain message montant. La réponse est diffusée sur le canal commun à l’ensemble des terminaux via le canal PDCCH. Le CRC du message DCI est embrouillé par l’identifiant RA-RNTI. Lorsque le terminal UE décode le PDCCH avec son identifiant RA-RNTI, il lit le contenu diffusé dans le canal PDSCH.

msg3 : Le terminal UE envoie une unité de donnée MAC ou un message RRC avec une identité UE. Cet identifiant va permettre de résoudre les conflits.

msg 4 : La station de base gNB diffuse sa réponse en indiquant l’identité reçu du terminal dans sa reponse. Ainsi, en cas de conflit, le terminal pour lequel la réponse du gNb correspond à son identifiant a réussi son accès aléatoire, pour les autres la réponse msg4 est attendu jusqu’à l’expiration du temporisateur. Une nouvelle demande d’accès sera alors renouvelée dans la limite des demandes autorisées dans le message SIB2.

Figure 1 : Procédure d’accès aléatoire

Le terminal UE émet ses messages et attend les réponses dans des fenêtres temporelles définies par l’accès radio.

Figure 2 : Les temporisateurs de la demande d’accès

L’objectif est maintenant de comprendre :

  • comment la station de base est en mesure de détecter plusieurs requêtes d’accès aléatoire ;
  • comment s’effectue la résolution de conflit.

Nous partons sur l’hypothèse de 3 terminaux UE A, UE B et UE C qui envoient leur demande d’accès aléatoire au même moment et sur les mêmes ressources tempo-fréquentielles. Dans ce cas l’identifiant RA-RNTI pour chaque terminal est identique. On suppose de plus que les terminaux UE A et UE B choisissent le même préambule. Dans ce cas , il y a collision.

Figure 3 : Demande d’accès UE vers gNB

Les préambules 1 et 3 sont différents, cela signifie que les séquences de Zadoff-Chu transmises par les terminaux A et C (ou B et C) ne sont pas identiques. Comme les séquences sont orthogonales, l’entité gNB est capable de les détecter. Par contre, les séquences émises par les terminaux UE A et UE B sont identiques, la station de base ne détecte donc qu’un seul message (pensant qu’il s’agit de multi-trajets).

La station de base répond aux 3 terminaux simultanément. Les terminaux sont informés d’une réponse en décodant l’information DCI dans le canal PDCCH. Les terminaux vont ensuite lire le message RAR (Random Access Response) présent dans le canal PDSCH. Le contenu du message contient les préambules décodés par la station de base gNB :

Figure 4 : La réponse du gNB vers les terminaux (message RAR)

Les terminaux A et B enregistrent l’identifiant radio temporaire TC-RNTI1 avec le Timing Advanced mesurée par la station de base. Ce TA correspond évidemment à l’un des deux terminaux. Le terminal C enregistre sont identifiant temporaire C-RNTI3.

Pour lever la collision entre les terminaux A et B, chaque terminal envoie son message 3 (RRC Connection Request) avec l’identifiant temporaire TC-RNTI1 et leur identifiant aléatoire comme identité de l’UE (UE-identity).

Figure 5 : Les terminaux acquittent le message reçu auprès de l’entité gNB

Dans l’exemple ci-dessus, la station de base gNB reçoit la réponse des terminaux A et B avec, pour chaque UE, une identité aléatoire UE-identity. Cette réponse permet à la station de base d’identifier le terminal A et le terminal B et de faire la correspondance avec l’identifiant radio temporaire TC-RNTI1. La station de base détecte ainsi la collision. Dans la procédure, la station de base répond au terminal qui envoie le msg 3 en premier et ignore les autres messages msg3 qui portent le même identifiant temporaire TC-RNTI1. Elle reçoit également le message du terminal C avec l’identifiant temporaire TC-RNTI3. Elle fait donc une correspondance entre l’identifiant radio temporaire TC-RNTI3 et le terminal C UE-identity. Il n’y a pas de conflit.

Dans le chronogramme, on suppose que le terminal A est plus proche de la station de base gNb que le terminal B. Ainsi, la station de base reçoit d’abord le message 3 du terminal A et diffuse vers tous les terminaux un message de contrôle PDCCH DCI. Le contenu du message msg4 est transmis dans le canal PDSCH RRC_Connection_Setup avec la correspondance entre l’identifiant temporaire TC-RNTI1 et l’identité aléatoire UE-identity_A. La station de base diffuse le message qui est donc reçue par le terminal A et le terminal B. Le terminal A retrouve ainsi son identité temporaire UE-identity A dans le message de la station de base, les terminaux B et C reçoivent une réponse avec l’identité temporaire d’un autre terminal UE-identity A. Le terminal B attend la réponse du gNb (qui n’arrivera pas) jusqu’à la fin du temporisateur T300, le terminal C attend la réponse du gNB qui est transmise avant la fin du temporisateur T300.

Le message RRC_Connection_Setup permet également au terminal concerné de récupérer les informations de séquencement (attribution des ressources radio) pour la voie montante.

Les terminaux A et C vont donc pouvoir transmettre à la station de base la raison de leur demande d’accès (message NAS à destination de l’entité AMF), en encapsulant le message NAS dans la requête RRC Connection Setup Complete.

Le terminal B va refaire une procédure d’accès aléatoire.

Figure 6 : Signalisation montante pour les terminaux A et C, procédure aléatoire pour l’UE B

Figure7 : La procédure d’accès aléatoire complète

 

Etablissement de la connexion radio – Partie 2 : Les ressources et l’identifiant aléatoire

Avant d’émettre sa demande d’accès aléatoire, le terminal doit récupérer un ensemble d’informations transmises par la station de base via le message SIB2 :

  • la configuration du PRACH (prach-ConfigIndex) ;
  • le jeu des préambules d’accès aléatoires disponibles (la racine q et les décalages de la séquence, se référer à la partie 1) ;
  • la fenêtre temporelle pour la réponse (ra-ResponseWindowsSize) ;
  • la puissance d’émission du préambule initial (preambleInitialRecievedTargetPower) ;
  • le facteur de rampe de puissance (powerRampingStep) ;
  • en cas de non réponse, le nombre maximum de préambules pouvant être émis (preambleTransMax) ;
  • le temporisateur de résolution de contention (mac-ContentionResolutionTimer)

Figure 1 : Extrait des informations du SIB2

A partir de :

  • l’information msg1-FrequencyStart, le terminal UE calcule la position fréquentielle de la localisation du canal PRACH ;
  • l’information msg1-FDM, le terminal connait le nombre d’occasion PRACH dans le domaine fréquentiel

A titre d’exemple :

Dans la bande FR2 :

Figure 2 : La configuration de l’accès aléatoire selon la table 38.211 v15.5-Table 6.3.3.2-4

Les numéros de slot de référence sont le 19 et le 29, nous allons maintenant calculer la position du slot du RACH à partir de la référence du slot 19 :

N°slot_RACH=Starting_symbol + Numero_occassion_PRACH*Durée_PRACH+Nbre_symboles_par_slot*numero_du_slot

Avec :

  • Starting_symbol est une valeur indiquée dans le tableau, la valeur est à 7
  • Numero_occassion_PRACH correspond aux occasions du RA. L’indice démarre à 0 jusqu’à Number_of_time_domain_occasion – 1. La valeur vaut 0
  • Nbre_symboles_par_slot est de 14
  • Numero_du_slot se calcule par la formule suivante :
    • Si SCS = {1,25 kHz, 5 kHz, 15 kHz, 60 kHz} alors Numero_du_slot=1
    • Si SCS = {30 kHz, 60 kHz} et
      • si le nombre de slot RACH par sous-trame =1 alors Numero_du_slot=1
      • sinon Numero_du_slot={0,1}

Dans notre exemple, le symbole sur lequel démarre le canal PRACH est à la position : 7+0*6+14*1=21 par rapport au slot 19. Il se situe donc à la position du symbole 7 du slot 20

Figure 3 : Exemple de transmission du PRACH (FR2, format A3)

Une fois le préambule sélectionné, le terminal UE détermine la prochaine occasion pour envoyer sa demande. La puissance d’émission est estimée à partir des paramètres reçus par le SIB2 et en augmentant la puissance à chaque retransmission.

La demande d’accès est contrôlée par la station de base en indiquant par le message SIB2 les occasions du canal PRACH dans le domaine temporel et fréquentiel.

Ressources Temporelles (prach-ConfigurationIndex)

La référence temporelle est la durée d’une trame, soit 10 ms. La transmission du canal PRACH au cours de la trame est définie par les paramètres suivants :

  • PRACH configuration period : Le numéro de trame SFN utilisé pour transmettre le canal PRACH est défini par la condition suivante : x mod SFN = y.
    • A titre d’exemple x=16, alors les occasions du canal PRACH sont espacées de 160 ms
    • Si x=16, y=1, alors les numéros de trames portant le canal PRACH sont définis par le numéro de trame SFN 1,17,33,49,…
  • SubFrame Number : Indique le ou les sous-trames dans la trames qui transportent le canal PRACH
  • Slots with PRACH : La référence est un espacement entre sous-porteuses (SCS) de 60 kHz, pour laquelle on a 4 slots par sous trames soit 40 slots par trame. Le nombre d’occasion est donc de 40 lorsque l’espacement entre sous-porteuses est de 60 kHz ou 40*2 slots pour un espacement entre porteuses de 120 kHz.

Ressources Fréquentielles

  • msg1-FrequencyStart : Indique la première ressource PRACH
  • msg1-FDM : Indique le nombre de ressources fréquentielles pour le PRACH (1,2, 4 ou 8)

A partir de ces valeurs, le numéro de la sous-trame et l’index de fréquence utilisé par le terminal pour transmettre sa demande d’accès aléatoire permet de calculer l’identifiant radio RA-RNTI :

RA-RNTI= 1 + s_id + 14 × t_id + 14 × 80 × f_id + 14 × 80 × 8 × ul_carrier_id

  • s_id : Index du premier symbole OFDM (entre 0 et 13)
  • t_id : Index du premier slot dans la trame (entre 0 et 79)
  • f_id : Index dans le domaine fréquentiel (entre 0 et 7)
  • ul_carrier_id est égal à 1 si la demande est faite dans la bande SUL, 0 sinon

Cette valeur sera utilisée par l’entité gNB pour répondre au terminal : le terminal écoute le canal PDCCH émis par l’entité gNb et recherche la réponse pour laquelle le code détecteur d’erreur CRC est mélangée par l’identifiant RA_RNTI (ou exclusif).

En fin de transmission, le terminal UE écoute (sur une durée définie) la réponse de l’entité gNB laquelle contient le numéro de référence RA-RNTI.

Références

3GPP 38.211

https://www.sharetechnote.com/html/5G/5G_RACH.html

Etablissement de la connexion radio – Partie 1 : Les séquences aléatoires

La connexion radio s’effectue par un échange de signalisation entre le terminal UE et la station de base gNB.

La première étape, nommée Accès Initial (Initial Access) permet au terminal de se manifester auprès de la station de base en transmettant un préambule (procédure d’accès aléatoire ou RACH). En retour, le terminal se synchronise en Uplink avec la station de base et récupère un identifiant radio.

  • La séquence aléatoire RA

La procédure d’accès aléatoire est destinée à résoudre les possibles collisions si deux ou plusieurs terminaux souhaitent établir simultanément une connexion radio. Les étapes de la connexion radio sont :

1 – Le terminal UE émet un préambule dans le canal d’accès aléatoire PRACH

A l’instar de la 4G, le préambule est une séquence de Zadoff-Chu. La séquence est définie de la manière suivante :

N est la longueur de la séquence, N est un nombre premier. La séquence est nommée séquence d’accès aléatoire ou RA (Random Access),  z indice n exposant u représente la n-ième bit de la séquence de Zadoff-chu de racine u.

La u-ième racine est obtenue à partir de l’index de la séquence i transmis par la variable rootsequenceIndex.

Table 1 : Le numéro de séquence en fonction de i

Le numéro de séquence logique est porté par le SIB 2 rootsequenceIndex. A titre d’exemple, si l’on se réfère au tableau, ‘rootsequenceIndex = 22’ correspond à u=1 :

Table 2 : Correspondance entre i et u

Le signal émis est la transformée de Fourier sur N sous-porteuses dont l’amplitude de la n-ième sous porteuse est définie par la séquence de Zadoff-Chu (se référer à l’équation ci-dessus).

Pour la 5G, N prend pour valeur 139 ou 839. Si l’espacement entre sous-porteuses est de 1,25 kHz, le signal est émis respectivement sur une largeur de bande de 173,5 kHz ou 1048,8 kHz.

Figure 1 : Synoptique de transmission

La séquence de Zadoff-Chu possède des propriétés suivantes :

  • signal d’amplitude constante ;
  • bonne propriété d’autocorrélation permettant à la station de base de détecter une séquence par un pic sur la séquence d’’autocorrélation ;

la puissance d’intercorrélation entre deux séquence de Zadoff (q1 et q2 différents) est égale à 1/N.

La figure 1 représente l’autocorrélation de la séquence de Zadoff-Chu de 139 bits (25ème racine)

A partir de la connaissance de q et de N, les préambules émis est une séquence aléatoire avec un décalage cyclique  C possible est :

Figure 2 : Autocorrélation d’une séquence de Zadoff-Chu de longueur 139

Le canal physique PRACH transporte la séquence aléatoire RA précédée d’un préfixe cyclique et suivi d’un temps de garde.

Figure 3 : Le canal PRACH

On nomme TSEQ la durée de la séquence avec le préfixe cyclique, et TTG la durée du temps de garde. Soit τd l’étalement temporel du canal (le délai de propagation du canal dû aux multitrajets, s’exprime ne µS) et R le rayon de la cellule couverte par la station de base, alors :

A partir de ncs, on peut déterminer le nombre de séquences aléatoires possible à partir d’une séquence de Zadoff-Chu et vaut M/ncs.

A titre d’exemple, si M=839 et ncs=11 alors une séquence génère 76 RA différents.

En général, une cellule dispose de 64 codes RA, toutefois, 14 codes sont réservés pour la demande d’établissement radio lors d’un handover, c’est-à-dire sans contention, contention free et 50 pour la demande d’accès aléatoire avec contention.

La taille de la cellule permettant un accès initial se calcule à partir de la durée du temps de garde. La durée d’un slot est de 1 ms. La durée du préfixe cyclique permet de compenser l’étalement temporel du canal.  Par exemple, je fixe TCP=103.13 µs. Supposons une séquence aléatoire TSEQ=800µs. La durée  de la séquence dépend à la fois de la taille du message aléatoire (139 ou 839 bits) et de l’espacement entre porteuse. La durée du temps de garde TGP=1000-103.13-800=96.87 µs.

Figure 4 : Le format 0 du canal PRACH

Le temps de garde correspond au temps autorisé pour faire une transmission aller-retour : le mobile est synchronisé sur le lien descendant par la séquence de synchronisation de la station de base. Il reçoit le signal avec un retard qui dépend de la distance. La distance parcourue entre la station de base et le terminal est : d = c. t avec t le temps que met l’onde pour se propager de la station de base vers le terminal.

Si la séquence est de 800 µs, la célérité de la lumière est de 3.108 m/s soit 0.3 km/µs alors : d=0.3*96.87/2=14.5 km

  • Le format PRACH

La 5G supporte 13 formats différents, définit en fonction

  • de la longueur de la séquence RA ;
  • de l’espacement entre sous-porteuse : SCS=1.25 kHz ou SCS=15 kHz ;
  • de la longueur de la durée du préfixe cyclique ;
  • de la longueur de la séquence ;
  • du nombre de répétition.
  1. a) Les formats long : Formats 0, 1, 2 et 3

les formats longs ne sont utilisés que dans la bande FR1. Les formats 0 et 1 sont similaires aux formats 4G (préambule long format 0 et format 2). Les caractéristiques sont :

  • la longueur de la séance est de 839 bits ;
  • l’espacement de la sous-porteuse est de 1.25 kHz pour les formats 0,1,2 et 15 kHz pour le format 3. Dans ce cas, 6 RB sont utilisés dans le premier cas et 24 RB dans le second cas ;
  • Le facteur 1, 2 et 4 pour Nu correspond au nombre de répétitions.

Table 3 : Les formats PRACH 0 à 3 pour la 5G*

K est le facteur d’échantillonnage k=Ts/Tc avec la fréquence d’échantillonnage Fs=30.72 MHz et Tc=1/(SCS_max.Nfft). Pour l’interface radio 5G-NR l’espacement SCS maximal est de 480 kHz et le nombre d’entrée FFT est de 4096.

Fc=1.966080 GHz (1966080 kHz)

Format 0 :

CP length(Tcp) = 3168*k échantillons = 3168*64 *Tc sec = 3168*Ts ms = 3168/30720 = .1031 ms
sequence length (Tseq) = 24576*k échantillons = 24576*64*Tc= 24576/30720 =.800 ms

Format 1 :

CP length(Tcp) = 21024/30720 = .6844 ms
sequence length (Tseq) = 2*24576*k échantillons =1.6 ms

Format 2 :

CP length(Tcp) = 21024/30720 = .6844 ms
sequence length (Tseq) = 2*24576*k échantillons =1.6 ms

Format 3 :

CP length(Tcp) = = 3168/30720 = .1031

sequence length (Tseq) = 4*6144*k échantillons =0.8 ms

a) Les formats courts : Formats A1, A2, A3, A4, B1, B2, B3, B4, C0, C2

Les formats cours sont constitués de 139 bits, et l’espacement entre porteuses dépend de la numérologie (15 kHz ou 30 kHz pour la bande FR1 et 60 kHz ou 120 kHz dans la bande FR2).

Table 4 : Les formats PRACH court pour la 5G

Exemple du format A1 :

CP length(Tcp) = 288*k *(2^-μ) samples = 288*64 *1 samples =288/30720 = .009381 ms

sequence length (Tseq) = 2*2048*k*(2^-μ) samples = 2*2048*64 samples =(2*2048*/30720) ms = .1334 ms

Figure 5 : Le format A1 du canal PRACH

Figure 6 : Les formats du canal PRACH

Référence :

Consultation 5G ARCEP- Bande de 3.4 GHz – 3.8 GHz

L’Arcep met en consultation publique les modalités d’attribution et les obligations pour les candidats à la 5G sur la bande de 3.4 GHz à 3.8 GHz. 300 MHz de bandes seront mis en enchère en automne 2019. La taille du bloc minimum est de 40 MHz et des blocs supplémentaires de 10 MHz de bande sont ensuite vendus aux opérateurs. Cependant, l’intérêt pour un opérateur est d’obtenir au minimum une bande de 80 MHz pour apporter une plus-value par rapport à la 4G et l’agrégation de porteuses. La taille maximum est de 100 MHz. Les fréquences seront attribuées pour 15 ans.

Cette bande de fréquence est uniformisé en Europe par le CEPT (bande n77 et n78)

Double Connectivité (DC – Dual Connectivity) 4G/5G – 3ème article

Pour continuer l’étude de la double connexion, je vous propose un call-flow. Ce call Flow termine l’étude de la Double connexion.

Le document est une lecture de la norme (Spécification 3GPP 38.912) dans un contexte ou les équipementiers testent leurs solutions. Mettez en doute chacune de mes affirmations, et n’hésitez pas à me corriger si vous détectez des erreurs.

Je me suis aussi inspiré du blog de Martin SAUTER : https://blog.wirelessmoves.com/2018/08/5g-en-dc-lets-talk-about-signaling-srb1-2-srb-3-split-srb.html

2-3) Call Flow – EN-DC NSA : Split-Bearer option 3X (Création d’un support entre le cœur réseau 4G (EPC) et une station de base en-SgNB)

Le call flow présente le ré-établissement d’un support (bearer) entre l’entité SGW et la station de base secondaire en 6 étapes pour le sens descendant uniquement (se référer au premier article). 

On considère ici le cas de l’option 3X :

  • le bearer montant est maintenu au niveau de l’entité eNB
  • le bearer descendant est configuré vers l’entité S-en-gNB (SCG Configuration) et partagé entre les deux stations de base par la station de base secondaire (SN Terminated Split-bearer)

On part évidemment dans l’hypothèse que le terminal est déjà attaché au réseau, et que le support PDN par défaut existe. Cette hypothèse permet d’avoir l’identifiant TEID UL du SGW stocké au niveau de l’entité MME, ce qui est nécessaire lors du ré-établissement de support (entre le SGW et l’eNB). Le TEID S1-UL est l’identifiant de tunnel qui sera inscrit dans le contexte de l’entité eNB (donc le Master) permettant d’étiqueter le flux montant (association avec l’identité temporaire du terminal et la QoS correspondante). Ainsi, les données émises par le terminal UE vers l’entité eNB (lien montant) et identifiées par l’identifiant radio C-RNTI seront transférées par l’entité eNB vers l’entité SGW avec l’identifiant d’acheminement TEID S1-UL (et l’adresse IP du SGW). Pour l’entité SGW, le tunnel TEID a été construit et correspond à l’identifiant du tunnel par défaut monté lors de la procédure d’attachement (PDN Connectivity).

Dans cet exemple, on suppose la création d’un support entre l’entité SGW et l’entité en-gNB. Ce support peut (mais pas obligatoire) remplacer le support existant entre l’entité SGW et l’entité eNB. On se positionne donc sur l’option 3x.

On suppose également que la station de base eNB a activé la cellule secondaire en-gNB (procédure X2AP Secondary Cell activation). Ainsi, la station de base eNB émet la liste des cellules 5G présentes dans le message de SIB2 permettant au terminal UE d’être informé de la présence du réseau 5G (et d’afficher le logo 5G).

Etape 1 : Connexion radio et cœur réseau en 4G

Le terminal UE fait une demande de connexion radio vers l’entité eNB, à laquelle la station de base répond en indiquant l’identifiant radio C-RNTI pour la connexion LTE.

A partir de l’identifiant C-RNTI, le mobile transmet une requête RRC d’établissement de support (RRC Connexion Request) en indiquant la raison de sa demande (Establishment cause).

La station de base eNB répond au terminal UE par le message RRC Connection SETUP (Support de signalisation SRB0).

Le terminal UE encapsule le message NAS (Service Request) dans le message RRC Connection Setup Complete (support de signalisation SRB1) à destination de la station de base eNB. Il indique au réseau qu’il supporte la fonction DC 4G/5G en positionnant le bit DCNR du message UE Capability Network à 1. Le message est chiffré avec la clé NAS (MME).

La station de base eNB transmet le message NAS à l’entité MME. Si l’entité MME ne parvient pas à déchiffrer le message, il procède à l’authentification et à la mise en sécurité NAS. L’authentification nécessite l’apport de l’entité HSS.

Cette procédure est optionnelle car si le message NAS est déchiffré par l’entité MME, l’authentification est alors validée.

Etape 2 :  Mise en place du support pour le lien montant UL entre l’entité eNB et l’entité SGW et du support radio bi-directionnel entre le terminal UE et la station de base (récupération des capacités du terminal et mise en sécurité AS sur l’accès LTE)

A partir de cette étape, tous les messages NAS échangés entre le terminal UE et l’entité MME sont chiffrés.

L’entité MME transmet à la station de base eNB via le message Initial Context Setup Request :

  • les capacités QoS maximales (extended UE AMBR);
  • l’identité QoS de la requête de service ;
  • l’identité du support radio (RAB Id) ;
  • le numéro de tunnel SGW TEID UL permettant d’identifier le lien UL au niveau du SGW ;
  • la clé de sécurité (KeNB) permettant de dériver les clés de chiffrement et d’intégrité sur le lien radio

A partir du message Initial Context Setup Request, l’entité eNB doit :

  • mettre en œuvre l’établissement du support E-RAB configuré par l’entité MME ;
  • sauvegarder le profil de QoS de l’utilisateur (UE-AMBR) ;
  • sauvegarder la liste de restriction de handover (handover restriction list IE);
  • transmettre les valeurs contenues dans chaque élément d’information E-RAB ID IE et NAS-PDU IE pour chaque support d’accès radio (RAB) ;
  • sauvegarder la capacité du terminal UE (exemple : IoT et le mode CE)et ses capacités de sécurités (UE security capacities et NR UE security capacities ) .

La capacité du mobile à supporter la double connexion 4G/5G est signalée à l’entité MME dans le message d’information : Extended UE-AMBR Downlink and Uplink Information Elements. Ces informations sont connues par le MME et récupérées à partir de l’entité HSS lors de la demande d’attachement de l’utilisateur.

Si la liste de restriction de handover est transmise, l’entité eNB pourra sélectionner la cellule secondaire SCG pendant l’opération de Double Connexion.

En absence d’information sur le terminal de la part de l’entité MME, la station de base demande des informations sur les capacités radios supportées par le terminal UE (UE-CapabilityRequest = eutra, eutra-nr, nr).

Le terminal UE informe la station de base MeNB (on parle maintenant de MeNB car on se prépare à la double connexion) qu’il supporte le mécanisme DC NR et indique les bandes supportées dans le message UE-CapabilityRAT-ContainerList {rat-Type EUTRA-NR, ue-CapabilityRAT-Container = UE-MRDC-Capability}, SupportedBandListNR-r15.

Les informations récupérées par l’entité MeNB sont transmises à l’entité MME par le message UE Capability Information Indication portée par l’application S1 AP

A l’issu du message Initial Context Setup Request, l’entité eNB :

  • sécurise le lien radio ;
  • établi le lien radio avec le terminal UE via le message RRC Connection Reconfiguration (SRB2)

L’entité MeNB configure le terminal UE des mesures à réaliser (Objects Measurements) sur les liens radios 4G/5G et active le lien radio (support Data) via le message RRC Connexion Reconfiguration en fournissant au terminal UE le numéro de séquence PDN et l’identifiant du support radio (EPS Radio Bearer Identity).

Le terminal UE confirme l’activation du support par défaut (RRC Connection Reconfiguration Complete).

A partir de ces messages RRC Connection Reconfiguration, le support radio data (RAB) est établi dans les deux sens entre le terminal UE et la station de base. Le terminal peut donc recevoir ou transmettre des données avec la station de base.

Une fois la connexion établie (et sécurisée), l’entité eNB acquitte la demande d’établissement de support du MME par le message Initial Context Setup Response. Ce message contient la liste des supports RAB (E-RAB list) qui sont établis par l’entité MeNB.

Etape 3 : Configuration du support S1-U pour le lien descendant DL

L’entité MeNB transmet à l’entité MME le message Initial Context Setup response en réponse au message Initial Context Setup request transmis précédemment par le MME pour la demande d’établissement du support. C’est à ce moment que l’entité MeNB transmet à l’entité MME l’identifiant TEID DL qui sera utilisé par le SGW pour l’acheminement du trafic descendant vers la station de base MeNB (et à destination du terminal UE).

L’entité MME créée une entrée dans la table d’acheminement de l’entité SGW avec l’identité TEID DL et l’adresse IP de l’entité eNB pour le contexte de transfert en DL. A partir de ce moment, le trafic descendant est possible au niveau du cœur réseau et donc de bout en bout.

A ce stade, le support EPS par défaut est établi permettant une connexion bi-directionnelle entre le terminal UE, la station de base maîtresse MeNB, et les entités du plan de transport SGW/PGW.

Etape 4 : Préparation à la Double Connexion 4G/5G (option 3)

La procédure d’ajout d’un nœud secondaire est controlée par l’entité MeNB et la requête est soumise à la station de base secondaire via le message SgNB Addition Request. Cette procédure permet à la station de base maitresse de définir le type l’option DC (3/3a/3x) en transmettant les identifiants de tunnel TEID pour le support MCG/SCG ou en demandant à l’entité SgNB de fournir les identifiants de tunnel pour le support SCG.

Si on revient sur la figure 8, il y a beaucoup d’options possibles :

  • MCG bearer (option 3a);
  • SCG bearer (option 3a);
  • MN Terminated Split-bearer (option 3);
  • SN Terminated Split Bearer (option 3x).

Chaque support est transmis du cœur de réseau vers l’entité MeNB ou vers l’entité SgNB ou vers les deux. On va nommer la station de base en-gNB sous le terme SgNB.

A titre d’exemple, le support (bearer) peut être reçu par l’entité SgNB et les paquets DL sont transmis de l’entité SgNB vers l’entité MeNB. La norme précise que si la requête SgNB Addition Request demande la configuration entre le coeur de réseau 4G et l’entité S-gNB alors l’entité S-gNB transmet l’identifiant de tunnel S1 SGW TEID DL à l’entité MeNB pour modifier le tunnel descendant avec l’entité SGW. Pour terminer le tunnel descendant vers l’entité eNb, ce dernier transmet l’identifiant de tunnel MeNB DL GTP TEID at MCG IE pour le tunnel entre l’entité SgNB et MeNB. Dans ce cas, l’entité SgNB doit utiliser ce numéro de tunnel en tant qu’acheminement en DL (DL X2-U) pour délivrer les paquets DL PDCP.

Pour résumer :

  1. avant l’ajout d’un noeud secondaire, le tunnel data s’effectue entre le CN et l’entité MeNB.
  2. Après l’ajout du noeud secondaire, l’entité SGW aura modifié sa table de commutation vers l’entité SgNB (identifiant S1 SGW DL) et l’entité SgNB aura crée une table dans sa table de commutation vers l’entité MeNB (MeNB DL GTP TEID).

Mais pendant la phase de changement de commutation de tunnel entre l’étape 1 et l’étape 2, les paquets transmis du SGW vers l’entité MeNB seraient perdus? Il faut donc assurer un tunnel temporaire entre l’entité MeNB vers l’entité SgNB des données arrivant du SGW. Ce numéro de tunnel est transmis dans le message SgNB Addition Request, par le paramètre MeNB UL GTP TEID at PDCP IE. Pour que le tunnel soit complet, l’entité SgNB va répondre dans le message SGNB ADDITION REQUEST ACKNOWLEDGE le numéro de tunnel du SgNB (Secondary SgNB DL GTP TEID at SCG IE) en indiquant le mode de transmission (duplication ou non).

Nous allons maintenant étudier les requêtes, cependant, avant d’établir une double connexion, l’entité MeNB analyse les mesures effectuées par le terminal UE.

Dans le précédent message de signalisation RRC Connexion Reconfiguration SRB2, l’entité MeNB avait transmis au terminal UE les éléments de mesure (measurement objects) à réaliser. Dans le cas d’un terminal compatible DC LTE/NR, la station de base maîtresse MeNB demande au terminal UE d’écouter les signaux de références NR.

Le terminal UE se synchronise sur les signaux de références PSS/SSS 5G et mesure le niveau de puissance reçu à partir des canaux de références DM-RS (transmis avec le bloc SSB : bloc de synchronisation et BCCH) et le signal de référence CSI-RS. A cette étape, le terminal ne cherche pas à établir un support de signalisation SRB avec la station de base secondaire SgNB, mais uniquement à remonter la qualité du lien radio NR.

Si la mesure du lien radio réalisée par le terminal UE et transmise à la station de base MeNB permet d’établir une double connexion, la station de base maitresse MeNB demande l’ajout d’un second nœud radio avec la station de base secondaire 5G SgNB.

Nous allons étudier la procédure d’ajout du nœud secondaire (procédure SgNB Addition). Nous verrons ensuite la procédure de modification du nœud secondaire. La procédure d’ajout d’un nœud secondaire s’effectue par un échange d’information sur le routage et la QoS des supports, et la procédure de modification permet de changer la configuration.

La requête SgNB Addition Request transporte les informations de configuration du support (TEID, E-RAB Parameters), les capacités du terminal et les informations de sécurité de la couche radio : Pour le chiffrement, la station de base MeNB indique au terminal si le chiffrement sera réalisé par l’entité PDCP 4G ou par l’entité PDCP 5G.

En fonction de l’option DC choisi (ou imposée) par l’entité MeNB, les paramètres échangés entre la station de base maitresse MeNb et secondaire définissent :

  • le routage du support (bearer) soit au niveau du cœur réseau (MCG/SCG), soit au niveau de l’accès radio (MeNB ou SgNB pour le split-bearer) ;
  • l’allocation de ressource et la QoS attendue sur le support MCG ou le support SGC (Request MCG E-RAB Level QoS Parameter IE ou Request SCG E-RAB Level QoS Parameter IE).

Ainsi, les paramètres transmis lors de la procédure d’ajout d’un nœud secondaire concernent :

  • les caractéristiques du support radio E-RAB (E-RAB Parameters, TNL address information) ;
  • les dernières mesures radios correspondant à l’entité SgNB
  • les informations de sécurité pour l’établissement du lien de signalisation SRB3 (option si la configuration SRB-splitUL est activée)
  • les informations
    • de configuration SCG avec les capacités du terminal UE (UE capabilities and UE capability coordination result) : les identifiants de tunnel SgNB DL TEID
    • de configuration Split-bearer avec les capacités du terminal UE : les identifiants de tunnel dans le cas de l’établissement d’un support nécessitant un transfert via l’interface X2-U entre les nœud maître et secondaire (MN et SN) pour le split bearer : X2-U TNS address information (MeNB UL TEID)
  • les caractéristiques de la QoS dans le cas de l’option de split-bearer.
    • maximum supportable QoS level

Si la station de base secondaire accepte la demande d’ajout de nœud, celle-ci répond par un message SgNB Addition Request acknowledge et transmet :

  • l’allocation des ressources radios nécessaires pour le transport des flux ;
  • décide de la mise en place de l’agrégation de porteuse en attribuant des ressources sur la cellule principale PScell (cellule de service ou Serving Cell) et éventuellement les cellules secondaires pour l’agrégation de porteuses sur l’entité gNB (SGS Scells) ;
  • selon l’option choisi (option 3a ou option 3x) :
    • fournit les identifiants d’adressage sur le lien X2-U dans le cas ou du trafic doit être transmis entre l’entité MeNB et l’entité SgNB.
  • Selon le mise en place de ressources radio SCG, l’entité SgNB fournit la configuration des ressources

Dans le cas de l’option de configuration du support SCG ou de l’option 3x (split-bearer) sur l’entité SgNB, le support radio est géré par l’entité PDCP de la station de base secondaire SgNB. Dans ce cas, l’entité maîtresse MeNB propose la modification d’acheminement d’un certain nombre de supports sur la liaison descendante. Les différents supports à modifier sont indiqués dans les éléments d’informations DL forwarding IE du champ E-RAB to Be Added Item (tableau 1).

Tableau 1 : Les champs d’information de la requête en-SgNB addition Request

La liste des supports radios E-RAB pris en charge par l’entité secondaire SgNB est transmise à la station de base maitresse MeNB via le message SgNB Addition Request Acknowldge.

L’entité SgNB valide en totalité ou partiellement la demande de l’entité MeNB. Les supports pris en charge par l’entité SgNB sont indiqués à l’entité SgNB dans l’élément DL Forwarding GTP Tunnel Endpoint du champ E-RAB to Be Added Item (tableau 2).

L’allocation de ressource au niveau de la station de base secondaire SgNB permet :

  • d’établir la cellule primaire Pscell et éventuellement d’autres SCG Scells
  • Dans le cas de l’option 3 ou 3x nécessitant un support sur l’interface X2-U
    • l’entité SgNB fournit les informations d’adressages X2-U TNS pour l’acheminement des données
  • Dans le cas d’une requête de support radio SCG radio
    • l’entité MeNB fournit la configuration des ressources radio SCG

Tableau 2 : Les champs d’information de la requête SgNB addition Request Acknowledge

Pour résumer, la configuration (pour chaque support radio) de la table d’acheminement correspondant à l’option 3/3a/3x de la double connexion est transmis par l’entité secondaire SgNB vers l’entité MeNB dans le message SgNB Addition Request Acknowldge :

  • SCG Bearer
    • une identité de tunnel S1 DL GTP TEID ;
    • une identité de tunnel DL Forwarding pour le transfert du bearer dédié à l’eNB (et non partagé, le tunnel arrive à l’entité S-gNB et est entièrement transmis à l’entité MeNB);
    • une identité de tunnel UL Forwarding pour transmettre les données reçues par l’entité MeNB vers le CN (point d’ancrage SgNB)
  • Split-bearer
    • une identité de tunnel S1 DL Forwarding GTP TEID
    • une identité de tunnel X2 DL GTP TEID pour les données partagées au niveau de l’entité SgNB et destiné à l’entité MeNB.

Dans le cas de l’option 3a (avec le SCG bearer défini au niveau de l’entité en-gNB) et dans le cas de l’option 3x (le split bearer est ancré au niveau du en-gNB), l’entité MeNB devra communiquer au MME l’identifiant de tunnel S1 DL TEID pour l’établissement du bearer S1-U entre l’entité en-gNB et l’entité SGW.

Dans le cas du SCG bearer défini au niveau de l’entité MeNB ou dans le cas du split bearer au niveau de l’entité eNB (option 3), la modification d’acheminement porte sur le routage de tunnel TEID entre l’entité en-gNB et l’entité MeNB : la station de base maîtresse MeNB va transmettre à l’entité en-gNB l’identifiant de tunnel X2 UL TEID pour l’établissement du bearer X2-U entre l’entité S-gNB et l’entité SGW et l’entité SgNb envoie l’identifiant de tunnel X2 DL TEID à l’entité MeNB.

Si la station de base maitresse MeNB a demandé à l’entité SgNB la configuration d’un support MCG en transmettant dans le message SgNB Addition Request la ressource MeNB DL GTP TEID at MCG, alors l’entité SgNB doit utiliser l’adresse X2-U pour les paquets PDU PDCP dans le sens descendant.

A partir du moment où les règles d’acheminement ont été négociées entre l’entité maitresse MeNB et l’entité SgNB, la station de base MeNB transmet au terminal UE la nouvelle configuration radio. Le contenu de la configuration du lien radio est transmis par l’entité MeNB au terminal UE via le message RRC Connection Reconfiguration (SRB2). Ce message transporte la requête NR RRC Connection Reconfiguration

A partir de ce message, le terminal UE récupère la configuration du lien RACH avec l’entité SgNB et l’identité C-RNTI pour l’accès 5G.

Le terminal UE transmet le message RRC Connection Reconfiguration Complete à l’entité MeNB. Ce message transporte la requête NR RRC Reconfiguration Complete destiné à l’entité SgNB. La station de base maîtresse transfert ce message à l’entité SgNB via l’interface X2 à travers le message SgNB Reconfiguration Complete. La station de base maitresse transmet ensuite le numéro de séquence SFN des supports SCG qui seront transférés vers l’entité SgNB.

A ce stade, le support radio NR n’est pas encore finalisé, mais les données du support reçue au niveau de l’entité MeNB et provenant de l’entité SGW sont routées et bufférisées au niveau de l’entité SgNB.

Etape 5 : Création d’un support SCG entre le cœur de réseau 4G et la station de base SgNB

Dans le cas de la création du support SCG, la station de base maîtresse demande à l’entité MME de modifier la table d’acheminement au niveau de l’entité SGW afin d’acheminer les supports vers la station de base SgNB et non plus vers la station de base maîtresse MeNB.

L’entité MME modifie la table d’acheminement au niveau du SGW par une requête de modification de support (Modify Bearer). Une fois la modification portée, l’entité SGW confirme à l’entité eNB la suppression du bearer, ce dernier transfère alors les données subséquentes vers l’entité SgNG en attendant l’établissement du lien radio NR.

Dans le cas de l’option du split bearer option 3, l’entité MME n’est pas informé de la modification de la demande de bearer S1-U.

Dans le cas de l’option du split-bearer option 3x, l’entité MME est informé de la modification du point de terminaison du bearer S1-U.

Etape 6 : Etablissement de l’accès radio 5G

Le terminal UE se synchronise sur l’accès radio NR avec l’entité SgNB à partir des signaux de synchronisation PSS et SSS. A partir du PSS et SSS, le terminal UE récupère le numéro de la cellule NR PCI.

La lecture du MIB permet au mobile de se synchroniser avec le début de la trame.
Le terminal UE fait une demande d’accès radio via la procédure d’accès aléatoire RACH. Le préambule aléatoire est déterminé par la lecture du MIB (accès avec contention) ou à partir des informations transmises au mobile lors de l’étape 4 pour un accès sans-contention (message RRC Connection Reconfiguration).

La station de base secondaire fournit l’identifiant temporaire RA-RNTI puis alloue des ressources radio NR au terminal (DCI 1.0). Le terminal acquitte par une réponse en UL (PUSCH) et des données sur le lien montant.

La connexion bidirectionnelle est établie entre le terminal UE et le cœur de réseau SGW via l’entité SgNB.

Régulièrement, le terminal UE transmet à la station de base maîtresse MeNB l’information PHR (Power HeadRoom) concernant à la fois le lien sur la station maitresse et secondaire.

Le terminal transmet également les rapports de puissance régulièrement vers l’entité maitresse MeNB. L’entité MeNB transfert les informations de mesure vers l’entité secondaire SgNB.

 

Double Connectivité (DC – Dual Connectivity) 4G/5G – 2ème article

2-1) Architecture du plan de contrôle

Dans l’architecture DC, chaque station de base gère son propre ordonnanceur : Chaque ordonnanceur est responsable de l’allocation des ressources radio-électriques dans la cellule. Il est cependant nécessaire de partager des informations de contrôle entre la cellule secondaire (en-gNB) et la cellule maîtresse (MeNB) comme le contrôle de la mobilité et la mesure du lien radio entre la station de base secondaire et le terminal UE.

Chaque nœud radio (eNB et en-gNB) dispose de sa propre entité RRC.

La connexion initiale s’effectue entre le terminal UE et la station de base 4G. La station de base 4G initie l’établissement du support radio avec la station de base en-gNB ce qui nécessite l’échange de signalisation RRC entre le terminal UE et la station de base en-gNB.

Le canaux radio de signalisation SRB sont transmis sur le groupe de cellules maîtresses MCG mais optionnellement, le terminal UE peut également échanger de la signalisation directement avec la station de base secondaire.

Pour transporter les messages RRC entre le terminal et les nœuds d’accès radio, les signalisations SRB (Signaling Radio Bearer) sont utilisés :

  • SRB0 concerne les messages RRC portant les informations du canal logique de contrôle commun CCCH (Common Control Channel)
  • SRB1 transporte les messages NAS précédent l’établissement du support SRB2 concernant les canaux logiques de contrôle dédié DCCH
  • SRB2 à l’instar du support SRB1 transporte les canaux logiques de contrôle dédié DCCH avec une priorité plus petite que le support SRB1. Le support SRB2 est toujour configuré après la mise en place de la sécuri :té du lien radio.
  • SRB3 transporte des messages RRC spécifiques au mécanisme DC et directement échangés entre l’entité SgNB et le terminal UE (optionnel).

Chaque entité MeNB et SgNB est configuré au niveau du lien radio pour communiquer des flux de données avec le terminal UE en fonction du mécanisme DC, on note :

  • MCG (Master Cell Group) : Des messages SRB1/SRB2 sont transmis directement entre le terminal et la station de base MeNB
  • Split SRB (SRB1+SRB1S, SRB2, SRB2S) : la signalisation SRB est séparée au niveau de la couche PDCP entre l’entité MeNB et SgNB. La signalisation SRB du nœud maître est donc transmise soit au niveau du nœud maître, soit au niveau du nœud secondaire et réciproquement, la signalisation SRB du nœud secondaire est donc transmise soit au niveau du nœud maître, soit au niveau du nœud secondaire. Les messages RRC du nœud secondaire peuvent être encapsulés dans les messages RRC de la station de base maîtresse.
  • SCG (Secondary Cell Group) : les messages de signalisation SRB3 sont transmis directement entre la station de base secondaire (SgNB) et le terminal.

Ainsi, dans le cas où le lien SRB3 est configuré entre le terminal UE et la station de base secondaire, les rapports de mesure du lien radio (CSI) et la mobilité peuvent être transmises directement vers l’entité en-gNB (figure 6). Sinon, ceux-ci sont transmis dans un containeur SRB2 entre les deux stations de bases par le message RRC Transfer.

Figure 6 : Architecture du plan de contrôle

Avant de procéder à la reconfiguration du lien radio pour la double connexion, la station de base doit vérifier la compatibilité du terminal UE (capability information).

2-2) Etablissement de la connexion radio

L’entité MeNB et en-gNB disposent de leur propre ordonnanceur : chacun gère la quantité de données à transmettre et l’allocation radio via des messages RRC. La signalisation RRC permet d’établir ou libérer le support data, de réaliser de l’agrégation de porteuses, de réaliser le handover vers une autre station de base, d’allouer un canal dédié.

Il est néanmoins nécessaire de configurer le support de signalisation (SRB : Signaling Radio Bearer) pour pouvoir transmettre les requêtes RRC. Il existe trois façon pour configurer le SRB au niveau de la station en-gNB :

1ère possibilité : La station de base maîtresse MeNB configure le SRB1 et SRB2 avec le terminal UE pour ses messages RRC. L’entité en-gNB transmet ses messages RRC à l’entité MeNB sur l’interface X2 et l’entité MeNB encapsule ses messages RRC en provenance (ou respectivement pour) l’entité en-gNB dans les supports de signalisation SRB2 vers (ou respectivement) depuis le terminal UE.

2ème possibilité : La station de base maîtresse MeNB utilise le support radio de signalisation SRB1/SRB2 pour ses propres messages RRC. La station de base secondaire en-gNB établit son propre support de signalisation SRB3 pour communiquer directement avec le terminal UE.

3ème possibilité : La station de base maîtresse MeNB établit une séparation de support (split bearer ou plus précisément split Radio Bearer) pour la signalisation : Les messages RRC de la station de base maitresse MeNB et les messages RRC de la station de base secondaire en-gNB encapsulés dans le support radio de signalisation SRB1/SRB2 peuvent être émis par l’entité MeNB ou l’entité en-gNB ou par les deux.

Une fois le support de signalisation radio configuré, chaque station de base MeNB et en-gNB peut transmettre ses données vers le terminal UE à travers les sous-couches PDCP, RLC et MAC (figure 7) :

Figure 7 : Architecture protocolaire pour la transmission de la signalisation (SRB)

Le trafic est partagé soit au niveau du cœur réseau (option 3a) soit au niveau de l’entité MeNb (option 3) ou au niveau de l’entité en-gNB (option 3X).

Le support MCG (Master Cell Group) est le support radio (radio bearer) fournit par la station de base maitresse MeNB (lequel peut aussi procéder à de l’agrégation de porteuses).

Le support SCG (Secondary Cell Group) est le support radio (radio bearer) fournit par la station de base en-gNB (lequel peut aussi procéder à de l’agrégation de porteuses).

D’un point de vue cœur réseau, on distingue deux supports différents. Pour bien comprendre la figure 6 et la notion de split-bearer, il faut revenir sur la définition du support.

Un bearer EPS porte des flux de trafic ayant les mêmes caractéristiques QoS (QCI, ARP, GBR, MBR) entre l’entité PGW et le terminal UE. Ce bearer est caractérisé par :

  • des paramètres de QoS (latence, débit, taux d’erreur) ;
  • des identifiants d’acheminement permettant le routage de bout en bout.

Le bearer S1-U et le bearer radio forment une connexion logique entre l’entité SGW et le terminal UE.

La notion de split bearer concerne le partage du support radio au niveau de l’entité PDCP de la station de base eNB ou de la station de base secondaire en-gNB. Ce partage aurait pu être réalisé par l’entité RLC ou MAC. Dans le cas du DC 4G-5G, c’est l’entité PDCP qui partage le support. Dans l’option 3, le split bearer concerne le support MCG, dans l’option 3x, le split bearer concerne le support SCG.

Figure 8 : Architecture protocolaire DC option 3, 3a et 3X

Le rappel de la définition du bearer est importante pour expliquer cette figure : Le bearer MCG correspond à un support transmis sur l’interface radio LTE, le bearer SCG est transmis sur l’interface radio NR.

Le bearer MCG et le bearer SCG sont définis par des caractéristiques de QoS et de routage. Du point de vue du cœur réseau, le routage est établi de bout en bout par l’entité MME entre l’entité SGW et le nœud radio, celui-ci peut être le nœud radio eNB ou le nœud radio gNB.

Donc, d’un point de vue cœur réseau il y a deux supports : le bearer MCG et le bearer SCG.

Le point de terminaison du bearer MCG est soit la station de base eNB soit la station de base en-gNB. Le point de terminaison du bearer correspond au tunnel TEID. Par contre, le bearer MCG est transmis sur l’interface radio LTE, donc si le point de terminaison est l’entité eNB, le flux est pris en charge par l’entité eNB, si le point de terminaison est l’entité gNB, le flux est acheminé vers l’entité eNB.

La figure 8 montre que le traitement est effectué au niveau de l’entité PDCP, le chiffrement est donc défini par un chiffrement NR ou LTE.

Ainsi, le standard défini :

  • un bearer MCG ou SCG entre le cœur réseau et l’entité eNB ;
  • un bearer MCG ou SCG entre le cœur réseau et l’entité gNB.

Les flux du bearer MCG qui sont acheminés sur l’entité eNB sont transmis intégralement sur les entités protocolaires PDCP 4G, RLC 4G et MAC 4G de l’entité eNB, alors que les flux du bearer SCG acheminés sur l’entité eNB sont pris en charge par l’entité protocolaire PDCP 5G de l’entité eNB et transmis intégralement à l’entité RLC 5G et MAC 5G de l’entité gNB.

Le même raisonnement peut être appliqué au niveau des flux du bearer MCG ou SCG acheminés sur l’entité gNB.

C’est ce que montre la figure 8 (spécification TS 37.340 figure 4.2.2.3) et le terminal dispose de deux entités PDCP : l’entité 4G PDCP configurée lors de la demande de session de la part du terminal, et l’entité 5G PDCP est configurée lors de la double connexion. L’entité 5G PDCP est gérée par la station de base MeNB (Option 3) ou par la station de base SgNB  (option 3a ou 3x).

Le split-bearer introduit la notion d’un seul bearer vu du coté cœur réseau qui est partagé entre l’entité eNb et en-gNb par l’un des deux nœuds (option 3 par l’entité eNb et option 3x par l’entité en-gNB).

Remarque : Il est à noter que le split bearer peut être configuré uniquement en DL. Ainsi dans le cas de l’architecture DC option 3x plus particulièrement, les équipementiers ont choisi de séparer le flux descendant entre l’entité en-gNB vers l’entité MeNB pour pouvoir augmenter le débit descendant mais le flux montant est ancré au niveau de l’entité MeNB.

Ainsi, pour l’option 3x, lorsque l’entité en-gNB réalise la séparation du support au niveau de la couche NR-PDCP, le mobile traite les données dans les couches NR RLC et LTE RLC.

Figure 9 : Option 3x – Split bearer pour le lien descendant

Figure 10 : Option 3a : MCG/SCG bearer

Figure 11 : Option 3x : MCG et split-bearer

Dans un prochain article nous traiterons le call-flow