Réaumur, auteur d’une grande œuvre sur les petites bêtes

Pour qui s’intéresse aux insectes, le service du Fonds Ancien conserve les 6 tomes des « Mémoires pour servir à l’histoire des insectes » de Réaumur qui, avec Linné, constitue la plus grande figure de l’entomologie du XVIIIe siècle.

Réaumur, page de titre des « Mémoires… », tome 1 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, M 5038)

En quoi cette œuvre « monumentale » est-elle digne d’intérêt ? Parce qu’avant Réaumur, la science des insectes (qui ne s’appelait pas encore « entomologie ») avait suivi trois grandes voies incomplètes ou défectueuses. Lire la suite

« Sur les chemins noirs » de Sylvain Tesson

"Sur les chemins noirs" - Couverture - Source : www.decitre.fr

« Sur les chemins noirs » – Couverture – Source : www.decitre.fr

Sylvain Tesson est écrivain, géographe, voyageur, grand marcheur. Son truc : vivre et dormir dehors, traverser les grands espaces, griffonner ses impressions.

En 2014, ce « stégophile » (= qui aime escalader les toitures) chute d’un toit et se retrouve en miettes, dix mètres plus bas. Trois mois plus tard, l’issue du traumatisme ne sera pas seulement une sortie d’hôpital mais aussi une fugue géographique. Tesson veut « ficher le camp ». Ou, précisément, « ficher la campagne » : « des motifs pour battre la campagne, j’aurais pu en aligner des dizaines. Me seriner par exemple que j’avais passé vingt ans à courir le monde entre Oulan-Bator et Valparaiso et qu’il était absurde de connaître Samarcande alors qu’il y avait l’Indre-et-Loire. » (p. 17-18)

L’idée de Tesson est très simple : existe-t-il encore une France où il est possible de fuir la modernité et la vitesse ? Une France épargnée par « l’aménagement du territoire » ? La réponse, il la trouvera par les aménageurs eux-mêmes, dans un rapport sénatorial de 2014 intitulé : « Hyper ruralité. » Lire la suite

La condition animale (toujours plus) en question

 

Plan d'un abattoir modèle Larousse 1922

Image « Plan d’un abattoir modèle (extrait du Larousse Universel en deux volumes, 1922) », par Frédéric Bisson – CC BY 2.0 – Source : Flickr

La dénonciation de l’exploitation animale (celle de l’agriculture intensive et de la filière agro-alimentaire avant tout) et de son corollaire potentiel, la souffrance, constitue aujourd’hui non plus un simple élan mais un mouvement social de fond. En témoignent diverses manifestations œuvrant pour la défense de la cause animale : végétarisme, véganisme, antispécisme, « affaires » des abattoirs lancées par l’association L214, intellectuels appelant à la création d’un secrétariat d’État à la condition animale, création d’un parti animaliste, création du collectif « Animal politique »… Qui plus est, cette secousse se développe sur le plan d’une érosion sans précédent de la biodiversité mondiale. Lire la suite

Non à la vie hors-sol !

neo-paysansLe monde moderne se cherche des niches, des refuges, des écarts loin du bruit, de l’affairisme et des big datas. Dans ce tapage insistant, la paix intérieure est devenue une sorte de pathos mythique. Cette quiétude, que recherchaient déjà il y a 900 ans les moines cisterciens quand ils faisaient le choix d’aller vivre au « désert », les néo-paysans la convoitent.

Les néo-paysans ? : des jeunes, ici un informaticien, là un chargé d’étude, directeur d’entreprise, directrice de musée d’art, DJ, ouvrier, ingénieur… ont quitté leur profession et un mode de vie « urbain » Lire la suite

Folie des grandeurs de l’agriculture intensive

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Couverture (Source : Decitre.fr)

 

Pour peu que le citoyen établisse un rapport entre la nourriture qu’il mange et la terre qui la produit, il devra s’intéresser à cet intermédiaire essentiel à sa vie : l’agriculteur. Depuis le Néolithique, celui qui nourrit ses congénères s’inscrit dans une très longue histoire de la stabilité, des millénaires de pratiques dites « agro-sylvo-pastorales » bouleversées par une accélération technique soudaine depuis l’après-guerre. C’est cette césure et ses conséquences écologiques et sanitaires que Fabrice Nicolino développe dans un essai critique de 2015 intitulé : « Lettre à un paysan sur le vaste merdier qu’est devenue l’agriculture. »

Paradoxalement, autant l’histoire de la paysannerie Lire la suite

Biohistoire II – « Biohistoire des papillons » (2012), œuvre inédite et édifiante

(Suite de l’article Biohistoire I)

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En 1992, une association, « L’atlas entomologique régional » (Nantes), entreprend d’enquêter sur l’histoire des lépidoptères rhopalocères (« papillons de jour ») dans les départements de la Loire-Atlantique et de la Vendée depuis le début du XVIIIe siècle jusqu’en 2005. Ses membres, promouvant la notion de biopatrimoine et une culture naturaliste, font le constat d’une érosion de la biodiversité des papillons dans l’ouest de la France.

Pourquoi avoir fait le choix des lépidoptères rhopalocères ? Lire la suite

Biohistoire I – « Si l’Homme a un devoir de mémoire envers la biosphère, alors où sont les biohistoriens ? » (Christian Perrein)

Christian Perrein, en prospection lépidoptérologique dans la forêt de Vouvant (Vendée), le 4 mai 1999 (photo : Fabrice Bartheau) Diffusion autorisée par l’auteur

Hors l’homme, le vivant ne peut plaider sa propre cause. L’impossibilité à se prendre lui-même en charge face à l’anthropisation trouve dans la sensibilité des écologistes/naturalistes la seule possibilité de discours et de recours. Des voix se lèvent contre l’artificialisation des milieux, les produits phytosanitaires dans l’air et le sol, les pollutions diverses ou le réchauffement planétaire, mais ces voix sont souvent partielles, expertes, alors que l’écologie est le monde de la transversalité, des interdépendances et des équilibres. Plus encore, le discours écologiste est souvent battu en brèche par le monde de l’argent, des multinationales et des lobbys agro-industriels.

Un biopatrimoine existe, largement méconnu et invisible du grand public : la défense de l’okapi sera toujours davantage médiatisée que celle du mélibée, petit papillon Lire la suite

« Ici » de Richard McGuire : une expérience du Temps

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Ici – Couverture – Source : Gallimard.fr

Comment rendre compte non pas de l’histoire circonstanciée d’un lieu, mais de la vie qui l’a traversée au cours du temps ? Comment procurer la sensation même de l’instant à travers les âges ?

Dans « Ici », le parti pris du dessinateur Richard McGuire est le suivant : fixer sur doubles-pages des scènes de la vie prises en un même lieu, selon un même angle de vue et à différentes périodes. Le choix du lieu, c’est la maison où l’auteur a grandi, et dont la représentation du salon occupe la plupart des planches. Ce n’est pas tout : son procédé consiste à incruster de petits cartouches dans le dessin principal, chaque cadre affichant des dates différentes, qui vont du magma primitif il y a 3 milliards d’année jusqu’à la projection d’une submersion marine des terres due au réchauffement climatique. Lire la suite

COP 21 : la bibliothèque présente une sélection d’ouvrages sur le climat

En écho à la Conférence de Paris sur le changement climatique (30 novembre – 11 décembre 2015), la bibliothèque propose une sélection d’ouvrages sur le climat. Ces ouvrages sont tous empruntables.

En voici la liste :

  • Atlas du climat : face aux défis du réchauffement / François-Marie Bréon et Gilles Luneau / Autrement, 2015.

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  • Histoire du climat depuis l’An Mil / Emmanuel Le Roy Ladurie / Flammarion, 1989

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« J’ai une maladie, je vois le langage » – 2015, centenaire Roland Barthes

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Roland Barthes – Photo : Michel Delaborde CC BY-SA 4.

Roland Barthes aurait eu 100 ans cette année. 2015 est donc l’occasion de le (re)découvrir.

Nous proposons de vous confronter à l’ensemble de ses livres, que nous présentons en salle de Lettres dans leur chronologie (1953-1980). En complément, vous trouverez quelques-uns de ses écrits posthumes. Vous pourrez ainsi bouquiner dans l’oeuvre de Barthes ou parcourir les nombreux extraits de cette oeuvre que nous avons sélectionnés sur des panneaux. Lire la suite