Cinema and Soviet Society : From the Revolution to the Death of Stalin

En 2001, dans le cadre de la série de film russe KINO, Peter Kenez fait réédité son ouvrage intitulé : Cinema and Soviet Society, 1917-1953, Cambridge University Press ( 1992 ). Il dote son livre d’un nouveau titre : Cinema and Soviet Society : From the Revolution to the Death of Stalin, et y apporte certaines modifications. 

Cette nouvelle édition s’articule en trois partie : « L’âge d’Or » ; « L’âge de Staline » ; et « La Mort du Film Soviétique ». La première partie débute par une étude générale du cinéma pré-révolutionnaire en Russie. Elle traite ensuite la naissance de l’industrie du cinéma soviétique, intitulée « L’âge d’or », et l’apport du cinéma soviétique durant la première décennie de la révolution. La seconde partie traite les thèmes de la Révolution culturelle dans le cinéma soviétique, l’industrie du film, la censure, le réalisme socialiste, et la Seconde Guerre mondiale. Pour finir, Peter Kenez développe son propos sur le péril du cinéma soviétique, durant les dernières années de vie de Staline.

Peter Kenez indique dans son introduction qu’il est historien, et qu’en tant que tel, son intérêt réside dans de l’utilisation du cinéma comme objet de propagande et d’endoctrinement de masse. Peter Kenez précise qu’il ne s’appuie ni sur les théories du cinéma moderne, ni sur celles de la sémiotique. Il n’aborde ni le développement du cinéma soviétique comme forme artistique, ni la technologie utilisée par les réalisateurs. Kenez ne se propose pas de faire une lecture approfondie des éléments constitutifs du cinéma russe, ni une analyse de la carrière de grands réalisateurs russes. Kenez essaye – à travers l’histoire politique de l’Union Soviétique – de fournir des éléments permettant de comprendre l’industrie du cinéma. Il est largement reproché à Kenez de développer une analyse sur le relation complexe entre culture et politique, sans s’appuyer sur une théorie cadre sur laquelle il pourrait développer son propos.

Kenez voit le cinéma soviétique alternativement, comme un outil de propagande, une falsification de la réalité, et comme source permettant de comprendre l’état d’esprit du peuple au moment des grandes transformations sociales. Malheureusement Kenez ne développe pas son propos sur une théorie moderne du cinéma, qui illustrerait la relation complexe entre le cinéma soviétique et la société soviétique.

Les changements apportés à la deuxième édition sont minimes, et ne remettent pas en question, ni ne complètent les théories développés dans la première édition. À titre d’exemple, nous pouvons prendre la théorie selon laquelle le cinéma soviétique aurait été sur le point de disparaître en même temps que Staline. Cette théorie s’avère, aux vues des nouvelles découvertes, tout à fait erronée.

Bien que la bibliographie ait été mise à jour, il est regrettable que Kenez n’ait pas profité des découvertes récentes de Richard Stites, Yury Tsivian, Joan Nueberger, et Evgeny Dobrenko pour compléter les théories développées dans son ouvrage.

Ce livre est une bonne introduction pour les personnes qui veulent aborder le cinéma Soviétique. Il sera toute fois insuffisant pour les personnes qui recherchent une théorie novatrice du cinéma soviétique.

ANTHONY Anemone, The Russian Revue, Wiley, Vol. 62, No. 2, avril, 2003. 

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