Pour une médecine qui s’appuie sur la science

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En mars 2013 l’académie de médecine publiait un rapport analysant l’efficacité de plusieurs médecines alternatives. Elle reconnaissait une efficacité – certes faible et limitée à certaines conditions – à ces thérapies. Le temps où l’académie de médecine parlaient de « doctrines irrationnelles et antiscientifiques » (p. 951) semble désormais loin. Cette différence d’approche me semble être symptomatique du chemin parcouru par ce que l’on appelle la médecine basée sur les preuves et j’aimerais ici expliquer pourquoi il faut aujourd’hui défendre une médecine basée…sur la science!

Qu’est-ce que la médecine basée sur les preuves?

La pyramide ci-dessous représente ce qui est généralement considéré comme un classement de la « fiabilité » d’une preuve. Les témoignages (case reports), par exemple, sont considérés être des preuves moins rigoureuses que des études de cas témoins (case control studies), qui sont elles aussi, moins solides que des études contrôlées randomisées en double aveugle (RCT). Notons que la pyramide se termine par ce que l’on appelle des méta-analyses; il s’agit cette fois de réunir toutes les études RCT sur un sujet donné et d’en déduire une tendance globale. Ce niveau de preuve est considéré comme l’outil absolu pour déterminer l’efficacité d’un traitement. Le groupe Cochrane est d’ailleurs le groupe le plus connu pour la rigueur de ses méta-analyses, ses publications sont une référence en médecine.

Cette pyramide de hiérarchies des preuves représente donc le moyen le plus sûr selon les défenseurs de la médecine basée sur les preuves pour éliminer les thérapies se montrant inefficaces ou qui font plus de mal que de bien. Pourtant cette pyramide souffre d’une faiblesse que nous allons tenter de mettre en évidence avec quelques exemples. En basant son évaluation exclusivement sur les méta-analyses et RCT, la médecine basée sur les preuves peut parfois conduire à des contradictions car elle oublie de prendre en considération le corpus scientifique existant.pyramid12

Cas de l’homéopathie

Nous avons déjà parlé rapidement de l’homéopathie sur ce blog. Rappelons qu’il s’agit plus d’un rituel magique que d’une véritable science. La dilution à l’origine des produits homéopathiques est d’ailleurs tellement extrême qu’il n’existe bien souvent plus de molécules actives dans la pilule que vous avalez 1. Cette dilution pose un sérieux problème scientifique: pour que l’homéopathie ait un quelconque effet sur le corps humain sans présence de molécules actives, il faudrait remettre en cause les lois de la physique et de la chimie telles qu’on les connait aujourd’hui.

Pourtant, dans une méta-analyse sur l’efficacité de l’oscillococcinum – l’un des produits les plus connus en homéopathie – le groupe Cochrane conclut de manière surprenante: « Le niveau de preuve n’est pas suffisant pour permettre de conclure de manière solide sur l’efficacité de l’oscillococcinum dans la prévention ou le traitement de la grippe et du rhume. Nos recherches ne permettent pas d’exclure une certaine efficacité clinique mais, compte tenu de la faiblesse méthodologique des études retenues dans notre analyse, les preuves ne sont pas suffisamment convaincantes. »

Pourquoi cette conclusion est étonnante? Tout simplement parce que le processus de fabrication de l’oscillococcinum à lui seul devrait être suffisant pour conclure à l’inefficacité de ce produit. Pour mémoire, il s’agit de remplir un récipient avec une substance composée de foie de canard (?), vider ce récipient (!), le rincer avec de l’eau (!!) et répéter l’opération 200 fois (!!!). La deux-centième eau de rinçage est alors utilisée pour imprégner des granules de sucre que vous avalez ensuite. Que reste-t-il dans cette eau de rinçage? Scientifiquement, il ne reste..que de l’eau. Il est donc curieux que la méta-analyse de Cochrane ne soit pas plus tranchée dans sa conclusion, si les preuves ne sont pas suffisamment convaincantes pour montrer une efficacité, il semble important de déclarer ce produit inefficace.

Réflexologie du cul et efficacité du parachute

lkjgf986Dans la même lignée que Sokal et Bricmont, deux scientifiques qui avaient réussi à publier un article canular dans une revue très sérieuse, une équipe de chercheurs a réussi à faire publier un article sur la « réflexologie du cul ». Il faut noter qu’il s’agissait d’une conférence sur les médecines alternatives et que l’article fut accepté sur le résumé seul. Au-delà de l’aspect franchement hilarant de cette histoire, la réalité des médecines alternatives est telle que parfois on n’est pas très loin de ce genre de thérapies qui n’ont ni queue ni tête, si je puis dire. La thérapie « Tong ren », censée vous soigner d’à-peu-près tout, consiste à taper avec un marteau magnétique sur des points d’acupuncture….d’une poupée vous représentant!! Oui, vous avez bien lu…Faudra-t-il aussi des essais cliniques randomisés (RCT), des méta-analyses pour finalement conclure qu’on ne peut pas conclure?

Une autre critique déguisée de la médecine basée sur les preuves est venue d’un article évaluant l’efficacité des parachutes par une…méta-analyse. Évidemment, comme il est difficile d’expérimenter l’efficacité d’un parachute avec une étude clinique randomisée (il faudrait comparer l’efficacité d’un parachute avec un placebo, par exemple un parachute avec des trous), il est tout autant difficile de conclure à son efficacité en suivant les principes de la médecine basée sur les preuves. On peut lire dans la conclusion: « Les défenseurs de la médecine basée sur les preuves ont critiqué l’adoption d’interventions évaluées seulement sur l’observation de données. Nous pensons qu’il sera bénéfique pour tout le monde si les partisans les plus extrêmes de la médecine basée sur les preuves participent à un essai clinique randomisé en double aveugle versus placebo dans le cas du parachute ». Cet exemple est d’ailleurs caractéristique de l’analyse du groupe Cochrane du vaccin contre la grippe, on pourra lire à ce propos cet article (en anglais) synthétisant le problème.

Si des principes de bases de physiques permettent de conclure à l’efficacité du parachute, on devrait tout autant pouvoir utiliser les principes de bases de la science pour réfuter des thérapies sans qu’il soit besoin pour cela d’exécuter des essais cliniques pas toujours éthiques soit dit en passant.

Les faiblesses de la médecine basée sur les preuves

La non prise en compte de notions de bases scientifiques sur la pyramide de preuves signalée est en cela révélateur du problème soulevé ici: la médecine basée sur les preuves tend à mettre les études cliniques randomisées (RCT) sur un piédestal et en oublie les simples considérations de science permettant à des thérapies douteuses d’être validées par l’académie de médecine 2.

Le cas de l’acupuncture ou bien encore des études sur les pouvoirs « paranormaux » sont une belle illustration qu’on ne peut pas toujours régler un problème avec une étude aussi rigoureuse soit-elle. Les biais méthodologiques existeront toujours et rien que le biais de publication 3 est parfois suffisant pour donner une impression légère d’efficacité. Un article qui commence à dater montrait par exemple que 99% des études cliniques randomisées (RCT) sur l’acupuncture provenant de Chine étaient positives. Or cette efficacité hors norme ne semble se produire qu’en Chine justement. Comme en tant que scientifique nous adhérons même implicitement au réalisme de principe, il faut bien alors admettre qu’il s’agit ici d’un biais de publication. Une méta-analyse de ces RCT concluraient inévitablement (et faussement) à l’efficacité de l’acupuncture.

Au-delà de ces biais qui peuvent brouiller les résultats, nous avons aussi besoin d’adopter plus largement une philosophie bayésienne en médecine. Le raisonnement bayésien permet en effet d’actualiser la probabilité qu’une proposition soit vraie en fonction de sa probabilité a priori et des nouvelles données acquises. Ici, cela consisterait à actualiser l’efficacité d’une thérapie en fonction des nouveaux tests effectués et de l’idée que l’on a à la base de cette efficacité (par exemple en fonction de sa cohérence avec le corpus scientifique existant). L’approche bayésienne sera détaillée plus amplement dans un prochain article.

Mécanisme d’action et plausibilité

On pourrait facilement penser que je cherche ici à mettre de côté les thérapies dont on ne connaitrait pas les mécanismes d’action. Ce n’est pourtant pas le cas et de nombreux exemples historiques montrent que les scientifiques ne sont en rien bornés sur ce point. Ce n’est pas parce qu’on ne comprend pas le mécanisme de quelque chose qu’on ne peut pas en voir les effets ou l’étudier. Ce n’est pas le mécanisme qui importe ici mais la plausibilité d’un traitement donné. Bouger les mains autour d’une personne ne va pas guérir cette personne de sa tumeur, ce n’est pas une question de mécanisme d’action mais de plausibilité. Vu les connaissances scientifiques actuelles, elle reste très très faible. Avant de se lancer dans de grandes études de types RCT, il faudrait au moins avoir de bonnes raisons de le faire, par exemple la constatation répétée que les tumeurs disparaissent et,encore une fois, une certaine adéquation entre le phénomène observé et le corpus scientifique existant.

Si les considérations scientifiques ne sont pas suffisantes pour évaluer l’efficacité d’un traitement, cela ne veut pas dire qu’elles ne sont pas nécessaires. Autrement dit, si on ne peut pas conclure à l’efficacité d’un traitement juste en considérant les aspects scientifiques de base (comme le mécanisme d’action), on peut néanmoins conclure qu’un traitement est si peu probable qu’il n’est pas utile de se lancer dans de grandes études de type RCT à moins d’obtenir des preuves suffisamment fortes les justifiant. Pour toutes ces raisons, la médecine doit aujourd’hui se baser non seulement sur les preuves mais aussi sur la science.

sham (FacebookTwitterGoogle+)

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Notes:

  1. On pourra re(re)garder avec délices les explications limpides du pharmachien sur cette dilution.
  2. A vrai dire, la médecine basée sur les preuves fait le pari suivant: une hypothèse n’atteint le stade du RCT que si on a suffisamment de bonnes raisons (par exemple des observations précliniques) de penser que cette thérapie peut fonctionner. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas.
  3. Le biais de publication est la constatation que dans la littérature scientifique on tend à publier des résultats positifs en oubliant de citer ceux négatifs faussant ainsi la donne quand on fait une analyse globale.

30 réflexions au sujet de « Pour une médecine qui s’appuie sur la science »

  1. Ping : Pour une médecine qui s’appuie sur...

  2. Homo Fabulus

    Incroyable la conclusion du groupe Cochrane sur l’homéopathie… Et oui à la médecine basée sur la science. Petite question: pourquoi n’est-ce pas déjà ainsi ? N’est-ce pas un manque de réflexion ou une vision restreinte de ceux qui ont voulu promouvoir la médecine basée sur des preuves ? Est-ce juste parce la médecine a une histoire très basée sur ce genre d’études ?

  3. Ariane Beldi

    Homo Fabulus,

    J’ai essayé de consulter votre blog, mais à part la page d’accueil, toutes les autres ne semblent plus à leur adresse, y compris les billets. Je tombe systématiquement sur un message 404. Est-ce de mon côté qu’il y aurait un problème ou bien du vôtre (ou les deux, mais c’est plus improbable déjà)?

  4. Gédéon

    @Homo Fabulus
    Je partage la frustration d’Ariane. Plein de beaux titres d’articles sur votre blog, mais 404 au bout. Dommage.

  5. Gédéon

    Si un jour mon fils rentre de l’école et me dit qu’il est allé déjeuner sur la lune ce midi, je ne le croirai pas et je ne ferai aucune vérification particulière.
    On pourrait me reprocher de croire sans preuve, d’agir contrairement à la démarche scientifique en ne cherchant même pas à recueillir des indices me permettant de prouver qu’il n’a pas mangé sur la lune. Certains me diront que je ne devrais pas exclure totalement l’hypothèse que peut-être … bla, bla, bla … car on ne sait pas tout … bla, bla, bla … il y a plein de choses non expliquées, par exemple … bla, bla, bla … et que je suis bien arrogant et que, pour être rationnel, il faut avoir l’esprit ouvert.
    En plus, pour peu que mon fils se soit enfermé dans les toilettes pendant l’heure du déjeuner pour manger un sandwich, je vais avoir beaucoup de mal à obtenir des témoignages indiquant qu’il n’était pas sur la lune.

    Je pense que cela rejoint la conclusion de cet article : lorsqu’une hypothèse est totalement contraire à tout ce qu’on croit vrai jusque là, on ne devrait pas chercher à la vérifier, surtout lorsque la preuve n’est pas facile à obtenir (prouver qu’un effet inexistant n’existe effectivement pas est toujours difficile).
    Chacun applique ce principe tous les jours sans même s’en rendre compte.
    Vérifier tout, même ce qui ne devrait pas l’être, c’est bloquer toute progression des connaissances, comme un malade atteint de TOC qui ne sortira jamais de chez lui, car il lui restera toujours quelque chose à vérifier.

  6. AlainCo

    Merci de cet article éclairant de bon sens. On y retrouve en toute modération, ce qui font les qualités de la méthode scientifique, en méthode de résolution de problème NP-complet dans un contexte de ressources contraintes, mais aussi avec bon sens et modération ce qui en fait les limites dans un monde réel, complexe, humain, comme la communauté scientifique et ses superstructures sociales.

    Il rejette comme moi le relativisme, pour plutôt reconnaître divers artefacts sociaux, la difficulté de trier et reconnaître, et la lenteur imprévisible des révélations…

    Je trouve juste qu’il interprète Kuhn de façon assez absurde, en transformant son accusation d’indécidabilité temporaire, sous forme de relativisme concret. A ce titre je trouve qui utilise un épouvantail et pas la philosophie de Kuhn. Je peux me tromper.

    Par contre je crois qu’il a raison autant de critiquer la sacralisation de la méthode scientifique (qui n’est qu’une manière naturelle de résoudre les problèmes), que la théorisation tout aussi sacralisée des dysfonctionnements par Kuhn.

    Après qq réflexion consécutives a divers échanges ici, je me suis rendu compte que la science marchait, grâce a sa nature non parfaitement structurée, non totalement supervisée, et que dans les quelques sujets où j’identifiait une illusion collective, la science, même minoritaire, avait résolu le problème… C’est juste que la partie administrée, médiatisée, aristocratique, consensuelle, moutonnière, politique, de la science était dans une illusion propre aux systèmes idéologique, aristocratiques et économiques.

    C’est peut être un biais de disponibilité car j’utilise les résultats scientifique pour juger qu’on me manipule, qu’on me cache, qu’on nous vend de la science factice. Mais je n’ai pas mieux.

    par contre coté individuel, j’ai noté chez les scientifiques, et surtout chez les fan sceptiques,une tendance a ne pas utiliser la totalité du cerveau humain, à ignorer certaines formes de raisonnement logiques don’t l’objet est l’humain, ses connaissance, ses croyances, ses stratégies, sa mécanique socio-physique.

    La méthodes scientifique quand elle est sacralisée, peut être une œillère pour prétendre ne pas voir ce qui crève les yeux des gens ayant 2 yeux.
    Ajouté à un biais de conservatisme, l’ignorance volontaire devient une preuve d’absence qu’aucune preuve intelligible ne peut défier.
    Un scientifique qui refuse de comprendre les logiques humaines rationnellement, est aussi aveugle qu’un citoyen intelligent mais sans culture scientifique, pris dans un bon-sens inadapté au problème.

    a toute cette discussion, et comme en parle l’auteur, il faut noter que l’abus du relativisme que font les manipulateurs, pousse souvent les gens rationnels à rejeter tout doute en bloc, car l’énergie disponible pour douter est limitée.

  7. AlainCo

    intéressant aussi, même si je retrouve avec le kuhn immodéré une parodie de ce que j’ai intégré de kuhn, le kuhn modéré.
    Je retrouve aussi chez l’auteur, a coté d’un très sain rappel au pragmatisme, un déni des facteurs irrationnels et humains dans les choix de théorie. L’irrationnel, l’idéologie, le rêve, orientent les choix et les scientifiques plus que beaucoup de professionnels sont soumis à leurs passions idéalistes. Il semble aussi nier le combat sans espoir entre paradigmes, qui se produit souvent, tant que les faits et le sens pratique ne fait pas atterrir les illusionnés dans le champs de patates.

    Ce que j’ai pris de Kuhn c’est effectivement que en l’absence d’avantages évidents et pratiques, des théories prometteuses sont rejetées, et des théories imparfaites sont portées au pinacle…
    Le pragmatisme, qui pour mois viens avant tout du monde industrielle et entrepreneurial, brise la symétrie…

    je pense a un débat en psychiatrie entre des écoles basées sur le terrestre et d’autres sur l’idéalisation et le rejet du sol… c’est donc sans espoir, sauf si comme on l’observe des utilisateurs et des financeurs commencent à demander des comptes aux planeurs.

    mais quand les preuves tardent à venir, ou peuvent être ignorées sans facturation… il n’y a pas d’espoir.
    Une caste d’illusionné déconnecté du réel peut continuer a vivre sa vie confortable, dans une niche scientifique, ou au sommet de la pyramide.

    tant qu’un industriel, ou un comptable ne les fait pas atterrir.

  8. sham Auteur de l’article

    @homo fabulus:
    c’est une très bonne question, j’ai bien quelques éléments de réponses personnelles mais je ne suis sûr de rien. le principal problème selon moi vient du fait que les partisans de la médecine basée sur les preuves ne se rendent pas compte du problème. le raisonnement est simple je pense, si une thérapie n’est pas efficace, on devrait le voir dans une méta analyse. d’autant plus que l’hypothèse intrinsèque mentionnée dans l’article, c’est que pour lancer un RCT, il faut déjà avoir des éléments tangibles incitant à le faire. or, on teste les médecines alternatives non pas parce que des éléments tangibles sont là, mais seulement parce que de nombreuses personnes les utilisent: argument de popularité. ceci du coup fausse la pyramide telle qu’elle a été imaginée et débouche sur les étranges conclusions signalées.

  9. Marcel Campagne

    Si la « médecine par la science » avait existé au XIX siècle, jamais Jenner n’aurait « découvert » la vaccination, qui n’avait à son époque aucune explication scientifique.

    Il est courant que l’efficacité d’un traitement soit assez mystérieuse. Relire les explications sur le fonctionnement de l’aspirine comme antalgique, antipyrétique, anti inflamatoire etc donné par Bayer lors de la présentation de l’aspirin fait rire dans les facultés…

  10. sham Auteur de l’article

    Marcel, vous êtes un peu désespérant, je dois bien l’avouer. Je ne sais si vous lisez vraiment ou si vous vous rendez compte du caractère « troll » de vos interventions. il y a dans cet article un paragraphe explicitement sur ce problème de mécanisme d’action, et la différence entre mécanisme d’action inconnu et plausibilité. je vous invite vraiment à faire un effort de réflexion avant de venir en polémiqueur ici.

  11. Marcel Campagne

    Je ne viens pas en polémiqueur (même si j’ai un point de vue « critique » que vous n’avez pas l’air d’apprécier) mais surtout j’aime les choses précises.

    Or justement, c’est votre passage sur les « mécanismes de l’action » qui ont suscité ma réaction.

    Je la réécrit pour qu’on se comprenne bien :

    « Ce n’est pas le mécanisme qui importe ici mais la plausibilité d’un traitement donné. Bouger les mains autour d’une personne ne va pas guérir cette personne de sa tumeur, ce n’est pas une question de mécanisme d’action mais de plausibilité. »

    Or justement, la « plausibilité » de la vaccination était aussi douteuse que votre méthode (bouger les mains autour d’une personne pour la guérir de sa tumeur) Sauf que personne n’a montré l’effet de l’imposition des mains.. Et de même l’homéopathie se refuse de façon constante a toute mesure qui permettrait d’établir (ou pas) un effet du traitement allant au dela du maintenant connu « effet placébo ».

    Par contre, il y a un principe a conserver, c’est le principe de symétrie : si un principe de justification fonctionne, il fonctionne pour tout. Et si il ne fonctionne pas, il ne fonctionne pour rien…

    C’est justement un principe de base pour démontrer une « pseudo science » que de voir des traitements à géométrie variable.

    Et c’est là il me semble que ce que j’ai a vous dire vous semble « trollesque » : c’est que j’ai l’impression que vos principes sont sur ce plan à géométrie variable. Mais peut être me trompé je ?

  12. sham Auteur de l’article

    je n’ai rien contre les critiques constructives; votre premier commentaire n’apportait rien au débat et laissait penser que vous n’aviez pas lu l’article, attitude du troll. mais vos pensées précisées, reprenons votre très bon exemple: quelle est la différence entre la vaccination (à l’époque où on ne connaissait rien du système immunitaire) et l’effet d’un « magnétiseur ». il se trouve justement que très tôt de nombreuses observations avaient été reportées concernant la vaccination, des gens ayant eu une maladie et qui semblaient immunisés contre cette maladie par la suite. ces observations ont poussé Edward Jenner à tester cette hypothèse de manière un peu plus rigoureuse (et avec succès), et l’histoire s’est poursuivie en accumulant les preuves jusqu’à ce qu’on comprenne le mécanisme derrière cette vaccination. une médecine basée sur la science n’aurait pas rejetée la vaccination bien que le mécanisme était inconnu à l’époque justement parce qu’un faisceau de preuves concordant validait ce traitement. dans le cas du magnétiseur ou de l’homéopathe, non seulement on ne connait pas de mécanisme, non seulement on n’observe rien, mais en plus cela serait une grande révolution scientifique si un mécanisme existait: la plausibilité est donc ici très très faible, mais certes pas nulle -il y a des choses encore non découvertes en science.

  13. AlainCo

    C’est une bonne approche que de rappeler la séparation entre ce qui marche malgré une incohérence théorique, et ce qui ne marche pas.

    La plupart des pseudo-médecine aujourd’hui ne marchent simplement pas, sauf dans la tête (et là ca peut être utile… autre débat).

    Par contre on confond souvent cette science pragmatique, basées sur les faits…
    et une vision dogmatique de la science qui fait qu’on rejette les faits, comme une pseudo-science le fait, quand ces faits sont incompatibles avec la théorie.

    La tragédie des germes face a la génération spontanée, qui a commencé non pas avec Semmelweiss, mais avec Alexander Gordon puis Oliver Wendell Holmes puis Semmelweiss, puis s’est résolu dans une bataille médiatique avec Pasteur, qui outre un chimiste, était surtout un affreux communiquant manipulateur et sans scrupule… ce qui lui a permis de gagner les coeurs avant les esprits.

    maintenant tout ce que je vois se parrer actuellement de la robe de la victime d’un dogmatisme scientifique, ressemble à 99% à un déni de réalité…
    Mais il en reste comme Barry Marshall qui démontrent que ce dogmatisme n’est pas mort…

    Les faits sont têtus…

    mais je crois et j’observe que, face a des théories plaisantes, les faits sont ignorés par tout le monde, sauf par une partie des utilisateurs, souvent minoritaire.

    Même ici, les faits sont parfois ignorés. c’est d’ailleurs amusant. ou triste.

    Parfois vous n’osez pas affronter le consensus pathologique par peur inconsciente , et d’autre fois vous vous y vautrez comme un prêtre dans la foi.

    La pression sociale est souvent le principal moteur des pseudo-sciences, ou tout au moins ce qui empêche leur dénonciation, malgré les faits évidents.
    Elle se cache derrière la nécessaire confiance.
    Elle se cache derrière la macro-éthique qui empêche d’attaquer une erreur s’il s’agit de mettre en danger ce qui semble juste.

    La science n’est qu’une partie de la société. Elle a ses propres dogmes liés aux pouvoirs établis, et subit ceux de sa société, fruits de combats de pouvoir et d’intérêts.

    Vous avez vu le débat récent sur le cancer du sein… comme indiqué depuis longtemps ce serait les pilules, l’alimentation… et comme 99% des cancers, les causes évitables seraient comportementales, pas environnementales…

    et là, le reportage présente un témoignage accusant les perturbateurs endocriniens, et déresponsabilisant les individus…

    et je parle pas des mythes et manip à fukushima, et d’autres que je préfère taire mais qui sont biens documentés.

    c’est comme l’hypothèse de l’hygène pour les allergies, qui a un mal de chien a se faire accepter malgré les évidence expérimentales, statistiques et théoriques. Comme si là aussi on ne voulait pas accuser ce qui est supposé être bon, et qu’on préférait accuser les « méchants de services »…

    parler de preuves est sympa, mais dans les faits j’observe que ca ne sert a rien car les preuves sont ignorées, par tous les camps, quand ca les arrange.

    on peut publier des preuves, mais il est impossible de forcer un cerveau à les accepter. Tout au plus un juge sur des bases formelles, quitte a se mettre à la merci de manipulateur de règles qui fraudent les mécanismes « juridiques » de qualification de la preuve scientifique (manipulation des relectures, manipulation des revues, manipulation de la loi) ou influencent les témoins (biais de financement, menaces sur les carrières).

    La seule solution c’est que ceux qui profitent de la réalité fassent pression sur les décideurs, plus que les lobbies… les malades (c’est en cours sur les autistes), les industriels, les contribuables…
    Mais il faut une liberté d’agir, de s’exprimer, d’entreprendre, d’essayer, d’être informé…
    or j’ai bien observé que sur certains débats on demandait, avec les mêmes argument que ce blog, de faire taire le débat, comme sur les génocides jugés…

    la lutte contre les pseudo science ne donne elle pas des armes à la pseudo-vérité pour bloquer la vérité expérimentale ?

    faut-il laisser la liberté de dissidence, pour éviter que la vérité ne soit interdite par la loi?

    comme vous vous en plaignez, la pseudo-science prend le pouvoir . ce n’est pas en créant une machine de censure qu’on améliorera la situation, car la vérité sera la première cible, étant faible.

    Ce qu’il faut c’est une liberté d’être dissident, mais pas dissident de la science, mais dissidents de la morale imposée, des macro-éthiques qui s’opposent à la micro-étique scientifique. la liberté d’accuser les victimes supposées, de s’en prendre aux vaches sacrées, d’attaquer les idoles, les veuves et les orphelins de maintenant, les lobbies et surtout de ceux qui sont sympathiques, aux héros, aux chevaliers blancs …

    Et quand je parle de liberté de dissidence, c’est pas simplement de parler, mais d’être financé, d’avoir des thésards, d’accéder aux publications, aux comité de lectures, aux agences gouvernementales….
    et évidemment celle d’être descendu en flamme avec des arguments, des expériences.

    Et si comme je le pense ca n’améliorera rien, parce que les preuves ne convainquent pas… il faudra peut être simplement re-balkaniser la science mondiale, comme les législation, arrêter de penser pareil sur la planète, et laisser des zones se perdre dans la pseudo-vérité, pendant que d’autres prospèrent…

  14. Robert

    J’ai du mal à comprendre cet acharnement contre l’homéopathie. Elle ne traite (en France du moins) que la bobologie, Le médecin généraliste allopahe ne soignera pas mieux une grippe que le médecin homéopathe. Cette étude sur l’oscillococcinum me fait doucement sourire.

    D’un autre coté j’ajouterai que de nombreux peuples n’ont pas accès à la médecine dite scientifique et qu’ils sont toujours là et bien souvent en meilleure santé que nous le sommes.

    Chaque médecine qu’elle soit traditionnelle ou non a quelque chose à apporter pourquoi ne pas s’en servir ?

  15. sham Auteur de l’article

    vous voulez dire rhume j’imagine. car la grippe, elle tue encore de nombreuses personnes chaque année et la médecine allopathique a les moyens de nous soigner, plus le vaccin.

    votre deuxième point mérite un article en soit…stay tuned comme on dit 🙂

  16. Robert

    Non, je parle bien de grippe les médecins n’ont aucun moyen d’action sur les virus, tout ce qu’ils peuvent faire c’est aider l’organisme à lutter (d’où l’importance de la vaccination) et l’effet placebo est un bon outil. Le problème de la grippe c’est quand elle atteint des personnes dont la santé est déjà très déficiente
    En général une personne en bonne santé guérit seule en trois quatre jours.

  17. Ariane

    Que je sache, l’effet placebo n’aide en rien l’organisme à combattre une infection virale, parce qu’il s’agit uniquement d’une baisse de stress. Cela signifie que les seules pathologies où des douleurs sont en jeu sont concernées par un possible effet placebo. Dans le cas d’états grippaux, l’effet placebo peut éventuellement se révéler dans la prise en charge des douleurs musculaires ou à la tête qui accpmpagnent ces infections, mais sûrement pas pour aider à les guérir.

  18. Baobab

    Pour tous les crédules (hé oui, les soi-disant « cartésiens » sont en réalités des croyants, à cause de leur ignorance) à la science des laboratoires, vous avez gagné un traitement gratuit et à vie au VIOXX (plus sérieusement ce n’est qu’après avoir tué 60’000 personnes qu’il a finalement été retiré de la vente, suffisamment tard pour avoir permis aux labos d’engranger suffisamment de quoi dédommager quelques familles…)

    http://articles.mercola.com/sites/articles/archive/2012/05/14/mercks-adhd-drugs-unsafe.aspx

    Et vous continuez à croire ce qu’on vous dit ?!!!

  19. Gédéon

    Baobab dit : « Et vous continuez à croire ce qu’on vous dit ?!!! »

    Non, moi, j’ai arrêté de croire ce qu’on nous dit depuis longtemps.

    Je sais bien que la terre est plate, que les vaccins sont des armes de destruction massives destinée à éliminer les ennemis politiques, que les avions déversent des produits chimiques dans l’atmosphère pour endormir la population, que le King n’est pas mort, que Obama est un reptilien et qu’on peut se nourrir de lumière.

    J’ai cessé d’être un naïf qui croit tout ce qu’on nous dit, moi !

  20. Baobab

    haha, très drôle, je vois qu’en plus d’être un scientifique sûr de son fait, Gédéon a fait l’école du rire.

    Pire que l’ignorance, l’arrogance.

  21. Bernard

    Bonjour,
    Je découvre, ce jour votre blog et plus particulièrement cet article. Le rapport de l’Académie de Médecine était d’un pauvre qualité (voir mon commentaire sur l’Activité Physique produit par cette même Académie http://actiphysetc.wordpress.com/2012/11/08/lannonce-de-lacademie-de-medecine-du-remboursement-du-sport-encore-ecran-de-fumee/). Cependant, celle-ci ne se base pas sur une logique Evidence based Medicine EBM pour les produire. Les thérapies non médicamenteuses sont réellement évaluées sur des principes plus stricts au sein d’autres pays. (Voire les recommandations du NICE au R-U).
    Je tiens aussi à souligner, que l’évaluation de ce type de thérapies nécessitent parfois des méthodologies spécifiques qui peuvent répondre aux critères de l’EBM.
    Un livre anglophone écrit par 2 français qui collaborent aussi avec les organismes Cochrane en présentent bien les caractéristiques, avantages, et limites.
    Randomized Controlled Trials of Nonphramacological Tretaments (2012) CRC Press

  22. Ping : J’ai une dent contre les charlatans | Sham and ScienceSham and Science

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