A propos cmarcon

Professeur des universités en sciences de l'information et la communication

Regards sur les promesses de la justice prédictive

la justice: question et l'égalité raciale notion ethnique sociale ou le symbole de la justice culturelle comme un papier noir et blanc froissé en forme de tête humaine sur fond vieux bois rustique avec un morceau de puzzle comme une métaphore pour les questions raciales sociale.  L’article « Regards sur les promesses de la justice prédictive » écrit par Auréa Martizay et Marie Mazens est une très bonne réflexion qui trouve toute son utilité au moment où le sujet grimpe dans l’actualité. En voici le résumé.

RESUMÉ : Nous proposons de porter un regard sur les « promesses » de la justice prédictive. L’évolution de la justice avec les LEGALTECH, tout comme le domaine de la santé (NetHealth), de l’éducation (MOOCs) ou de l’urbanisme (SMART cities) est favorisée par une concordance de facteurs favorables avec l’avènement des statistiques et des nouvelles technologies.  Ces dernières conduisent la justice à opérer sa propre évolution porté tout à la fois par la libéralisation de l’accès aux big data (République numérique) et les progrès de l’intelligence artificielle

Nous nous proposons d’interroger les mutations de l’appareil judiciaire et de ses opérateurs : en quoi la République numérique et la publication des décisions de justice pourraient-elles contribuer à une méta justice ? Comment, par qui et pour qui les big data pourraient-ils devenir une ressource juridique exploitable et quels en seraient les risques et les limites ?

Mots clés : Big Data – Justice – République numérique – Intelligence artificielle – Open data

L’article est ici.

Transformation de la relation patient-oncologue par l’arrivée du big data

Cet article a été rédigé par Manon Clech et Lucille Honoré, étudiantes en master 2 Intelligence économique et communication stratégique, dans le contexte du cours de « Méthodologie de la recherche » dispensé au printemps 2017. Son point de départ est l’appel à communications du Colloque COSSI 2017 de Montréal sur le thème des big data

RÉSUMÉ DE L’ARTICLE : Pour cette proposition d’article, nous proposons d’étudier les futures transformations des relations patients/oncologues entraînées par le big data. Les discours autour du big data santé sont particulièrement orientés vers les bénéfices liés à cette technologie : accélérer la recherche médicale, faciliter les diagnostics patients, améliorer l’accès aux soins et réduire les dépenses de la sécurité sociale. Ces nouvelles pratiques viennent modifier le parcours du patient, et particulièrement lors du diagnostic de la maladie. Ce bouleversement a une conséquence directe sur l’annonce des résultats du diagnostic, sur l’annonce de la maladie : un moment intense où un aspect humain s’installe dans la relation patient/médecin. Ceci, particulièrement dans les cas de maladies graves, notamment les cancers.  L’oncologue va créer une relation avec son patient afin de faciliter l’annonce et le suivi de la maladie. Notre objectif est d’interroger cette future relation patient/médecin et la préparation des oncologues face à l’arrivée du big data.

Mots-clés : Big data santé, données de santé, oncologue, patient, relation, diagnostique, intelligence artificielle.

L’article est accessible ici.

Le Dircom de 2020 : veilleur, feel good manager et pro du numérique

Ce livre blanc est le troisième produit par des étudiants de la filière Stratégie et Management de la Communication après Je deviens Dir’Com en 2010 et La communication événementielle 2.0 en 2015, tous deux toujours disponibles en ligne sur ce blog.

Faire réaliser un livre blanc par une promotion d’étudiants, c’est les confronter à la difficulté d’aborder directement une question sans l’agent facilitateur qu’est l’enseignant qui a présélectionné ce qui lui semble essentiel à acquérir. Les étudiants ont donc dû appréhender les dimensions du sujet, s’organiser (ce qui n’est jamais simple pour un groupe nombreux), construire et organiser dans le temps la démarche de terrain, mettre en œuvre de la collecte d’information, du tri, de l’analyse, de la synthèse, de l’écriture collaborative… Tout cela dans le cadre de leur cours de management d’un service de communication.

Comme ce sont des étudiants en communication, ils ont également pensé la mise en forme esthétique de l’ouvrage et envisagé sa diffusion la plus large possible pour que ce livre blanc, qui leur a donné beaucoup de travail, ne reste pas un exercice de style encapsulé dans le cadre formaté d’un cours.

Pour juger de leur travail, je vous invite à télécharger et à lire Le Dircom de 2020. Il vous aidera – nous l’espérons – à mieux appréhender les changements des toutes prochaines années dans le métier de Dircom. Un Dircom feel good manager, créatif, plus à l’écoute de ses collaborateurs. Un Dircom en veille sur l’environnement de l’entreprise, sur les tendances et les outils innovants, impliqué dans des réseaux et conscient, également, d’être sa propre marque qu’il convient de valoriser.

S’il vous vient l’envie de commenter ce travail, je confierai à l’équipe de rédaction le soin de vous répondre.

Une dernière chose : une partie de leur évaluation dépend du succès de ce livre blanc. Alors, engagez-vous avec eux 😉

Devenir des professionnels de l’information : une journée d’étude au CNRS

Le 7 décembre dernier, le CNRS organisait une Journée d’études consacrée aux professionnels de l’information de la BAP D et de la BAP F dont l’objectif était  » d’offrir aux participants une meilleure connaissance des projets menés dans les laboratoires de l’InSHS dans le domaine de l’information scientifique et technique. »

J’ai eu le plaisir d’ouvrir cette journée et d’animer des tables rondes très intéressantes par les questions posées, les expériences présentées, les échanges engagés. Les thèmes :

  • Ouverture de la journée : quatre défis à relever (C. Marcon)
  • comment offrir une visibilité grand public à vos laboratoires (Table ronde)
  • quels outils numériques pour valoriser et diffuser les productions scientifiques (Table ronde)
  • les archives sonores du CNRS s’écoutent en Europe (table ronde)

L’ensemble a été filmé. Les vidéos sont accessibles en ligne ici. J’en recommande le visionnage. Voici la cartographie des thèmes de la Journée CNRS décembre 2016

C. Marcon

Intelligence économique et développement durable : le mariage de raison ?

photo-ieddJ’ai le plaisir de coordonner avec Philippe Schäfer, professeur associé en sciences de gestion,Groupe Sup de Co, La Rochelle un appel à articles pour la Revue Internationale d’Intelligence Economique (R2IE) sur le thème de la relation entre l’intelligence économique et le monde du développement durable.

Voici deux mondes qui donnent l’impression de s’ignorer. Réalité ? Fausse impression ? Quel mariage (de raison, sinon de passion) est possible entre ces deux univers qui semblent, à première vue, étrangers l’un à l’autre ?

Je vous invite à prendre connaissance de notre appel à article (ici), à le diffuser largement et, bien sur, à y répondre !

Christian Marcon,

Professeur des universités – IAE de Poitiers

Rédacteur en chef de la R2IE.

Adoptez « La communication événementielle 2.0 » Un livre blanc pour tout savoir

capture-decran-2016-09-22-a-17-56-03Tout savoir, ou presque, naturellement.

Une démarche de formation par l’action

Depuis plusieurs années, la filière Information-Commuication de l’IAE de Poitiers a introduit la réalisation de livres blancs dans ses pratiques pédagogiques. En mai 2011 sortait Je deviens Dir’com, rédigé par la promotion 2010-2011 du master Stratégie et management de la Communication. Toujours accessible en ligne sur ce site, ce livre a connu un vrai succès en nombre de téléchargements. En 2010, le master Intelligence Economique et Communication Stratégique produisait un livre blanc intitulé Méthodes d’analyse en intelligence économique, et en 2012 un autre consacré aux tendances de la veille, les deux ayant connu également un grand succès.

A la rentrée 2015, j’ai proposé ce type de travail collectif à la promotion du master 2 Stratégie et Management de la Communication, comme alternative à un cours classique consacré à la communication événementielle.

Un livre blanc pour les professionnels et les étudiants

Ce que vous allez télécharger ici est le résultat de leur travail, destiné à des professionnels autant qu’à des étudiants. Plus précisément, ce livre blanc est conforme dans son allure et son orientation de contenu à ce qu’un professionnel peut attendre aujourd’hui, sans négliger que notre formation est universitaire. D’où le programme : quelques pages pour essayer de définir la notion et son étendue, des études de cas d’où tirer des leçons d’expérience, des conseils, des repères en termes d’outils et des témoignages. 80 pages mises en forme grâce aux talents de graphistes de Marine Brouard et Pauline Le Goff.

Voici le plan, pour vous mettre en appétit.

CHAPITRE 1. VERS LA COMMUNICATION ÉVÉNEMENTIELLE 2.0

Communication, événement, web 2.0 : un essai de définition

Un champ d’étude encore peu développé

CHAPITRE 2. ETUDES DE CAS : LES LEÇONS DE L’EXPÉRIENCE

Rising Star : une émission 2.0 au pied du mur

Michel & Augustin : une forte présence sur les réseaux sociaux

Les webinaires d’Amazon

#NSDIRECT : l’expérience délicate de Nicolas Sarkozy sur Twitter

Les Golden Blog Awards 2015 : un cas mitigé

CHAPITRE 3. CHOISIR LES OUTILS

Les tableaux de synthèse

Description et analyse détaillées

CHAPITRE 4. RÉUSSIR SON ÉVÉNEMENTIEL : LES TUTORIELS

Optimiser le numérique pour son événement

Le live-tweet

Instagram vs Snapchat

La gamification.

L’application mobile

Le QR code

Le mini-site

CHAPITRE 5. TÉMOIGNAGES DE PROFESSIONNELS

Témoignages de professionnels de l’événement en entreprises

Témoignages des professionnels en agences

Témoignages de consommateurs

CONCLUSION

 

L’atout des étudiants est d’être pétris de curiosité et d’appétit de technologies. C’est pourquoi ils étaient qualifiés pour explorer ce sujet. Il a suffi de les mettre en route… et de vérifier la cohérence du résultat et sa solidité sur le fond au bout du compte.

Bonne lecture et pensez à partager cette ressource !

 

« J’ai vécu une journée de recherche en management. Dans la peau des chercheurs »

Sept étudiantes de l’IAE de Poitiers ont participé à la journée de recherche sur les approches du paradoxe en management organisée par le laboratoire CEREGE de l’IAE de Poitiers le 24 novembre dernier.
Pour elles, c’était une première immersion dans le monde des chercheurs. Il était intéressant de comprendre comment elles l’ont vécu. Je vous propose d’en partager la restitution ethnographique.

Une impression collective d’abord : « Dans l’ensemble, nous avons été très intéressées par cette journée car nous avons découvert un monde qui nous était totalement inconnu jusqu’à présent. Nous avons eu des soucis de compréhension au niveau des différentes théories et thématiques abordées lors de cette journée. Ces conférences étaient adressées à tous mais finalement accessibles uniquement aux chercheurs ou du moins aux personnes maîtrisant le sujet.  Étudiantes en communication, nous avons saisi certaines données mais dans l’ensemble tout est resté assez flou. En résumé, nous en avons appris beaucoup sur les chercheurs et sur le monde de la recherche, mais beaucoup moins sur les approches paradoxales en management. » Un accès difficile, mais qui ne prive pas les étudiantes d’un humour caustique…

Chacune a eu son propre vécu.

Eléonore, Farah et Morgane ont pointé la découverte d’un milieu plus technique qu’elles ne le pensaient. Morgane : « C’était un milieu totalement inconnu pour nous. Nous avons vraiment voulu participer à cette journée pour nous mettre dans la peau des chercheurs. C’était une journée très intéressante et enrichissante qui nous a beaucoup apporté même s’il était très difficile de comprendre une partie des travaux présentés. C’est un vocabulaire très technique qui est utilisé par les chercheur, un vocabulaire que nous connaissons très peu. 

Lucie a été marquée par une franchise des échanges et des confrontations entre chercheurs à laquelle sa position d’étudiante ne l’a pas habituée : « C’était une ambiance spéciale : que des chercheurs réunis, sujets de conversation atypiques lors des moments de pauses. En tant qu’étudiant, lorsqu’un professeur parle, nous ne remettons pas en cause ce qu’il dit. Mais lors des conférences, les paroles du conférencier n’avaient pas de valeur absolue, c’est-à-dire que les chercheurs auditeurs n’hésitaient pas à exprimer clairement leur avis, contraire ou non, à la fin de la conférence, lors du moment consacré aux questions et échanges. Les chercheurs ne mettent pas de filtres lorsqu’ils discutent et n’hésitent pas à confronter ouvertement leurs idées et montrer leur désaccord. C’était surprenant. En tant qu’étudiant, nous ne sommes pas habitués à ce genre de scène. Même réaction chez Bénédicte : « L’atelier auquel j’ai assisté était très dynamique. Chaque intervenant présentait son étude de recherche et s’ensuivait une discussion critique (positive et négative). J’ai été surprise par la facilité de discussion entre les participants, et leur aisance pour exprimer leurs avis contraires »  et  Elodie « J’ai découvert le monde de la recherche et ai été enthousiasmée par le dynamisme des échanges entre les chercheurs.”

Le premier intérêt de ces ressentis, pour des chercheurs familarisés avec les usages des colloques et autres journées de recherche, c’est la fraicheur de ces regards. Ce qui ne nous étonne plus surprend de jeunes étudiantes, confrontées pour la première fois à l’arène de la recherche. La discussion vive, l’expression d’avis divergents, naturelles dans les cénacles de chercheurs, sont bien souvent bannies des cours où nous affirmons plus que nous ne discutons.

Finalement, nous devrions sans doute plus souvent inviter des étudiants à assister à nos journées de recherche.

Pour visionner l’ouverture de la journée de recherche, cliquer ici

Pour visionner la conférence d’Alain-Charles Martinet, professeur émérite à l’université de Lyon III, cliquer

Pour  visionner la conférence de Michel Vilette, professeur de sociologue à Agro Paris-Tech, cliquer ici

Pour découvrir et télécharger les communications présentées lors de cette journée : cliquer

 

Recherche –action : une expérimentation dans le cadre d’une sensibilisation à la recherche

pouce scienceLes masters du Pôle Information-Communication de l’IAE de Poitiers (Stratégie & Management de la Communication, Intelligence Economique et Communication Stratégique)  sont essentiellement des masters professionnels. Néanmoins, depuis que l’accès au doctorat a été ouvert aux titulaires de master professionnels « à l’issue d’un parcours de formation établissant son aptitude à la recherche », le choix a été fait d’inclure dans le programme de formation deux cours optionnels de préparation à la recherche : un cours d’introduction à la recherche en master 1, suivi d’un cours de méthodologie de la recherche en master 2.

Un dispositif de learning by doing

Ces deux cours ne confèrent évidemment pas aux étudiants l’équivalent d’un master recherche, ni même du DU Recherche de l’IAE de Poitiers, mais ils permettent de leur donner à comprendre ce qu’est la recherche en associant des séquences de cours et une mise en pratique à deux niveaux.

  • En première année, les étudiants participent à l’élaboration d’un projet de recherche, depuis son cadrage épistémologique et la détermination de la méthodologie, jusqu’à sa mise en œuvre et la collecte des résultats. Le corpus de données ainsi réalisé est ensuite travaillé par un ou plusieurs chercheurs afin de produire une communication, soumise à évaluation pour un colloque. Les étudiants, pour leur part, sont évalués sur la base de la qualité de leur pratique et du cahier de recherche qu’il leur est demandé de tenir, cahier dans lequel ils notent leurs actions, leurs réflexions, leurs questions, leurs lectures commentées en rapport avec le cours ou la recherche menée.
  • En seconde année, les étudiants écrivent leurs propres réponses à un appel à communication, lesquelles, après une première sélection par l’enseignant, sont soumises aux évaluateurs du colloque selon la procédure classique de la lecture en double aveugle. Dans ce cadre, en 2013, quatre étudiants (Thomas Chabbert & Damien Foucher d’une part, Antoine Henry & Jean-Baptiste MacLuckie d’autre part) ont vu leurs communications sélectionnées pour le 5e colloque COSSI qui se tenait à Shippagan (Nouveau-Brunswick, Canada). Deux d’entre eux ont pu présenter leurs communications devant l’assemblée des chercheurs. Ce faisant, ils se sont imprégnés au plus près de la démarche de recherche. Leurs communications sont disponibles ici. Deux d’entre eux sont aujourd’hui inscrits en doctorat.

L’action de recherche 2015

Pour l’année 2015, l’étude a porté sur les pratiques et représentations d’un ensemble de professionnels de la communication en matière de communication durable et/ou responsable. J’avais évoqué le lancement de cette action dans le cadre d’un billet en date du 17 janvier 2015, intitulé « Communication durable : un concept insensé ? »

Les quatorze étudiants des deux promotions ont réalisé chacun deux interviews dont vingt interviews se sont révélées exploitables. Comme il se doit, leur contribution est mentionnée dans le texte de la communication (p. 216 et suiv. des actes) : « Les entretiens ont été menés en mars 2015 dans le contexte d’un cours d’introduction à la recherche, avec un groupe d’étudiants en master s’initiant aux méthodes de recherche. Après une formation aux principes et pratiques de l’entretien semi-directif, les étudiants ont mené les entretiens avec les professionnels, pris des notes, enregistré lorsque c’était accepté par le professionnel, retranscrit enfin les entretiens. A ce matériau brut, ils ont pu ajouter, à part, leurs propres ressentis de l’entretien (attitude de l’interviewé, dynamique de l’entretien, questions ayant posé difficulté…). » Il convient ici de préciser les noms des étudiants qui ont rendu des interviews qui ont pu être prises en compte dans le travail d’analyse final : Anaïs Lewkowicz, Myriam Charconnet, Amélie Louapre, Pierre Blondel, Sophie Hervé, Quentin Liot, Mathilde Longérias, Marie Pantier, Anahé Rabelo, Laura Rios, Sylvain Tellerain et Valentine Vergeron.

Ce matériau a été dépouillé et analysé conjointement par Sylvie Grosjean, professeure agrégée à l’université d’Ottawa et moi-même. Il a donné lieu à rédaction d’une communication proposée pour l7e COSSI, acceptée et présentée à Montréal le 12 juin 2015 sous le titre : « La communication durable vue par les professionnels de la communication. Une approche exploratoire des actions et représentations des acteurs ». En voici le texte publié dans le vol 44-1 de la Revue de l’Université de Moncton, (p. 5-19).

Un projet qui se poursuit

L’action menée en master 1 en 2015 va se poursuivre en 2016 dans une double direction.

D’une part, par l’engagement de la nouvelle promotion dans un nouveau projet de recherche. L’action s’engage début janvier 2016 avec l’ouverture du cours. Nous y reviendrons dans un prochain billet.

D’autre part, l’article écrit pour le COSSI 2015 va être envoyé à tous les participants aux interviews qui seront invités à s’exprimer sur cet article. Une seconde boucle : voyez ce que nous chercheurs avons produit à partir de vos réflexions et dites-nous, vous professionnels, ce que vous pensez de cette analyse afin que nous chercheurs, puissions à nouveau réfléchir. Les étudiants de master 2 suivront cette poursuite de l’étude à laquelle ils ont participé en master 1. A suivre également sur ce blog, le moment venu.

Christian Marcon

Incertain Stanislas : François Jakobiak s’amuse

On connaît François Jakobiak comme l’un des grands professionnels de l’intelligence économique française, comme l’auteur d’ouvrages méthodologiques et de terrain que tous les étudiants ont lus, comme conférencier, comme consultant. Je le connais aussi pour avoir été l’un des membres de mon jury de thèse, un membre qui m’a fait du bien au moral par les propos très enthousiastes que lui avait suggérés ma thèse. Qu’un homme de terrain de son niveau trouve que le travail d’un doctorant ouvrait une nouvelle voie pour l’intelligence économique à côté des travaux des professionnels et des militaires, c’était un beau compliment dont, dix-sept ans plus tard, je me souviens encore.incertain stanislas

Avec son nouveau roman Incertain Stanislas, François Jakobiak nous présente encore une autre facette de ses talents. Il se fait plaisir à tricoter une histoire à la frontière entre intelligence économique et espionnage, entre pure fiction et mise en scène de lui-même, sans que jamais le lecteur sache bien s’il y a une part d’autobiographie ou pas dans l’histoire.

Stanislas, professionnel de l’intelligence économique retraité sans l’être, marié à l’une de ses anciennes étudiantes séduite par son charisme, joue un jeu complexe et dangereux dont il n’est pas sûr qu’il soit le maître, si talentueux soit-il. Veille, réseaux, collusion, éthique, coups tordus, policiers aux aguets, avocat malin : tous les ingrédients sont réunis. Et si François Jakobiak n’a pas la plume des romanciers de métier, son intrigue se suit avec curiosité et l’on s’attache à son personnage central.

Un ouvrage à lire au premier degré pour le plaisir et à reprendre pour une lecture au second degré afin d’en extraire les leçons d’un maître de l’intelligence économique.

Live-tweeter ou penser ? Bénéfices d’une intelligence mosaïque

Merci aux personnes qui ont réagi à mon précédent billet sur le thème « live-tweeter ou penser ». Ces avis m’ont donné un autre regard sur mon sujet et je propose maintenant une nouvelle série d’hypothèses explicatives, à partir des contributions reçues. Ce que mon ancien collègue Guy Massé nommait, très finement, le résultat d’une intelligence mosaïque.

Si j’articule le tout, en essayant de respecter au mieux le propos de chacun, cela donne :

  1. Le live-tweeteur a la volonté de partager avec un public absent des éléments (discours, faits) qui lui semblent mériter d’être sus au delà de l’enceinte dans laquelle se déroule l’événement. C’est le live-tweeteur altruiste ou militant, dont mon collègue David Guillemin estime qu’il se situe « dans une démarche d’éditorialisation dans le sens que lui donne Louise Merzeau en mobilisant Zacklad, dans l’article [cité]. Il y aurait une volonté d’organiser l’information relayée en vue de faciliter, si ce n’est son appropriation, au moins sa compréhension. » Ce qui conduit David à proposer deux variantes :

1 bis. « Le live-twitteur qui relaie ce qui lui semble intéressant pour une communauté, et qui, en plus, enrichit ce qui est dit avec des rebonds vers des ressources en ligne qui prolongent le discours »

1 ter. « Le live-tweet « sourcé » (même si l’expression n’est pas très heureuse) qui cherche la précision dans la retranscription et à donner accès, via des liens, à certains éléments qui sont mentionnés dans les propos relayés. »

1 quarto. Danielle Dufour-Coppolani suggère une troisième variante, le livre-tweeteur qui veut « garder en mémoire des liens, ou des alertes, ou « des aides pour des abonnés qui vont à leur tour faire suivre l’info, en temps réel, comme un maillage d’une communauté élastique. »

  1. Le live-tweeteur s’ennuie. Il cherche une façon de s’occuper. Il suit Twitter en parallèle de l’événement auquel il assiste et adopte une posture phatique : il se met en phase avec le public qui produit le flux qu’il suit. En clair, il live-tweete pour faire comme les autres, parce qu’il est hype, dans l’air de son temps : je partage donc je suis ! Je live-tweete pour exister et me situer dans mon époque. C’est le live-tweeteur mimétique.
  1. Le live-tweeteur fait le malin. Il veut montrer, qu’il est intelligent parce qu’il sait choisir l’essentiel au milieu de la masse des informations, parce qu’il maîtrise l’outil, parce qu’il est multitâche (il faut être multitâche, c’est une compétence dans l’air du temps managérial). C’est le live-tweeteur roublard, égotique dont Damien suggère deux variantes :

3 bis. Le live-tweeteur qui veut montrer qu’il est présent là où les autres ne sont pas et que c’est un privilégié.

3 ter. Le tive retweeteur, qui n’est pas présent mais veut soutenir son autorité sur un sujet dont il se dit expert.

  1. Le live-tweeteur juge en temps réel. Fast thinking. De préférence avec l’absolue conviction que son avis est autorisé. Il doit compulsivement faire connaître son jugement. Il donne son absolution ou voue aux gémonies avec la bonne conscience des esprits cyniques se croyant supérieurs. C’est le live-tweeteur prétentieux.

Où l’on voit donc un esprit malicieux conforter mes hypothèses taquines et deux esprits constructifs renforcer considérablement l’hypothèse la plus positive.

Voilà qui rééquilibre le tout et me donne une autre image du live-tweet.

Merci à David, Danièle et Damien.

Ceci dit, si votre prénom ne commence pas par D, vous pouvez aussi contribuer à la notre exercice collectif.  ;-))

Christian Marcon