Adoptez « La communication événementielle 2.0 » Un livre blanc pour tout savoir

capture-decran-2016-09-22-a-17-56-03Tout savoir, ou presque, naturellement.

Une démarche de formation par l’action

Depuis plusieurs années, la filière Information-Commuication de l’IAE de Poitiers a introduit la réalisation de livres blancs dans ses pratiques pédagogiques. En mai 2011 sortait Je deviens Dir’com, rédigé par la promotion 2010-2011 du master Stratégie et management de la Communication. Toujours accessible en ligne sur ce site, ce livre a connu un vrai succès en nombre de téléchargements. En 2010, le master Intelligence Economique et Communication Stratégique produisait un livre blanc intitulé Méthodes d’analyse en intelligence économique, et en 2012 un autre consacré aux tendances de la veille, les deux ayant connu également un grand succès.

A la rentrée 2015, j’ai proposé ce type de travail collectif à la promotion du master 2 Stratégie et Management de la Communication, comme alternative à un cours classique consacré à la communication événementielle.

Un livre blanc pour les professionnels et les étudiants

Ce que vous allez télécharger ici est le résultat de leur travail, destiné à des professionnels autant qu’à des étudiants. Plus précisément, ce livre blanc est conforme dans son allure et son orientation de contenu à ce qu’un professionnel peut attendre aujourd’hui, sans négliger que notre formation est universitaire. D’où le programme : quelques pages pour essayer de définir la notion et son étendue, des études de cas d’où tirer des leçons d’expérience, des conseils, des repères en termes d’outils et des témoignages. 80 pages mises en forme grâce aux talents de graphistes de Marine Brouard et Pauline Le Goff.

Voici le plan, pour vous mettre en appétit.

CHAPITRE 1. VERS LA COMMUNICATION ÉVÉNEMENTIELLE 2.0

Communication, événement, web 2.0 : un essai de définition

Un champ d’étude encore peu développé

CHAPITRE 2. ETUDES DE CAS : LES LEÇONS DE L’EXPÉRIENCE

Rising Star : une émission 2.0 au pied du mur

Michel & Augustin : une forte présence sur les réseaux sociaux

Les webinaires d’Amazon

#NSDIRECT : l’expérience délicate de Nicolas Sarkozy sur Twitter

Les Golden Blog Awards 2015 : un cas mitigé

CHAPITRE 3. CHOISIR LES OUTILS

Les tableaux de synthèse

Description et analyse détaillées

CHAPITRE 4. RÉUSSIR SON ÉVÉNEMENTIEL : LES TUTORIELS

Optimiser le numérique pour son événement

Le live-tweet

Instagram vs Snapchat

La gamification.

L’application mobile

Le QR code

Le mini-site

CHAPITRE 5. TÉMOIGNAGES DE PROFESSIONNELS

Témoignages de professionnels de l’événement en entreprises

Témoignages des professionnels en agences

Témoignages de consommateurs

CONCLUSION

 

L’atout des étudiants est d’être pétris de curiosité et d’appétit de technologies. C’est pourquoi ils étaient qualifiés pour explorer ce sujet. Il a suffi de les mettre en route… et de vérifier la cohérence du résultat et sa solidité sur le fond au bout du compte.

Bonne lecture et pensez à partager cette ressource !

 

« J’ai vécu une journée de recherche en management. Dans la peau des chercheurs »

Sept étudiantes de l’IAE de Poitiers ont participé à la journée de recherche sur les approches du paradoxe en management organisée par le laboratoire CEREGE de l’IAE de Poitiers le 24 novembre dernier.
Pour elles, c’était une première immersion dans le monde des chercheurs. Il était intéressant de comprendre comment elles l’ont vécu. Je vous propose d’en partager la restitution ethnographique.

Une impression collective d’abord : « Dans l’ensemble, nous avons été très intéressées par cette journée car nous avons découvert un monde qui nous était totalement inconnu jusqu’à présent. Nous avons eu des soucis de compréhension au niveau des différentes théories et thématiques abordées lors de cette journée. Ces conférences étaient adressées à tous mais finalement accessibles uniquement aux chercheurs ou du moins aux personnes maîtrisant le sujet.  Étudiantes en communication, nous avons saisi certaines données mais dans l’ensemble tout est resté assez flou. En résumé, nous en avons appris beaucoup sur les chercheurs et sur le monde de la recherche, mais beaucoup moins sur les approches paradoxales en management. » Un accès difficile, mais qui ne prive pas les étudiantes d’un humour caustique…

Chacune a eu son propre vécu.

Eléonore, Farah et Morgane ont pointé la découverte d’un milieu plus technique qu’elles ne le pensaient. Morgane : « C’était un milieu totalement inconnu pour nous. Nous avons vraiment voulu participer à cette journée pour nous mettre dans la peau des chercheurs. C’était une journée très intéressante et enrichissante qui nous a beaucoup apporté même s’il était très difficile de comprendre une partie des travaux présentés. C’est un vocabulaire très technique qui est utilisé par les chercheur, un vocabulaire que nous connaissons très peu. 

Lucie a été marquée par une franchise des échanges et des confrontations entre chercheurs à laquelle sa position d’étudiante ne l’a pas habituée : « C’était une ambiance spéciale : que des chercheurs réunis, sujets de conversation atypiques lors des moments de pauses. En tant qu’étudiant, lorsqu’un professeur parle, nous ne remettons pas en cause ce qu’il dit. Mais lors des conférences, les paroles du conférencier n’avaient pas de valeur absolue, c’est-à-dire que les chercheurs auditeurs n’hésitaient pas à exprimer clairement leur avis, contraire ou non, à la fin de la conférence, lors du moment consacré aux questions et échanges. Les chercheurs ne mettent pas de filtres lorsqu’ils discutent et n’hésitent pas à confronter ouvertement leurs idées et montrer leur désaccord. C’était surprenant. En tant qu’étudiant, nous ne sommes pas habitués à ce genre de scène. Même réaction chez Bénédicte : « L’atelier auquel j’ai assisté était très dynamique. Chaque intervenant présentait son étude de recherche et s’ensuivait une discussion critique (positive et négative). J’ai été surprise par la facilité de discussion entre les participants, et leur aisance pour exprimer leurs avis contraires »  et  Elodie « J’ai découvert le monde de la recherche et ai été enthousiasmée par le dynamisme des échanges entre les chercheurs.”

Le premier intérêt de ces ressentis, pour des chercheurs familarisés avec les usages des colloques et autres journées de recherche, c’est la fraicheur de ces regards. Ce qui ne nous étonne plus surprend de jeunes étudiantes, confrontées pour la première fois à l’arène de la recherche. La discussion vive, l’expression d’avis divergents, naturelles dans les cénacles de chercheurs, sont bien souvent bannies des cours où nous affirmons plus que nous ne discutons.

Finalement, nous devrions sans doute plus souvent inviter des étudiants à assister à nos journées de recherche.

Pour visionner l’ouverture de la journée de recherche, cliquer ici

Pour visionner la conférence d’Alain-Charles Martinet, professeur émérite à l’université de Lyon III, cliquer

Pour  visionner la conférence de Michel Vilette, professeur de sociologue à Agro Paris-Tech, cliquer ici

Pour découvrir et télécharger les communications présentées lors de cette journée : cliquer

 

Recherche –action : une expérimentation dans le cadre d’une sensibilisation à la recherche

pouce scienceLes masters du Pôle Information-Communication de l’IAE de Poitiers (Stratégie & Management de la Communication, Intelligence Economique et Communication Stratégique)  sont essentiellement des masters professionnels. Néanmoins, depuis que l’accès au doctorat a été ouvert aux titulaires de master professionnels « à l’issue d’un parcours de formation établissant son aptitude à la recherche », le choix a été fait d’inclure dans le programme de formation deux cours optionnels de préparation à la recherche : un cours d’introduction à la recherche en master 1, suivi d’un cours de méthodologie de la recherche en master 2.

Un dispositif de learning by doing

Ces deux cours ne confèrent évidemment pas aux étudiants l’équivalent d’un master recherche, ni même du DU Recherche de l’IAE de Poitiers, mais ils permettent de leur donner à comprendre ce qu’est la recherche en associant des séquences de cours et une mise en pratique à deux niveaux.

  • En première année, les étudiants participent à l’élaboration d’un projet de recherche, depuis son cadrage épistémologique et la détermination de la méthodologie, jusqu’à sa mise en œuvre et la collecte des résultats. Le corpus de données ainsi réalisé est ensuite travaillé par un ou plusieurs chercheurs afin de produire une communication, soumise à évaluation pour un colloque. Les étudiants, pour leur part, sont évalués sur la base de la qualité de leur pratique et du cahier de recherche qu’il leur est demandé de tenir, cahier dans lequel ils notent leurs actions, leurs réflexions, leurs questions, leurs lectures commentées en rapport avec le cours ou la recherche menée.
  • En seconde année, les étudiants écrivent leurs propres réponses à un appel à communication, lesquelles, après une première sélection par l’enseignant, sont soumises aux évaluateurs du colloque selon la procédure classique de la lecture en double aveugle. Dans ce cadre, en 2013, quatre étudiants (Thomas Chabbert & Damien Foucher d’une part, Antoine Henry & Jean-Baptiste MacLuckie d’autre part) ont vu leurs communications sélectionnées pour le 5e colloque COSSI qui se tenait à Shippagan (Nouveau-Brunswick, Canada). Deux d’entre eux ont pu présenter leurs communications devant l’assemblée des chercheurs. Ce faisant, ils se sont imprégnés au plus près de la démarche de recherche. Leurs communications sont disponibles ici. Deux d’entre eux sont aujourd’hui inscrits en doctorat.

L’action de recherche 2015

Pour l’année 2015, l’étude a porté sur les pratiques et représentations d’un ensemble de professionnels de la communication en matière de communication durable et/ou responsable. J’avais évoqué le lancement de cette action dans le cadre d’un billet en date du 17 janvier 2015, intitulé « Communication durable : un concept insensé ? »

Les quatorze étudiants des deux promotions ont réalisé chacun deux interviews dont vingt interviews se sont révélées exploitables. Comme il se doit, leur contribution est mentionnée dans le texte de la communication (p. 216 et suiv. des actes) : « Les entretiens ont été menés en mars 2015 dans le contexte d’un cours d’introduction à la recherche, avec un groupe d’étudiants en master s’initiant aux méthodes de recherche. Après une formation aux principes et pratiques de l’entretien semi-directif, les étudiants ont mené les entretiens avec les professionnels, pris des notes, enregistré lorsque c’était accepté par le professionnel, retranscrit enfin les entretiens. A ce matériau brut, ils ont pu ajouter, à part, leurs propres ressentis de l’entretien (attitude de l’interviewé, dynamique de l’entretien, questions ayant posé difficulté…). » Il convient ici de préciser les noms des étudiants qui ont rendu des interviews qui ont pu être prises en compte dans le travail d’analyse final : Anaïs Lewkowicz, Myriam Charconnet, Amélie Louapre, Pierre Blondel, Sophie Hervé, Quentin Liot, Mathilde Longérias, Marie Pantier, Anahé Rabelo, Laura Rios, Sylvain Tellerain et Valentine Vergeron.

Ce matériau a été dépouillé et analysé conjointement par Sylvie Grosjean, professeure agrégée à l’université d’Ottawa et moi-même. Il a donné lieu à rédaction d’une communication proposée pour l7e COSSI, acceptée et présentée à Montréal le 12 juin 2015 sous le titre : « La communication durable vue par les professionnels de la communication. Une approche exploratoire des actions et représentations des acteurs ». En voici le texte publié dans le vol 44-1 de la Revue de l’Université de Moncton, (p. 5-19).

Un projet qui se poursuit

L’action menée en master 1 en 2015 va se poursuivre en 2016 dans une double direction.

D’une part, par l’engagement de la nouvelle promotion dans un nouveau projet de recherche. L’action s’engage début janvier 2016 avec l’ouverture du cours. Nous y reviendrons dans un prochain billet.

D’autre part, l’article écrit pour le COSSI 2015 va être envoyé à tous les participants aux interviews qui seront invités à s’exprimer sur cet article. Une seconde boucle : voyez ce que nous chercheurs avons produit à partir de vos réflexions et dites-nous, vous professionnels, ce que vous pensez de cette analyse afin que nous chercheurs, puissions à nouveau réfléchir. Les étudiants de master 2 suivront cette poursuite de l’étude à laquelle ils ont participé en master 1. A suivre également sur ce blog, le moment venu.

Christian Marcon

Incertain Stanislas : François Jakobiak s’amuse

On connaît François Jakobiak comme l’un des grands professionnels de l’intelligence économique française, comme l’auteur d’ouvrages méthodologiques et de terrain que tous les étudiants ont lus, comme conférencier, comme consultant. Je le connais aussi pour avoir été l’un des membres de mon jury de thèse, un membre qui m’a fait du bien au moral par les propos très enthousiastes que lui avait suggérés ma thèse. Qu’un homme de terrain de son niveau trouve que le travail d’un doctorant ouvrait une nouvelle voie pour l’intelligence économique à côté des travaux des professionnels et des militaires, c’était un beau compliment dont, dix-sept ans plus tard, je me souviens encore.incertain stanislas

Avec son nouveau roman Incertain Stanislas, François Jakobiak nous présente encore une autre facette de ses talents. Il se fait plaisir à tricoter une histoire à la frontière entre intelligence économique et espionnage, entre pure fiction et mise en scène de lui-même, sans que jamais le lecteur sache bien s’il y a une part d’autobiographie ou pas dans l’histoire.

Stanislas, professionnel de l’intelligence économique retraité sans l’être, marié à l’une de ses anciennes étudiantes séduite par son charisme, joue un jeu complexe et dangereux dont il n’est pas sûr qu’il soit le maître, si talentueux soit-il. Veille, réseaux, collusion, éthique, coups tordus, policiers aux aguets, avocat malin : tous les ingrédients sont réunis. Et si François Jakobiak n’a pas la plume des romanciers de métier, son intrigue se suit avec curiosité et l’on s’attache à son personnage central.

Un ouvrage à lire au premier degré pour le plaisir et à reprendre pour une lecture au second degré afin d’en extraire les leçons d’un maître de l’intelligence économique.

Live-tweeter ou penser ? Bénéfices d’une intelligence mosaïque

Merci aux personnes qui ont réagi à mon précédent billet sur le thème « live-tweeter ou penser ». Ces avis m’ont donné un autre regard sur mon sujet et je propose maintenant une nouvelle série d’hypothèses explicatives, à partir des contributions reçues. Ce que mon ancien collègue Guy Massé nommait, très finement, le résultat d’une intelligence mosaïque.

Si j’articule le tout, en essayant de respecter au mieux le propos de chacun, cela donne :

  1. Le live-tweeteur a la volonté de partager avec un public absent des éléments (discours, faits) qui lui semblent mériter d’être sus au delà de l’enceinte dans laquelle se déroule l’événement. C’est le live-tweeteur altruiste ou militant, dont mon collègue David Guillemin estime qu’il se situe « dans une démarche d’éditorialisation dans le sens que lui donne Louise Merzeau en mobilisant Zacklad, dans l’article [cité]. Il y aurait une volonté d’organiser l’information relayée en vue de faciliter, si ce n’est son appropriation, au moins sa compréhension. » Ce qui conduit David à proposer deux variantes :

1 bis. « Le live-twitteur qui relaie ce qui lui semble intéressant pour une communauté, et qui, en plus, enrichit ce qui est dit avec des rebonds vers des ressources en ligne qui prolongent le discours »

1 ter. « Le live-tweet « sourcé » (même si l’expression n’est pas très heureuse) qui cherche la précision dans la retranscription et à donner accès, via des liens, à certains éléments qui sont mentionnés dans les propos relayés. »

1 quarto. Danielle Dufour-Coppolani suggère une troisième variante, le livre-tweeteur qui veut « garder en mémoire des liens, ou des alertes, ou « des aides pour des abonnés qui vont à leur tour faire suivre l’info, en temps réel, comme un maillage d’une communauté élastique. »

  1. Le live-tweeteur s’ennuie. Il cherche une façon de s’occuper. Il suit Twitter en parallèle de l’événement auquel il assiste et adopte une posture phatique : il se met en phase avec le public qui produit le flux qu’il suit. En clair, il live-tweete pour faire comme les autres, parce qu’il est hype, dans l’air de son temps : je partage donc je suis ! Je live-tweete pour exister et me situer dans mon époque. C’est le live-tweeteur mimétique.
  1. Le live-tweeteur fait le malin. Il veut montrer, qu’il est intelligent parce qu’il sait choisir l’essentiel au milieu de la masse des informations, parce qu’il maîtrise l’outil, parce qu’il est multitâche (il faut être multitâche, c’est une compétence dans l’air du temps managérial). C’est le live-tweeteur roublard, égotique dont Damien suggère deux variantes :

3 bis. Le live-tweeteur qui veut montrer qu’il est présent là où les autres ne sont pas et que c’est un privilégié.

3 ter. Le tive retweeteur, qui n’est pas présent mais veut soutenir son autorité sur un sujet dont il se dit expert.

  1. Le live-tweeteur juge en temps réel. Fast thinking. De préférence avec l’absolue conviction que son avis est autorisé. Il doit compulsivement faire connaître son jugement. Il donne son absolution ou voue aux gémonies avec la bonne conscience des esprits cyniques se croyant supérieurs. C’est le live-tweeteur prétentieux.

Où l’on voit donc un esprit malicieux conforter mes hypothèses taquines et deux esprits constructifs renforcer considérablement l’hypothèse la plus positive.

Voilà qui rééquilibre le tout et me donne une autre image du live-tweet.

Merci à David, Danièle et Damien.

Ceci dit, si votre prénom ne commence pas par D, vous pouvez aussi contribuer à la notre exercice collectif.  ;-))

Christian Marcon

 

Live-tweeter ou penser ? That is the question.

J’avais décidé de faire moderne, de live-tweeter la journée de recherche consacrée au paradoxes du management stratégique. Mes étudiants adorent cela. Soyons jeune, live-tweetons ! J’ai donc conçu mon hastag, commencé par un premier tweet.

Et puis Alain-Charles Martinet a commencé son intervention. Le propos sur la dialogique et le management stratégique était passionnant. De l’interrogation épistémologique stimulante, critique sur le courant mainstream du management stratégique et son impératif de contribution théorique, son isomorphisme coercitif en matière d’épistémologie. Je cite : « La recherche est devenue post normative : on constate ce qui s’est passé en moyenne et on ne le situe pas historiquement mais on le présente comme toujours valable. On affirme une neutralité axiologique. Le constat de ce qui s’est fait en moyenne n’est pas critiqué en termes moraux. » Plus loin : « le management stratégique – selon ce courant – concerne les hauts dirigeants qui cherchent à maximiser la rentabilité, à aligner les comportements des collaborateurs dans ce but et qui cherchent enfin à augmenter l’avantage concurrentiel sur le marché. Point barre. »

Fin du live-tweet. J’avais autre chose à faire. J’étais concentré sur le sujet. Pensée et prise de note captaient toute ma disponibilité. Assez jubilatoire, si vous pouvez concevoir qu’un exposé d’épistémologie soit jubilatoire.

Dès la fin de l’exposé, je me suis interrogé : pourquoi live-tweet-on lorsque l’on suit une conférence, une table-ronde, un symposium, une communication scientifique voire un cours ? Il faut avoir une disponibilité d’esprit suffisante pour live-tweeter. Cela veut dire décrocher de ce qui est dit. Manque d’intérêt ou quoi d’autre ?

Brève recherche sur Google. Trois pages de résultats : des conseil pour apprendre à faire mais aucune analyse du pourquoi. Pourtant, on m’explique que « Le livetweet est un outil communicationnel. A ce titre il est porteur de sens pour son public »

Alors, je formule quatre hypothèses personnelles, exploratoires, déconstructives  et volontiers provocantes (je le reconnais) :

  1. Le live-tweeteur a la volonté de partager avec un public absent des éléments (discours, faits) qui lui semblent mériter d’être sus au delà de l’enceinte dans laquelle se déroule l’événement. C’est le live-tweeteur altruiste ou militant.
  1. Le live-tweeteur s’ennuie. Il cherche une façon de s’occuper. Il suit Twitter en parallèle de l’événement auquel il assiste et adopte une posture phatique : il se met en phase avec le public qui produit le flux qu’il suit. En clair, il live-tweete pour faire comme les autres, parce qu’il est hype, dans l’air de son temps : je partage donc je suis ! Je live-tweete pour exister et me situer dans mon époque. C’est le live-tweeteur mimétique.
  1. Le live-tweeteur fait le malin. Il veut montrer, qu’il est intelligent parce qu’il sait choisir l’essentiel au milieu de la masse des informations, parce qu’il maîtrise l’outil, parce qu’il est multitâche (il faut être multitâche, c’est une compétence dans l’air du temps managérial). C’est le live-tweeteur roublard, égotique.
  1. Le live-tweeteur juge en temps réel. Fast thinking. De préférence avec l’absolue conviction que son avis est autorisé. Il doit compulsivement faire connaître son jugement. Il donne son absolution ou voue aux gémonies avec la bonne conscience des esprits cyniques se croyant supérieurs. C’est le live-tweeteur prétentieux.

Ces propositions sont un « propos d’étape », comme disait François Perroux, cité par Martinet.  Et sans doute devrai-je les considérer en intégrant les principes dialogique, récursif, et hologrammatique d’Edgar Morin afin de développer une approche pragmatique. (Ce paragraphe me sert uniquement à montrer que j’ai bien écouté l’orateur.)

Et comme j’écris ce billet pendant une communication scientifique dont j’ai décroché, je me regarde et me demande si je dois me passer au crible de ma grille. Par chance, je ne suis pas en train de live-tweeter : j’écris un billet de blog. Ce n’est pas du tout la même chose ! Quoique. Il faudra que je me demande pourquoi j’écris ce billet…

Pour décrocher, un conseil. Si vous décrochez pendant un colloque, un symposium… vous pouvez utiliser utilement votre temps en vous plongeant dans l’article de Louise Merzeau, Editorialisation collaborative d’un événement (Communication et Organisation, 2013) par exemple ou dans La fragilité des usages numériques de Jean-Claude Domenguet (Les Cahiers du Numérique, 2013) qui questionnent à leur façon le live-tweet.

Christian Marcon

La veille stratégique : quels liens avec l’intelligence économique, la documentation et le km ?

L’une des questions que se pose l’auteur d’un ouvrage, scientifique notamment, est celle de l’utilisation qui sera faite de son travail. Quelle tristesse qu’un livre non lu, un livre inutile.

L’un de mes étudiants de l’excellente licence « Management de l’information » du département Information-Communication de l’IUT de Tours a eu l’idée de partir de mon ouvrage « La recherche française en intelligence économique » pour écrire une note de synthèse intitulée : « La veille stratégique : quels liens avec l’intelligence économique, la documentation et le knowledege management ? » Dans ce texte, Kodjo Baba articule des éléments de l’ouvrage avec des réflexions d’autres chercheurs.

C’est une note de synthèse bien écrite et très intéressante que je vous invite à découvrir, avec l’accord de l’auteur.

Communication durable : un concept sensé ?

Lors du COSSI 2013 (Colloque Spécialisé en Sciences de l’Information), j’ai présenté une réflexion sur la notion de communication durable. Dans le cadre d’un travail de recherche commun avec cinq autres chercheurs affiliés au GRICODD* nous cherchons en effet à explorer la notion de « durabilité » en vogue dans le domaine de l’information communication. Il faut dire que les pratiques de green washing ont sérieusement pollué le discours.

La durabilité représente une thématique émergente dans le domaine des sciences de l’information, de la communication et de la documentation (SICD). Encore peu abordé en SICD, ce champ de recherche est porteur d’enjeux majeurs pour les années à venir et les membres du groupe de recherche canado-français ont pour objectif de décrypter la place de cette dimension dans les représentations, les pratiques et la culture de l’information, de la communication et de la documentation.

Vous trouverez ici les supports de la présentation orale que j’ai réalisée à cette occasion. Pour en savoir plus, il faudra patienter jusqu’à la prochaine parution de : Marcon C., Pratiques communicationnelles durables : interrogations sur la transposabilité d’un concept, Revue de l’université de Moncton, revue indexée dans la base Erudit., vol. 44 n°1

Juste pour vous mettre en appétit (elle n’arrive qu’au visuel 22/24), ma proposition de définition des pratiques communicationnelles durables. Je suggère que ce  sont des pratiques qui n’épuisent pas les possibilités et promesses d’une relation future pérenne par un frénétique trop plein (technologique, informationnel, passionnel, visuel, conversationnel, persuasif, etc.) de la relation actuelle, risquant de conduire à ce qu’il conviendrait peut-être de nommer une saturation, un écœurement, un burn out communicationnel

Pour aller plus loin, j’engage en ce moment avec Sylvie Grosjean, chercheure à l’université d’Ottawa, et un groupe d’étudiants de master 1 inscrits à un cours d ‘introduction à la recherche à l’IAE de Poitiers, une recherche exploratoire sur le sens que les professionnels donnent aux notions de communication durable et de pratiques communicationnelles durables.

Christian Marcon

GRICODD : Groupe de Recherche sur l’Information, la Communication et la Documentation Durable, réunissant des chercheurs des universités canadiennes de Moncton et Ottawa ainsi que de l’EBSI de Montréal, et des chercheurs des universités de Bordeaux, Montpellier et Poitiers (en l’occurrence, le laboratoire CEREGE que je représente dans le groupe). 

La recherche française en intelligence économique. Bilan et perspectives

Capture d’écran 2014-09-14 à 10.03.15Je viens de faire paraître aux Editions L’Harmattan un ouvrage intitulé « La recherche française en intelligence économique. Bilan et perspective ».

Cet ouvrage est le fruit du travail mené dans le cadre de mon habilitation à diriger des recherches. En 1998, j’ai « commis » la première thèse française en intelligence économique dans le champ des sciences économiques. Pour l’époque, ce travail était un OVNI : pas de littérature canonique sur ce sujet, une approche qui marie sciences économiques, gestion et sciences de l’information et la communication, pas d’épistémologie établie… Tout à faire. Déroutant. Risqué, aussi. Mais passionnant.

Fort heureusement, depuis, un ensemble de travaux sont parus : thèses, livres, articles, communications, ensemble suffisamment nombreux pour que l’on puisse en extraire des directions, des thématiques, des limites aussi. Beaucoup d’information, peu de communication. Pas toujours suffisamment d’épistémologie. Une construction en puzzle, dans un contexte qui ne rend pas toujours facile la parution de travaux.

Mon propos, à travers ce livre, est de dresser un bilan, tant quantitatif que qualitatif et de proposer des pistes de recherches futures, avec un corpus structuré de concepts, de définitions, de schématisations.  Avec l’espoir que des collaborations et des recherches nouvelles pourront naître de cette étape.

Je vous offre ici l’introduction de l’ouvrage. En vous invitant, évidemment, a acquérir la suite pour engager le débat.

Vous trouverez une chronique de l’ouvrage parue sur le blog de Cellie.

Christian Marcon