Percussion Instruments of the Middle Ages and Renaissance : Their History in Literature and Painting

BLADES James, Percussion Instruments of the Middle Ages and Renaissance :Their History in Literature and Painting, Early Music, vol1,n°1, janv. 1973, 11-18.

James Blades, percussionniste anglais, est l’auteur de plusieurs livres sur la percussion.
Dans son article, il présente les instruments de percussion du Moyen-âge et de la Renaissance en faisant référence à des textes ou iconographies :
Hamlet, le Psautier de Luttrel, peintures de Holbein, sculptures des cathédrales de Worcester, Beverley.

Les timbales.
Les timbales trouvent leur origine dans les nacaires. Les nacaires sont de petits tambours en forme de bouilloire suspendus par une sangle autour de la taille ou des épaules. Elles étaient jouées par les Croisés avant d’être adoptées par les musiques militaires européennes sous la forme de timbales de cavalerie.
Le fût des timbales, recouvert d’une peau, peut-être en cuivre, bois ou argile. On les joue avec une baguette dans chaque main.
La signification change suivant la personne qui les joue. Jouées par des hommes, elles sont principalement utilisées à des fins militaires. Jouées par des femmes, elles deviennent des instruments délicats pour accompagner des instruments aux tons doux.

Le tambour et la caisse-claire.
La forme la plus courante de percussion dans l’Europe médiévale est le tambour.
Le tambour médiéval n’est pas standardisé : sa taille et sa forme diffère selon les régions et les époques.
Il ya de nombreuses preuves de l’utilisation généralisée du tambour dans toute l’Europe.
Par exemple :
Le manuscrit du Saint John’s College de Cambridge (12ème siècle).
• La fresque serbe « The Mocking of Christ » (début 14ème siècle).
• Les sculptures de la cathédrale Lincoln.
• Les tambours à cette époque étaient associés à la musique profane.

Durant le 13ème siècle, une forme plus grande de tambour apparait et adoptée par les armées de l’Europe occidentale. Dans son Orchésographie (1588), Thoinot Arbeau renseigne la taille du tambour militaire : « 1 mesure de 60cm de longueur et 30cm de diamètre. Les tambours utilisés pour la danse folklorique sont plus petit que le tambour militaire. La caisse-claire est utilisée comme un instrument d’orchestre à partir du 18ème siècle.

Le triangle.
Le triangle médiéval est souvent illustré avec des anneaux enfilés à la barre inférieure.
La forme varie considérablement. Il peut-être soit équilatéral avec une fin ouverte ou fermée, soit de forme trapézoïdale semblable à un étrier. Le son ressemble à celui d’une ancienne sistre.
Même si le triangle est souvent illustré avec des anneaux, la plus ancienne mention de l’instrument (dans un manuscrit du 10 ème siècle) se réfère à un instrument sans anneaux.

Le tambourin.
Le tambourin est très populaire dans toute l’Europe au Moyen-Age.
Le type de tambourin de l’époque médiéval est proche de celui que nous connaissons aujourd’hui et encore plus proche des instruments turcs du 19ème siècle.
Ils sont généralement composés de 4 ou plus paires de cymbalettes disposées de manière équidistante. Les cymbalettes sont concaves et sont plus grandes et épaisses que les modernes.
C’est la forme qui apparait le plus souvent dans les peintures et les sculptures dans les églises et les manuscrits enluminés à partir du 11ème siècle.
Dans plusieurs cas, il est représenté avec un ou plusieurs timbres. Le tambourin est tenu en hauteur et joué avec les doigts. Parfois, l’instrument n’a pas de cymbalettes.
Le tambourin est souvent illustré dans des mains d’anges mais à bien des égards, il est un instrument rustique associé aux troubadours, jongleurs et forains.
A la fin du Moyen-âge, il a un rôle dans la musique concertante. Il reste un ingrédient essentiel de la musique rythmique.

Les cymbales.
Les cymbales restent inchangées tout au long du Moyen-âge et ressemblent aux instruments utilisés par les grecs et les romains. Instruments « bruyants » et souvent représentés joués à la manière des cymbales antiques par des femmes et des anges, les cymbales semblent être épaisse et avoir environ 15 à 25 cm de diamètre.
Il ya des preuves pour des cymbales plus grandes (environ 30 cm de diamètre) et plus minces dans de nombreuses parties de l’Europe. Ces cymbales sont jouées verticalement et utilisées pour le rite chrétien.
Les petites cymbales sont associées aux anges et utilisées par les danseurs.
Les cymbales sont introduites à l’orchestre en 1680 par Stungk dans son opéra Esther.

Les castagnettes.
Les castagnettes servent à accompagner les cymbales. En effet, les cymbales produisent des battements métaliques auxquels sont associés des claquements joués par des castagnettes ou pièces de bois ou d’os.
Mersenne confirme la popularité des castagnettes au Moyen-âge dans son Harmonie Universelle (1636) en parlant de « tous les petits os et bâtons en bois qui peut se manipuler de façon rapide et agile ». Il dit qu’elles devraient être en bois de résonnance comme le prunier ou l’hêtre. Il pointe l’importance des castagnettes en tant qu’instrument de musique, particulièrement en Espagne.
Les castagnettes telles que nous les connaissons aujourd’hui apparaissent rarement dans l’art médiéval. Cette utilisation reste confinée à l’Espagne.
Il existe différentes formes de castagnettes :
Castagnettes composées de petites cymbales sur les extrémités.
Castagnettes dans les semelles de chaussures selon la coutume grecque et romaine (créer une sorte d’applaudissement)
Triccabullacca Napolitaine est constituée de 3 ou plus castagnettes reliées entre elles.
Tric-trac espagnol/horloge-clac/ la plaque de hochet : un ou plusieurs marteaux pivotés oscillant sur un socle de bois. Les instruments de ce type sont utilisés comme pétards et bruiteurs pendant la semaine sainte.

La crécelle.
Les crécelles, sous diverses formes, ont été liées à la vie religieuse et laïque du moyen-âge et de la renaissance. La crécelle est un hochet à crémaillère qui est tournoyé sur une roue dentée de plusieurs langues de bois robustes.
Elle est utilisée comme signal d’alarme ou épouvantail.
Elle est également utilisée lors de cérémonies religieuses, en particulier le jeudi saint et vendredi saint.

Le tambour à friction.
Aussi appelé « rommelpot », cet « instrument paysan » lié aux pays bas est l’ancêtre du tambour à corde (Lion’s roar).
C’est un corps constitué d’un réceptacle en bois ou en argile avec une tête de parchemin dans lequel est apposé un bâton court.
Il est associé à des occasions festives comme le puttiputi italien ou le zambomba espagnol.
Un autre type de tambour à frottement est le Waldteufel où le baton central est remplacé par un cordon.

Le tympanon.
Les instruments à percussion accordés au Moyen âge sont les cloches, le xylophone et le tympanon.
Virdung parle d’un instrument à 6 cordes joué avec « des fouets en forme de cuillère ». C’est une sorte de tambour à cordes, instrument composé de 6 cordes en boyau tendu sur une caisse de résonnance en bois et accordé.
Il existe une représentation d’un tympanon sur la tapisserie d’Angers (1380) et sur un relief de la cathédrale de Santiago de Compostela (1184).

Le xylophone.
Le xylophone est mentionné pour la première fois en 1511 par l’organiste Arnold Schlick comme « hultze glechter » (percussions de bois).
En 1528, Martin Agricola illustre une série de 25 lames de bois.
Un siècle plus tard, Praetorius illustre une série de 15 lames diatoniques de 38 à 53 cm de longueur en forme de pyramide.
Holbein donne un excellent exemple de xylophone au 16ème siècle dans son cycle de gravure de bois « la danse de la mort » où il représente un squelette jouant sur un petit xylophone.
Le xylophone du Moyen-âge, en général, est un instrument simple très utilisé par les musiciens vagabonds. Les lames de bois sont en bandoulière ou reposent sur des cordes de paille donnant lieu à la dénomination « violon de paille ».

Les cloches de carillon.
Beaucoup de musique de danse du Moyen-âge étaient imprégnées par des murmures rythmiques de petites cloches ou tintement.
Les instruments les plus réputés de percussion ont été les véritables cloches.
Les cloches apparaissent fréquemment sur des illustrations du 10 au 15 ème siècle. Le roi David est presque toujours représenté avec des cloches. Elles sont habituellement vues en petit nombre, de 4 à 5 ou 8 à 9 dans un ensemble unique. Elles sont frappées avec un marteau ou 2 marteaux (un dans chaque main).
La musique authentique de ces instruments est difficile à trouver. Peut-être que les cloches ont été utilisées pour distinguer les intervalles dans l’enseignement de la musique, marquer les débuts des phrases ou faire un déchant lorsque cela est possible.

Nadia Bendjaballah

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