Analyse du corpus iconographique de percussions

LA SCENE MILITAIRE

Le corpus est constitué de 3 tableaux représentant des tambours : 2 sous forme de portrait et 1 de défilé. Dans ces tableaux, les musiciens sont costumés.

La scène de défilé montre plusieurs tambours isolés les uns des autres .Le musicien dans le tableau de Jacob de Gheyn tient ses baguettes en « position tambour » et le tambour tombe sur la jambe gauche. Cette position est encore utilsée actuellement pour jouer du tambour. La peau de résonance semble avoir un timbre.

L’instrument de percussion qui symbolise la guerre est le tambour.Il est généralement associer aux trompettes.Instrument sonore, on l’entend de loin et peut ainsi effrayer l’ennemi ou envoyer des signaux.

LA MYTHOLOGIE

Les sujets antiques de la mythologie constituent pour les peintres une inspiration constante. De même, la musique de l’Antiquité est la source de spéculation à partir de la Renaissance, des Académies italiennes aux cours européennes. Ainsi, lorsque le sujet s’y prête, la musique vient tout naturellement accompagner les scènes païennes imaginées par les peintres.

Dans les deux tableaux, le sujet est tiré de la mythologie judéo-chrétienne, mais, au moins dans le cas de Rosseli Matteo, la victoire de David est traitée comme une pastorale, le guerrier étant l’objet des louanges de tout son peuple. Autour de lui et pour célébrer sa victoire, on joue du luth, de la flûte, du triangle, du tambourin.

Chez Antiveduto, à peu près contemporain, la scène est bien plus dramatique. Le ciel est menaçant, la tête coupée a un aspect surnaturel. C’est une représentation de l’épisode biblique bien plus chrétienne – cet épisode de l’Ancien Testament a d’ailleurs fait souvent l’objet de réinterprétations messianiques, David apparaissant alors comme l’annonce du Messie, l’homme humble qui triomphe des plus forts. Cependant, les instruments à percussion mis en scène ici sont les mêmes que dans le précédent tableau. Triangle et tambourin ont-ils une fonction rituelle, au-delà de la célébration de la victoire ?

En effet, selon une croyance, les vibrations métalliques ont le pouvoir d’écarter les maléfices.

LES SCENES RELIGIEUSES

La musique n’est pas absente non plus du Nouveau Testament et des textes apocryphes qui fondent la foi catholique au XVIe siècle. Dans le tableau ci-dessous, Sainte-Cécile, patronne des musiciens (cf. l’article sur l’iconographie de Sainte-Cécile dans ce blog), est représentée aux côtés d’un autre martyr, Sébastien. Bien qu’ils soient tous les deux des martyrs des premiers temps du christianisme, leurs légendes ne sont pas reliées l’une à l’autre – Lavinia Fontana opère donc une représentation allégorique, bien exprimée par le plan supérieur qui ouvre directement aux sphères célestes. Au sol, ce sont les instruments de musique qui entraînent à la lecture allégorique. Les instruments sont à Sainte-Cécile ce que la flèche est à Saint-Sébastien, ses attributs les plus immédiatement reconnaissables et qui nous rappellent avec quelle grâce sa voix se mêle aux instruments pour louer Dieu.

En revanche, chez Raphaël, les instruments de musique appartiennent à l’autre plan du tableau, l’espace céleste, les limbes où les anges donnent leur concert pendant le couronnement de Marie par son Fils. La musique qui s’élève des violons et des tambourins contraste avec le dénuement, la misère terrestre des apôtres devant le tombeau vide. Les regards des anges musiciens dessinent un espace à trois dimensions, illimité ; de ce fait, la musique emplit tout l’espace, résonne le long de toute la voûte céleste.

Ces deux tableaux montrent la variété des rôles des instruments de musique dans l’iconographie des XVIe et XVIIe siècles particulièrement : tantôt attributs du céleste, tantôt symboles des vanités humaines, ils jouissent d’un statut constamment à définir. C’est peut-être là également une des propriétés de la musique, lien entre l’humain et le divin.

LES SCENES DE GENRE

Les tableaux représentent des scènes de la vie quotidienne :

un homme dansant à côté de musiciens, un homme jouant du rommelpot au milieu de la foule, 3 personnes jouant ensemble.

Les instruments présents dans le tableau de Molenaer sont.un rommelpot, un tambourin et un tambour accroché autour du coup. D’après Mersenne, dans son Harmonie Universelle, cette pratique était courante.

Ces instruments, en particulier le rommelpot, sont très utilisés dans la musique populaire hollandaise.Nous pouvons remarquer la simplicité des scènes et l’habillement des personnages.

Dans les 3 tableaux, le rommelpot est tenu en dessous du bras et actionné avec l’autre main.

Nadia Bendjaballah.

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