Plaidoyer pour Eric le Boucher

Stéphane Ménia a publié un billet un brin énervé suite à la chronique d’Eric le Boucher paru dans les Echos. N’écoutant que mon courage, j’ai décidé de le défendre (Eric, pas Stéphane).

  1. Eric le Boucher raconte n’importe quoi, c’est clairement documenté dans le billet de Stéphane Ménia, mais il a le mérite de la constance : cela fait des années que ça dure. Ne vaut-il pas mieux un incompétent constant qu’un compétent inconstant ? (je plaisante : les vrais arguments sont à suivre).
  2. Il s’adresse à des lecteurs, on est donc face à un problème offre/demande : qu’attendent les lecteurs des chroniques d’Eric le Boucher ? Mieux comprendre le monde ? Pas sûr. Question généralisable aux lecteurs de l’Humanité, de Libération, du Figaro, …, bref : à chacun d’entre nous. Sans doute cherchent-t-ils avant tout une sorte de prêt-à-penser allant dans le sens de leurs a priori, pour briller lors de soirées plus ou moins arrosées auprès de personnes partageant les mêmes a priori.
  3. S’adresse-t-il d’ailleurs à ses lecteurs ? Il y a des marchés ou les offreurs se désintéressent de la demande, ils regardent les autres offreurs et cherchent à trouver une niche confortable, leur permettant de se positionner dans l’espace des possibles, on est donc face à un problème offre/offre (d’où la référence à Denis Clerc dans le billet de le Boucher, sans doute). Eric le Boucher a trouvé une niche dans l’espace des chroniqueurs économiques, il ressasse les mêmes discours pour marquer son territoire, il ne s’adresse pas à ses lecteurs, mais à ses concurrents ou ceux qu’il juge comme tels.

Au final, Eric le Boucher me semble défendable : il raconte des inepties en s’appuyant au mieux sur des références périmées, qui caressent dans le sens de leurs convictions certains lecteurs, et préserve ce faisant son positionnement stratégique dans l’arène des chroniqueurs économiques. Il ne lira pas la chronique de Stéphane Ménia, et s’il la lit, il s’en moquera : pas plus que ses lecteurs, il ne cherche à comprendre le monde.

Après, si ce que vous voulez c’est mieux comprendre le monde, lisez le billet de Stéphane Ménia et les références associées.

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5 commentaires sur “Plaidoyer pour Eric le Boucher

  1. en fait, cela ne peut-il pas être généralisé à quasiment tout le monde (à un moment ou à un autre?)
    le Pape quand il parle de préservatif (les gens s’offusquent) comme si le pape pouvait se permettre de dire quand nous niquez protégez-vous achetez Manix (ou Trojan si vous êtes monté comme un cheval)
    Wauquiez quand il parle de mariage gay (les gens s’offusquent) comme si Vauquiez pouvait se permettre de dire chers membres LGBTI+ rentrez dans vos mairies mariez vous l’important c’est l’amour peut importe
    une marque qui utilse la femme comme un objet sensuel et valorise sa beauté suivant une certaine norme pour donner envie d’acheter des strings (les gens s’offusquent) comme si la marque pouvait se permettre de mettre une femme grosse et/ou moche, pour faire la promotion de son string ficelle
    « certaines » femmes qui disent que les femmes travaillent bénévolement depuis le 3 novembre et que c’est un scandale et qu’il faut plus de femmes à la tete des boites du cac 40 (je m’offusque) comme si ces femmes pouvaient dire que bon il est vrai que dans notre combat la femme de ménage, la caissière sont oubliées et que en fait les actuels hommes forts du cac40 sont nos maris et nos pères

    • Les représentants religieux et politiques portent des discours sur les valeurs, qu’ils en défendent certaines et en occultent d’autres ne me pose pas problème, c’est leur job. Eric le Boucher n’est pas dans ce registre, il ne délivre pas un message sur les valeurs, il affirme des choses sur le fonctionnement du système économique. Et il affirme des choses fausses et/ou mal documentées.

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