La géographie de la population française

L’Insee vient de
publier
des données sur les populations légales par commune pour 2009. Cela m’a donné l’idée de récupérer les données disponibles par commune, zone d’emploi, département et région du
recensement de 1962 à cette dernière livraison.

La question est la suivante : assiste-t-on à une concentration croissante de la population ? Si oui, à quelle échelle
spatiale ?

Afin de répondre à ces questions, j’ai construit pour chaque année et chaque échelle un indicateur de concentration, l’inverse de
l’indice d’Herfindahl. Pour un ensemble de n entités, l’indice prend la valeur 1 en cas de concentration
maximale (tout se passe comme si tout était concentré dans une seule entité) et la valeur n en cas de répartition parfaitement homogène. Pour les régions, par exemple, on aura la valeur
1 en cas de concentration maximale et la valeur 22 en cas de concentration minimale. Pour les départements, entre 1 et 96, pour les zones d’emploi entre 1 et 348 et pour les communes entre 1 et
36 568.

Voici le tableau de résultats :

1962

1968

1975

1982

1990

1999

2009

REG

13.7

13.4

13.3

13.4

13.1

13.1

13.0

DEP

55.7

57.3

59.1

60.3

60.7

60.8

61.1

ZE

103.0

108.0

115.1

119.8

121.0

121.4

120.4

COM

214.5

261.6

339.9

399.3

444.8

475.2

490.4

 

La valeur de l’indice augmente aux échelles des départements, des zones d’emploi et des communes (on a donc déconcentration spatiale à
ces échelles) et diminue au niveau des régions (concentration spatiale). Les évolutions sont cependant très faibles à l’échelle régionale et à l’échelle départementale, un peu plus forte à
l’échelle des zones d’emploi et surtout très forte à l’échelle des communes. Ce que l’on voit mieux graphiquement (axe de droite pour l’échelle communale, axe de gauche pour les trois autres
échelles) :

 
geo_pop.jpg

Que peut-on dire alors de l’évolution de la géographie de la population française sur ces 50 dernières années ? Sur la base de ces
chiffres, je dirais forte inertie aux échelles régionales et départementales, déconcentration spatiale jusqu’aux années 1980 puis inertie à l’échelle des zones d’emploi et déconcentration
spatiale continue à l’échelle des communes. Signe de la tendance à la périurbanisation/étalement urbain.

A noter également, en statique, les valeurs des indices, par exemple pour 2009 : en France, tout se passe comme si la population était
répartie de manière homogène entre 13 régions. Soit environ 60% du nombre de régions. A l’échelle des départements, un peu plus : indice de 61 pour 96 départements, soit environ 64%. A l’échelle
des ZE, on tombe à 35%. A l’échelle des communes, enfin, on est à 1,3%. Effet pour partie mécanique, bien sûr (plus on réduit la focale, plus la concentration est forte), mais le chiffre à
l’échelle communale est révélateur de l’émiettement administratif français : 36 000 communes dans les faits, mais tout se passe comme si la population était répartie entre un peu moins de 500
communes…

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