Le gène de l’intelligence…

Je ne fais que reprendre une citation-devinette trouvée chez françois/phnk  :

J’inclinerais, pour ma part, à penser qu’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d’autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l’inné est immense.


L’auteur? Cherchez un peu, puis allez ici, si vous "séchez".

J’aime bien les indices proposés par françois/phnk :
i) 
L’auteur n’a bien évidemment aucune formation scientifique, et tout semble indiquer que son niveau de culture générale est proche de celui du plus faible percentile national,
ii) Par conséquent non, ce n’est pas un montage entre les théoriciens du gène du crime du dix-neuvième-siècle et les psychologues évolutionnistes du vingtième, même si ça pourrait (reconnaissons à l’auteur sa capacité de synthèse).
iii) "Pédophiles, suicidés, fumeurs, même combat" : la confusion désormais commune chez l’individu entre psychiatrie et criminalité devrait vous mettre définitivement sur la voie.

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14 commentaires sur “Le gène de l’intelligence…

  1. Flippant.Une fois j’avais lu un article dans Agoravox, rédigé par un diplômé d’école de commerce, qui expliquait par A+B en quoi la pauvreté et la criminalité étaient génétiques, également… :oS(Pour note, l’article a été VITE supprimé, en raison des "conclusions" que cela pouvait apporter, après réflexion sur des bases aussi saines…)Ça m’a fait le même effet : y’a encore des gens pour penser ça ?On comprend un peu mieux certains de ses discours, où dans plusieurs des postulats on retrouve cette différenciation bête et méchante entre humains déviants et humains "normaux", entre celui qui commet un acte délinquant parce que c’est sa nature, et celui qui est normalement constitué, qui est donc un bon citoyen Français.C’est affreux de constater qu’au sein de l’une des candidatures, on peut trouver une telle idéologie…Renier à ce point les influences sociales au profit d’une sorte de pseudo-génétique, ça fait vraiment peur. :o(AJC

  2. C’est Fillon qui va raler que vous vous acharnez sur son candidat^^ M’enfin si ledit candidat ne s’acharnait pas à dire des bétises, aussi…

  3. Avant de crier au scandale il faudrait évaluer un peu mieux le nombre de problèmes que cette vision permettrait de résoudre.On parle depuis des années de réformer le bac et ça n’aboutit jamais.  Pour résoudre ce problème, je propose d’utiliser la phrénologie pour déterminer quels candidats ont les compétences nécessaires pour avoir le diplome.D’ailleurs on pourrait étendre l’utilisation de cette science à tous les diplomes, concours de la fonction public et entretiens d’embauche pour éviter la discrimination.

  4. Terrifiant.Les thèses d’Alexis Carrel ne sont pas très éloignées.  Il ne lui manque plus que d’inscrire l’Eugénisme dans son programme.

  5. Sarko tombe en plein dans les allusions "genetistes" du milieu des années 90 (mode qui semble être un peu retombée depuis). Notons qu’il fait la confusion classique entre génétique et inné; les deux ,ne sont pas synonymes : par exemple, la malformation d’un nourrisson due à l’alcololisme de la mère lorsqu’elle était enceinte est innée mais pas génétique.Ensuite, le discours simpliste du "tout génétique" a un certain nombre de "vertus" politiques, notamment celle de transformer en probleme medical des problemes qui sont avant tout sociaux et politiques.
    Ceci dit, il n’est pas absurde pour un chercheur d’essayer d’analyser les liens existant entre les gènes et les comportements mais un chercheur sérieux sera prudent et ne parlera pas de "l’effet des gènes sur le comportement" mais écrira prudemment que, quelquefois, des "gènes ont quelque chose à voir avec un comprtement donné" (voir par exemple l’excellent livre de P Roubertoux "Existe-t-il des gènes de comportement?" qui pose bien le problème méthodologique).
    La mode du "tout génétique" me semble, heureusement, être un peu retombée mais quand elle était à son summum (dans les années 90) (et que plein de gens, y compris "de gauche" tenaient des discours pas très éloignés de celui de sarko), j’avais été amené à faire un travail pedagogique là dessus. En tout immodestie, je pense qu’il est toujours valable dans ses grandes lignes et qu’il donne un certain nombre d’arguments pour lutter  contre le "génétisme" (qui est une idéologie)
    Lien ci dessous (artcile "une société entière dans ses gènes")
    http://www.cndp.fr/revuedees/pdf/122/02406211.pdf

  6. @ coujou,

    Oui, je crois que pour une efficacité maximal, on pourrait même aller plus loin et décidé dès le stade foetal qui sera diplômé de quoi et exercera quel métier, sans parler de ceux qu’on pourrait directement foutre en prison-crèche ou en asile-crèche dès la naissance. Quel temps on gagnerait! Une sorte de Meilleur des Mondes, quoi…

    Bon sinon, sérieusement, c’est assez affligeant ce truc, à se demander s’il pense vraiment ce qu’il dit.

  7. En complement à mG (commentaire 6). Rassure toi, ta proposition est dépassée depuis longtemps. Watson, co découvreur de la structure de l’ADN, avait déclaré un jour (je cite de mémoire) qu tout individu devrait subir un controle de la qualité de son ADN avant d’avoir le droit de naitre

  8. Bien sûr, présenté comme ça, et hors contexte, c’est choquant. Mais est-il réellement choquant et anti-scientifique de se poser la question de savoir s’il peut y avoir une tendance innée et/ou génétique à tel ou tel trait psychologique ? Et si la réponse est positive de se demander quelle part pourrait représenter l’inné ou le génétique par rapport à l’acquis.

    Attention ! Je ne suis pas en train de dire qu’il y a un gène du suicide ou de la pédophilie ou de ceci ou cela ! Je dis simplement qu’à stigmatiser à l’excès ceux qui penchent plutôt d’un côté ou de l’autre (en fait c’est un peu toujours ceux qui penchent du même côté), on finit par avoir justement l’attitude que l’on déplore.

    Et en l’occurence, mettre dans une même phrase les comportements des pédophiles, des suicidés et des fumeurs n’est pas absurde dans ce contexte puisqu’il s’agit de s’intéresser à un caractère qu’ils pourraient avoir en commun (ou au moins dont on pourrait se demander s’il l’ont en commun), celui d’être inné et/ou génétique.

    Et les questions de l’émergence des comportements à partir d’un mélange d’acquis et d’inné (pour le dire vite) sont trop complexes pour pouvoir être balayées d’un revers de la main par un « son niveau de culture générale est proche de celui du plus faible percentile national ». Attention à la prétention des universitaires (j’en suis un) et des scientifiques (j’en suis un aussi, nul n’est parfait) à donner des leçons à ceux qui ne le sont pas !

  9. Pour une fois que je réagis plus rapidement que notre hôte !!!Et je suis ravi de voir que ce sujet très légèrement inquiétant quand on le met en perspective avec la tentative d’inclusion dans la loi de prévention de la délinquance de recommandations type encourager "Les professionnels à repérer des facteurs de risque prénataux et périnataux, génétiques, environnementaux et liés au tempérament et à la personnalité"…Moi je suis né peu crédule, c’est un problème?

  10. Moi je ne suis rien d\\\’autre qu\\\’un chômeur de longue durée qui n\\\’ a pas fait d\\\’études. Toutefois, j\\\’ai l\\\’esprit suffisamment clair pour savoir que la science est en perpétuel devenir, que l\\\’on ne peut tout expliquer par son biais et qu\\\’il faut donc s\\\’accorder un doute raisonnable avant d\\\’affirmer de manière péremptoire qu\\\’un gène puisse être responsable de quoi que ce soit (la terre fut longtemps plate dans l\\\’esprit de nombre d\\\’hommes de sciences avant les démentis formels que l\\\’on sait). Tout simplement parce que ce serait la négation du principe même de recherche scientifique. Si nous savons tout, pourquoi effectuer de la recherche, mais surtout pourquoi sommes-nous si démunis devant une multitude de maladies et autres pathologies?De plus, on ne peut envisager la structure génétique du vivant à un instant T, de façon cartésienne et photographique, puisque par définition les gènes évoluent et concourent à l\\\’adaptation de l\\\’organisme vivant et interagissent sûrement avec de nombreux autres facteurs. Ce qui me choque le plus c\\\’est l\\\’absence d\\\’humilité. Les scientifiques n\\\’ont pas encore décodé le fonctionnement du vivant qu\\\’ils proposent déjà d\\\’y introduire des modifications et autres manipulations hasardeuses. Sans vouloir rejouer la controverse de l\\\’inné et de l\\\’acquis, l\\\’explication génétique me semble par trop simpliste et commode. Pour ce qui concerne le cancer, les travaux scientifiques, l\\\’étude et la compilation  de dizaines de milliers de cas réalisés par le docteur Hamer ne peuvent être passés sous silence et de plus en plus de médecins fidèles à la doctrine médicale académique se penchent sur ses travaux afin de corroborer leurs propres observations allant dans le même sens.  A savoir que le cancer serait du à  un choc psychologique et émotionnel insurmontable et que les thérapies classiques de chimie et rayons ne feraient que condamner irrémédiablement les patients en plus de les soumettre à un nouveau choc psychologique (du à l\\\’annonce du cancer et des chances de survie) encore plus déstructeur.A mon sens, le triste commentaire pseudo-scientifique est à interpréter dans le sens d\\\’une justification idéologique préalable à des pensées, des actes ou des mesures extrêmement préjudiciables au genre humain d\\\’un point de vue éthique. Le plus grave, bien sur, c\\\’est cette prise de position d\\\’un futur présidentiable, qui, s\\\’il venait aux affaires, serait un véritable danger pour la nation, l\\\’Europe et les pays du sud. L\\\’eugénisme se profile à grands pas et on entend déjà le bruit des bottes.

  11. En réponse à M Morvan.
    Bien sûr, la question de l’inné ou du génétique (les deux n »étant pas synonymes) dans l’explication d’un comportement peut être posée par un scientifique, mais tout scientifique peut poser toutes sortes de questions (Cependant, les généticiens savent bien que parler de "part de l’inné" et de "part de l’acquis" n’a pas vraiment de sens). Mais l’essentiel est que Sarkozy n’est pas un scientifique et que son discours n’est pas un discours scientifique mais politique. Et là, il y a lieu de s’inquiéter! Et ce d’autant plus qu’il ne s’est manifestement pas renseigné sur ce que la science peut dire avant de tenir ces propos.

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