Le projet de l’UMP pour 2007

L’UMP avance dans la définition de son projet pour 2007. François Fillon reprend sur son blog la présentation faite à la presse. Il y a bien sûr beaucoup de choses à en dire. Je me concentre dans ce billet sur le 6ème engagement : la valorisation du travail.

L’objectif annoncé, d’abord :

Notre objectif, c’est le plein emploi. C’est un espoir possible dès lors que s’impose l’éloge du travail et du mérite et que nous sommes décidés à agir fortement et différemment.


Formulation intéressante  : si on doit faire l’éloge du travail et du mérite pour atteindre le plein emploi, cela signifie, en creux, que le chômage s’explique pour l’essentiel par une déconsidération du travail et des personnes méritantes. Le problème du chômage est donc avant tout un problème de moralité, il faut mettre en place des systèmes d’incitation pour pallier cela. Certaines des propositions avancées sont d’ailleurs cohérentes avec ce diagnostic. Notamment :

Pour marquer la différence entre les revenus du travail et ceux de l’assistance, les aides locales ( cantines, transport, logement…) seraient attribuées sous condition de ressources et non sous condition de statut car la famille qui se lève tôt le matin pour aller "bosser" ne doit pas avoir le sentiment d’être lésée par celle qui, cumulant les aides et allocations, n’en ressent plus la nécessité.


ou encore :

Pour assurer la sécurité et la motivation des demandeurs d’emploi, nous suggérons de fusionner l’ANPE et l’UNEDIC et nous proposons surtout "l’assurance salaire et retour à l’emploi" qui permettra au chômeur de conserver l’essentiel de sa rémunération sous la condition de respecter des exigences de formation et les offres d’emploi correspondantes.


Sûr que le problème du chômage, en France, s’explique par le fait que soit des fainéants préfèrent rester au lit plutôt que d’aller bosser, soit qu’ils refusent de se former pour trouver du travail (c’est d’ailleurs ce que me disais Fernand pas plus tard qu’hier soir au bistrot du coin en sirotant son (cinquième) Pastis)…

D’autres propositions reposent sur une analyse économique qui "oublie" de faire la différence entre économie marchande et économie capitaliste. Petite leçon d’économie :

Le fait que des sujets marchands se fassent concurrence ne suffit pas à caractériser le capitalisme. En effet, les entités de base en sont des entreprises, c’es-à-dire des entités qui mettent en oeuvre un rapport social bien différent, le rapport de production en vertu duquel les salariés se soumettent à l’autorité de l’entrepreneur et/ou des managers auxquels est délégué la gestion, moyennant paiement d’un salaire. Ce second rapport social ne se réduit pas à une pure relation marchande puisqu’il implique la soumission hiérarchique par opposition à l’horizontalité que l’on prête au fonctionnement d’un marché typique. (R. Boyer, 2004, Théorie de la régulation, Repères – La Découverte, p. 3).

Si un salarié, dans une entreprise, passe de la réalisation d’une activité x à la réalisation d’une activité y, ce n’est pas en raison du différentiel de rémunération entre les deux activités : c’est parce que son supérieur lui a ordonné. Ce n’est donc pas le prix qui régule les comportements, mais l’autorité (précisons que cette distinction entre régulation par les prix et régulation par l’autorité n’est pas l’apanage d’économistes marxistes ou assimilés : elle est au coeur par exemple de la théorie des coûts de transaction, à commencer par l’analyse de Coase (1937) sur la nature de la firme). Inutile de dire que lorsqu’il existe dans l’économie un déséquilibre entre offre et demande de travail, le côté court du marché se voit doter d’un pouvoir important. Or, il paraît qu’il existe, en France, un léger problème de chômage (une rumeur infondée, sans doute), si bien qu’on peut raisonnablement penser que les responsables d’entreprise, dotés de l’autorité, ont un très léger avantage dans leurs négociations avec les salariés, et ce d’autant plus quand les négociations ont lieu au sein de l’entreprise, voire de l’établissement.

Dès lors, il devient assez cocasse d’entendre des politiques dire qu’ils veulent redonner aux français "le choix de conduire leur destin". Comment? Très simple, il faut :

* offrir aux salariés du privé comme aux fonctionnaires le droit et le pouvoir de travailler plus pour gagner plus
* donner aux maires le droit d’autoriser l’ouverture des commerces le dimanche si les salariés sont volontaires
* développer la négociation à l’échelon des entreprises

Bref, donner de la liberté aux acteurs qui interagissent, d’égal à égal, dans l’entreprise…

Alors bien sûr, me dira-t-on, le projet UMP développe d’autres propositions, qui vont dans d’autres directions. C’est vrai. C’est d’ailleurs la caractéristique essentielle, en ce moment, des propos des leaders de l’UMP : faire des propositions dans tous les sens, histoire de contenter tout le monde. Ce qui est d’ailleurs revendiqué par Sarkozy, si l’on en juge par l’analyse des Echos :

L’autre risque est d’offrir l’image d’un grand texte ramasse tout, d’où il soit difficile de dégager un message clair et entraînant. Mais ce risque, Nicolas Sarkozy veut le prendre, persuadé que c’est à lui, plus tard dans la campagne, et avec son projet présidentiel, qu’il reviendra de dégager des lignes de force.

L’autre raison d’un tel ecclectisme est sans doute à chercher du côté de la méthode utilisée : "pas de longues réflexions sur les équilibres macroéconomiques", nous disent Les Echos,  "l’UMP est partie des préoccupations des Français, d’où la place majeure qu’elle donne au pouvoir d’achat" . "Pas d’interdits idéologiques, le texte emprunte aux classiques libéraux tout en pillant allègrement dans le projet socialiste". Bref, un bel exercice de démocratie participative…

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18 commentaires sur “Le projet de l’UMP pour 2007

  1. Pour valoriser le travail, l’UMP a omis les revenus des rentes… Dans cette affirmation de l’égalité salarié – chef d’enreprise, n’y aurait-il pas  la tentation de faire renaitre la loi Le Chapelier ?

  2. Pour une durée légale du travail de 35 heures par semaine en France, la durée effective moyenne est de 39 heures pour les emplois à temps plein et de 36,3 heures pour l’ensemble des emplois (temps plein + temps partiel). Par comparaison, ces durées sont inférieures en Grande-Bretagne : 37,2 heures pour les emplois à temps complet et 31,7 heures pour l’ensemble des emplois. Elles sont aussi inférieures aux Etats-Unis et dans plusieurs pays en Europe.
    Nous travaillons plus que dans beaucoup d’autres pays. Selon une étude fondée sur les statistiques officielles de chaque pays, à lire ici http://travail-chomage.site.voila.fr/emploi/duree_travail.htmou à imprimer  http://travail-chomage.site.voila.fr/emploi/duree_travail.doc
    la durée hebdomadaire moyenne du travail pour l’ensemble des personnes ayant un emploi (salarié ou non, à temps plein et à temps partiel) est  :- 36,3 h en France– 36,2 h en Italie (12,7% de temps partiel)- 35,1 h au Danemark (21,6% de temps partiel – durée officielle du temps de travail : 37H)- 33,6 h en Allemagne – 33,2 h en Espagne (35,5 h pour le temps plein – 16,4 h pour le temps partiel avec un taux de 12,4%)- 31,7 h en Grande-Bretagne (37,2 h pour le temps plein – 15,7 h pour le temps partiel avec un taux de 25,5%)- 30,1 h en Suède (36,1 h pour ceux "au travail" – taux de temps partiel à 20,3%)- 29,2 h aux Pays-Bas (36,9 h pour le temps plein – 18,9 h pour le temps partiel avec un taux de 44% – durée officielle du temps de travail : 38H)- 33,8 h aux Etats-Unis
    La durée des congés payés est à peu près identique dans tous ces pays, sauf aux USA (deux semaines de moins).
    Cela surprend mais est facile à vérifier : toutes les sources sont citées avec précision pour chaque pays.
    Une réalité méconnue ou volontairement occultée.
     

  3. Mais vous êtes pas croyable, vous !
    "Sûr que le problème du chômage, en France, s’explique par le fait que soit des fainéants préfèrent rester au lit plutôt que d’aller bosser, soit qu’ils refusent de se former pour trouver du travail (c’est d’ailleurs ce que me disais Fernand pas plus tard qu’hier soir au bistrot du coin en sirotant son (cinquième) Pastis)…"
    C’est bizarre, j’avais cru que les deux économistes français les plus compétents sur la question préconisaient exactement cela, fusionner UNEDIC et ANPE et mettre en place un système de sanction crédible en contrepartie d’un meilleur service.
    http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/054000092/0000.pdf
    Bizarre aussi, les deux mêmes proposent la création d’un contrat unique que seul l’UMP propose.
    Mais Cahuc et Kramarz ont dû passer trop de temps au bistrot à enfiler des perles ; ils devraient prendre exemple sur la rigueur et l’exigence intellectuelle dont vous faites preuve.

  4. Je trouve quand même curieux que vous ne conceviez le travail que dans le cadre d’une subordination à un employeur étatique ou capitaliste. C’est même assez inquiétant de la part d’un scientifique.Par ailleurs, l’idée selon laquelle la prospérité d’une collectivité repose essentiellement sur la quantité de biens ou services qu’elle produit vous a-t-elle échappé ? Niez-vous que l’investissement personnel des individus (parfois nommé travail) dans la création de richesses est la première source de la prospérité des collectivités ?NB : En politique, les interprétations en creux, ça ne consiste ni plus ni moins qu’à faire dire ce qui n’a kamais été dit.

  5. @ Xavier : vous avez raison, autant s’en remettre aux spécialistes. Je reprends des extraits du document que vous citez : 1.« Une forte diminution de l’allocation chômage pousse une partie des demandeurs d’emploi à retrouver rapidement un emploi. » Si on en reste là, on comprend les propos de Fillon : on ne cherche pas d’emploi car on préfère vivre des minimas, on refuse les emplois que l’on nous propose, etc… Sauf que : 2. « En fait, les données disponibles montrent que les taux de refus d’offres d’emploi de la part des chômeurs sont très faibles et varient peu. C’est donc vraisemblablement la recherche d’emploi qui s’intensifie avant la période de fin de droits. » Sur la base de ce deuxième constat, affirmer que beaucoup de personnes refusent les emplois qu’on leur propose est bêtement faux 3. « L’impact positif de la perte de l’allocation chômage sur le retour vers l’emploi est plus marqué pour les individus les plus qualifiés, qui perçoivent les rémunérations les plus élevées. On s’aperçoit en effet que leur taux de sortie du chômage double lors de l’approche de la fin de droits alors que celui des personnes percevant les rémunérations les plus basses s’accroît seulement de moitié. Les personnes les plus qualifiées disposent d’une marge de manœuvre plus importante, leur permettant d’exploiter au mieux les revenus de l’assurance chômage. » ET  « Une partie des chômeurs ne retrouve pas d’emploi après le quatorzième mois, alors que l’allocation chômage a été considérablement diminuée. Une fois passé ce délai, le taux de retour vers l’emploi est inférieur à celui prévalant avant la date de fin de droit. Il existe donc une proportion importante de chômeurs ayant peu de chances de retrouver un emploi, indépendamment du niveau de l’allocation chômage. Ces personnes ont besoin d’une aide pour retrouver un emploi. » Je vous rappelle que le chômage touche essentiellement les personnes les moins qualifiées. Or Cahuc et al. montrent que leur retour à l’emploi n’est que faiblement lié au niveau de l’allocation chômage. La réthorique de l’UMP semble donc plutôt décalée par rapport aux faits statistiques observés. Je précise que je ne critique pas l’analyse de Cahuc et al. C’est la réthorique de l’UMP qui m’exaspère, quand elle sous-entend que les chômeurs reste au chômage car ils préfèrent rester au lit ou refusent les offres d’emplois ou de formation proposées. Bien sûr, c’est vrai dans certains cas. Mais ces cas sont marginaux. Autant cibler les problèmes dominants. @ Liberoidal : ce rapport de subordination existe, je ne dis pas que la relation de travail se réduit à cela, je dis qu’il convient de prendre en compte ce rapport de subordination, l’existence de pouvoirs de marché, et les implications que l’on peut en tirer. L’asymétrie des rapports de force ne concerne pas seulement la relation de travail : il n’y a qu’à regarder les relations donneurs d’ordre / sous-traitants pour voir que l’effort d’adaptation est déplacé de plus en plus vers les sous-traitants, ce qui n’est pas sans poser problème (cf. le cas d’Airbus). A l’inverse, certains salariés et certains sous-traitants sont à l’abri, dès qu’ils détiennent des ressources/compétences spécifiques. Ils sont indispensables pour les supérieurs/donneurs d’ordre, et tirent plutôt bien leur épingle du jeu. Compte tenu de l’état actuel du marché du travail, les personnes les moins qualifiées sont les plus exposées. Croire que ce sont elles qui décideront ou pas de faire des heures supplémentaires, de travailler lou pas le dimanche, ou bien croire qu’elles pourront influer sur les négociations au sein des entreprises est d’une naïveté sans nom. Sur votre deuxième remarque, je ne vois pas en quoi ce que je dis conduit à cette critique. précisez svp…

  6. Ce que je vous reproche, c’est d’accorder à la rhétorique politique une importance qu’elle ne mérite pas, et de ridiculiser certaines propositions concrètes en les rattachant à cette rhétorique, alors que par ailleurs ces mêmes propositions sont préconisées par les meilleurs économistes.
    Encore une fois, je trouve beaucoup plus constructif de citer (comme vous le faites en réponse à mon commentaire) des éléments scientifiques éclairant la valeur d’une proposition donnée. Mais après tout de quoi je me mêle, c’est votre blog et vous en faites ce que vous voulez.

  7. @ xavier : la réthorique politique a plus d’importance que vous ne l’imaginez. Je me cite (je sais, ca fait très prétentieux), sachant que je parlais des délocalisations, mais on peut généraliser :
    Les discours dominants sur les délocalisations laissent à penser que nous serions plongés dans une sorte de Far West au sein duquel seraient en lutte des « bons » et des « méchants », étant entendu que les avis divergent sur qui sont les « méchants » du film : pour certains, il s’agit des salariés qui s’arqueboutent sur leurs « avantages acquis » ; pour d’autres, il s’agit des patrons voyous, qui profitent du surcroît d’information dont ils disposent ; pour d’autres encore, ce sont les actionnaires, qui ne visent que la rentabilité à court terme de leurs investissements, en faisant et défaisant les entreprises. Les problèmes seraient donc avant tout affaire de moralité, tous attendent que le shérif de l’histoire (la loi), substitut fonctionnel d’une impossible vertu, vienne condamner les coupables. Tout au long de l’ouvrage, nous avons voulu montrer que le problème est tout autre : il résulte de la dynamique du système capitaliste, qui permet certes d’entretenir la croissance économique mondiale, mais qui conduit, dans le même temps, à la production d’inégalités sociales et spatiales. Le problème étant systémique, ce n’est pas la vertu ou la loi qui peut sauver le monde, mais la capacité du politique à analyser le système d’ensemble et à proposer des solutions adaptées.
    Source : les nouvelles géographies du capitalisme, p. 225.
    Le catalogue fourre-tout de l’UMP ne constitue pas vraiment une analyse pertinente et cohérente du système d’ensemble. Si cela peut vous rassurer, ils ne sont pas les seuls…

  8. "Liberoidal : ce rapport de subordination existe, je ne dis pas que la relation de travail se réduit à cela,"Le rapport de subordination existe pour les salariés. Etre salarié (ou fonctionnaire) n’est pas une fatalité, surtout aux yeux d’un Fillon. Rien n’interdit, notamment, à tout citoyen, d’entreprendre et chercher fortune. Par ailleurs, l’éventuelle existence d’une réelle mobilité sur le marché du travail atténue d’ailleurs grandement le rapport de force (et c’est pour cette raison qu’une femme de ménage déclarée à Paris est payée plus cher à l’heure qu’un comptable).Sur le second point : la prospérité, et donc, la capacité à redistribuer et à être effectivement solidaire en argent sonnant et trébuchant d’une communauté dépend de la quantité de richesses produites par la communauté en question. Revaloriser le travail, c’est aider nos concitoyens à comprendre que ce qui compte n’est pas d’avoir un emploi, de créer une entreprise, mais de *produire*. La question des statuts est sans importance face à la question de la production.Un chômeur qui de son plein gré et librement entretient une forêt domaniale parce que ça lui chante produit plus de richesses qu’un comptable anonyme dans une grosse boîte mal gérée : revaloriser le travail, c’est aussi, comme le propose l’UMP, de garantir un revenu plancher pour tous, même s’ils n’ont ni emploi ni activité notable et ce pour quelque raison que ce soit.Par contre, puisque la capacité à produire des richesses est la condition clé du financement de la solidarité, il est logique d’oeuvrer de sorte à ce que le revenu des individus productifs soit incitatif par rapport à ce que rapporte la simple oisiveté.

  9. La question de la négociation dans le contrat de travail ne se pose pas, puisque celui-ci se caractérise par son lien de subordination. La messe est dite.
    Une question d’une néophyte en économie (je ne suis que juriste). Pourquoi les "libéraux" (voire les "ultra libéraux" comme on dit)  refusent-ils de prendre en considération le problème du rapport de force entre les contractants? Je pense à la présidente du Medef -qui certes n’est pas économiste- lorsqu’elle évoquait la possibilité de négocier la rupture de son contrat de travail comme on négocie un divorce.
    Bien à vous.
    Anna

  10. Anna: la question se poserait certainement moins si l’on sortait de cette logique transpatisane (qu’on trouve du PS à l’UMP tendance gaulliste en passant par l’UDF) selon laquelle il faudrait trouver un emploi pour tout le monde. Les libéraux soutiennent généralement l’idée d’une allocation d’existence pour tous indépendante du statut du bénéficiaire, mais souhaitent par ailleurs que les revenus du travail soient de nature à inciter à travailler plutôt que de ne rien faire.

  11. @ Anna : vous avez en gros la réponse avec Liberoidal. Un libéral ultra considére que les individus ont toujours le choix : si un chômeur ne trouve pas d’emploi, il n’a qu’à créer son entreprise. Idem pour un salarié : il n’a qu’à changer de travail ou créer sa boîte…

  12. @Libéroïdal : à cette heure, je n’ai pas encore eu le temps de me pencher sur le catalogue de propositions de l’UMP. Aussi, je n’ai pour l’instant entendu que Christine Boutin proposer un revenu plancher pour tous. Or, à ma connaissance, Christine Boutin, si elle est bien à l’UMP,  y est reste franchement minoritaire. Mais avant d’insister sur ce point, je prendrais la peine de lire le projet UMP, pour voir si, comme vous dites, ce parti a fait sienne cette idée.   Pour ce qui est des rapports de subordination, il est indéniable que cela existe : créez autant d’entreprises que vous voudrez, il restera toujours des patrons et des salariés pris dans un rapport de subordination. Or, dans ce contexte, il est bien évident que de prétendre que c’est le salarié qui décide de sa durée hebdomadiaire de travail relève du mensonge éhonté (et je m’efforce, par égard pour notre hôte, de rester poli).   En outre, créer des entreprises est une chose, dont il n’est d’ailleurs pas sûr que tout le monde soit capable, mais encore faut-il la pérenniser : trouver un marché, développer son activité et la rentabiliser. Si actuellement la moitié des entreprises créées dans ce pays durent moins de deux ans, c’est probablement qu’il ne suffit pas de le vouloir pour que ça marche.  @Olivier :  vous avez raison de souligner que la rhétorique libérale qui prévaut à l’UMP consiste à dire que s’il y a des chômeurs, c’est parce qu’il y a des fainéants qui ne veulent pas travailler et qu’il suffit de punir ces paresseux pour qu’il trouvent un emploi. C’est une idée absurde et détestable, qui consiste à opposer deux catégories de citoyens (ceux qui bossent et ceux qui profitent du système). Mais ça prend auprès de toute une frange de la population qui a fait l’essentiel de sa carrière avant les chocs pétroliers et le chômage de masse.

  13. Vous l’aurez compris : je prétends tout simplement que le travail salarié, ce n’est pas pour tout le monde. Cette évidence aux yeux du premier commerçant venu masque à mon avis malhabilement la volonté de refuser d’ouvrir le débat à toutes autres positions sociales que salariés, ce qui me semble terriblement réducteur.Mais après tout nous sommes en période électorale. Qu’attendre d’autre ? Pour le lecteur souhaitant dépasser l’instrumentalisation du calendrier à des fins partisances, peut-être faut-il aborder la question des revenus du travail, c’est à dire, de la manière de promouvoir en effet le travail comme source de revenus et pas simplement comme position dans laquelle on subit une hiérarchie ?Après, que les personnes sans emploi ne retrouvent pas dans les nombreux dispositifs d’état, des conseils généraux, régionaix, mis à leur "service" pour leur réinsertion les ressources pour trouver leur place dans la société pose une question essentielle : faut-il continuer à financer ces dispositifs ? (et donc, priver leurs usagers des ressources financières qu’il en coûte pour les faire fonctionner, car, et ne l’oublions pas, cet argent aurait pu être reversé directement dans la poche des exclus). Mais après tout, on peut tout aussi bien considérer la misère comme on fond de commerce, à laquelle il conviendra dès lors de consacrer moult argent en édification de cathédrales à la gloire des héros de la lutte contre les inégalités, impressionnant utilement lesdits miséreux qui verront dans ces grands instruments à quel point on les aime et on pense à eux !

  14. Pr Couillon: Le programme de l’UMP n’est pas à cette heure définitif comme vous le savez certainement et se définira d’ailleurs, en termes d’engagements du moins, en grande partie en fonction du candidat dont le PS se dotera. Par exemple, il est évident que si Mme Royal est retenue, il n’y aura pas de raisons de prendre des engagements sur le plan social. Ce peut être différent si les militants UMP perçoivent le risque de voir le PS porter un programme économique et social plus argumenté (il y aurait bien un vague risque du côté d’une extrème gauche voulant tout d’un coup jouer dans la cour des grands… mais ils n’ont pas l’air assez convaicnus de leur capacité à joouer ce rôle en 2007, et c’est bien dommage).

  15. ce qui m\\\’étonnera toujours c\\\’est cette capacité à oublier, à simplifier à l\\\’extreme qu\\\’on certains "penseurs" libéraux.Il faut produire soit. Mais alors que faire de celui qui par naissance ou par esprit d\\\’entreprise à constitué un capital capable de le faire vivre? Il ne produit rien si ce n\\\’est des fruits pour lui même, et bénéficie de l\\\’admiration, ou au mieux de l\\\’aveuglement de ces penseurs, les même qui fustigent les inactifs.Et c\\\’est là que le grand écart apparait, puisque l\\\’UMP souhaite offrir un vrai statut au bénévolat (ce qui pour une fois me parait TRES judicieux). Doute t-on alors qu\\\’un chomeur qui donne sont temps dans une association puisse produire de la richesse "sociale", celle qui maintient le lien, qui favorise la diminution de la "délinquance" (laquelle à un cout economique faut-il le rappeler?), celle qui apporte une socialisation à ceux qui ne peuvent s\\\’inscrire dans une relation de travail? 

  16. Frednetick: Sur ce point précis, la proposition des libsoc est de conditionner une allocation d’existence permettant de vivre décemment à une condition de non-possession d’un patrimoine. Mais il n’est absolument pas dit que cette tendance "passe" au sein de l’UMP. Surtout si Mme Royal[*] remporte les primaies au PS au premier tout, ce qui semble s’annoncer. Cette proposition me semble d’autant plus intéressante qu’elle permettrait de donner une meilleure allocation, mieux ciblées.[*] Mme Royal résumant les problèmes de la société au manque de "poigne" ou de "présence" des fonctionnaires, je comprendrais volontiers que l’UMP choisisse de ne pas s’exposer à trop faire de promresse sur un terrain où l’absence de l’adversaire l’en dispensera.

  17. j’aime bien ton raisonnement, mais je pense qu’il est un tout petit peu trop ironique, à tel point qu’à un moment j’ai presque cru que tu étais pro Sarkozy…
    Je pense que si ce n’est pas le cas, tu devrais peut-être te mettre un peu plus à la portée de tous car la lecture d’un doc ne permet pas toujours de ressentir l’humour ou l’ironie qui se cache derrière.
    @ bientôt

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