Placebo ou le pouvoir de l’esprit sur…l’esprit!

« Au moment où ils ont finalement obtenu l’adoption de mon grand frère, ma mère tombait enceinte! Et ça faisait plusieurs années que mes parents essayaient d’avoir un enfant sans succès! » me racontait Marine avec enthousiasme, donnant ainsi l’impression qu’un blocage inconscient avait empêché la fécondation. L’esprit peut-il réellement bloquer une fécondation? Je mettais un bémol à cette histoire, très émouvante par ailleurs, en rappelant les récents propos d’un sénateur américain qui déclarait qu’une femme victime d’un « véritable viol » ne pouvait tomber enceinte par suite de mécanismes de défenses biologiques; propos qui ont scandalisé le public et les scientifiques à juste titre. Le pouvoir de l’esprit sur la matière

Le pouvoir de l’esprit sur la matière est un thème de plus en plus récurrent notamment quand on s’intéresse aux médecines alternatives. A tel point que l’effet placebo, c’est-à-dire l’amélioration ressentie suite à la prise d’un traitement reconnu comme inactif (généralement une pilule de sucre), est quasiment devenu un argument de vente. J’insiste sur le terme « ressentie » car cette amélioration n’est généralement pas observable si on s’intéresse à des critères physiologiques. La grande presse –même scientifique– le décrit souvent comme un effet mystérieux, mal compris, donnant parfois l’impression qu’une nouvelle médecine à l’efficacité encore insoupçonnée est à portée de main. Des chiffres de cette efficacité reviennent régulièrement, allant de 30% à 80%, sans parler des études tendant à montrer que l’efficacité peut varier suivant la somme dépensée, les couleurs, le type de placebo administré (seringue, pilule, etc.), ou encore le nombre de pilules placebo avalées contribuant à renforcer cette fascination 1. En réalité, tout cela mérite d’être quelque peu clarifié.

Effet placebo Effets placebos!

Rappelons que l’origine du terme placebo provient du latin et signifie « je plairai ». Comme il existe de nombreuses manières de plaire, il n’y a finalement pas un effet placebo, mais plusieurs effets placebos. Parler d’effet placebo au singulier n’a de justification que lors d’un essai clinique, quand on cherche à mettre en évidence l’efficacité d’une thérapie. Il s’agit alors d’agglomérer tous les effets non spécifiques à cette thérapie, qu’on nommera par commodité effet placebo, pour mieux décerner l’apport spécifique de la thérapie étudiée. En langage d’automaticien, le placebo est donc en quelque sorte le bruit de mesure qu’il nous faut rejeter pour identifier le vrai signal. Notons aussi que certains auteurs préfèrent le terme effet contextuel soulignant ainsi que ce n’est pas le placebo qui provoque l’amélioration observée mais le contexte général dans lequel le patient et le thérapeute se trouvent.

Quels sont ces effets contextuels?

Pour commencer, l’espoir soulevé par le thérapeute peut amener le patient à surévaluer les effets positifs d’un traitement pour ne pas le décevoir. De même, le patient peut avoir des attentes particulières biaisant ainsi son jugement. Cela justifie par ailleurs l’obligation de ce que l’on appelle le double aveugle quand cela est possible: ni le patient, ni le thérapeute ne savent si la thérapie est celle censée être effective, minimisant ainsi la portée de cet effet.

Par ailleurs, le simple fait d’observer influence la mesure et je ne parle pas des domaines de la mécanique quantique. Dans un essai clinique, les participants se comportent différemment que dans la vie réelle du seul fait de se savoir suivis. C’est ce que l’on nomme généralement effet Hawthorne du nom de l’usine dans laquelle cet effet fut pour la première fois mise en évidence: la productivité des ouvrières de l’usine augmentait dès qu’elles se savaient observées alors que les chercheurs tentaient de tester l’influence de l’éclairage. Plus généralement, il est connu que des patients engagés dans des essais cliniques ont des attitudes beaucoup plus saines que quand ils ne sont pas suivis. On parle généralement en anglais de « clinical trial effect ».

A cela s’ajoute les biais de raisonnements que nous avons déjà parcourus. Rappelons par exemple le problème de la régression à la moyenne, ce phénomène statistique qui montre que dans un cas extrême, la situation va généralement avoir tendance à s’améliorer sans intervention. Cette impression peut d’ailleurs être renforcée par le cours de la maladie qui, dans bien des situations, tend naturellement à s’améliorer. Il est alors facile de confondre corrélation et causalité: ce n’est pas parce que vous avez pris une pilule homéopathique (du sucre) et que vous allez mieux peu de temps après, que cette amélioration est forcément due à la prise de cette pilule (de sucre). L’excellent article Placebo, es-tu là? sur le site de l’AFIS permet de se rendre compte graphiquement de ce que cela représente.

Administrer un placebo ne sert à rien!

Jean Brissonnet dans le balado sceptique parle d’une étude récente qui montre clairement que les effets placebos/contextuels sont avant tout issus de l’interaction avec le thérapeute et non avec le placebo administré [je n’arrive pas à retrouver l’étude, si quelqu’un la connaît, je rajouterai le lien ici]. En clair, on n’a pas besoin d’un placebo pour obtenir l’effet placebo. Cette étude regroupe des personnes souffrant de maladies fonctionnelles (maladies réelles mais sans cause expliquée). Ces personnes sont ensuite partagées en 4 groupes (A,B,C,D), 2 groupes prennent un placebo (A,B) et 2 groupes n’en prennent pas (C,D). Ensuite, on croise ces groupes avec des consultations positives (A+,C+) et négatives (B-,D-). Par consultation positive, il faut imaginer une consultation où le thérapeute est à l’écoute, enthousiaste sur le succès de la thérapie proposée, en empathie avec le patient, etc., et inversement pour une consultation négative. Qu’observe-t-on au final? Les résultats obtenus dans les groupes A+ et C+ sont bien meilleurs que ceux obtenus dans B- et D-, autrement dit, administrer un placebo ne provoque aucun effet particulier, c’est le contexte chaleureux de la consultation qui fait la différence. Un  autre exemple de test clinique montrant l’importance de la relation patient/thérapeute est rapporté ici.

Les effets placebos n’affectent pas la « matière »

D’autres études 2 montrent clairement que les effets placebos n’affectent aucunement un aspect physiologique qui pourrait influencer le cours de la maladie de l’individu traité mais principalement son ressenti.  Une méta analyse récente renforce cette hypothèse. Vous ne guérirez pas du cancer par la force de l’esprit!

Notons pour être complet qu’il se passe des choses intéressantes au niveau du cerveau, affectant ainsi les problèmes de douleurs ou les maladies neurologiques comme la maladie de Parkinson. Mais il est à peu près sûr maintenant que ce n’est pas le placebo administré qui en est la cause mais ces effets contextuels que nous avons développés quelque peu dans cet article.

Intégrer les effets contextuels à la médecine

Je dois dire que mon expérience personnelle avec les médecins généralistes a toujours été très positive. Il faut simplement espérer que les contraintes socio-économiques, voire psychologiques, n’empêcheront pas l’optimisation de ces effets.

Quelques petits rappels pour finir: pour rester connecté, vous avez une newsletter en page d’accueil de ce site. Vous avez aussi les flux RSS des articles, ceux des commentaires et le twitter @shamandscience. Je tenais aussi à remercier Charlotte Mader, Caroline Tartary, ainsi que toute l’équipe de Cogito (la plateforme blog de l’université de Poitiers) pour nous mettre à disposition tous ces outils et pour le formidable travail de communication qu’ils font!

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Notes:

  1. On pourra par exemple écouter l’enthousiaste Ben Goldacre à ce sujet.
  2. L’étude citée traite le problème de l’asthme et constate que l’amélioration rapportée par les patients n’est pas concordante avec les critères objectifs mesurés. L’étude est décortiquée ici.

27 réflexions au sujet de « Placebo ou le pouvoir de l’esprit sur…l’esprit! »

  1. Sceptique

    Mon premier commentaire n’étant pas passé (j’ai du interrompre sa rédaction en raison d’un appel téléphonique), je le recommence.
    Dans les années 1980, un travail publié dans l’Évolution Psychiatrique suggérait le relais par les endorphines cérébrales de l’effet placebo. Apparemment il n’en est plus question aujourd’hui: leur effet ne serait qu’imaginaire, ce qui oblige à postuler que la maladie l’est aussi.
    Mais à ce moment là, pratiquement toutes les maladies non mortelles, microbiennes, virales, ou allergiques, ont une part d’imaginaire, car de nombreux médicaments allopathiques sont classés « à faible service médical rendu »….par les grands patrons de CHU.
    Il y a belle lurette que le médecin et psychanalyste Michaël Balint a établi « que la manière de donner, valait autant que ce qu’on donne ».
    Par contre l’effet « nocebo », lui, est autonome et complètement imaginaire, trahissant le rapport particulier du patient à la médecine. Il est rattaché au fourre-tout de l’hystérie, pas très « en cour » auprès des rationalistes.
    Alors, dire que la prescription d’un placebo est inutile….à quoi est-ce utile? Tout en reconnaissant le caractère non-scientifique des « médecines alternatives », si elles ne s’obstinent pas, elles évitent leur prise en charge « scientifique » coûteuse, obstinée à trouver une cause qui se dérobe, alors qu’elle a seulement un sens, et une utilité « économique » (pour le malade).
    Aucun moyen n’empêchera la médecine générale de n’être le plus souvent qu’une « bobologie ». C’est pourquoi les jeunes médecins, pétris de sciences, la fuient….aussi longtemps qu’ils le peuvent.

  2. Pierre de Lasteyrie

    Bonjour Nima,
    Très intéressant article comme toujours ! et quelle synchronisation entre nos 2 blogs 😉
    Comme tu t’en doutes je ne vais pas être complètement d’accord avec ton point de vue…
    Mais avant tout : l’effet de Hawthorne, je ne le connaissais pas sous cette forme. Derren Brown en a montré une variante où il demandait à des participants de réaliser une épreuve et ils étaient libres de tricher. Dans un premier groupe on leur dit que plus leur score est haut plus ils auront de chance de participer au show et dans un autre groupe on leur dit la même chose mais on leur dit aussi qu’il y a un objet « hanté » dans la pièce. Ce second groupe ne triche pas contrairement au premier car il se sent observé par un esprit…

    Alors:
    Ta comparaison avec le placebo et le bruit de mesure me dérange un peu. Je vois ce que tu veux dire mais personnellement je différencierai l’amélioration liée au placebo du fait qu’il y ait amélioration sans intervention thérapeutique ou ta « régression à la moyenne » (sympa comme terme) comme tu le disais. En effet différentes approches placebos ne vont pas avoir le même effet par contre ta régression à la moyenne dans un même contexte (même patho/dysfonctions/ même groupe représentatif etc…) devrait être la même. C’est ce phénomène précisément que je décrirais comme bruit de mesure. Car la méthode de délivrance de ton médicament fait partie de la thérapie.
    Concernant la partie « administrer un placebo ne sert à rien », Je pense qu’il faille voir le protocole exact qui a été utilisé, car en fonction du placebo cela peut changer et quelles sont les différence exactes entre le groupe A et C (y a t-il écart significatif entre ces 2 groupes) Plus l’ancrage de ton placebo lié à la thérapeutique imaginaire sera important plus sa prise aura une importance. Par exemple si le traitement placebo continue est de se faire des piqûres dans le ventre tous les jours espacées exactement de 12h alors la différence entre les 2 groupes sera plus importante que si le placebo continu utilisé est une petite pilule blanche tous les 3 jours. Ou encore avoir un placebo avec lequel tu as créé un ancrage gustatif, proprioceptif et sonore associé à un petit cérémonial sera beaucoup puissant que juste gober une pilule vite fait.

    L’importance du thérapeute:
    Il est évident que la rencontre avec le thérapeute est d’une importance capitale car c’est cette rencontre qui va rendre le patient plus suggestible pour la suite de la thérapeutique. Si le thérapeute est désagréable, le patient se braque et ne sera pas ouvert à la thérapeutique (surtout si elle paraît anodine). En ostéopathie ce principe est fondamental car comme je l’ai décrit avec le phénomène d’effet idéomoteur en ostéopathie : Si un patient se braque il va augmenter son tonus musculaire général, son corps devient alors plus rigide ce qui est exactement l’inverse de là où on veut l’amener. Les discussions touchant des thèmes profonds de croyance (religion/politique/croyances ésotériques) sont un terrain miné car si vous n’êtes d’accord, alors l’effet idéomoteur issu de cette confrontation de croyance « viscérale » va polluer la relaxation => plus grande difficulté à relâcher les muscles => traitement moins efficace. Car la personne est intrinsèquement en désaccord avec le thérapeute.

    Le pouvoir du Nocebo:
    Dans un livre de Richard Dawkins pour en finir avec Dieu, il relate une expérience faite pour évaluer les effets de la prière. Cette expérience s’est faites sur 1800 patients qui allaient recevoir une opération à coeur ouvert. Dans le premier groupe de 600patients, on ne prie pas pour eux (ils n’ont qu’à brûler en enfer). Dans le second groupe on prie pour sauver leur vie mais on ne leur dit pas. Ils demandèrent à plusieurs paroisse périphérique à l’hôpital de prier pour M. H.O afin qu’il récupère rapidement de son opération . On considérait alors que « Dieu » était suffisamment omnipotent/présent pour savoir de qui on parlait. Et dans le 3ème groupe on a prié pour eux et on leur a dit qu’on priait pour eux.
    Le résultat des courses ?
    La différence entre les 2 premiers groupes: Aucune même nombre de décès et les gens se rétablissaient de la même manière.
    Et avec le 3 ème groupe ? Dites moi ? allez-y devinez ?
    Un augmentation significative du nombre de décès !!! L’effet nocebo à l’oeuvre. Pourquoi ? parce que lorsqu’on dit ne vous inquiétez pas telle paroisse va prier pour vous ça n’engagerait que peu de confiance vis à vis de la réussite de l’opération…
    Mais ce n’est pas parce que le nocebo tue que le placebo peut maintenir en vie.

    Le pouvoir du placebo:
    Si ce placebo n’est pas bien compris alors les recherches qui vont le tester reviennent à taper dans l’eau du lac avec son épée en espérant toucher un poisson. Si ce placebo est bien compris alors on sait que tous les poissons se situent à la sortie des égouts et donner des coups d’épées à ces endroits sera beaucoup plus pertinent (en fonction de ce que l’on veut prouver).
    Je m’explique: Personnellement je suis convaincu que le placebo agit de manière très importante sur le stress et à des pathologies fonctionnelles( ou non) liées au stress.
    Il est probable que l’effet placebo dans des pathos qui n’ont que peu de liens directes ou indirectes avec le stress soit proche de néant.
    Que se passe-t-il si lors de la revue méta-analytique le chercheur mélange des revues incluant ces 2 portraits => résultat peu concluant. Si la méta-analyse se focus sur le domaine de prédilection du placebo qu’est le stress alors les résultats seront beaucoup plus concluants.
    Ainsi le placebo peut-être très efficace sur les phobies, vouloir arrêter de fumer, les gastrites ou ulcères (liés au stress et non pas d’origine H.pylori), maux de tête, les douleurs musculo-squelettiques… Une méta-analyse sctrictement dans ce domaine là rapporterait des résultats plus encourageants.
    Mais le placebo sera totalement inefficace sur une paralysie chronique suite à une hémiplégie. Car le stress n’interviendra pas (ou très peu) dans ce trouble.
    Si on teste le placebo pour des vertus qu’il n’a pas on pourra facilement en conclure qu’il n’est pas efficace.
    C’est comme si on voulait tester un antibiotique pour soulager la toux et que dans le groupe ou avait des tuberculeux, des fongiques, des asthmatiques, des emphysèmeux… et 1 infection bactérienne. Les résultats seront que ce médicament n’est pas efficace. Erreur il est efficace mais seulement pour les infections bactériennes.

    Pour finir,
    je reste persuadé que dans certaines circonstance l’effet placebo puisse sauver des vies et pour cela il faut regarder ce qui réagit avec le stress dans le corps humain et imaginer des situations qui mettent en jeu ces fonctions vitales.
    Exemple: avec le stress, le coeur s’emballe. Si la personne se fait mordre par un serpent a-t-elle plus de chance de survie si son coeur bat lentement ? si oui, dans ce cas là l’effet placebo peut la calmer et lui sauver la vie.
    Le stress est un immuno-suppresseur. Si une personne qui a recours à un placebo change sa perception de l’environnement qui l’entoure, elle peut se sentir plus apaisée (petite goutte le soir, un cristal magique, power balance…) et moins stressée. Elle se crée des processus cérébraux qui vont diminuer la priorité de l’analyse des informations stressantes et augmenter la priorité de processus cérébraux en rapport avec la relaxation (mieux respirer, penser à une plage, se détendre…) et sur le long terme il y a influence sur son système immunitaire, et elle ne chope pas la crève le premier jour de ses vacances…

    ça commence à devenir intéressant tout ça 😉

    Par contre faut-il mentir sur le fait que le produit est un placebo ? Je ne le pense pas, car il est possible de créer des ancrages ou des conditionnements avec un certain objet que l’on va toucher sentir, voir goûter, sans mentir au patient et ce qui va avoir la même efficacité qu’un placebo en utilisant des techniques de type PNL, hypnose… qui sont des thérapies « maitresses » du placebo.

    Cheers,

  3. Dexter

    Intéressant comme article. Il y a probablement de quoi écrire une thèse sur un tel sujet. Pour ma part, je crois que ce que l’on met en évidence très souvent dans le milieu médical n’est qu’une infime partie d’un phénomène qui a toujours existé chez l’homme. Je ne vais pas écrire des tonnes, mais je tiens simplement à donner un exemple : la croyance (ça peut être la religion, mais pas forcément !) a été et peut probablement être un très bon placebo ! Eh oui, placez-vous dans un contexte où peu de phénomènes sont expliqués scientifiquement, par exemple en 1500 B.C. Si l’homme est dépourvu de « valeurs », de « lois » ou d’explication de ses éventuelles mauvaises actions, il peut devenir crédule et cupide. Ok, j’avoue qu’il y en a encore tout plein de ce genre de spécimen… Il peut donc polluer, tuer et agir « robotiquement » simplement pour atteindre une condition meilleure pour lui. La religion joue son rôle de placebo quand elle régule le comportement de l’individu pour que celui-ci soit en accord avec une conscience qui lui est construit: par crainte d’un feu ardent ou parla promesse d’une vie meilleure dans l’au-delà. Il y a certes eu beaucoup de dérive et on en voit encore tant par exemple au Mali actuellement, mais on peut « aller mieux » après un viol simplement par la croyance qu’un jour, le violeur va payer pour son acte et espérer bénéficier par une vie « réglo » malheureusement salie, d’un paradis – ça peut éviter un suicide et peut même faire monter l’optimisme (pour reprendre sa vie) chez la victime.
    C’est pour ça que je me dis que même si on admet consciemment qu’on reconnaît un traitement comme placebo, pourquoi ne pas le laisser exister pour le peu de bénéfice qu’il peut donner chez certains.
    Par ailleurs, c’est vrai que malheureusement, il y a beaucoup d’abus de ce vieux principe. Exemple: les régimes amaigrissants ! Quels leurres ! On vous propose de changer votre quotidien en améliorant plusieurs choses, jusqu’ici tout va bien. Mais pour se faire des sous, l’arnaqueur doit mettre un produit au milieu de cette affaire. C’est là où vous payez de votre poche le placebo, cette fois-ci, bien caché. En fait, une bonne hygiène de vie suffirait – c’est ça qui marche en général. La pilule à avaler avec beaucoup d’eau (l’eau est super encore une foi) ne sert à rien, mais vous êtes motivé pour garder tout le BON contexte imposé pour ne pas perturber cette thérapie qui fonctionne. Vous gardez malheureusement la pilule avec et vous casquez !
    A titre personnel, j’ai déjà fait des petites expériences sans le vouloir. Avant, je prenais du paracétamol pour passer mes maux de têtes. Jusqu’au jour où j’ai remarqué que boire de l’eau avait le même effet ! Je ne peux pas généraliser, mais c’est au moins valable (parfois) pour moi.
    Je connais une psy à titre (très) perso, il faudrait que je lui demande son avis là-dessus…
    Autrement, comme Pierre, je ne pense pas qu’on puisse comparer l’effet placebo au bruit de mesure. C’est plutôt un biais dans ce cas.
    OOoops, j’avais dit que je n’écrirais pas des masses…

  4. sham Auteur de l’article

    chers amis, merci des commentaires, je ne sais pas ce que vous avez à écrire des tartines, je m’y perds un peu 😉
    mais bon, il semble que l’article ne vous ait pas vraiment convaincu. l’effet placebo, une fois décortiquée, il n’en reste plus grand chose de « magique », je le répète. et le paracétamol a une efficacité prouvée, mesurée, testée, validée, rien à voir avec une pilule de sucre.

  5. Remi Gau

    Bonjour,

    Je ne sais pas trop comment comprendre une telle phrase :

    « les effets placebos n’affectent aucunement un aspect physiologique qui pourrait influencer le cours de la maladie de l’individu traité mais principalement son ressenti »,

    quand on sait que le conditionnement (qui est, avec les effets d’attente, un des principaux mécanismes sous tendant les effets placebos et nocebo) peut induire une immunosuppression (http://www.fasebj.org/content/16/14/1869.short), une dépression respiratoire (http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/9583767), que la naloxone permet d’abolir ou de largement diminuer l’analgésie placebo (ce résultat est tellement vieux et répliqué que l’on pourrait facilement lister une dizaine d’études), que le type de substance utilisée pour le conditionnement affecte le type d’effet que la naloxone va avoir (http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/9870976)…

  6. ConradMayhew

    Merci pour ce post très intéressant!
    Juste un commentaire rapide sur le terme « bruit de mesure ». Pour une expérience unique, l’effet placébo va biaiser les résultats pour chaque patient : le biais sera plus ou moins fort d’un patient à l’autre, mais généralement dans le même sens pour tous les patients.
    Ainsi, même si l’effet placébo peut effectivement augmenter le bruit (la variance), c’est surtout son effet sur le biais (l’erreur d’estimation de la moyenne) qui sera problématique.
    Du coup, l’effet placébo moyen sur une expérience unique (le cas d’une méta-analyse est différent) est plutôt un « biais » qu’un « bruit ».

  7. magnétisme

    Bonjour,
    Pour moi peu importe l’effet de procéder ce qui compte c’est le résultat. Placebo ou réelle efficacité, l’important c’est qu’une personne puisse aller mieux. Cela aussi montre que le pouvoir de l’esprit est inimaginable.

  8. sham Auteur de l’article

    Inimaginable pour faire du business vous voulez dire. J’ai enlevé le lien vers votre site concernant le magnétisme prétendument guérisseur.

  9. el sombrero

    Article intéressant. Parmi les biais de raisonnement, en discutant avec des pro-homéopathie, je rencontre très souvent la confusion corrélation-causalité. En fait, il s’agit plus précisément du biais « post hoc ergo propter hoc » qui signifie « à la suite de cela, donc à cause de cela ». C’est problème de causalité temporel. Les gens prennent de l’homéo pendant le pic de la maladie, puis constate une amélioration due en fait à l’évolution de la maladie.

    Par contre, les pro-homéo brandissent très souvent le fait que l’effet placebo ne fonctionne pas sur les animaux et les bébés. Honnêtement, je ne sais pas si on peut parler d’effet placebo. En tout cas, difficile de parler de parler de ressentit dans ce cas. Pour moi, il s’agit plutôt de biais d’observation de la part du médecin (homéopathe) / des parents / du maitre. Voir par exemple cet article concernant un médoc homéopathique contre la peur des feux d’artifices sur les chiens : http://www.omeopatia.org/upload/Image/my_operatori/dogs%20fireworks.pdf

    Dans la conclusion, on peut lire : « No evidence for the specific efficacy of homeopathy for the treatment of fear of noises was found in this study.
    However, significant improvements were reported with
    both the homeopathic and placebo treatments with
    approximately a 41–45% improvement in the behavioural
    signs of fear, an improvement seen in 68% of subjects
    and an approximate 10% complete recovery rate. Evidence
    from this study highlights the caution required when interpreting the results of uncontrolled treatment trials for the management of fear of noises in dogs »

  10. bob

    «Par contre, les pro-homéo brandissent très souvent le fait que l’effet placebo ne fonctionne pas sur les animaux et les bébés. »

    Pas du tout. L’homéopathie est une des méthodes autorisées soigner les troupeaux en agriculture bio. Boiron en fait même la pub sur son site. Et ça marche fort, les agriculteurs sont prêts à payer pour plusieurs centaines de $ pour un pot d’homéopathie, car c’est «sans résidus» et sûrement sans période de retrait pour le lait ou la viande. Cependant l’homéopathie vétérinaire est concurrencée par les huiles essentielles. Là au moins il y a du principe actif. Enfin, on n’est pas à une contradiction près, car le cahier des charges bio autorise les traitements scientifiques (d’aucuns diront allopathiques), car c’est quand même ballot de laisser crever une vache parce que la mémoire de l’eau avait Alzheimer. Dans ce cas, il y a comme dans les troupeaux conventionnels, une période de retrait pour laisser le temps à l’animal de dégrader les traitements.

  11. sham Auteur de l’article

    Je pense qu’El Sombrero parle des (faux) arguments des homéopathes: « nos produits marchent sur les animaux, or le placebo ça peut pas fonctionner sur les animaux, donc nos produits sont efficaces ».

  12. Rémi Gau

    Le truc qu’on ne me dit jamais quand on me sort cet argument, c’est pourquoi diable les animaux et les enfants ne devraient pas être sujet à l’effet placebo.

    Si on omet tous les problèmes autres (régression à la moyenne, évolution naturelle de la maladie, évaluation de l’amélioration rapporté par les parents ou le maître…), qu’est ce qu’il nous dit qu’on ne pourrait pas avoir d’effet placebo chez les animaux et ou les enfants ?

    Pour la composante conditionnement de cet effet, on a de bonnes raisons de penser qu’elles peuvent exister chez l’animal (je ne me rappelle plus si j’ai mis le lien vers le condition du système immunitaire chez l’animal mais « Pubmed/Google scholar is your friend »). Pour la composante « effet d’attente », je ne m’aventurerais pas à en priver les animaux mais je n’ai pas de référence en tête.

    Quelques liens :
    http://www.sciencebasedmedicine.org/index.php/is-there-a-placebo-effect-for-animals/

    http://skeptvet.com/Blog/2012/11/caregiver-placebo-effects-new-study-shows-that-owners-and-vets-often-believe-an-ineffective-therapy-is-working-when-it-isnt/

    http://thoreking.free.fr/zetetique/media/press/McMillan_EffectsOfHumanContactOnAnimalHealthAndWell-being.pdf

    http://thoreking.free.fr/zetetique/media/press/McMillan_InfluenceOfMentalStatesOnSomaticHealthInAnimals.pdf

    http://thoreking.free.fr/zetetique/media/press/McMillan_ThePlaceboEffectInAnimals.pdf

  13. sham Auteur de l’article

    je pense que si on omet « tous les problèmes autres » il ne reste plus grand chose de l’effet placebo. merci pour les liens, j’archive 🙂
    l’article SBM dit aussi à propos du conditionnement: « the hypothesis that a healing or therapeutic effect can be dependably provoked as a result of conditioning cannot be supported at this time by any evidence. »

  14. Rémi Gau

    🙂
    J’avais aussi vu cette phrase…
    Comme d’hab, est ce que je peux m’en sortir en disant « sauf dans le cas de la douleur » ?
    Mais c’est aussi parce que c’est la bilio sur l’effet placebo que je connais le mieux. Je ne serai pas surpris si on pouvais trouver un petit quelque chose pour dans le cas de la maladie de Parkinson par exemple.

  15. AlainCo

    les enfants son sensible a l’effet placebo, eux-même, je le vois tout les jours. qui avance cette idiotie? c’est même une manière d’éviter qu’ils ne pleuren tout le temps ou se gavent de médicament inutiles et toxiques… un bisou, un bombon, un pansement, … et hop plus de douleur.

    les animaux sont logiquement sensible aux attentions, et logiquement devraient être conditionné a aller mieux si on leur donne un truc qui les a déjà fait aller mieux… ce truc pouvant être un humains attentif, des caresses, des piqures…

    enfin le plus gros effet placebo que l’on commence a accepter est celui de mesure. celui qui observe les résultats va les faire pencher vers là ou vont ses croyances.
    le double aveugle est une nécessité, et la moindre fuite (odeur, lumière, comportement, effet indésirable) peut biaiser le résultat.

    ajoutez a cela le effets matériels des procédures entourant la pratique, comme l’écoute, le gout sucré, le geste répétitif, la douleur, le massage, la piqure … et des pseudo médecine basées sur des théorie fausses, marchent pour des raisons allopathiques (enfin matérialistes).

    pour l’accupuncture qui est reconnue médicalement, il est aussu reconnu que la théorie des méridien est inutiles à la thérapie.
    mais je soupçonne que le discours et l’attention visible du médecine a respecter les méridiens renforce divers effets psychologiques.

    il y a des effets similaires pour les cures thermales, qui a coté d’effet alimentaires, et de massages, sont aussi des « vacances », donc bénéfiques médicalement.

    ce qui est plus chquant pour moi c’est que le récent discours de la peur (qq décennies) ait fair naitre un effet nocebo, sur les médicaments, la nouriture, les antennes, avec des effets médicaux objectifs, et des mise en dangers médicales : anti vaccination, intoxications bio, malnutrition, stress, refus de soin médicaux ou psychiatrique, stress des proche, propagation de spsychopathologie, cout financier de décisions individuelles et collectives induisant des effets matériels sur la nouriture, le logement et la santé….

    actuellement la malnutrition, les intoxication et maladies anachroniques se développent face a la peur de la modernité. et au rythme actule ces choix débiles vont être imposés aux sceptiques dans quelques années.

  16. sham Auteur de l’article

    sur l’accupuncture, sans vouloir lancer le débat, non la médecine ne l’a pas reconnu médicalement. je sais qu’un récent rapport de l’académie de médecine dit qu’on peut éventuellement l’utiliser, mais l’accupuncture n’a pas montré son efficacité au delà des effets placebos. quand on compare accupuncture et « faux » accupuncture on obtient les mêmes effets (placebos). merci de ne pas dévier sur ce sujet, j’aborderai certainement l’accupuncture sur ce blog et nous pourrons en reparler.

  17. AlainCo

    j’avais pas précisé la reconnaissance dont j’avais l’écho : juste des effets sur la douleur, et sans lien avec la théorie (juste les aiguilles), ce que vous avez dù interpréter comme du pur placebo (les méridiens sont placebo, pas les aiguilles).

    en fait c’est dur de faire du double aveugle sans les aiguilles. ou pour les massages sans toucher.
    dur aussi de faire un vrai double aveugle avec des médecin placebo qui ne respectent pas les règle de l’art supposé… Il faudrait des acteurs bien formés.

    ca pose la question de la difficulté de faire des expérience de comparaison pour les procédures médicales visibles.

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