L’environnement virtuel personnalisé : quelle appropriation par les étudiants ?

Thérèse Martin, COSSI 2012

Thérèse Martin, chercheuse associée au laboratoire GERIICO, a analysé la manière dont une quinzaine d’étudiants inscrits dans des formations qui mettent les TIC au cœur de leurs programmes, s’appropriaient les outils et espaces virtuels offerts par le web 2.0.


En attendant la publication des actes du COSSI dans quelques semaines, les pistes dégagées de cette recherche exploratoire sont les suivantes :


Dans leur environnement virtuel constitué de différents outils du Web 2.0, il n’existe pas de frontières entre le monde non formel et le monde formel. Des relations sont fréquemment établies entre les mondes privé, professionnel et institutionnel.


Cet environnement témoigne d’une acculturation des étudiants à ces outils du Web 2.0, avec lesquels ils sont déjà familiarisés ou qu’ils découvrent suite à leur inscription à la formation. Ils cherchent malgré tout à tirer parti de ces outils même s’ils semblent en quelque sorte « happés » par une temporalité liée à l’actualisation permanente des informations.

Globalement, ils bricolent avec des outils dont ils ne connaissent pas bien les multiples fonctionnalités et jouent de la complémentarité entre ces outils. Ils mettent en œuvre des stratégies personnelles, malgré les contraintes posées par les outils. Habilement, les étudiants détournent aussi des outils par rapport à leurs fonctions initiales, en visant une meilleure efficacité de leur pratique de veille.

Concernant l’évaluation des informations, les étudiants mettent en avant les critères de l’immédiateté considérée comme prioritaire, la popularité (définie par le nombre d’abonnés), la validité des sources qui sont citées, la qualité du langage. L’allusion à des éléments de méthodologie documentaire qui ont pu jalonner leur parcours scolaire et universitaire est rare.
Les étudiants inscrivent leur démarche documentaire dans la perspective de se préparer à leur insertion professionnelle.

L’expérience esthétique tient une place importante. Elle est visible à travers :
-leur appréciation des outils à savoir la convivialité, les potentialités techniques offertes, la possibilité d’exprimer librement des points de vue mais aussi leur sens critique face aux manques ou aux limites de certaines fonctionnalités
– leur sensibilité esthétique à la présentation de ces outils (mise en forme des pages internet, agréable à l’œil et d’une bonne lisibilité)
– le plaisir procuré par les échanges avec des professionnels et le partage avec d’autres collègues de la formation

(texte corrigé par l’auteur de l’intervention).

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