André Félibien et ses œuvres

Des principes de l’architecture, de la sculpture, de la peinture, et des autres arts qui en dependent / André Félibien.- Paris : veuve de Jean Baptiste Coignard et Jean Baptiste Coignard fils, 1690 (Poitiers, Bibliothèques universitaires, Fonds ancien, M 70949)

Pendant tout le mois d’avril, la seconde édition des Principes de l’architecture, de la sculpture, de la peinture, et des autres arts qui en dependent, d’André Félibien (1690), est exposée à la BU Michel Foucault. Une petite pause méridienne lui sera consacrée le jeudi 5 avril à 11h (entrée libre sur inscription préalable : FondsAncien@univ-poitiers.fr ou 05 49 45 32 91).

Une belle carrière

Issu d’une famille bourgeoise de Chartres, André Félibien (1619-1695) étudia à Paris dès ses 14 ans. Il fut secrétaire de l’ambassadeur auprès du Saint-Siège, le marquis de Marueil, de 1647 à 1649. Ce séjour romain fut essentiel dans sa formation artistique. Il fréquenta en effet alors les collections de livres et d’arts. Il fit également la connaissance de peintres italiens et français, notamment de Poussin, auprès de qui il apprit à peindre. Il rencontra aussi des antiquaires et des collectionneurs, en particulier Cassiano Dal Pozzo (1588-1657), célèbre entre autres pour son Museo cartaceo, « musée de papier », qui rassemblait deux mille dessins illustrant les savoirs du XVIIsiècle.

Quand André Félibien fut de retour en France, Il eut pour mécène Nicolas Fouquet, puis, au moment de la chute du surintendant, il passa au service du roi, par l’intermédiaire du contrôleur général des finances Jean-Baptiste Colbert. C’est lui qui édita les Conférences de l’Académie royale des peintures. En 1663, il devint membre de la Petite Académie (qui devint plus tard l’Académie des inscriptions et belles-lettres), en 1666, historiographe du Roy et de ses bastimens, en 1667, conseiller honoraire de l’Académie royale de peinture et de sculpture, en 1671, secrétaire de l’Académie royale de l’architecture, et, en 1673, garde des antiques du Roy.

Un auteur prolixe

De son vivant, la littérature artistique était abondante et de qualité en France. André Félibien écrivit plusieurs œuvres, dont la plus connue est Entretiens sur les vies et sur les ouvrages des plus excellents peintres anciens et modernes. Cet ouvrage a commencé à paraître en 1666 et le dernier tome date de 1688. André Félibien consacre son huitième entretien à son ami Poussin. Dans ses Principes et ses Conférences, André Félibien renouvelle la théorie de l’art. Il propose une synthèse des savoirs artistiques de son époque. Mais, alors qu’il a participé aux débats de l’Académie et qu’il a contribué à théoriser le classicisme français (en particulier la hiérarchie des genres), André Félibien est beaucoup moins connu que Vasari.

Principes de l’architecture, de la sculpture, de la peinture

Cet ouvrage, dont l’épître dédicatoire s’adresse à Jules Armand Colbert de Blainville, l’un des fils de Jean-Baptise Colbert, parut pour la première fois en 1676. Il s’y trouve un dictionnaire de termes artistiques et soixante-cinq belles gravures sur cuivre d’architecture. Les ornements sont de qualité également ; bandeaux et lettres ornées portent des décors antiquisants : un est signé par François Chauveau (1613-1676) et un autre par Sébastien Le Clerc (1637-1714).

La seconde édition paraît en 1690 chez la veuve et le fils de l’imprimeur-libraire de la première, Jean-Baptiste Coignard (1637 ?-1689), mort l’année d’avant. Preuve du succès de ce livre, une troisième édition est diffusée quelques années plus tard, en 1697, toujours chez la veuve et le fils du premier imprimeur-libraire.

Précisons pour finir que le Fonds ancien conserve également un ouvrage de son fils, le mauriste Michel Félibien. Il s’agit de l’Histoire de la ville de Paris.

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