Entreprises-Universités : de timides fiançailles ?

Je viens de voir passer un article du Monde se désespérant du peu de relations entre Universités et Entreprises, à l’occasion de la signature d’un « pacte » entre le MEDEF et  des représentants du monde de l’enseignement supérieur.

S’il y a des marges de progrès, notamment sur la part du financement privé dans les budgets des Universités évoquée en fin d’article, ou encore sur la faible reconnaissance des doctorats dans les entreprises, je tiens à préciser que les relations entreprises-universités existent bel et bien et sont forts nombreuses, contrairement à ce que pensent nombre d’acteurs et à ce que sous-entend plus ou moins cet article.

Je prends l’exemple que je connais le mieux, celui de la Faculté de Sciences Economiques de Poitiers, étant entendu que nous ne sommes pas l’exception, même si je sais que la situation est hétérogène.

En licence, nos étudiants ont la possibilité de :

  • faire des stages courts d’un à deux mois entre la première année et la deuxième année, plutôt des stages d’observation pour découvrir des univers professionnels susceptibles de les intéresser,
  • faire un stage long de quatre à six mois, au premier ou au deuxième semestre de licence, qui remplace l’ensemble des enseignements. C’est une vraie mission qui leur est confiée, co-encadrée côté entreprise et côté fac,
  • créer une start up dans le cadre d’un partenariat que nous menons avec l’association européenne de dirigeants d’entreprises « Entreprendre pour Apprendre ». Quatre start up ont été créées ces deux dernières années,
  • participer à des projets tuteurés : des entreprises nous sollicitent pour, par exemple, réaliser une étude de marché. Une équipe d’étudiants produit cette étude, co-encadrée par un enseignant et le responsable de l’entreprise,
  • participer au forum des métiers qui a lieu chaque année et permet aux étudiants d’échanger avec un large panel de professionnels,
  • plus classiquement, les étudiants ont chaque semestre un module de professionnalisation, avec préparation de CV, lettres de motivation, interviews de professionnels, simulation d’entretiens d’embauche, …

En Master, (nous en avons deux sur Poitiers, l’un dans le domaine de la banque, l’autre plus orienté « économie internationale ») cela continue :

  • la moitié des enseignements de M2 sont assurés par des professionnels du domaine du Master,
  • stage long obligatoire de quatre à six mois en fin d’études,
  • pour notre Master « banque », possibilité de suivre la deuxième année en alternance (contrat d’apprentissage ou contrat de professionnalisation),
  • pour notre Master « international », possibilité de remplacer le deuxième semestre de première année par un stage long en entreprise, solution adaptée pour ceux qui sont partis à l’étranger en L3 plutôt que de faire un stage,
  • organisation de plusieurs conférences, chaque année, avec des professionnels.

Le deuxième axe stratégique que nous défendons dans notre faculté concerne l’internationalisation, avec la possibilité pour les étudiants de partir à l’étranger au moins une fois, voire deux fois, pour un semestre ou une année à chaque fois, dans le cadre de plus de quarante conventions avec des universités partenaires.

Notre objectif : que nos étudiants qui entrent dans nos masters aient fait au moins un stage et un séjour à l’étranger. Qu’ils sortent de nos masters avec au moins deux stages et un séjour à l’étranger. Vu le menu que nous leur proposons, certains peuvent très bien faire trois stages et bénéficier de deux mobilités.

Au niveau de l’Université de Poitiers, je n’ai pas les chiffres précis, mais je crois que ce sont 3 ou 4000 stages qui sont réalisés par les étudiants chaque année (pour des effectifs globaux autour de 25 000 étudiants).

Bref, on n’en est peut-être toujours au stade des fiançailles, mais elles sont particulièrement actives…

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