Elle exporte quoi, votre région ?

Comme me l’a fait remarqué mon jeune (et néanmoins brillant) collègue Marc Pourroy, pour dire des choses sur les performances des territoires, les chercheurs traitent des données sur les PIB, la productivité des entreprises ou la croissance de l’emploi, mais très peu de données relatives au commerce international, alors qu’à l’échelle des pays, elles sont souvent utilisées, pour calculer par exemple ce qu’on appelle les avantages comparatifs révélés de telle ou telle économie.

N’écoutant que notre courage, nous avons donc décidé de nous y mettre, en commençant par exploiter des données fournies par les douanes, pour l’année 2014, disponibles à l’échelle des (anciennes) régions et des (futurs-ex ou ex-futurs-ex ou on ne sait pas trop) départements. Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer deux petites cartes réalisées sous Philcarto.

La première représente le premier secteur exportateur de chaque région de France métropolitaine, la taille des cercles étant proportionnelle à la valeur des exportations.

exports région.pngLa France exporte des avions, des voitures, du vin et des médocs, plus quelques autres petites choses. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur les précautions de lecture : il s’agit de données pour 2014, le classement des secteurs peu changer d’une année à l’autre ; le fait qu’une région exporte tel ou tel bien ne signifie pas qu’elle en fabrique l’ensemble, la fabrication des Airbus exportés de Toulouse fait par exemple travailler de très nombreuses régions ; le Cognac se boit aussi en apéritif, par exemple avec du Schweppes ; etc.

Une autre limite de ce type de traitement est que, paradoxalement vu le contexte actuel, les régions françaises sont trop grandes pour saisir les logiques de spécialisation productive, qui se déploient à des échelles plus fines. Regardons donc à l’échelle des départements, en nous focalisant, si vous en êtes d’accord, sur la Grande Aquitaine, dont je vous avais déjà un peu parlé.

exports_gaOn retrouve le Bordeaux et le Cognac, mais aussi le papier-carton, les céréales, l’industrie de la viande, ainsi que, dans la Vienne, les instruments et appareils de mesure d’essais et de navigation. A l’échelle de l’ensemble des départements, on trouve 35 secteurs différents comme premiers secteurs de spécialisation, ce qui me semble plutôt important et témoigne de la diversité productive de la France.

Vous voulez connaître le premier secteur d’exportation de votre département et il ne figure pas sur cette carte ? Demandez-moi en commentaire, je vous donne la réponse !

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15 commentaires sur “Elle exporte quoi, votre région ?

  1. Excellent article illustratif…mais qui ne fait guère mention du contenu en importations des exportations qui peut être considérable (Airbus par ex). Par ailleurs le tourisme est exclu par convention alors que les dépenses des touristes chinois par exemple sont bien des exportations (ils achètent leurs sacs ici pour les rapporter chez eux). Or, sauf erreur de ma part, ces achats entrent dans la balance du tourisme! Enfin si on prend une capitale régionale (son territoire communal) et si on essaye de calculer sa balance commerciale, le journaliste lambda sera horrifié car le déficit sera « abyssal ». La commune importera quasiment tout et n’exportera rien…et n’aurait donc rien à se mettre sous la dent…ce qui n’est manifestement pas le cas. Vive les entrées de capitaux (dont les retraites), les salaires des fonctionnaires et, là encore, les dépenses des touristes. Quid enfin des statistiques des importations?
    Mon département: la Côte d’Or (21) pour le fun. Mais merci pour ce papier
    JLSyren

    • oui, ces statistiques permettent de dire des choses, mais en occultent beaucoup d’autres. On a les données sur les importations, nous n’avons pas encore travaillé dessus, mais ça va venir. La bonne démarche selon moi consiste à bien connaître les données (intérêt et limite), procéder à des traitements systématiques (pour identifier quelques « faits stylisés »), connaître le « terrain » aussi, pour éviter de dire des grosses bêtises. Bref, ça prend du temps mais c’est instructif!
      Pour la Côte d’Or : « vin de raisin », of course, 691 millions d’euros d’exportation en 2014 !

    • Ille et Vilaine : véhicules automobiles, 665 millions d’euros
      Morbihan : parfums et produits pour la toilette, 255 millions d’euros
      Côte d’Armor :viandes de boucherie et produits d’abattage, 262 millions d’euros
      Finistère : viandes de volailles, 278 millions d’euros

  2. Edit à mon précédent commentaire : j’imagine que c’est peut-être du vin, mais au cas où il y aurait un piège, je demande ! 😉

    • Savoie : matériel de distribution et de commande électrique, 328 millions d’euros
      Haute-Savoie : autres parties et accessoires pour véhicules automobiles, 381 millions d’euros

      Le vin semble s’exporter peu, se consommerait-il sur place ?

  3. Est ce que le pruneau du Lot-et-Garonne est numéro 1 ?
    Est-ce que le cinéma de la plaine saint Denis est numéro 1 du 93 ?
    Merci beaucoup

    • Lot et Garonne : céréales, légumineuses et oléagineux. En deux, pharmacie, en trois, « autres préparations et conserves à base de fruits et légumes ».
      Seine Saint-Denis : aéronefs et engins spatiaux. En deux, « Articles de voyage, de maroquinerie, de sellerie et de bourrellerie », en trois « Autres vêtements et accessoires ». Pour le cinéma (« créations artistiques » plus précisément), Paris est en 1, suivi des Hauts de Seine et de la Seine Saint-Denis.

    • Vienne : Instruments et appareils de mesure, d’essai et de navigation, 185 millions ; Autres parties et accessoires pour véhicules automobiles, 140 millions
      Charente-Maritime : Céréales : 861 ; bateaux de plaisance : 103
      Loiret : Parfums et produits pour la toilette : 1368 ; Préparations pharmaceutiques : 928

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