Comment réduire le chômage?

C’est le titre d’un point de vue sollicité par L’Humanité, qui avait demandé un texte court (3800 signes) sur le lien emploi et territoires. Texte co-écrit avec Emilie Bourdu, Chargée d’études à la Fabrique de l’Industrie et chercheure associée au CRIEF.

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9 commentaires sur “Comment réduire le chômage?

  1. Et si on raisonnait par l’absurde en se mettant dans la peau d’un premier ministre qui, arrivant à Matignon, se dirait que 3 millions de chômeurs ça n’est pas assez et qui se donnerait deux ans pour doubler ce chiffre? Quelles mesures prendre? On pourrait commencer par augmenter le SMIC de 30%: tous ceux qui ne pourraient pas rapporter à leur employeur quelque chose comme 2000 euros par mois resteraient au chômage. On pourrait également interdire les licenciements pour être sûr que plus une embauche se fera; avec un peu de chance l’ augmentation de la TVA et de l’Irpp devrait faire chuter la consommation sans oublier qu’une indemnisation plus généreuse du chômage pourrait décourager la recherche d’emploi. Et cette liste est loin d’être exhaustive!
    Arrivé à ce point du raisonnement on ressent comme une curieuse impression de déjà vu…pour s’apercevoir avec étonnement que toutes ces mesures nous sont familières depuis plus de trente ans!
    Il est inutile d’essayer de répondre à la question: « Comment lutter contre le chômage » car les gens n’admettent que les réponses qu’ils trouvent eux-mêmes.
    S’ils la posent quand même leur faire faire l’exercice et ils découvriront par eux-mêmes à quel point nous avons fait fausse route, route que nous continuons pourtant à emprunter!

  2. Le chômage est structurel depuis les années 70 c’est à dire depuis la mise en place des politiques de Reagan et Thatcher qui ont réduit les ressources de la puissance publique et régularisée les marchés financier (d’abord au USA et en GB puis par contagion partout dans le monde). C’est politiques, prétextant de leurs nécessités pour améliorer la croissance et diminuer le chômage toujours croissant, on été renforcées par Clinton et l’UE notamment. Ainsi la part de revenu du travail a diminué au profit de la part du revenu du capital. Le nombre de bénéficiaires du revenu du travail étant bien plus important que de ceux bénéficiaires du revenu du capital. Par ailleurs seuls les revenus du travail contribuent à financer la sécurité sociale et les caisses de retraite tout en finançant bien d’avantage que le capital les ressources de la puissance publique.
    Cette disparité au profit du capital est la seule, et l’unique, cause du déficit du marché de l’emploi comme des difficultés structurelles des financements de la sécurité sociale, de l’état et des caisses de retraite. La croissance a été continue (ou quasi) depuis 1970 jusqu’à la crise financière de 2007. Depuis les difficultés de trésorerie des états résultat du seul sauvetage des organismes financiers, qui aujourd’hui s’enrichissent plus que jamais (la croissance de ce secteur est spectaculaire), le pouvoir d’achat des consommateurs ne fait que se détériorer entrainant un cercle vicieux de perte de revenus. Les seules politiques mises en placent pour contrer cette spirale sont des politique de dérégulation des marchés tant financiers que du travail. Avec un recul des protections sociales et la mise à mal, sur des prétextes fallacieux, des régimes de pensions. En fait la monopolisation des revenu par le capital est devenu un fait. Avec des gouvernants incapables (faute uniquement d’imagination et de courage) d’inverser la tendance. Dans ce contexte faire croire que le plein emploi peut être retrouver (a-t-il jamais existé? en tout cas pas depuis les années 70) est soit un mensonge soit une naïveté extrême. Le chômage est l’allié objectif du capital en effet la paupérisation du peuple permet de mettre les travailleurs en concurrence dans un environnement où la rareté de travail fait que le rapport de force travailleur-employeur n’est que défavorable au travailleurs cela d’autant que cette fragilité économique et l’état des finances publiques incitent les états à supprimer tous les dispositifs de protection sociale. Le seul moyens de créer de l’emploi est de taxer le capital et de faire contribuer à proportion égale tous les revenus aux financements de la puissance publique, de la sécurité sociale et des caisses de retraites. Là est le défit des travailleurs et des politiques. Aux travailleurs d’être solidaires (notamment avec les Grecs, les Chypriotes, les grévistes…) et aux politique d’être courageux et combatifs. Sans cela, le chômage ne diminuera pas et restera structurelle car il est une nécessité du capitalisme-libéral.

    • Je décrète à partir d’aujourd’hui une croissance de 10%… Si, si, il suffit de le vouloir. On pourrait peut-être ajouter qu’il suffit de sortir de l’euro, et de produire en autarcie, pour protéger les produits locaux ? Bon, pour le pétrole, pas grave, on n’utilise pas non plus les centrales nucléaires, il suffit d’avoir de l’imagination et de la volonté, même à court terme.

      La seule vraie question, c’est comment on protège les populations les plus fragiles (objectif que je partage totalement). Si la vente de rêves fait partie de l’arsenal (pardon pour le mot vente, mais c’est un peu à ça que ça s’apparente), tout va bien. Dans le meilleur des mondes.

  3. C est en creant des entreprises que l on creera des emplois. Il faut donc creer des entrepreneurs. On devrait reflechir sur la formation en France qui ne donne pas envie de se lancer sur le marche.
    De plus les conditions politiques devraient motiver les eventuels pretendant. On ne peut pas dire que c est le cas actuellementTrouver des financements en France est plus qu un parcours de combatant.
    La politique et les subventions accordees a la recherche sont tres largement insuffisants depuis des decennies.

    • Faut-il créer des entreprises? On n’a jamais tant produit avec tant de productivité. Avec une meilleure redistributions et une moindre obsolescence des produits nous pouvons aujourd’hui satisfaire l’ensemble des besoins d’au moins une foi et demie la population mondiale actuelle (cela selon UNESCO).

  4. Comment réduire le chômage :
    1 – En modifiant profondément le financement et le cout de gestion de la protection sociale pour diminuer l’effort pesant sur les salariés et les entreprises
    2 – Meilleure gestion de l’État : évaluation des actions, diminution du carcan administratif
    3 – Améliorer le niveau et le contenu de l’éducation
    4 – Politiques de l’emploi locales et non plus nationales
    5 – Déconcentration des services de l’État. Arrêter de tout concentrer à Paris
    6 – Dégonfler la bulle immobilière en libérant le foncier
    7 – Désindexer les retraites et supprimer les avantages annexes
    8 – Lutter contre les ententes commerciales (exemple Free)
    9 – Instituer un régime universel de sécurité sociale en interdisant tout régime spécial
    10 – Séparation des activités bancaires
    11 – Interdiction du doublage des séries américaines – Pour que nos gamins apprennent enfin l’anglais
    12 – Dissoudre l’ENA

    etc.

  5. Comme le dit en somme M. Bouba-Olga, il y a un problème conjoncturel (pas assez de demande) et des problèmes structurels (divers et variés mais se ramenant souvent à: trop de règles). On a besoin de relance monétaire et budgétaire massive, et de nettoyer (au karcher) ce maquis de règles qui, dans tous les domaines, étouffe la croissance.

  6. On peut réduire le chômage vite, fort et à coup sûr d’un simple trait de plume.

    Il suffit d’abolir les normes d’urbanisme malthusiennes : zones inconstructibles, hauteurs limites de construction, coefficients d’occupation des sols, sites classés…

    La pénurie est telle, les besoins insatisfaits si énormes que toutes les grandes villes à commencer bien sûr par Paris se couvriraient immédiatement de chantiers. Ce boom du bâtiment aurait immédiatement un effet bénéfique vigoureux sur l’emploi, les salaires et l’activité en général.

    Et à moyen terme, une fois la pénurie de logements résorbée ? Les loyers auront été divisés par 2, plus sûrement par 3 à Paris et le reste à vivre d’un jeune ménage une fois payées toutes les dépenses contraintes explosera.

    Exemple : un jeune dispose d’un reste à vivre de 100 €/mois une fois payées toutes ses charges fixes dont un loyer de 600 € pour un studio à Paris. Une fois le loyer descendu à 200 € le reste à vivre du jeune est multiplié par 5 et atteint 500 €.

    Cette demande supplémentaire rendue possible par la baisse des loyers créera de l’emploi et tirera les salaires vers le haut, ce qui créera encore plus d’emplois.

    Ce n’est pas parce que les français ne trouvent pas de travail ou alors payé au lance-pierre qu’ils ne parviennent pas à se loger dignement pour un prix décent.

    C’est parce qu’ils n’arrivent pas à se loger qu’ils ne trouvent pas de travail.

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