13 commentaires sur “Le business de la compétitivité

  1. L’article de Telos décoiffe en effet.
    Il va me falloir du temps pour réfléchir…
    Juste une petite remarque : l’auteur parle des grandes entreprises et en même temps cite la BPI , je croyais qu’elle était destinée au PME.
    Y aurait-il du détournement d’objectif dans l’air ?

  2. « En retardant le lent et inévitable déclin de l’industrie, on gèle des emplois et des ressources dans des activités improductives, ce qui coûte cher en matière de croissance.  »

    Cette affirmation est elle valable dans une société qui connaît un sous-emploi important, comme la nôtre?

    • Totalement valable, et en fait on l’a déjà vécu avec la sidérurgie dans les années 70 quand on dépensé des milliards en subventions pour à peu près rien : http://freyssenet.com/?q=node/352

      Ceci dit c’est là qu’est le risque potentiel à appliquer trop mécaniquement ce que dit Wyplosz :
      – Oui à ne surtout pas subventionner à perte le maintien d’activités qui sont des canards boiteux en phase terminal,
      – Non ! à être dans une autre variante aussi con que le gouvernement et à se convaincre que l’on sait quand à soi quel est le secteur dans lequel il faut mettre toutes ses billes, que c’est forcément les services. La réponse à la faillite de la sidérurgie en 1979 n’a pas été l’abandon complet de la sidérurgie, mais la spécialisation dans les parties à hautes valeurs ajoutées.

      Une autre variante est qu’il y a quelques années toutes les régions françaises ont massivement investis dans les biotechnologies, car c’était là, c’était sûr, qu’était *le* gisement d’emploi qui allait faire décoller la France. Le résultat est pour le moins décevant, mais pas mal s’obstinent toujours.

      D’ailleurs Wyplosz ne dit en réalité pas du tout qu’il faut subventionner les services à la place de l’industrie, mais c’est juste assez tentant de le croire en lisant son texte puisqu’il s’avance un peu trop en disant que les services sont forcément la solution. Chaque pays a besoin d’avoir son domaine de spécialisation pour bénéficier d’un avantage compétitif et donc ça ne marchera pas non plus très bien si toute l’Europe n’essaie que les services.

  3. Une petite question en passant : le jour où, grâce aux conseils judicieux de toux ceux qui ne se laissent pas abuser par le fétichisme industriel, nous ne produisons plus du tout d’acier ou de voitures, mais des coiffeurs, des banquiers et des webmasters dans ce qui sera devenu un gigantesque Disneyland et que ceux qui produisent l’acier ou les voitures nous disent ok,on va vous en vendre mais d’abord tournez-vous qu’on vous enc…, on fait quoi , on se tourne ?
    Je sais, c’est une question compliquée pour un expert

    • Ba en même temps il suffira de leur dire que tous leur merveilleux sites bien conçut par nos webmaster vont malheureusement voir leur prix augmenter, que les prix de leurs vacances vont augmenter, et que les articles de luxes qu’on leur refourgue aussi (mais bon ça c’est déjà cher de base donc …). Mais ça suppose que dans le monde il n’y plus que EUX et NOUS, et il ne me semble pas qu’on vive dans ce style de monde, non?
      Il n’y a pas qu’une entreprise « France » vendant des trucs et une entreprise « Reste du Monde » …
      Pour les coiffeurs c’est un service non délocalisable et non exportable donc ça ne compte pas vraiment.
      Et sinon je doute que soudainement la totalité des vendeurs d’acier et de voiture décident conjointement d’augmenter leur tarif, ou alors nous ne sommes plus dans un système capitaliste et de libre concurrence …

  4. @ Aeterna
    Ha, parce que nous sommes dans un système capitaliste de libre concurrence ? Première nouvelle !
    Libre à vous de croie que tout va bien se passer. Pour vous donner une idée de ce qui risque de nous arriver, 2 exemples parmi des dizaines:
    Les disques durs ne sont plus produits pratiquement qu’en Thaïlande. Lors des inondations de ce pays, les prix ont monté en flèche et la rupture de stock a été proche. La prochaine fois, ils peuvent très bien ne pas attendre l’inondation pour faire un peu de… chantage !
    Sauf erreur de ma part, certains médicaments ne sont plus du tout fabriqués chez nous. Vous avez la certitude que nous serons toujours approvisionnés, quelles que soient les circonstances ?

    • Les disques durs sont fabriqués en Thailande par des sociétés Taiwanaise, Japonaises, Européenne et Américaines, donc s’il y a du chantage ce sont donc des entreprises provenant de plus de 10 pays qui se seraient mis d’accord pour faire chanter les pauvre Français?

      Et accessoirement les disques durs sont MONTE en Thailande, les composants ne sont pas tous fabriquer là-bas, et de très loin.
      Dans l’article de Charles Wyplosz il ne dit pas qu’il faut abandonner toute la sidérurgie, il dit que subventionner des industries qui ne sont pas rentables (ou pas assez) comme la sidérurgie (en surproduction massive en Europe en ce moment) et donc ne pas foutre l’argent des subventions dans des trucs plus utiles ba c’est franchement foutre le pognon dans un tombeau des Danaïdes.

      • Ouaip 🙂

        Mais il me semble que hors énergie pétrole la France est équilibré au niveau échange … faut donc surtout trouver des moyens de régler le problème du pétrole …
        Ou exporter suffisamment pour compenser le pétrole … mais on peut aussi exporter des services hein 🙂

  5. Difficile de comptabiliser ce qui est service.

    La RD peut être externalisée, mais elle ne l’est pas toujours, et dans ce cas est ce un emploi industriel ou de service ? Idem pour le service informatique d’une entreprise de fabrication de biens dits industriels.

    Une bonne part de la baisse des emplois industriels vient de l’externalisation, donc ces emplois n’ont pas disparu mais sont comptabilisés différemment.

    Ceci dit, l’innovation est peu et mal encouragée en France. L’innovation ce sont des produits mais aussi des moyens de fabrication, process, robots, brevets…où la France est à la traine.

  6. Durant mes études, j’avais également appris qu’on passait beaucoup plus de temps et de ressources a aider les secteurs en difficulté à s’en sortir que ceux en plein boom a se développer et que si on faisait l’inverse, les ressources seraient bien plus efficacement dispensées et la croissance de richesse réelle. Quant à savoir si les nouvelles industries recycleront les salariés des industries de main d’oeuvre, n’est ce pas là qu’intervient l’Etat pour assurer avec les entreprises une formation continue?
    Ce mode d’action n’est il pas intraséquement lié à notre culture judéo-chrétienne qui consiste à aider les plus faibles contre les plus forts (les plus pauvres contre les riches et bientôt les chômeurs contre les actifs)? Darwin et ses théories ne sont pas encore assimilée mais je vais vite aller lire votre article. Cordialement.

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