Les créateurs d’entreprise ne sont pas ceux que vous croyez…

Ça discute pas mal sur les réseaux sociaux autour de l’impact des mesures fiscales décidées par le gouvernement sur la création d’entreprise en France, certains évoquent la mort des auto-entrepreneurs, des start-up, etc.

Je ne me prononcerais pas sur le sujet, je souhaite juste apporter quelques éléments de réflexion (et quelques statistiques) sur la création d’entreprise en France, car mon sentiment est qu’il y a, de la part de certains, une sorte d’idéalisation de la figure du créateur d’entreprise, un peu comme si on avait affaire, de manière systématique, à des Bill Gates ou des Steve Jobs en puissance. La réalité est plus banale…

Petite analyse néo-institutionnaliste, à la Coase, un brin cynique. Plaçons nous dans la situation d’un individu qui souhaite disposer, chaque mois, d’un revenu pour couvrir ses dépenses. Plusieurs solutions s’offrent à lui :

  • occuper un emploi dans une entreprise, une administration, une association, …
  • créer une entreprise pour se dégager un revenu,
  • rester inactif et vivre du revenu de son conjoint ou d’une autre personne (patrimoine hérité par exemple), ou vivre mal, tout simplement…
  • vivre d’une allocation de l’Etat (allocation chômage par exemple si on ne parvient pas à trouver un emploi),
Le « choix » entre ces différentes possibilités dépend du gain espéré de la situation (est-ce que je vais réussir à décrocher un emploi? combien vais-je être payé? quelle est la nature du contrat de travail? Si je suis au chômage, quel sera le montant de l’allocation? Pour quelle durée? Si je créé mon entreprise, quel chiffre d’affaires j’espère dégager? Est-ce que mon entreprise sera pérenne? etc.) et du coût que je dois supporter pour accéder à cette situation (coût de prospection d’un emploi, coût de création d’une entreprise, contraintes imposées aux bénéficiaires d’allocation, etc.).
Toute chose égale par ailleurs, si vous durcissez les conditions sur une alternative, les acteurs, qui réagissent aux incitations, vont se tourner vers une autre alternative. Si, par exemple, vous durcissez les conditions nécessaires pour toucher des allocations chômage, certains chômeurs vont tenter de créer leur entreprise. Ils ne se rêvent pas Bill Gates ou Steve Jobs, ils veulent juste manger à la fin du mois… Idem pour chaque alternative.
Que nous apprennent les statistiques à ce sujet? Sans surprise, les créateurs d’entreprise sont surreprésentés parmi les chômeurs…
Ce tableau est issu de ce document de l’Insee. 34% des créateurs d’entreprise de 2002 sont des chômeurs, proportion qui monte à 40% en 2006. Comme la part des chômeurs dans la population est très inférieure à ces chiffres, on en déduit que la propension à créer son entreprise est beaucoup plus forte pour les chômeurs. Que cette part augmente logiquement quand le chômage augmente et/ou quand le niveau des allocations baisse, ou encore quand les conditions de leur attribution se durcissent.
Autre élément issu du même document, la raison principale de la création d’entreprise :
Là encore, sans surprise, l’objectif essentiel est d’assurer son propre emploi. Avant de conquérir le monde, éventuellement…
On peut mobiliser le même raisonnement pour s’étonner de l’émoi suscité par le franchissement de la barre des trois millions de chômeurs. Je signale en effet, chiffres à l’appui, qui si on ajoute les personnes au chômage et les personnes inactives qui souhaiteraient occuper un emploi (catégories 3 et 4 de ma petite typologie), cela fait longtemps qu’on a passé cette barre… 3,3 millions pour 2011… Là encore, si vous durcissez les conditions d’attribution des allocations chômage, le taux de chômage stricto sensu va diminuer, mais le « halo » du chômage (qui intégre les inactifs souhaitant travailler) va augmenter.
Je reviens à mes moutons (les créateurs d’entreprise), en mobilisant un autre document de l’Insee, qui nous renseigne sur les auto-entrepreneurs. Catégorie un peu particulière, car pour partie il peut s’agir de personnes qui souhaitent percevoir un revenu complémentaire en se simplifiant la vie. Un professeur d’université peut par exemple arrondir ses fins de mois en faisant un peu de consulting, via ce statut (ce n’est pas mon cas, je précise, mais ça existe et c’est plutôt rationnel). Dans tout un ensemble de cas, cependant, il s’agit de personnes qui souhaitent percevoir des revenus plutôt que de rester au chômage. La simplification de la procédure de création d’entreprise via ce statut a conduit à une explosion du nombre d’auto-entrepreneurs. Non pas que des Bill Gates ou des Steve Jobs soient apparus en puissance en France, mais simplement que la structure des gains et des coûts entre les différentes alternatives en a été modifié.
Quel bilan? 30% des auto-entrepreneurs étaient auparavant chômeurs. Résultat conforme aux chiffres précédents. Chiffre d’affaires plutôt faiblard, en moyenne de 1000€ par mois (avec toute la difficulté liée au fait que pour certains, il ne s’agit que d’une activité accessoire, il faudrait des chiffres plus précis). Pas mal de création dans le conseil (activité accessoire?), le commerce, le service aux ménages et la construction. On est toujours loin de Steve Jobs.
En résumé, on peut contester le projet de réforme fiscale, on peut défendre la création d’entreprise, mais autant en avoir une vision plus conforme à la réalité…

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13 commentaires sur “Les créateurs d’entreprise ne sont pas ceux que vous croyez…

  1. Merci pour ce billet que j’apprécie beaucoup. Le retour à une forme verbale de l’économie politique et sociale avec des mathématiques de modèles simples et des « données » statistiques à interpréter en fonction de connaissances multiples… Ce billet est dans la lignée des grands auteurs à vision globale… Les Adam Smith, Bastiat et les derniers Ludwig von Mises, Hayek et Murray N Rothbard. Passionné de ces auteurs, je mets ci-après à télécharger, deux liens sur leurs ouvrages au format mobi de kindle. Pour lire sur PC ou ipad, télécharger le logiciel kinle reader sur PC windows ou sur Mac. On y trouve la théorie du choix que vous décrivez.
    Cordialement

    Man, Economy, and State with Power and Market (l’opus major de Murray N Rothbard)
    http://pratclif.com/ebooks/Man,%20Economy,%20and%20State%20with%20Power%20and%20Market_%20The%20Scholar's%20Edition%20(LvMI)_B0022NHOSE.azw

    et Human Action (l’opus major de Ludwig von Mises)
    http://pratclif.com/ebooks/Human%20Action_%20Scholar's%20Edition%20(LvMI)_B0022NHOL6.azw

    et la théorie du choix… Robinson Crusoé sur son île.
    http://tinyurl.com/bmentu4

  2. Je suis bien d’accord avec vous sur le fond, merci de ramener un peu certains commentateur sur terre.

    Un bémol tout de même: corrélation n’est pas causalité. S’il y a beaucoup de chômeurs parmi les créateurs d’entreprise c’est aussi parce qu’il est très intéressant pour un futur créateur d’entreprise employé (un créateur motivé par la conquête du monde et non par la création de son propre emploi) de se faire licencier avant de créer son entreprise pour pouvoir bénéficier des allocations assedic pendant les premiers mois (difficiles) de cette création. C’est d’autant plus facile avec la procédure de licenciement à l’amiable mais pouvait de toute façon se faire en arrêtant d’aller bosser et se faire virer pour absentéisme. C’est d’autant plus intéressant que les allocations assedic peuvent être touchées même lorsque l’on travaille pour sa toute nouvelle entreprise.

  3. Merci ! Il y a effectivement un ethnocentrisme fort amusant sur twitter, les blogs ou les chroniques (c’est assez habituel d’y voir une très grosse sur-représentation de vision typiquement « bourgeoise » du monde, par exemple les problèmes de genre ou de féminisme…). C’est aussi, en l’occurrence, l’idéologie Solow-Schumpeter en marche (la start-up qui sauve le monde grâce à ses innovations de croissance, etc.), très en vogue ces temps-ci dans la classe intellectuelle.

    L’écrasante majorité des entreprises n’ont aucun salarié, au mieux le gérant minoritaire (qui a toute bonne chance d’être le conjoint). Il serait de bon ton de rappeler que le statut n°1 de l’entreprise, hors auto-entrepreneur (vaste blague 95% du temps), c’est la SARL (57%, plus 24% d’EURL, en 2010 : http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1334 ), où le gérant majoritaire est franchement précaire. Les entreprises, c’est avant tout le boulanger, le coiffeur, le détaillant, le vendeur de fringues. Pas les start-ups qui vont à la conquête du monde.

    Ceci dit, ces gens-là, contraints de cotiser au RSI s’ils veulent avoir le droit d’être malade (on ne parle jamais de la précarité de ce statut, et pourtant !!…), se paient une fois par an en dividendes, qu’ils sont certainement bien contents d’être moins imposés (avec des abattements sur des sommes ridicules pour les grandes entreprises, mais tout à fait censées pour les autres, les petites). Parfois, cela permet de s’enrichir plus vite, mais après tout, les gérants ne travaillent pas 35 heures, ils mettent leurs propres patrimoines en jeu (la responsabilité est limitée… jusqu’à un certain point), et on ne peut pas cotiser au chômage : pas de filet de sécurité ! Aux dernières nouvelles, pas tous les boulangers roulent en Mercedes : le jour où on multiplie par deux leurs cotisations (auront-ils alors au moins droit au chômage en cas de faillite, en échange ?), il n’auront plus qu’à multiplier le prix du pain d’autant. Aïe.

    Le problème français, celui dont personne ne parle parmi nos entrepreneurs de start-ups qui écrivent des colonnes, mais qui lèvent tellement de fonds qu’ils délèguent à des cabinets d’avocats et d’experts-comptables toute leur administration « externe » (5000€ la création de l’entreprise, par exemple — au lieu de 600€ environ si on le fait soi-même, beaucoup plus que « l’entreprise à 1€ de Chirac », vaste blague sur le capital minimum), c’est qu’il y a une myriade illisible de statuts, et que peu importe que l’on soit seul (ce qui est mon cas) ou 60.000 salariés : c’est (quasiment) la même paperasse.

    L’URSSAF me file un boulot monstre tous les mois (que je refile à mon expert comptable pour 2000€ par an) parce que je suis salarié, et peut importe le nombre de salariés. Je dois chaque mois calculer et reverser la TVA (la faire calculer à mon expert, en fait, mais c’est à moi de bloquer une demie-journée par mois, pour au final 3 ou 4 notes d’honoraires et peut-être un achat…). Le greffe est l’endroit le plus peuplé d’incompétents inutiles rentiers de situation que je connaisse. La chambre du commerce ne sert à peu près à rien (et surtout pas à donner des renseignements utiles). On croule sous un nombre de bêtises incalculables et non-documentées (d’ailleurs je ne sais toujours pas pourquoi j’ai dû acheter un gros classeur de « livre journal » et un autre de « livre d’inventaire » : jamais servi, mais obligatoire sous peine d’amende). Et j’en passe…

    Les statuts d’entreprise, c’est le grand bordel (je croyais tous les connaître, en fait j’en ai encore découvert de nouveaux dans les activités libérales). Un seul est utile en réalité et recoupe tout ou presque (depuis un peu moins de dix ans, tout jeune !) : la SAS. Personne ou presque ne connait (en forte croissance ceci dit : 14% en 2010 contre 4% en 2008 ; mais l’année dernière encore, un entrepreneur me disait avoir dû créer une SARL, en province, pour rassurer ses clients…). Une SSII amie, créée il y a deux ans, s’est formée en SARL. Pourquoi ? Mal informée… (Ah, c’est possible de changer de statut, mais ça modifie le Kbis, donc il faut une annonce au BODACC, ça va couter au final dans les 400€ sur 3 semaines de délais… Même prix si vous faites 50K€ de CA ou 50M€)

    En tant que président de SAS, j’ai choisi de me salarier, ça m’a évité de devoir me taper le RSI (pire que l’URSAFF, paraît-il, je n’ose imaginer). Il n’empêche que je ne cotise pas au chômage (heureusement, il me reste un an disponible grâce à mes années de salariat, en cas de soucis). Pendant six mois, je ne suis pas tombé malade, je crois que grâce au chômage ça aurait été ok (pas eu d’information dessus) ; ah oui, il ne faut jamais démissionner en France pour créer sa boîte, c’est la chose la plus crétine qu’on puisse faire (la différence, c’est environ 27K€ pour moi cette année — pas de la blague, 20K€ d’ARCE, le reste en exonération ACCRE sur mon salaire).

    Il y a long à dire. On paie une « taxe paperasse » énorme, compensée via une myriade d’aides illisibles qui disparaissent rapidement, et qu’il faut potasser six mois à l’avance (il faut respecter les timings…). Alors voir des fonctionnaires, qui n’ont jamais testé leur « guichet unique » de création d’entreprise (celui qui est censé avoir simplifié les démarches, et qui buggue tellement que ça a foiré mon dossier, deux semaines dans le vent, à ne pas pouvoir intervenir pour mes clients, forcément… Plus tard, on m’a dit qu’il ne fallait surtout pas utiliser ce machin), jouer aux apprentis sorciers avec un millefeuille d’impôts crétins incompréhensibles (merci mon expert comptable aussi, et pourtant j’ai potassé le sujet !), applicables de la même manière pour les mini-structures (écrasante majorité oubliée) que pour les boîtes du CAC40 boostées aux cabinets de fiscalistes (qui font la une des journaux), ça fait effectivement mal au coeur…

  4. Simple remarque : dans le calcul du gain espéré pour gagner sa vie, il me semble que prendre en compte le bénéfice susceptible d’être dégagé par une entreprise serait plus juste que son chiffre d’affaires (bien qu’il détermine la façon de déclarer ses revenus…). Il ne faudrait pas qu’on vous reproche de confondre bénéfice et chiffre d’affaires!

    • oui, tout à fait d’accord, j’ai laissé CA car ce sont les chiffres qui sont présentés sur le site de l’Insee. Ils précisent d’ailleurs que le CA est plus fort dans la construction et la restauration, mais que les achats amonts sont sans doute plus fort, d’où un bénéfice pas nécessairement mirobolant.

  5. Et alors ? Même si le créateur d’entreprise ou le porteur de projet ne crée le futur Apple, j’aime autant qu’il essaye de créer son emploi plus tôt que de rester au chômage.

    A mon sens, on ne se pose pas les bonnes questions ! En France, on a un problème de croissance, un problème d’innovation, un problème de dynamisme économique, et un problème de chômage qui est le plus visible, le plus criant et sûrement le plus gênant à court terme.

    Le vrai problème c’est qu’il n’y a pas assez d’entrepreneur, pas assez de porteur de projet, pas assez d’accompagnement vers l’innovation. Ce projet de loi est un frein de plus pour les gens qui hésitent à se lancer.

    Je réalise des cours d’entrepreneuriat, de stratégie et d’innovation dans un master d’une école de commerce et le constat est toujours identique : 50% de la promotion pourrait s’orienter vers la création d’une entreprise mais la complexité du système, le taux d’imposition sur les gains au regard des risques pris détournent toute personne censée vers une autre voie. Les seuls qui tentent l’aventure sont généralement issus d’une famille d’entrepreneur, et/ou assis sur un capital personnel confortable. Peu importe le taux d’imposition, ils réussiront… mais ils sont peu nombreux !

    Le problème, c’est qu’à côté vous avez tout un ensemble de porteurs de projet qui ont une idée intéressante, une équipe crédible, un état d’esprit irréprochable, des compétences solides mais qui hésitent fortement avant de se lancer à cause de l’inconnu, du système et de son coût… avec cette réforme, ces personnes vont se faire encore plus discrets alors qu’ils sont source de croissance, d’innovation et d’embauche pour notre économie.

    Le défaut du système en place, c’est qu’il n’est pas assez incitatif, assez sécurisant pour pousser cette population à se lancer même si le statut d’auto-entrepreneur permet de facturer sans créer l’entreprise et donc de repousser le plus tard possible le moment de la création officiel en limitant les risques. (En effet, plus tard la start-up est fondée, moins les risques sont grands car l’entrepreneur a pu tester, itérer, et apprendre un maximum sur son marché). Mais ce que propose le gouvernement va encore plus freiner l’envie d’entreprendre en rendant l’espérance de gain encore plus réduite…

    Il faudrait trouver un système plus juste où l’entrepreneur en cas de succès paye plus d’impôt (dans une proportion raisonnable) mais où il peut également imputer ces pertes en cas d’échecs sur sa feuille d’impôt ce qui n’est pas vraiment le cas actuellement.

  6. Votre démonstration est très documentée et « mécaniquement » incontestable.

    Mais vous vous trompez de sujet.

    L’enjeu principal autour de cette question d’une taxation à plus de 60% de la plus-value n’est pas le devenir des entrepreneurs. Il s’agit ici d’une désastre économique et social que cette mesure va générer.

    Effectivement, ceux qui se rêvent en Steve Jobs ne forment pas la majorité des effectifs des créateurs d’entreprise. Ils forment juste la majorité des effectifs des créateurs d’entreprises qui souhaiteront un parcours de croissance (qui n’a rien à voir avec le fait de créer son propre emploi) et qui, elles, créeront les emplois qui feront notre croissance (et qui sont les seules capables de le faire vu que nous en sommes ni le Brésil en pleine transition, ni un pays gorgé de gaz naturel).

    C’était notre seule chance de ne pas passer de 3 à 4 millions de chômeurs. Et l’on vient d’enlever une bonne partie de la motivation ce ceux qui pouvaient le faire en France. Puisqu’il faut rester pragmatique : nous aimons donner vie à des projets de développement mais nous avons aussi la soif de l’or. Nous devrions pouvoir le dire et l’affirmer, pour une fois que c’est dans l’intérêt de tous.

    • @iraentreprendreailleurs en espérant qu’un jour votre message soit entendu dans ce pays. Innovation, désir d’excellence et envi de pousser la société vers l’avant devraient être le moteur d’un pays et non pas le désir de stabilité et de facilité que l’on met en avant en France.

    • « qui, elles, créeront les emplois qui feront notre croissance » a voir…. Le principe d’une bonne start up c’est de découpler le chiffre d’affaire du nombre d’employés. Les start up par nature ne sont pas des entreprises de main d’oeuvre mais de gain de productivité, en principe sauf dérapage, les start up devrait détruire globalement de l’emploi. Le chomage explose aux états unis, pourtant ils ont amazon, google, twitter etc ….et on est loin d’avoir ce genre de succès mondial en france. Ces 3 géants mondiaux n’ont qu’une part marginale sur l’emploi aux états unis comparé a l’économie globale.

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