Interview France 3

A peine levé de mon transat, France 3 m’appelle pour me demander de réagir aux affaires en cours : PSA, Doux, Unilever, etc. Petite interview ce matin, depuis Poitiers, diffusée dans l’édition nationale du 19/20, ce soir (ça devrait pouvoir se regarder ici ensuite).

Voici les questions :

  1. Des dossiers très chauds attendent le gouvernement en cette rentrée : Doux, PSA, Elephant…. Le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg multiplie les déclarations d’intention. Mais l’Etat peut-il réellement intervenir de manière directe dans tous ces dossiers brûlants ?
  2. Quelle est la marge de manœuvre des politiques face à des problématiques économiques qui dépassent largement le cadre des frontières nationales, et qui concernent des entreprises privées ?
  3. Le PDG Monde d’Unilever, à propos du dossier Fralib, s’ext exprimé dans les Echos, indiquant que le gouvernement, par son ingérence excessive, risquait de décourager les investissements étrangers en France. C’est un vrai risque ?
  4. Lionel Jospin disait : « l’Etat ne peut pas tout ». Il avait raison ?
  5. Le rôle de l’Etat est-il d’intervenir, d’empêcher, d’interdire, ou plutôt de « guérir » en améliorant la prise en charge des salariés qui perdent leur emploi, leur reconversion, leur indemnisation etc… ?

Comme nous sommes encore dans la période des jeux-vacances, je ne vous donne pas mes réponses : si ça vous amuse, vous pouvez poster vos prévisions (ou vos avis) en commentaire.

Je ne sais pas ce qui sera gardé dans le reportage (forcément court), je compléterai si besoin ce soir ou demain.

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7 commentaires sur “Interview France 3

  1. Ping : J’ai été interviewé à la télé!!! (retour d’expérience) | Olivier Bouba-Olga

  2. Posé comme cela, la réponse coule de source. L’Etat ne peut rien et surtout ne doit rien faire sauf à aggraver les choses dans un système déjà passablement brinquebalant .
    Reste la solution de revoir toute l’organisation de l’économie et là on ne tient pas encore notre Roosevelt…

  3. Ah, ah, on peut tricher aujourd’hui en allant voir les réponses sur le site de FR3 🙂 Oups, ça ne donne pas grand chose, parce que vous avez eu droit à une seule phrase en fait, et il n’est resté qu’un truc un peu bateau sur les politiques structurelles et le temps pour qu’elles aient de l’effet . Bon c’était prévisible hein ?

    Déjà bonne chose, les questions n’était pas trop biaisées dans le sens habituel où l’état devrait être Zorro et se précipiter constamment pour pourfendre les méchants de l’économie avec son épée afin de redresser les torts. Et dans le reportage, ça se retrouve grâce aux industriels qu’ils ont laissé intervenir plus que vous pour dénoncer les effets pervers à terme, et en fin de compte pire que le mal, de ce type de politique.

    Mais ça ne veut pas dire que l’état ne peut rien faire. Simplement l’état doit surtout résister à la tentation de se prendre pour un joueur et d’aller sur le terrain pousser le ballon à la place de Zidane qui manifestement à ses yeux s’y prend comme un manche. Il doit être l’arbitre qui surveille, mais ne décide surtout pas le résultat du jeu, quel équipe doit gagner !! S’assure par contre que mes règles sont respectées, qu’aucune équipe ne s’assure un avantage en les violant, sinon carton rouge.
    Et le rôle de l’arbitre est essentiel parce que sinon à la place d’un match c’est une baston générale dans laquelle tous les coups sont permis à laquelle on assiste. L’équivalent économique de cette baston générale, dumping, dénigrement, vente à perte puis marge bénéficiaire énormes une fois qu’on a tué les concurrents, ententes sur le dos des clients, sont extrêmement nocive pour tout le monde.
    En évitant cela, l’état s’assure que les entreprises travaillent dans un cadre stable, et sont poussées à se concentrer sur la création de valeur ajoutée (donc plus d’emploi, etc.), plutôt que de chercher comment se débarrasser du concurrent ou augmenter sa marge avec un coup bas sans effort. Et sans création de valeur.

    Reste la question toujours délicate en temps de crise du licenciement et des fermetures. Mais interdire les licenciement, ce n’est pas mettre une règle, mais intervenir dans le jeu, vu que l’impact est direct sur la gestion au jour le jour de l’entreprise, que c’est l’argent qu’elle gagne qui lui permet de payer les salaires. De plus, ici les études économiques montrent qu’il est beaucoup plus efficace de redéployer les emplois dans des secteurs dynamiques, et donc pour l’état d’agir pour faciliter ce redéploiement, que de chercher à les conserver à n’importe quel prix dans des secteurs qui soufrent. Ca coûte très cher, et ça ne change pas le résultat final.

    Au passage je ne suis pas vraiment convaincu sur les politiques dites « structurelles ». L’état n’a pas la science infuse du type de changement structurel dont les entreprises ont besoin, et très rapidement ça se transforme en pousser le dada du moment à grand coup de crédits. A une époque, toute les régions voulaient faire des biotechnologie en même temps, pour aucun résultat au terme, ou en tout cas des résultats extrêmement réduits par rapport aux dépenses.

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