Dis, Les Echos, c’est quoi un taux de chômage?

(Mise à jour 19/04/12  : Les Echos ont modifié leur article, en parlant de jeunes actifs. Félicitations aux Echos, donc, pour cette correction!)

Après l’Essec, c’est un quotidien économique phare, à savoir Les Echos, qui s’emmêle les pinceaux avec un indicateur économique de base, le taux de chômage, dans un petit article daté du 13 avril 2012, 7 heures. Le sujet? Le taux de chômage en Grèce, qui s’établit, pour janvier, à 21,8%. Petit article qui se termine sur le taux de chômage des jeunes, avec cette affirmation :

 Les jeunes entre 15 et 24 ans restent les plus touchés, plus d’un sur deux n’ayant pas d’emploi (50,8 %).

Notons que la source des chiffres n’est pas indiquée (ce serait bien, Les Echos, de l’indiquer systématiquement). J’ai pensé qu’ils étaient tirés d’Eurostat, je suis allé voir sur leur site, la dernière note sur les taux de chômage est celle-ci, elle date du 2 avril 2012. On y apprend que le taux de chômage grec était de 21% en décembre 2011 et que le taux de chômage des jeunes (15-24 ans) était de 50,4%. Chiffres proches de ceux des Echos, pour le mois précédent.

Où est l’erreur des Echos? Les lecteurs réguliers de mon blog l’auront deviné, c’est toujours la même : le taux de chômage est le rapport entre le nombre de chômeurs et le nombre d’actifs, un taux de chômage des jeunes de 50% ne signifie pas qu’un jeune sur deux est au chômage, mais qu’un jeune actif sur deux est au chômage.

Pour connaître la proportion de jeunes (grecs en l’occurrence) au chômage, il faut multiplier par le taux d’activité. J’ai trouvé cette information, toujours sur Eurostat, dans ce tableau. Le taux d’activité des jeunes grecs est de 42,3% au quatrième trimestre 2011. C’est donc un peu moins d’un jeune grec sur cinq qui est au chômage, non pas un peu plus d’un sur deux. 1/5, c’est beaucoup, mais convenez avec moi que c’est loin d’1/2.

Les Echos, tu me copieras cent fois la définition du taux de chômage des jeunes et cent autres fois « je précise toujours la source de mes données ».

Je complète un peu avec les données pour les jeunes français : taux de chômage de 22,6% en décembre 2011 et de 21,7% en février 2012, dernier chiffre disponible. Idem, ça ne veut pas dire qu’un peu plus d’un jeune français sur cinq est au chômage, vous l’aurez compris. Le taux d’activité est à 40,6% au quatrième trimestre 2011, ça nous fait donc environ 1 jeune français sur 11 au chômage.

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5 commentaires sur “Dis, Les Echos, c’est quoi un taux de chômage?

  1. ‘ai trouvé ces définitions sur le site de l’Insee
    Le taux d’activité est le rapport entre le nombre d’actifs (actifs occupés et chômeurs) et l’ensemble de la population correspondante.
    Le chômage représente l’ensemble des personnes de 15 ans et plus, privées d’emploi et en recherchant un.
    Le calcul du taux de chômage est donc bien le même pour les jeunes et pour l’ensemble de la population
    Sauf à ce que vous récusiez ces définitions, le taux de chômage des jeunes en Grèce est donc bien de 50,4%.
    Je vous concède que la formulation des Echos « plus d’un sur deux n’ayant pas d’emploi » est fausse scientifiquement, il n’en demeure pas moins que un jeune sur deux désirant travailler ne trouve pas de travail, ce qui vous en conviendrez est énorme et source de déstabilisation de la société grecque. Toute la jeunesse de Grèce se trouve dans des conditions pires que la jeunesse de nos banlieues (taux de chômage des jeunes de banlieue en Décembre 2010 43% – source Onzus)
    Je vous trouve doctoralement pointilleux sur ce coup.
    Quant à la citation des sources, le journaliste des Echos a agit en journaliste et protège ses sources. Ce devait être un « off ». Lol

    • je n’ai pas dit que la définition du taux de chômage est différente pour les jeunes, elle est la même pour toutes les catégories de sexe, d’âge, etc. Je n’ai pas dit non plus que le taux de chômage des jeunes grecs n’était pas de 50%. J’ai dit simplement qu’un taux de chômage de 50% ne signifie pas qu’un jeune sur deux est au chômage, mais , en l’occurrence, un jeune sur 5. Ce qui est beaucoup et très problématique.
      L’affirmation des Echos n’est pas fausse « scientifiquement », elle est fausse tout court. Je trouve ça plutôt embêtant qu’un quotidien économique fasse l’erreur.

      • « Sauf à ce que vous récusiez ces définitions, le taux de chômage des jeunes en Grèce est donc bien de 50,4%.
        [...] il n’en demeure pas moins que un jeune sur deux désirant travailler ne trouve pas de travail »
        Je suis désolé mais ce raccourci est faux: En effet, dans la population jeune, une grande majorité n’est ni employé, ni à la recherche d’emploi. Il s’agit pour la plupart d’étudiants qui sont inactifs sans être à la recherche d’emplois.

  2. Ping : Les liens du 18 avril 2012 « Ressources pour économistes

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