Tirer des leçons de la « méthode Rastignac »

Saisi en pleine réflexion par Renaud Arnaudet

Bienvenue sur mon blog.

(Pas facile d’écrire à la première personne lorsque le style universitaire impose une écriture distanciée. Je vais devoir m’y faire.)

J’ouvre ce blog par les quelques réflexions que m’a inspirées la lecture récente d’un ouvrage intitulé « La méthode Rastignac », écrit par Brigitte Méra. L’auteur a écrit une thèse sur les études philosophiques de Balzac. Selon la 4e de couverture de l’ouvrage, elle est « chargée d’enseignement à l’ISC de Paris, chercheur à Paris IV Sorbonne et conférencière à l’université de Davidson aux Etats-Unis.

Le propos de l’ouvrage, paru en 2009, est astucieux : il s’agit de tirer d’une lecture approfondie de l’œuvre de Balzac – en particulier des ouvrages où intervient Rastignac, modèle de l’arriviste, des préceptes qui puissent guider le lecteur dans sa vie professionnelle actuelle. Une démarche dite « accommodatrice », pour reprendre l’expression de Franck Kermode (1973), cité par B. Méra, que l’on rencontre assez fréquemment. Pierre Fayard a pratiqué ainsi avec l’art de la guerre, de Sun Tsu, par exemple.

Si l’ouvrage se lit avec intérêt, nous nous arrêterons seulement ici sur les pages 122 à 129 intitulées « se constituer des réseaux » puis « des lieux de sociabilité ».

Page 122, en ouverture du passage, B. Méra écrit : « Faire fructifier son capital, qu’il soit intellectuel, mondain ou financier, apparaît comme une priorité, un devoir. Tout doit concourir à la réussite. Comment mieux le faire fructifier que d’entretenir ses relations, de les cultiver ? Etre convivial, avoir des relations, c’est bien ; se constituer un réseau et le faire vivre, c’est encore mieux. Le réseau fait gagner du temps, trouver des solutions plus futées et économiser de l’énergie. C’est devenu une compétence stratégique. »

Partant de ce principe, l’auteur souligne, pour Balzac, « l’importance de côtoyer plusieurs milieux pour élargir ses connaissances et élargir son savoir, car sinon on court le risque de devenir stupide. » Elle  ajoute que « Rastignac nous enseigne à sa manière que pour se faire connaître, il faut se montrer et être vu de tous. »

Rien de neuf, mais une confirmation de principes dynamiques classiques du réseau.

Une chose, cependant, à noter. Brigitte Méra insiste sur le caractère particulier de la période post-révolutionnaire dans laquelle Balzac situe l’action de ses personnages : « tout a changé dans la société postrévolutionnaire. Les liens sociaux sont à réinventer, en particulier les lieux de sociabilité pour les « gens du monde » (p. 128). Cela me rappelle un certain discours actuel…

Un conseil : ne pas chercher à imiter Rastignac sans analyser le contexte social global.

Christian Marcon

Brigitte Méra, La méthode Rastignac, Editions Tallandier, 2009, 295 p. 

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