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Mai 09 2018

Marie Meurdrac, apothicaire et pharmacienne

Chymie charitable et facile, Marie Meurdrac« Une femme ne peut enseigner » me disais-je, « elle doit rester silencieuse, écouter et ne pas montrer ce qu’elle sait déjà. » Qui est l’auteur de ces lignes ? A-t-elle gardé le silence ?

« Quand j’ai écrit ce livre, c’était pour mon usage personnel, pour ne pas oublier tout ce que j’avais appris au prix d’un travail acharné, et d’expériences répétées. J’ai été tenté de le publier, mais j’ai hésité deux ans. J’avais autant de raison de le publier que de le garder caché. » Heureusement, ce que nous lisons aujourd’hui est parvenu jusqu’à nous et nous pouvons le consulter dans une version numérisée par la BIU santé (Paris).

Marie Meurdrac fit le choix de publier finalement ses travaux de recherche en médecine et pharmacie.

L’histoire des femmes de science en France, du Moyen Âge à la Révolution lui consacre plusieurs pages, ainsi que le l’ouvrage European women in chemistry. Marie Meurdrac vivait et travaillait dans la commune de Boissy-Saint-Léger. Soutenue par la comtesse de Grosbois, elle étudie la pharmacie et pratique la médecine. Toutefois, cela reste une activité qu’elle exerce bénévolement.

En 1666, lorsqu’elle publie la Chymie charitable et facile en faveur des dames, elle écrit « Publier un ouvrage n’est pas un avantage pour une femme ; les hommes méprisent les productions des femmes. Pourtant, j’ose croire que si les femmes recevaient la même éducation que les hommes, si l’on dépensait autant pour leur éducation, elles pourraient les égaler. Finalement, cet ouvrage est utile, il contient quantité de remèdes infaillibles pour la guérison, et même quelques rares secrets pour les femmes. Ce serait une erreur de ne pas en faire profiter tout le monde ».

L’ouvrage traite successivement des techniques utilisées en chimie, des préparations de remèdes et des prescriptions pour guérir, des recettes de beauté. De nombreuses opérations de chimie sont décrites telles la distillation, la dessiccation ou la fermentation. On trouve dans ce dictionnaire des remèdes à base de plantes, des recettes pour guérir de la mélancolie ou soulager les douleurs dans les oreilles ou encore la sciatique, une pommade pour faire venir les cheveux ou une eau pour faire tomber le poil. A base de végétaux, certaines recettes pourraient être tentées encore aujourd’hui, si l’on dispose de romarin, thym, réglisse, marjolaine, millepertuis. Il sera plus difficile de se lancer dans la fabrication de l’huile admirable des Os d’hommes pour soigner les sciatiques.

Publié en 1666, ce dictionnaire a été réédité à plusieurs reprises, traduit en allemand et en italien.

Marie Meurdrac engage à dispenser gratuitement les soins aux pauvres, puisqu’elle partage ses remèdes faits de recettes simples à appliquer. Pour celles qui ne voudraient pas expérimenter, par manque de temps, de matériel ou par crainte de ne pas y arriver, elle propose même de faire des démonstrations.

Une liste des caractères chimiques est donnée avec un petite pointe envers les scientifiques qui l’ont précédée. « Ils ont fait tout ce qu’ils ont pu pour ne pas divulguer leurs recettes, et ont caché sous des symboles le nom des matières. Ils sont donc livrés ici pour ne pas avoir à chercher ailleurs ».

Pour finir, nous livrons cette recette de l’eau pour friser les cheveux : Prenez de la gomme Elemy (sorte de résine ayant la consistance du miel) environ une once, et mettre à tremper dans une livre d’eau de rose, faire bouillir un demi quart d’heure : laisser refroidir puis humecter les cheveux, mettre des papillotes ou sous un bonnet.

 

 

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