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Mai 19 2017

Trois hommes et un éléphant

Eléphant Hans, muséum de Bourges

By Dessin de Nicolas Maréchal, publié dans Illustrations de la Ménagerie du Muséum National d’Histoire Naturelle par Lacépède et Cuvier (Bibliothèque nationale de France) [Public domain], via Wikimedia Commons

La BU Sciences campus vous propose un fonds d’histoire des sciences bien fourni, au sein duquel vous pourrez notamment retrouver de nombreuses biographies et autobiographies de scientifiques. Parmi les récentes nouveautés venues enrichir nos collections, nous vous suggérons aujourd’hui quatre histoires de vie qui méritent le détour et que vous souhaiterez peut-être découvrir, après vos examens ou pendant vos vacances d’été. Nous vous rappelons d’ailleurs que vous pouvez emprunter autant d’ouvrages que vous le voulez, alors n’hésitez pas à en profiter (le tout étant de respecter les dates de retour).

Fils d’un fermier du Massachussets – alors colonie anglaise – , Benjamin Thompson (1753-1814) gravit l’échelle sociale par la grâce d’un premier mariage qui lui valut – outre le titre de comte Rumford – de rencontrer, par l’entremise de son épouse, le gouverneur du New Hampshire qui le nomma commandant de la Milice de l’Etat. Pro-anglais, notre homme partit s’installer en Europe après l’indépendance américaine où il connut un parcours riche et multiple de scientifique et d’homme politique. Ministre en Bavière, il contribua à l’éradication de la mendicité et à la mise en place des soupes populaires pour lutter contre la famine sévissant alors à Munich. Physicien passionné par les théories sur la chaleur, il mena de nombreuses expériences et s’attela à la mise au point de procédés techniques de tous ordres, le conduisant à révolutionner la conception des cheminées et des fours à chaux, mais aussi d’être considéré comme l’inventeur ou l’un des précurseurs de la cafetière à filtre et de la cuisinière moderne. Il partagea les quinze dernières années de sa vie entre la France et l’Angleterre, devint alors membre de l’Institut (entre autres), créateur de prestigieux prix scientifiques, mari de la veuve du fameux chimiste Lavoisier, avant de décéder à Auteuil en 1814.

Eric Sartori est ingénieur chimiste, passionné par la vulgarisation scientifique et auteur de plusieurs ouvrages d’histoire des sciences que vous pouvez retrouver dans nos bibliothèques.

Certainement plus connu que celui du comte Rumford, le nom de Gustave Eiffel demeure indissolublement lié à celui de sa plus prestigieuse construction, la tour qui porte son nom. L’ouvrage de Louis Devance, historien et professeur d’histoire contemporaine, s’attelle à retracer le parcours du célèbre ingénieur. Il revient évidemment sur sa jeunesse et sa formation, sur son ascension sociale et l’apogée représentée par la construction de la tour Eiffel, puis sur le scandale de Panama qui vint l’éclabousser avant d’être innocenté. Profondément blessé par cette histoire, il se retira des affaires et passa les trente, dernières années de sa vie à se consacrer à ses travaux de recherche et au mécénat scientifique.

Nous vous rappelons que la BU Sciences possède dans ses collections le remarquable ouvrage La tour de 300 mètres réalisé par G. Eiffel en 1900 et qui retrace la construction de la tour Eiffel en donnant à voir l’ensemble des plans de cette extraordinaire structure.

Prix Nobel de médecine en 1965 avec François Jacob et Jacques Monod, André Lwoff (1902-1994) demeure relativement plus méconnu que ses deux collègues. Laurent Loison, historien et philosophe des sciences de la vie au CNRS, a rassemblé et publié ce texte autobiographique du chercheur demeuré jusque-là inédit. Cette autobiographie est centrée essentiellement sur le parcours et la carrière scientifiques d’André Lwoff, cinquante ans passés à faire avancer la biologie et les sciences de la vie. Il permet parallèlement de retracer l’histoire d’institutions scientifiques majeures comme l’Institut Pasteur ou la station de zoologie marine de Roscoff. On n’y retrouvera en revanche pas ou peu d’allusions aux engagements privés de l’auteur, lui qui participa à la Résistance et fut un opposant déclaré à la peine de mort.

Plusieurs ouvrages d’André Lwoff sont disponibles dans les BU de Poitiers. On pourra aussi pour en savoir plus sur sa pensée se référer à l’ouvrage Une nouvelle connaissance du vivant : François Jacob, André Lwoff et Jacques Monod, paru aux Éditions Rue d’Ulm en 2012.

La quatrième et dernière « histoire de vie » présentée ici sera pour le moins plus inattendue, puisqu’il s’agit de l’histoire d’un éléphant. Capturés au Sri Lanka encore éléphanteaux en 1785, Hans et Parkie furent offerts au stathouder des Pays-Bas, Guillaume V, avant d’être confisqués par les armées révolutionnaires en 1798. Les deux éléphants furent installés à la ménagerie du Jardin des Plantes où ils attirèrent leur vie durant une foule de curieux. Disséqués à leur mort par Cuvier lui-même, ils apporteront de nombreuses informations scientifiques. Hans fut naturalisé et est aujourd’hui conservé au Muséum d’Histoire naturelle de Bourges. Ancien responsable des collections de ce musée, Philippe Candegabe a voulu retracer l’incroyable histoire de Hans, et avec elle l’histoire des musées français, de la constitution des collections d’histoire naturelle, de la classification des espèces… Un regard décalé et intéressant sur la diffusion et la constitution de la culture scientifique au XIXe siècle.

Vous pouvez écouter Philippe Candegabe parler de ses recherches pour l’écriture de cet ouvrage dans la petite vidéo ou visionner le petit film d’animation réalisé pour le Muséum de Bourges par Carolie Attia et retraçant le voyage de Hans et Parkie :

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