Objets anatomiques : une leçon d’histoire du 19e siècle à l’actuel

Le « petit écorché ».- Modèle humain, papier mâché, 1897 (Université de Poitiers, CVCU, UP-BIO-9)

Fruit d’une collaboration entre le Centre de valorisation des collections scientifiques (CVCU) et le SCD de l’Université de Poitiers (BU Médecine-Pharmacie et Service du Livre ancien), l’exposition Objets anatomiques : une leçon d’histoire du 19e siècle à l’actuel, qui a lieu du 14 janvier au 28 février 2019, présente à la BU Médecine-Pharmacie une vingtaine de pièces conservées par ces trois services. Elle permet de découvrir l’évolution, pendant plus de 150 ans, de l’enseignement de l’anatomie en médecine à Poitiers.

Objets fabriqués et spécimens permettaient de former des « naturalistes » du corps humain, qui devaient être capables d’élaborer un jugement critique en observant, décrivant et comparant. Les objets, faits pour certains en papier mâché, pour d’autres en cire, étaient non seulement des supports de l’apprentissage pour les étudiants en médecine, mais aussi les vecteurs de la vulgarisation auprès du plus grand nombre.

Dans le cadre de cette exposition, le Fonds ancien, qui conserve une belle collection d’ouvrages de médecine, ayant appartenu à l’École de médecine de Poitiers, présente deux documents, aux illustrations remarquables.

Atlas der Ophtalmoscopie / Richard Liebreich.- Berlin : A. Hirschwald ; Paris : Germer Baillière, 1863)

Richard Liebreich (1830-1917) étudia en Allemagne, puis compléta sa formation auprès de deux grands médecins à Utrecht et à Berlin. Il travailla ensuite comme médecin-assistant, tout en poursuivant ses recherches. Il s’installa à Paris en 1862, puis partit lors de la guerre de 1870 pour Londres, où il dirigea un service d’ophtalmologie. Il revint ensuite à Paris. Son Atlas d’ophthalmoscopie contient les premières images du fond de l’œil. Dans la préface de la première édition, bilingue, il précise qu’il l’a « réalisé grâce à l’ophtalmoscope inventé en 1851 par Helmholtz […], dont [lui-même] fut le préparateur ». En 1870, parurent deux nouvelles éditions, l’une uniquement en français, et l’autre en anglais. Une autre édition française fut publiée en 1885.

Anatomie chirurgicale homalographique / E. Q. Le Gendre.- Paris : J. B. Baillière et fils ; Londres : H. Baillère ; New York : H. Baillère ; Madrid : Bailly-Baillère, 1858

Eugène-Quintien Le Gendre, né en 1823, fut prosecteur (c’est-à-dire chargé de la préparation des corps avant la dissection) de l’École anatomique des hôpitaux. Les connaissances qu’il acquit dans le cadre de son métier lui permirent de publier cette atlas « homalographique » : cet adjectif est le plus souvent utilisé en géographie (il qualifie alors une projection, à parallèles rectilignes), mais il peut l’être aussi pour l’étude du corps par des plans et des coupes.

Pour la durée des travaux dans le bâtiment A2, où ont été conservés pendant près de 50 ans les livres anciens de médecine, ceux-ci ont été déplacés au Centre d’études supérieures de civilisation médiévale. Ils sont consultables à l’Espace recherche de la BU Michel Foucault, en prenant rendez-vous, de préférence quelques jours à l’avance (FondsAncien@univ-poitiers.fr ou 05 49 45 33 31).

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