Yo-Yo Post Mortem provoque l’addiction, ne commencez pas à la lire !

Le titre de cette chronique pourrait prêter à confusion quant à l’intérêt que l’on doit porter à cet OMNI (Objet Morbide Non Identifié) qu’est Yo-Yo Post Mortem. Qu’on ne s’y trompe pas, il fait simplement écho à l’intitulé de ce premier tom(b)e : Mourir nuit gravement à la santé.

 YO-YO Post Mortem Gilles le Coz

Couverture BD YO-YO Post Mortem ; Tome 1 / LE COZ G. : Ed. Sandawe.com (source : Decitre.fr)

En restituant les termes adéquats, on reconnaitra aisément ces types d’avertissements présents sur des supports appropriés. On comprendra par la suite que le titre de ce premier opus fait référence à la cause du décès du héros principal.

L’auteur de cette BD, Gilles Le Coz, ne triche pas avec nos émotions : dès la première de couverture, on sait à quoi s’attendre : la BD va traiter un sujet funeste de façon humoristique. C’est un défi qu’il va relever avec brio.

YO-YO Post Mortem Le Coz

Planche BD YO-YO Post Mortem ; Tome 1 / LE COZ G. : Ed. Sandawe.com (source : Decitre.fr)

Le décor est planté dès les premières cases. Le héros, Jean-Paul Gratin, est mort !

Mais son âme, elle, n’est pas prête à se reposer en paix. Puisqu’à peine enterré, un squelettique personnage toque à sa tombe : un certain Mister James Bône.

Ce dernier ayant pour rôle de faire traverser le Styx aux âmes, GRATIN est son dernier client. On suit ainsi l’expédition de ce duo atypique qui alimente certaines situations burlesques avec une légèreté telle, qu’elle annihile le côté dramatique du récit.

Gilles Le Coz maitrise parfaitement son histoire. Et par le dessin en noir, blanc et gris tout comme par le contenu qui nous embarque dans un périple qui fait presque oublier que nous ne sommes plus dans le monde des mortels… Parfois il nous propose de « remonter à la surface » en utilisant judicieusement comme connecteur entre les deux mondes, une voyante. Le titre de cette série prend ainsi tout son sens, Yo-Yo Post Mortem, traduisant ces différentes tentatives de communication entre les vivants et les défunts.

Paradoxalement, l’ambiance à la surface est tellement triste et oppressante qu’on se surprend à vouloir vite retourner six pieds sous terre… Car en bas, l’humour est omniprésent et les jeux de mots sont certes, abondants, mais tellement bien tournés.

Cette œuvre singulière n’aurait peut-être pas vu le jour sans l’aide de ce nouveau et intéressant concept appelé crowdfunding. Grâce à un financement participatif ou seul le lecteur, baptisé « édinaute » aura le contrôle pour matérialiser sur papier un pitch créé par l’auteur. Le procédé est très motivant pour l’investisseur tout comme le créateur puisqu’il s’installe un lien particulier entre eux : le désir commun de voir la BD éditée.

C’est avec le site référence dans la catégorie BD, Sandawe.com (prononcez Sandawé) que G. Le Coz trouvera les subventions nécessaires. Le succès étant au rendez-vous (les édinautes pourront profiter de dessins supplémentaires en saisissant le code disponible à la fin de la BD ou errant dans ce billet), il est tout juste possible d’investir à l’élaboration du second tome : Mourir n’a jamais tué personne.

En lisant cette sympathique BD, on arriverait même à dissiper des doutes, notamment quant au devenir de notre enveloppe charnelle, le dicton de Mister Bône étant :

« Incinéré sera ta dernière cuite, alors qu’enterré, toujours un p’tit ver dans l’nez ! »

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