HPV: un vaccin à sortir de l’ombre

20110218Dans un monde où les cancers font de plus en plus peur, il est étonnant que certaines informations ne soient pas plus largement médiatisées. Chers lecteurs, un moyen simple, efficace et sans danger existe pour vous protéger vous et votre entourage de certains cancers: la vaccination! On en avait déjà parlé lors d’un article qui abordait le vaccin contre l’hépatite B; aujourd’hui j’aimerais introduire le vaccin Gardasil qui vous protège de certains HPV et donc, indirectement, des cancers que ce virus peut engendrer.

HPV, c’est quoi?

HPV désigne différentes formes de papillomavirus humain; ces virus se transmettent par contact sexuel, infectent les régions génitales, mais aussi la bouche et la gorge. Il en existe une quarantaine, la plupart sans effets sur l’homme, mais quelques uns (HPV6 et 11) peuvent provoquer des verrues sur les parties génitales tandis que d’autres (HPV16 et 18) peuvent induire des cancers du col utérin et quelques autres. Généralement le HPV se guérit seul sans provoquer de problème de santé apparent de sorte que la plupart des gens qui sont infectés par le HPV ne le savent pas. Ce virus est tellement courant que toute personne ayant une activité sexuelle (même avec un seul partenaire) est quasi sûre de l’attraper au moins une fois au cours de sa vie.

HPV, quels sont les risques? 1

On estime que HPV16 et 18 sont responsables de 70% des cancers du col utérin. Sachant que le cancer du col utérin est le deuxième cancer le plus répandu chez la femme dans le monde et le 5e en terme de mortalité, on se rend compte du problème sanitaire que cela représente. Ce virus peut aussi engendrer des cas de cancer de l’anus, du vagin, du pénis, les chercheurs estiment qu’il contribue majoritairement à une forme de cancer de la tête et du cou.

Il faut noter que le cancer du col utérin tue environ 200000 femmes par an mais essentiellement dans les pays sous développés. Dans les pays développés, le dépistage (par frottis) est efficace et le cancer peut être prévenu ou soigné s’il est rapidement détecté (cela implique parfois l’ablation de l’utérus). Si le HPV concerne souvent la gente féminine, il n’épargne pas les hommes. Notons aussi qu’il n’existe pas encore de test homologué pour détecter le virus chez les hommes.

Aussi impressionnantes soient ces données, le risque d’avoir un tel cancer dans les pays développés reste faible. Dans 90% des cas, le virus disparaît au bout de deux ans. Mais comme il est extrêmement courant, les malchanceux se comptent tout de même par milliers en France.

Est-ce sûr et utile de se faire vacciner?

Question sûreté, il n’est plus vraiment permis de douter aujourd’hui 2: le vaccin est sûr. Une large étude 3 qui a suivi un peu moins de 200000 femmes (et 350000 injections de vaccins) ne constate aucun effet autre que ceux rencontrés habituellement lors d’une vaccination (douleurs musculaires, démangeaisons, fièvres, évanouissements…seringue oblige). Cette étude ne fait que confirmer des résultats obtenus précédemment et tout cela est renforcé par une analyse récente du CDC (l’agence sanitaire américaine) des données de pharmacovigilance depuis l’introduction du vaccin aux USA.

Si le vaccin est sûr, est-il pour autant efficace? Je n’ai trouvé malheureusement que des données relatives aux USA où le vaccin est beaucoup plus connu qu’en France. Dans un article publié toujours par le même CDC, les auteurs constatent que malgré une couverture vaccinale très faible (à hauteur de 30% parmi les adolescents), l’incidence du virus a chuté de moitié aux USA. Ils estiment que l’efficacité du vaccin est extrêmement importante (plus de 80% de protection après une simple dose, 3 doses sont recommandées) et il serait étonnant de ne pas voir les bénéfices en termes de cancers dans les années qui viennent. Enfin, le vaccin est préconisé pour les pré-adolescents car l’efficacité est plus importante quand la personne n’a jamais été infectée par le HPV 4. La seule inconnue aujourd’hui à propos de ce vaccin est la durée de la protection après les 3 premières doses.

Enfin, le vrai scandale autour de ce vaccin est son prix bien trop élevé (130€ environ) et seulement remboursé à hauteur de 65% par la sécurité sociale. 3 doses sont préconisées rendant l’accès à ce vaccin difficile pour les familles modestes, ce qui, au vu des effets bénéfiques pour la santé, est tout simplement honteux. Signalons tout de même que des efforts sont faits pour permettre l’accès au plus large nombre dans les pays du tiers monde (quelques euros pour une dose).

Que disent nos amis anti-vaccins?20110227

On pourrait faire tout un article à ce sujet tellement les arguments contre ce vaccin sont nombreux. D’abord, vous trouverez une valse de chiffres plus ahurissants les uns que les autres dénombrant les victimes du vaccin. Toutes les données présentées par ces sites anti-vaccins sont extraites du système de pharmacovigilance aux USA (que nous avons signalé plus haut) et appelé VAERS. Les anti-vaccins se servent régulièrement de cette base de données en espérant que le lecteur non averti confondra corrélation et causalité. Si je bois un verre d’eau le matin et que je meurs d’un arrêt cardiaque dans l’heure qui suit, il ne viendra à personne l’idée d’accuser l’eau… Autrement dit, il faut manipuler avec la plus grande vigilance les données issues de VAERS d’où l’analyse du CDC listée plus haut 5 et qui n’arrive pas du tout aux même conclusions.

Une autre rumeur, plutôt récente, fait témoigner une des personnes qui a participé aux essais cliniques du Gardasil. Ce docteur aurait « avoué » que le vaccin ne marche pas pour enfin « pouvoir dormir sereinement ». Cet article est déjà trop long pour que j’explique la manipulation derrière cette histoire, les anglophones s’amuseront fortement en lisant les détails de cette rumeur sur skeptical raptor.

Revenons à nos anti-vaccins bien frenchies cette fois, en abordant le problème des adjuvants. Le vaccin Gardasil contient en effet des sels d’aluminium fortement décriés par une petite équipe de scientifiques français ainsi que de nombreuses associations. J’avais déjà signalé un rapport de l’académie de médecine qui démonte en pièce cette inquiétude qui, scientifiquement, n’a pas lieu d’être. Le lobbyisme de ces groupes est tellement important que le HCSP (Haut Conseil de la Santé Publique) s’est lui aussi plongé sur ce problème en confortant les conclusions de ce rapport le mois dernier. Combien d’autres rapports faudra-t-il pour évincer ces inquiétudes qui finissent par coûter des vies?

Dernier argument récurrent: « des chercheurs ont montré que » le vaccin est à éviter. Il est en effet toujours facile de trouver un ou deux articles publiés dans la littérature (généralement par un petit groupe de chercheurs eux-mêmes anti-vaccins) pour donner une apparence de rigueur scientifique oubliant la vaste littérature qui va à l’encontre de ces croyances. Un article du genre est même cité dans le wikipedia français alors qu’il a été largement réfuté par une analyse du CDC.

Quand se faire vacciner?

Le virus se transmettant par voie sexuelle, il est préconisé aux USA une vaccination aussi bien des filles que des garçons à la pré-adolescence; elle se limite aux filles en France pour le moment en espérant que cela change rapidement. Cette recommandation a soulevé des craintes des bigots américains comparant ce vaccin à une incitation à la débauche sexuelle. Rien de tel (malheureusement?), des études de grandes envergures montrent impitoyablement que le vaccin HPV ne vous permettra en rien d’avoir une activité sexuelle différente de celle de tout adolescent.

Conclusion: faites vacciner vos enfants!

Je ne peux finir un article sur la vaccination sans vous rappeler l’essentiel: la vaccination n’est pas seulement un choix personnel, c’est avant tout un problème collectif (cf. le concept de herd immunity). En choisissant de vous vacciner ou de faire vacciner vos enfants, vous contribuez à protéger ceux qui ne le sont pas encore ou qui ne le peuvent pas. Pensez-y!

sham (FacebookTwitterGoogle+)

PS: Cet article est posté alors que je suis en voyage. N’ayant pas un accès régulier à internet, certains commentaires pourraient mettre un peu de temps à être validés. Mes excuses d’avances.

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Notes:

  1. Les données non sourcées proviennent de l’article wikipedia anglais sur le HPV.
  2. Les plus curieux noteront d’ailleurs les différences entre les pages wikipedia anglais et français concernant le vaccin Gardasil.
  3. Une interview du principal auteur est aussi donnée dans science news.
  4. Si l’efficacité du vaccin est grande, l’utilité et l’importance des dépistages pour le cancer du col utérin ne sont bien sûr pas remises en cause.
  5. Les anglophones pourront aussi lire cet article qui expose simplement comment on peut manipuler VAERS.

20 réflexions au sujet de « HPV: un vaccin à sortir de l’ombre »

  1. factsory

    Apparemment l’intérêt de ce vaccin est somme toute assez limitée. Il ne se focalise que sur certaines souches. Si ce vaccin marche ces souches auront tendance à disparaître… au profit d’autres souches, non visées par le vaccin.

    De plus vu le temps avant que ne se développe un cancer, il n’est pas possible de dire si oui ou non ces vaccins protègent d’un cancer ou non.

    Les stats venant des USA disent, pour le cancer du col utérin : « Based on rates from 2008-2010, 0.66% of women born today will be diagnosed with cancer of the cervix uteri at some time during their lifetime. » http://seer.cancer.gov/statfacts/html/cervix.html
    Selon ces mêmes statistiques, lorsqu’il est pris à un stade précoce, le taux de survie à 5 ans est supérieur à 90%.

    À supposer que le vaccin soit efficace contre le cancer du col de l’utérus et à supposer que les souches de virus non visées par le vaccin ne prennent pas la place laissée libre, il faudrait vacciner toutes les femmes pour éviter un cancer à moins de 0,5% (0,0066 * 0,7) d’entre elles ? Et pour éviter que moins de 0,05% n’en meurent ? N’y a-t-il pas une façon plus efficace d’utiliser l’argent dépensé dans une campagne de vaccination de masse ?

    Voici ce qu’en dit Martin Winckler : http://martinwinckler.com/spip.php?article908&var_recherche=gardasil
    Ou sur le blog pharmacritique : http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2011/08/08/gardasil-efficacite-non-demontree-en-prevention-du-cancer-du.html ou encore http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2008/02/25/gardasil-la-revue-arznei-telegramm-rejette-le-vaccin-pour-ef.html

  2. sham Auteur de l’article

    les 4 souches visées par ce vaccin sont les plus problématiques et les plus dangereuses. je ne vois pas trop où est le problème de voir d’autres souches se développer d’avantage. de plus, j’ai bien précisé que le risque est faible, mais qu’en termes de vies humaines cela n’est pas négligeable. Dans une société qui cherche le risque 0 (ce qui est impossible), quand on a la possibilité de diminuer efficacement certains problèmes de santé, il ne faut pas hésiter à mon humble avis. De plus, on ne parle pas seulement du cancer du col utérin, mais d’autres formes de cancer que je précise et de verrues vraiment désagréables. Enfin, soigner un cancer n’est jamais anodin. Je n’ai pas le temps de lire vos liens mais j’ai bien peur de ne pas en partager les conclusions.

  3. factsory

    Il ne faut pas raisonner à périmètre constant, à moins de supposer que le vaccin soit inefficace, ce qui n’est pas votre cas.

    Admettons donc que le vaccin fonctionne : les souches 16 et 18 disparaissent ou deviennent rarissimes. Que se passe-t-il quand une « niche écologique » se libère ? On laisse de la place pour les autres. En l’espèce d’autant plus facilement que les papillomavirus sont répandus. Des virus plus rares à l’heure actuelle, mais également associés au cancer du col utérin, pourraient alors devenir beaucoup plus présents, puisque la place leur a été libérée.

    Avant d’étendre une solution à une population entière, il est bon de se poser la question des conséquences de cette solution à long terme. En l’occurrence on ne la connaît pas puisqu’on n’a pas encore assez de recul pour arguer d’une baisse potentielle du nombre de cancers.

    « quand on a la possibilité de diminuer efficacement certains problèmes de santé, il ne faut pas hésiter à mon humble avis »
    C’est évidemment très humble de votre part, et habile. Puisque de fait je suis du mauvais côté, de celui qui ne veut pas diminuer certains problèmes de santé (technique de l’homme de paille, n’est-ce pas ?).

    Pour prendre un exemple caricatural, s’il coûte 1 milliard d’euros de sauver une vie chaque année, on n’aura probablement pas recours à cette solution-là. À l’inverse si sauver 10 000 vies coûte 1 million d’euros, il n’y aura probablement pas d’hésitation à avoir. Cela montre bien, même si c’est un peu morbide, qu’il y a un arbitrage entre le nombre de personnes sauvées ou en meilleure santé et le coût que cela représente.

    J’ai l’impression que pour un même coût, il existe de nombreux domaines où on pourrait investir cet argent pour améliorer la santé de plus de personnes, plutôt qu’en vaccinant (à terme) toute la population féminine contre le papillomavirus. Par exemple on parle beaucoup d’obésité, de diabète, de problèmes cardio-vasculaires, comme problèmes de santé publique. Aider les gens à sortir de la dépendance au tabac, etc.

    P.S. : Il est tout à fait compréhensible que vous n’ayez pas le temps de lire les liens que je donne (et honnête de le reconnaître), en revanche il est dommage d’avoir un avis préconçu sur les infos qu’ils contiennent.

  4. sham Auteur de l’article

    1) ne pourrait-on pas faire votre raisonnement sur n’importe quel vaccin protégeant d’un virus? laissant ainsi la place à éventuellement un virus encore plus dangereux? ou éventuellement une mutation qui le rendrait plus dangereux encore? c’est le cas pour la grippe mais justement, le virus de la grippe mute très facilement et rapidement.
    de plus, je n’ai pas compris la même chose que vous. l’oms dit: « au moins 13 sont susceptibles de provoquer un cancer du col ou sont associés à d’autres cancers ano-génitaux et oropharyngiens. Les HPV de type 16 et 18 sont à l’origine de près de 70% de tous les cas de cancer du col invasif dans le monde, le type 16 ayant le potentiel oncogène le plus important. » donc si 16 et 18 disparaissent, il n’y a aucune raison pour que les autres voient leur potentiel oncogène soudainement augmenter. http://www.who.int/wer/2009/wer8415.pdf
    et si tant est que le problème se pose un jour, au rythme où le vaccin se généralise, cela prendra pas mal de temps. d’ici là, nous aurons peut-être des vaccins qui protégeront encore mieux contre la famille de virus HPV.
    bref, l’argument me semble vraiment étrange et peu crédible. je ne l’ai pas vu mentionner dans un seul rapport (officiel) que j’ai pu lire. je ne l’ai vu que sur le blog de martin winckler (un peu de temps ce soir). son article date de 2008, on a beaucoup de nouvelles publis depuis, j’espère qu’il a changé d’avis…

    2) le vaccin est avant tout un outil de prévention. on entraine son système immunitaire pour se défendre contre une infection future. le frottis est efficace, on peut détecter des cellules précancéreuses et empêcher le cancer d’apparaître mais j’ai cru comprendre aussi que cela était une charge lourde pour la personne qui subit le traitement avec éventuellement perte de fécondité. je préfère largement prévenir que guérir.
    vous avez pê aussi entendu parler de Michael Douglas et son cancer de la gorge…il n’avait pas tort, HPV est effectivement maintenant connecté à ce genre de cancers…une raison de plus de se vacciner pour les amoureux de sexe oral! l’article scientifique est ici: http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21969503

    3) vous répétez qu’on ne sait pas si le vaccin permettra de diminuer les cancers, mais le vaccin protége contre les souches qui sont fortement cancérigènes, et on a pu mettre en évidence une diminution des liaisons précancéreuse. ce n’est qu’une question de temps avant qu’on puisse observer une diminution des cancers (le vaccin étant trop récent pour le voir).
    http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17494925
    http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17544766

    4) le rapport coût bénéfice est bien plus intéressant dans les pays sous développés surtout que le vaccin est disponible maintenant pour quelques dollars.

    ok pour vos remarques et critiques, vous avez raison de me rappeler à l’ordre gentiment 🙂

  5. Ping : HPV: un vaccin à sortir de l’ombre...

  6. factsory

    1) Non ça ne marche pas avec n’importe quel virus. Là il se trouve que quasi tout le monde est infecté, à un moment donné, par un (ou plusieurs ?) HPV. Ce n’est pas le cas pour la grippe.
    Les HPV 16 et 18 ne sont pas les seuls à être associés à de « forts » risques de cancer : https://en.wikipedia.org/wiki/Human_papillomavirus#Signs_and_symptoms
    En l’état actuel le HPV 16 est le plus courant, si on l’élimine, il y a suffisamment de pression pour que d’autres virus le remplace et si c’est un virus à fort potentiel oncogène… on a vacciné tout le monde pour rien.
    L’argument est aussi utilisé ici http://docteurdu16.blogspot.fr/2011/10/gardasil-des-precisions-supplementaires.html : « Cette augmentation de lésions précancéreuses dues à d’autres souches que celles contenues dans le vaccin s’appelle PHENOMENE DE SUBSTITUTION. On peut le définir en disant que, lorsque plusieurs germes de la même famille sont en cause dans une infection ou à une maladie, si on introduit un vaccin qui ne combat que quelques uns de ces germes, ceux qui ne sont pas inclus dans le vaccin vont avoir tendance à occuper la place laissée libre par les germes vaccinaux. Le vaccin se comporte comme un agent extérieur qui exerce une pression de sélection. »

    C’est pour ça que je critique le manque de recul. En réalisant une pression de sélection sur une partie de la population de HPV, il faut s’attendre à ce que la population de HPV soit du coup différente. Je ne vois rien de délirant en disant cela !

    2) Le dépistage par frottis ne disparaîtra pas pour autant : même selon les laboratoires le vaccin ne permet pas d’éliminer tous les cancers du col utérin. D’ailleurs un moyen efficace de faire baisser la mortalité (tout de suite et pas dans 20 ans, si on a de la chance) c’est d’organiser des dépistages systématiques, comme en Finlande, où la mortalité a baissé de 80% : http://www.cancer.fi/syoparekisteri/en/mass-screening-registry/cervical_cancer_screening/

    Concernant les cancers de la gorge, et la publi mentionnée (je n’ai lu que le résumé). Mais connait-on le taux d’infection par HPV dans les années 1980 ? A-t-il augmenté depuis ? Les souches de virus ont pu évoluer depuis les années 1980. Or ils analysent les séquences d’ADN (PCR et génotypage). Cherchent-ils les mêmes séquences dans les souches des années 80 et des années actuelles ? Une conséquence de leur analyse, c’est qu’il y a plus de sexe oral maintenant que dans les années 70–80 ?
    Et enfin :
    « If recent incidence trends continue, the annual number of HPV-positive oropharyngeal cancers is expected to surpass the annual number of cervical cancers by the year 2020. »
    Et puis quitte à prolonger les tendances de manière absurde, on pourrait aussi dire qu’en 2200 tout le monde aura un cancer oro-pharyngé, non ?

    Et puis restons sur le sujet de départ, on parlait cancer du col utérin, non ? (et c’est pour ça qu’il y a eu des campagnes de vaccination, non ?)

    3) Déjà répondu en partie.
    « could substantially reduce the incidence of HPV16/18-related cervical precancers and cervical cancer »
    Tout le problème est dans HPV16/18-related, comme expliqué plus haut.

    4) Ça reste hypothétique (toujours dans le cas où les HPV16/18 ne sont pas remplacées par des souches à fort risques de cancer).

  7. sham Auteur de l’article

    pour les souches, vous semblez avoir raison. c’est noté! mais je persiste sur mon analyse du problème, et apparemment, je ne suis pas le seul à penser comme ça: « Il n’y a pas de données en faveur d’une compétition des virus qui conduirait à un remplacement des souches évitées par d’autres souches. (…) Dans les études cliniques, il n’a pas été observé que la protection contre les types vaccinaux favorise de manière significative l’infection par d’autres types viraux (…) Par ailleurs, les virus HPV n’occupent pas une niche écologique particulière, plusieurs virus pouvant infecter les mêmes cellules [22]. Enfin, chaque type HPV a une propension génétique différente à conduire à des infections persistantes et/ou à induire des modifications cellulaires. Ce comportement intrinsèque ne peut être affecté par la vaccination. » http://www.infovac.ch/doc.php?Item=1&id=523

    le dépistage ne disparaitra pas, nous sommes d’accord là dessus. le dépistage est efficace nous sommes aussi d’accord, mais la prévention c’est encore mieux et sans risque! Par contre, je ne parle pas seulement du cancer du col utérin dans mon article mais de tous les cancers liés au HPV.

    2020 n’est pas si éloigné que ça, ça ne me choque pas d’extrapoler sur quelques années.

  8. factsory

    « Dans les études cliniques, il n’a pas été observé que la protection contre les types vaccinaux favorise de manière significative l’infection par d’autres types viraux »
    Il eût été bon qu’ils fournissent des réfs…

    « Par ailleurs, les virus HPV n’occupent pas une niche écologique particulière, plusieurs virus pouvant infecter les mêmes cellules [22]. »
    Au niveau de la cellule on ne sait pas, c’est de manière globale, au niveau d’un individu, que les choses sont regardées.

    Mais je ne suis pas le seul à me poser ce genre de questions (c’est rassurant !). Un article tout frais (auquel je n’ai pas accès) dit dans son résumé « According to basic ecological principles, if competition exists between ≥2 different HPV types for niche occupation during natural infection, elimination of 1 type may lead to an increase in other type(s). » (/!\ il ne s’agit pas de leur conclusion, mais d’une prémisse) http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23660798

    Si effectivement il semble y avoir des corrélations entre le fait d’être infecté par plusieurs souches en même temps (http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3242748/), il n’y a pas de cause réelle donnée à ces corrélations. Cela pourrait être dû à une « collaboration » entre différentes souches (je ne sais pas si cela existe chez les virus…), ou alors à un milieu (l’hôte) qui offre un environnement plus favorable à certaines souches qu’à d’autres. Selon l’hypothèse que l’on fait, cela n’a pas les mêmes conséquences sur l’efficacité de la vaccination…

    Par exemple au Vietnam, le HPV16 est trouvé dans plus de la moitié des cas avec un autre virus à haut risque (http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3731010/). Si le HPV16 n’était pas là, les autres virus seraient-ils là ? Si oui, la vaccination serait nulle pour ces cas-là.

    Des gens se sont intéressés à la modélisation de la coinfection et de la conséquence d’une vaccination sur l’émergence ou la disparition des autre souches (http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23246257). La conclusion est « on ne sait pas ». Ça dépend des hypothèses formulées et nécessite plus de données réelles sur les coinfections… Bref on se précipite sans savoir où on va.

    Pour les autres cancers, au temps pour moi, c’est moi qui me suis focalisé sur le col utérin (cela dit mes messages sont suffisamment longs pour que j’évite d’en rajouter ;)). L’association entre cancer oro-pharyngé et HPV semble ténue (http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2813%2960809-0/abstract). Et ce sont surtout le tabac et l’alcool qui sont responsables de ces cancers. Il n’y a pas de vaccin contre ça.

    Enfin, d’un point de vue plus « théorique », je reste sceptique quant à l’intérêt de traiter toute une population pour éviter un cancer (ou autre maladie grave) à une très petite proportion. En suivant ce principe-là, on serait bons pour se faire vacciner contre des milliers de choses (c’est théorique puisque les vaccins n’existent pas nécessairement).

  9. sham Auteur de l’article

    ça fait beaucoup de questions et d’hypothèses auxquelles je ne suis pas compétent pour répondre. merci pour les liens en tout cas. je ne partage toujours pas vos conclusions, voilà une étude qui ne se base pas sur des modèles et qui va dans le même sens que le rapport signalé plus haut: http://www.sciencedaily.com/releases/2012/07/120724144540.htm
    l’étude concerne la propagation du HPV sur des non vaccinés et montre que les différents virus HPV ne sont pas en compétitions entre elles. pas de raisons donc qu’une vaccination de masse change quoique ce soit.
    conforté aussi par cette réponse: http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMc091662 5 autres références sont citées: pas de compétitions entre les différents HPV, et l’auteur de la réponse rajoute que les HPV sont très stable génétiquement et mutent très peu. l’auteur rajoute « even if (future) studies show some degree of type replacement, the public health impact is expected to be moderate, given the lower oncogenic risk of the high-risk HPV types not targeted by the vaccines and evidence that vaccination provides some cross-protection against types not targeted by vaccines. »

    je crois que plus le temps passe et plus l’importance de se vaccin et l’impact qu’il peut avoir se précise. encore quelques années et je suis sûr que vous vous rangerez aussi de mon côté 😉

  10. pascale72

    merci Sham pour toutes ces informations. Je me pose toujours des tas de questions pour les nouveaux vaccins et pas très compétente pour me faire mon idée par moi-même. Il y a de quoi lire avec tous ces liens. J’ai un petite fille de 8 ans et je me dis que dans 5 ans lorsqu’elle sera dans la tranche d’âge pour ce vaccin, on devrait avoir le recul et des chiffres à se mettre sous la dent.

  11. factsory

    Pour l’article de ScienceDaily, il cite un article dont j’ai donné la réf plus haut 😉 : là où je disais qu’il n’y avait pas de cause donnée au fait qu’une personne infectée par un virus HPV X était plus souvent infectée également par le HPV Y (ou X et Y sont des nombres bien définis).

    Cette étude rend d’ailleurs d’autant plus étonnante la réponse de J. Kahn « HPV infections appear to be independent of one another ». Peut-être parce que sa réponse date de 2009. Ensuite il semble effectivement qu’aucune compétition significative n’ait été observée sur les souches de HPV étudiées (rarement — si ce n’est jamais — toutes). Cependant la modélisation dont je parlais précédemment trouvait, sous certaines hypothèses, une augmentation de l’incidence des cancers malgré la vaccination (et sans faire l’hypothèse d’une compétition).

    Concernant mon opinion dans l’avenir, j’ai malheureusement cassé ma boule de cristal et ne peut donc pas spécifiquement répondre sur ce point 😉
    Cela dit concernant la vaccination généralisée contre le cancer du col utérin, vue l’incidence de la maladie et les taux de survie élevés… je ne suis pas sûr de changer rapidement 😀
    Concernant un impact « important » du vaccin, apparemment la baudruche se dégonfle déjà concernant les cancers oropharyngés (cf. le lien du lancet précédemment donné, une étude, parue en juillet 2013, d’ailleurs co-financée par Merck… qui commercialise le vaccin Gardasil)…

    Bon… je pense qu’on a pas mal fait le tour sur la question 🙂

  12. AlainCo

    Sujet connexe, pour information:
    http://www.innovationtoronto.com/2013/09/pain-free-microneedle-influenze-vaccine-effective-long-lasting/

    http://www.innovationtoronto.com/2013/08/malaria-vaccine-shows-early-promise-in-clinical-trials/

    http://www.innovationtoronto.com/2013/07/new-modular-vaccine-design-combines-best-of-existing-vaccine-technologies/

    sinon un viel article a l’époque de la grande peur
    http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/f/fiche-article-des-vaccins-plus-efficaces-23804.php

    informatif.

  13. Bernard

    Eh bien ça y-est, avec l’affaire Marie-Océane Bourguignon il est sorti de l’ombre !

    Le 21 septembre 1998, 10 jours avant la célèbre conférence de presse de Bernard Kouchner où il suspendra la campagne de vaccination hépatite B dans les collèges, il y eut dans les locaux de l’Afssaps (encore à l’époque l’Agence du médicament), une réunion internationale sur la vaccination hépatite B et la sclérose en plaques avec la présence de 47 experts dont le représentant de l’OMS le Dr Mac Kane supervisant la campagne mondiale de vaccination contre l’hépatite B. Les études réalisées ou en cours furent présentées par les auteurs eux-mêmes.

    A la demande de B. Kouchner et de son ministre de tutelle Martine Aubry, les compte-rendus de cette journées ont été publiés sur le site du ministère. On pouvait en particulier y lire ceci, par Abenhaïm et Sturkboom tous les 2 présents à cette réunion.:

    « Il faut cependant noter que d’autres vaccins (que le vaccin hépatite B) sont concernés par l’estimation d’odds-ratios élevés. C’est le cas du vaccin DTPC, du vaccin grippal, du vaccin contre le méningocoque (OR = 4.8 (IC 95 % = [1.2 ; 20])). Ce dernier exemple est le seul pour lequel l’odds-ratio est statistiquement augmenté au seuil de 5 %.
    Cette étude a également permis d’observer que le délai entre le premier symptôme ou signe de démyélinisation et le diagnostic de sclérose en plaques était plus court chez les personnes vaccinées que chez les non vaccinées. Ceci peut être le résultat d’un meilleur suivi des personnes vaccinées, ou la conséquence d’une forme accélérée de la maladie chez les personnes vaccinées. Ces deux hypothèses pourraient expliquer dans un cas comme dans l’autre les odds-ratios observés. »
    Le lien vers ce compte-rendu a été cassé en 2011 au cours de la refonte du site du ministère mais j’ai gardé copie papier du document.

    Plus tard, les publications de décembre 2007 et d’octobre 2008 sur le lien entre la sclérose en plaques (SEP)et la vaccination hépatite B permettent de voir ceci qui n’avait pas été signalé par les auteurs et qui pourrait illustrer l’hypothèse «d’une forme accélérée de la maladie chez les personnes vaccinées »  :

    Chez les vaccinés il y a eu154 ADC (atteinte démyélinisante centrale) dont 80 SEP alors que chez les non vaccinés il y en a eu 195 dont 63 SEP. Les probabilités d’évolution d’une ADC simple en SEP peuvent ainsi être estimées par 80/154=51,95% chez les vaccinés et par 63/195=32,31% chez les non vaccinés. A vue, l’écart parait très important alors que les nombres absolus sont assez élevés, ce qui est favorable à un résultat significatif qui pointerait l’évolution vers la SEP d’un certain nombre d’ADC qui seraient restées simples (et non multiples comme dans la SEP) en l’absence de vaccination. Voilà une observation facile à faire et qui aurait pu au moins alerter (elle le peut toujours!)

    On peut préciser en testant par le test classique de comparaison de 2 lois binomiales* (la pièce de monnaie). Il s’agit ici de la loi binomiale Bin(154 ; p) p étant la probabilité d’évolution d’une ADC en SEP chez les vaccinés et de la loi binomiale Bin(195 ; p’) p’ étant la probabilité d’évolution d’une ADC en SEP chez les non vaccinés. On veut tester l’hypothèse p=p’ avec les valeurs observées 80 et 63. Le test donne 0,01% de chances (une sur 10 000) d’obtenir un écart au moins aussi grand que celui observé, ce qui est plus que très significatif (significatif correspond à 2,5% ; très significatif à 0,5%).

    Mais pour voir cela il faut aller chercher dans 2 publications les différentes valeurs utilisées ici : celle de décembre 2007 et celle du 8 octobre 2008 …

    * Ne vous laissez pas impressionner par le vocabulaire, le problème est celui-ci : on obtient 80 piles en lançant 154 fois une pièce de 1 euro contre 63 piles avec 195 jets d’une pièce de 2 euros. Peut-on considérer que les 2 pièces ont la même probabilité de tomber sur pile ? C’est très classique.
    Plus de détails sur [1] http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2011/03/18/20609338.html 

  14. Patrizia

    « l’efficacité remarquable de la vaccination contre les HPV 16 et 18 ne se traduit pas par la baisse globale escomptée des lésions précancéreuses (pas d’efficacité globale) »

    Commentaire complet, ici: https://www.facebook.com/pages/La-piq%C3%BBre-de-trop/405713679128 au 21 juin (lisez donc, pour une fois):
    « C’est le grand raout au pays de la vaccination anti-HPV, depuis la parution hier d’une étude de Markowitz et al. dans le Journal of Infectious Diseases. Motif: ladite étude montre une efficacité contre les infections à HPV 16 et 18 (réduction de 50% chez les filles de 14 à 19 ans) – et tout le monde de crier WOW! et d’oublier, une fois de plus, de regarder le reste. A savoir:
    1) que cette même étude montre que la prévalence de l’ensemble des infections à HPV bouge peu chez les 14-19 ans (32.9% avant l’introduction de la vaccination, 26.1% après), ce qui n’est pas bon signe et mériterait un commentaire – qu’on cherche en vain dans l’article, et dans ses abondants relais médias…
    2) que chez les 20-24 ans, la prévalence des infections à HPV (tous confondus) a augmenté depuis l’introduction de la vaccination (passant de 53.8% à 59.8%)
    3) que chez les 20-24 ans, la prévalence des infections à HPV HR ciblés par la vaccination (16 et 18) a augmenté elle aussi (passant de 18.5% à 19.9%)
    Ces 3 résultats vont dans le même sens que ceux qui avaient été observés avec les essais de phase III. A savoir
    1) l’efficacité remarquable de la vaccination contre les HPV 16 et 18 ne se traduit pas par la baisse globale escomptée des lésions précancéreuses (pas d’efficacité globale)
    2) chez les femmes déjà porteuses (souvent plus âgées), la vaccination augmente le risque de développer les lésions.
    Précisons encore que cette étude n’est pas une étude payée par Merck, mais par les pouvoirs publics. Ce qui laisse vraiment songeur sur la compétence et la clairvoyance des investigateurs et des CDC: les autorités de santé estimeraient-elles désormais que tous les moyens sont bons pour doper les taux de vaccinations? »

  15. Julie

    L’étude de Markovitz est disponible ici: http://jid.oxfordjournals.org/content/early/2013/06/18/infdis.jit192.abstract
    En ce qui concerne le point (1) du commentaire: L’ensemble des infections à HPV diminue de 34%. Ce n’est pas « peu », et c’est normal que ce soit moins que la réduction des infections à HPV de type vaccinal (56 %), puisque justement le vaccin ne vise pas toutes les souches. On peut obtenir approximativement (en négligeant le fait qu’une jeune fille puisse avoir des infections à différents HPV) les taux d’infections à HPV non vaccinal en soustrayant les infections à HPV de type vaccinal de l’ensemble des infections à HPV. Pour l’ère prévaccinale, on trouve 21.4% et pour l’ère vaccinale, on trouve 21 %. Bref, rien à signaler de notable.
    Les points (2) et (3) ne sont que des exemples de cherry picking consistant à choisir dans le tableau 1 de l’article des lignes pour lesquelles le « prevalence ratio » est supérieur à 1 et à en tirer des conclusions qui n’ont pas lieu d’être, puisque de toute facon, ces « prevalence ratio » ne sont pas significativement différents de 1. Il est bien spécifié dans l’article qu’en dehors de la tranche 14-19 ans, il n’y a pas de différences statistiquement significatives.
    Les auteurs du commentaire lisent manifestement la littérature de façon biaisée.

  16. Bernard

    Je veux ici me borner à des remarques très générales sur les études dites cas-témoins que les épidémiologistes utilisent avec une dextérité apparente qui pourrait inquiéter. J’ai pris conscience de cela en étudiant de près les études cas-témoins sur les enfants vaccinés hépatite B et la SEP (Tardieu).

    Fondamentalement, comme je le disais dans mon commentaire ci-dessus du 1er décembre, une étude cas-témoins avec n cas et n’ témoins ayant respectivement les probabilités p et p’ d’avoir été vaccinés, consiste à tester l’hypothèse p=p’ en supposant que les nombres de vaccinés chez les cas et les témoins suivent des lois binomiales (type pièce de monnaie). Ce qui revient pratiquement à dire qu’avant de tester si on peut accepter p=p’, il faut d’abord s’assurer que p et p’ existent, autrement dit, que chaque cas à la même probabilité d’avoir été vacciné et de même pour les témoins.

    Si ce n’est pas le cas, et en épidémiologie c’est sans doute très rarement le cas, il faudrait partager les cas en plusieurs parties au sein desquelles cette propriété serait réalisée, de même pour les témoins. C’est ce qui se produit très certainement avec la vaccination hépatite B chez les enfants où les classes d’âge qui étaient en sixième entre septembre 1994 et juin 1998 ont été vaccinées à 75-80% et les autres classes d’âge beaucoup moins. Il aurait donc fallu créer au moins 3 classes parmi les cas : les sixièmes et ceux qui les encadrent, plus âgés ou plus jeunes. Cela n’a pas été fait.

    Il est généralement répondu à cette observation (il me fut répondu par une jeune épidémiologiste travaillant au ministère) qu’on fait un ajustement logistique sur l’âge et que donc … il n’y a pas de problème. Sauf qu’on ne mesure jamais la qualité de cet ajustement ! Il semble que ce terme « ajustement » soit compris par les épidémiologistes comme « on a ajusté au dixième de millimètre » (c’est une image). Ce terme est totalement neutre, l’ajustement peut être très mauvais, il peut donc ne pas  » ajuster ». Quand on fait un ajustement par une droite de régression tout le monde cherche aussitôt le coefficient de corrélation linéaire. S’il est mauvais on est invité à chercher autre chose, un autre modèle de courbe que des droites ou un partage des données.

    Il devrait en aller de même avec un ajustement logistique mais il semble que personne ne cherche jamais à savoir s’il est de bonne qualité. Les investigations très laborieuses que j’ai conduites sur les études Tardieu m’ont permis d’arriver à la quasi certitude que l’ajustement était sans doute très mauvais et qu’il aurait fallu chercher autre chose, le plus vraisemblable étant la partition que je proposais. Je ne peux aller plus loin dans les conclusions car je ne dispose pas des données complètes.

    D’un point de vue plus technique, on ne peut ajouter 2 lois binomiales pour obtenir une loi binomiale que si les probabilités qui définissent ces 2 lois sont égales. Par contre, quand on approxime des binomiales par des lois normales on peut alors les ajouter pour obtenir une loi normale facile à caractériser (si indépendance). C’est cette facilité d’addition qui a permis, par une exponentielle, de transformer les sommes en produits et d’obtenir un test sur le risque relatif qui permet de dire : si je fais ceci alors j’aurai 2 fois plus de risques qu’il m’arrive cela. Tout le monde adore et cette forme à fait la fortune de l’épidémiologie. Mais elle a beaucoup perdu en rigueur.

    Les épidémiologistes auraient tout intérêt, au moins sur leur brouillon, de tester aussi par les lois binomiales en s’efforçant d’avoir des lois à peu près binomiales. Ils verraient peut-être des choses que le test de l’odds ratio dissimule trop facilement. On manipule des formules, qui plus est avec des logiciels, sans savoir ce qu’elle représentent.
    En conclusion, ne nous emballons pas !!!

    http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2011/04/10/20863058.html
    http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2011/04/18/20920819.html

  17. Georget

    Je découvre cette discussion par hasard et les commentaires sont plutôt anciens.
    L’auteur doute du risque de remplacement d’une souche HPV par une autre. C’est pourtant ce qui est observé lorsque les pathogènes présentent plusieurs souches et que le vaccin n’en vise que quelques unes. Quelques exemples :
    1. le vaccin anti-Haemophilus est dirigé contre le sérotype b, qui a certes régressé, mais qui a laissé la place pour l’extension de la souche f tout aussi dangereuse.
    2. Le vaccin Prévenar doit protéger contre les infections à pneumocoques dont il existe 90 souches. Le premier Prévenar contenait 7 souches mais il a fallu le remplacer rapidement par le Prévenar 13 pour contrer le développement de souches non incluses dans le premier vaccin.
    3. Mêmes observations pour les vaccins contre les méningocoques B et C.
    Il y a donc en toute logique le risque que le même phénomène soit observé pour les papillomavirus
    Pour plus de détails vous pourriez vous reporter avec profit aux ouvrages que j’ai publiés sur les vaccinations: « Vaccinations, les vérités indésirables » et  » L’apport des vaccinations à la santé publique, la réalité derrière le mythe ». Vous y découvrirez que le monde de la vaccination n’est pas aussi rose que ce qui transparaît dans votre site.
    Je tiens à préciser pour vous rassurer que je ne suis membre d’aucune secte , je ne suis pas victime de vaccination et je n’ai aucun compte à régler avec la médecine. Je suis seulement animé par la recherche de la vérité scientifique.
    Michel Georget, Professeur honoraire de biologie des classes préparatoires aux grandes écoles.

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