Affaire Séralini et effet Kiss Cool!

Avertissement: Cet article ne traite que de la publication du Professeur Séralini et de son équipe. Il ne cherche en rien à répondre à la question de savoir si les OGMs sont sains ou à analyser les éventuels problèmes économiques sous-jacents.

Dans une tribune publiée dans le journal Le Monde et intitulée « science sans conscience », un certain nombre de scientifiques s’étonnent de la violence des réactions envers l’étude du Professeur Séralini qui prétend montrer des effets délétères du maïs OGM NK603. Ils laissent à penser que cette réaction fut plus ou moins orchestrée par des scientifiques en conflit d’intérêts. J’aimerais ici revenir sur cette étude et expliquer pourquoi on peut être choqué sans être forcément lié aux multinationales agroalimentaires.

Je devrais même parler d’ondes de choc, un peu comme un quintuple effet Kiss Cool, pour ceux qui s’en souviennent. Premier choc, celui des images et des mots, les OGMs sont des poisons! Deuxième choc de la part d’un certain nombre d’observateurs: des millions d’animaux mangent des OGMs tous les jours et rien d’étrange n’a été signalé pour le moment 1. Troisième choc des experts: et toutes les études qui montrent que les OGMs sont sains, et les évaluations des agences sanitaires? Quatrième choc des scientifiques curieux, à la lecture de l’article: l’incompréhension, cette étude ne semble pas montrer ce qu’elle prétend montrer! Et enfin un cinquième choc des journalistes scientifiques quand le coup médiatique fut mis à jour, même à l’étranger.

Nous analysons ici le choc provenant de la lecture de l’article de Séralini.

Le protocole

Commençons par décrire l’étude. Le protocole était le suivant: prenez 200 rats de type « Sprague Dawley », 100 mâles et 100 femelles. Faites 10 groupes de 10 rats parmi les mâles et les femelles et nourrissez-les de la sorte pendant 2 ans:

1 groupe    Contrôle  (pas d’OGM)                                    (noté groupe 1)
3 groupes  OGM       (avec 3 dosages différents)           (noté groupes 2,3,4)
3 groupes  OGM+R  (avec 3 dosages différents)           (noté groupes 5,6,7)
3 groupes  R.eau      (avec 3 dosages différents)           (noté groupes 7,8,9)

OGM est un raccourci pour maïs NK603 et R un raccourci pour Roundup. OGM+R signifie OGM cultivé avec du Roundup pulvérisé sur les champs, et R.eau signifie Roundup dans l’eau des rats.

Explication du protocole

Si le protocole semble compliqué, c’est principalement parce que les auteurs cherchent à tester de nombreux paramètres. En comparant le groupe contrôle 1 et 2/3/4 (OGM), on pourrait mettre en évidence une toxicité du maïs OGM, en comparant 1 avec 5/6/7 (OGM+R) on pourrait mettre en évidence une toxicité du maïs OGM+Roundup combinés, en comparant 1 avec 8/9/10 (R.eau) on pourrait mettre en évidence une toxicité du Roundup présent dans l’eau des rats. Comparer 2/3/4 (OGM) et 5/6/7 (OGM+R) pourrait mettre en évidence un problème quand on associe Roundup et OGM. Séparer les mâles et femelles peut permettre de voir s’il existe des différences liées au sexe. Enfin, les 3 dosages différents peuvent permettre de montrer un effet dose 2.

Résultats obtenus au bout de deux ans

Au bout de deux ans, voici les résultats obtenus en comptant les morts dans chaque groupe (les rats meurent soit de mort spontanée soit euthanasiés par l’équipe selon des critères pré spécifiés).

Que conclure? Honnêtement, à l’instinct, je pourrais noter que les OGM et le Roundup semblent affecter un peu plus les femelles, chez les mâles pas vraiment. Que nous dit Séralini?

Le point de vue biaisé de Séralini

Dans l’article de Séralini et al., on peut lire des observations de ce genre: « 30% des mâles du groupe contrôle et 20% des femelles du groupe contrôle meurent spontanément, tandis que dans certains groupes se nourrissant d’OGM, on constate des mortalités allant de 50 à 70%. » Ou encore, « 5 fois plus de morts, c’est la différence maximale observée au 17e mois entre le groupe contrôle et le groupe 2M, 6 fois plus de morts c’est celle observée au 21e mois chez les femelles entre le groupe contrôle et les groupes 3F/6F ». Ceci n’est pas observable sur le graphe que je vous ai fourni (pour permettre une compréhension simplifiée) car le temps n’y figure pas mais ces données figurent dans l’article original.

Rien ne vous choque? Vous n’avez pas l’impression que Séralini choisit précisément les données qui l’arrangent pour conforter ses conclusions? Pourquoi ne parle-t-il pas du fait que le groupe contrôle mâle développe 3 fois plus de tumeurs que les groupes consommant le plus d’OGM et de Roundup (4M/10M)? Pourquoi 17e mois? 21e mois? Parce que les écarts sont impressionnants? Ce n’est malheureusement pas ainsi qu’une étude scientifique doit procéder. On ne choisit pas les données qui nous arrangent, on regarde objectivement et on utilise des outils statistiques pour justifier ou non les différences observées.

Taille/Souche/Statistiques/Effet dose

Les critiques les plus récurrentes concernent la taille du groupe contrôle, la souche de rats utilisée, le manque de statistiques justifiant les affirmations relatives aux tumeurs et l’absence d’effet dose. Plus précisément, la taille du groupe contrôle est trop petite, la souche de rats développe naturellement des tumeurs (de 30 à 48% de tumeurs en deux ans, selon le rapport du HCB, Haut Conseil des Biotechnologies) et les différences observées sont peut-être dues au hasard (il faut donc faire des tests statistiques), et enfin, il ne semble pas y avoir de lien entre la dose absorbée et l’effet obtenu.

A ces critiques, l’équipe de Séralini répond: des études existent avec des groupes contrôles plus petits, de plus, l’étude ayant coûté 3 millions d’euros, il n’était pas raisonnable d’augmenter la taille des groupes. Par ailleurs, la souche de rats est celle utilisée dans plus de 90% des cas en toxicologie et Monsanto a utilisé cette même souche. Il n’est pas intelligent de prendre une souche de rats naturellement résistante car on n’observerait plus rien. Des statistiques ne sont pas utiles car, pour des petits chiffres, décrire les phénomènes observés est plus significatif. L’équipe ajoute que des tests statistiques sont faits sur d’autres paramètres et qu’ils sont significatifs. Selon la Séralini team, l’effet dose n’est pas observé car nous avons vraisemblablement affaire à un effet de seuil (l’effet est maximal à très faible dose). Pour finir, la dream team dénonce l’acharnement sur leurs travaux et estiment que c’est parce que leur étude remet en cause des intérêts financiers importants qu’elle est si sévèrement attaquée.

Les demi-vérités de Séralini

I can feel my DNA mutating already

Les quatre problèmes soulevés plus haut sont en fait tous reliés et spécifiques à l’étude de Séralini, notamment le fait que l’expérience dure 2 ans. La souche de rats utilisée n’est pas en soit un problème, effectivement Monsanto et bien d’autres ont utilisé la même souche. Le problème se pose seulement si on étudie les rats pendant une longue durée car il faut alors tenir compte de la forte probabilité qu’ont ces rats de développer des tumeurs. D’où le problème de la taille des échantillons dans l’étude proposée. Prendre des souches naturellement sensibles aux tumeurs n’est donc pas forcément une mauvaise idée, il faut simplement en tenir compte quand on choisit la taille des groupes.

Prendre 50 rats par groupe aurait effectivement coûté extrêmement cher. Mais encore une fois, Séralini sort une demi-vérité, l’équipe aurait très bien pu choisir de travailler avec moins de groupes différents, par exemple seulement avec un groupe témoin et 3 groupes OGM à différents dosages, ce qui aurait pu porter ces groupes à 50 rats par groupe sans dépenser plus d’argent. La défense de Séralini concernant les statistiques est tout simplement ridicule. Le HCB (Haut Conseil des Biotechnologies) a fourni une analyse détaillée et non contestée montrant que les différences observées ne sont pas statistiquement significatives, non seulement pour les tumeurs mais pour les autres données analysées par l’équipe Séralini dans l’article (cf. l’annexe 3 et 4 du rapport).

Quant au problème de la dose qui n’a pas d’influence sur l’effet, je ne suis pas compétent pour répondre. Quand on réfléchit à des composés cancérigènes connus, comme par exemple le tabac ou l’amiante, la relation dose/effet est évidente. Reconnaissons encore une fois que le bon sens peut facilement nous tromper. Néanmoins, toutes les agences sanitaires qui se sont penchées sur les arguments de Séralini à ce propos ont rejeté son hypothèse d’un seuil rapidement atteint.

Pour finir, considérons le « deux poids, deux mesures » soulevé par l’équipe de Séralini. En un mot, car nous reviendrons sur ce problème dans de futurs articles, notons que l’ANSES, la deuxième agence sanitaire en France s’étant penchée sur l’étude, a reconnu les faiblesses statistiques d’autres études sur ce sujet et depuis quelques années déjà. Mais il est indéniable que la fracassante communication de Séralini et sa certitude affichée de détenir la seule vérité explique la levée de boucliers plus que justifiée de nombreux scientifiques en France et encore plus à l’internationale.

Autre critique: aveugle ou non aveugle?

Habituellement pour repérer les tumeurs et notamment leur date d’apparition, les scientifiques doivent travailler à l’aveugle; cela veut dire que le chercheur testant la présence d’une tumeur sur un rat ne doit pas savoir de quel groupe ce rat provient. Il pourrait être inconsciemment influencé par l’origine du rat suivant ses convictions. Ceci n’est pas juste « du chipotage », des scientifiques se sont cassés plus que les dents en oubliant de suivre cette règle 3. Or dans l’étude originale, il n’est jamais précisé que les tumeurs sont repérées à l’aveugle. Cela a renforcé cette première impression de méfiance quant aux travaux de Séralini et al. contribuant au double effet Kiss Cool…Pour être juste, notons que Séralini a par la suite affirmé que les tumeurs étaient bien détectées à l’aveugle.

Rétention des données brutes

Dans l’article, les auteurs notent: « Toutes les données ne peuvent être montrées dans une seule publication, seules les plus intéressantes sont proposées ici ». Autre effet Kiss Cool… Cette remarque est en effet assez surprenante car il existe dans les revues un champ dédié qui est réservé aux données supplémentaires, sous format électronique. La raison ici est principalement politique puisque Séralini se refuse toujours de communiquer sur ses données brutes. Il prétend désormais qu’il ne communiquera ses données que lorsque les agences européennes donneront une transparence absolue des données qu’elles analysent pour évaluer les OGMs. La fin justifie les moyens pour Séralini, c’est une attitude de militant qui peut choquer des scientifiques. Je peux comprendre que certains trouvent cette attitude héroïque mais je ne partage pas cet avis. Par contre, il est évident qu’il faut plus de transparences, dans tous les domaines d’ailleurs, pas seulement avec les OGMs.

Feynman ne croyait pas si bien dire! 

you've been at the lab

Pour conclure, je ne peux ici m’empêcher de rapporter un discours de Feynman 4 prononcé en 1974, un des plus grands scientifiques du 20e siècle. Dans ce discours, en tentant de définir ce qui caractérise la science et en quoi elle se différencie de la pseudo-science, voilà ce que nous dit Feynman: « C’est une sorte d’intégrité scientifique, un principe de pensée scientifique qui correspond à un genre d’honnêteté complète – une façon d’aller plus loin que le strict nécessaire. Par exemple, si vous faites une expérience, vous devriez rapporter tout ce qui peut la rendre invalide — pas seulement ce que vous pensez être juste à ce sujet: autres causes qui pourraient expliquer vos résultats peut-être; et les choses que vous pensez avoir éliminées par quelqu’autre expérience (…) En résumé, l’idée consiste à donner tous les renseignements pour aider les autres à juger de la valeur de votre contribution; pas seulement les renseignements qui mènent à un jugement dans une direction particulière ou une autre.« 

C’est une belle leçon que Feynman nous donne ici. Le professeur Séralini, peut-être victime de son enthousiasme, a oublié cette idée simple. La science n’est pas un outil de propagande, c’est une école de l’humilité au service des lois de la nature.

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Notes:

  1. S’il faut toujours se méfier des arguments de bon sens, il ne faut pas non plus les rejeter sans considération.
  2. En toxicologie, on s’attend généralement  à ce que l’effet augmente avec la dose. Si vous fumez plus, vous avez plus de chances d’avoir un cancer du poumon. Néanmoins, depuis quelques années, on sait que certains composés ne suivent pas cette loi et ont une influence plus forte à faible dose qu’à haute dose. Ceci est l’exception, non pas la règle. Pour prendre une analogie qui parlera aux physiciens, c’est un peu comme la différence entre la mécanique de Newton et la relativité d’Einstein. Newton est valide dans plus de 99% des cas et les 1% restant sont expliqués par Einstein. Il est à noter aussi que les 3 doses proposées par Séralini et al. pour le R.eau sont trop éloignées pour permettre de montrer cet effet dose. Par contre, les dosages choisis suivent les normes règlementaires pour les groupes OGM et OGM+R.
  3. Voir par exemple l’histoire dramatique de la fausse découverte de la mémoire de l’eau.
  4. La version originale en anglais se trouve ici et la traduction proposée provient de ce site qui cite le livre « Vous voulez rire, M. Feynman » (InterEditions, 1997).

12 réflexions au sujet de « Affaire Séralini et effet Kiss Cool! »

  1. bob

    «Par contre, il est évident qu’il faut plus de transparences, dans les tous les domaines d’ailleurs, pas seulement avec les OGMs.»

    Lors du débat au parlement sur l’étude de Séralini, les responsables des agences d’évaluation des OGM ont clairement dit que les données de Monsanto sont disponibles pour toute personne (en gros) qui en fait la demande (1). Les données ne sont donc pas cachées par l’industrie et les agences européennes. De la même manière, lors de cette séance, il a été démontré qu’une recherche sur des rats coûte entre 1 et 3 millions d’euros… Donc Séralini aurait pu, en choisissant bien son labo, augmenter la taille des groupes de rats sans payer plus. Bref, le manque d’intégrité du Scientifique international de l’année 2011 (2) ne s’arrête pas aux portes de son labo.

    sources:

    (1) http://www.assemblee-nationale.tv/chaines.html?media=3628&synchro=0&dossier=12

    Pour le prix de l’étude il faut écouter Mme Parent Massin, pour l’accès aux données il faut écouter M Mortureux de l’ANSES.

    (2) http://www.agriculture-environnement.fr/a-la-une,6/seralini%E2%80%89-le-prix-de-l-ego,771.html

  2. Airbag75

    « Le problème se pose seulement si on étudie les rats pendant une longue durée car il faut alors tenir compte de la forte probabilité qu’ont ces rats de développer des tumeurs. »

    Dans les médias et sans lire d’articles poussés, ce qui m’avait interpellé, c’était justement cette espèce de rats encline naturellement aux tumeurs ! Et je me souviens m’être dit que rien que cela devait mettre la puce à l’oreille. Et visiblement, tu affirmes que ce n’est pas un argument à lui opposer.

    Quand je lis le passage entre guillemets, je me demande comment distingue-t-on alors une tumeur « naturelle » d’une qui serait due à l’ingestion d’OGM ?!

  3. sham Auteur de l’article

    Salut Airbag! Imagine que 50% des rats développent des tumeurs naturellement (c’est à peu près le pourcentage pour les femelles) au bout de deux ans. Première chose, les tumeurs arrivent tardivement donc si tu travailles sur 3 mois tu ne les vois pas (comme c’est le cas généralement). Si tu travailles plus longtemps, alors se pose le problème de savoir si les tumeurs proviennent de l’effet de l’alimentation. Si l’alimentation est effectivement dangereuse tu vas observer des pourcentages beaucoup plus élevés de tumeurs, 60%, 70%, 80%, etc. tandis que tu auras l’attendu 50% pour ton groupe contrôle. Et plus le nombre de rats dans chaque groupe sera élevé plus tu auras de chances de pouvoir conclure à la nocivité de ton produit, c’est-à-dire moins il y aura de chances que les différences observées soient dues au hasard. en espérant que ça soit plus clair!

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  5. Zdravo

    Le cout de l’étude mériterait que quelqu’un si plonge réellement car le coût de l’étude me parait gros (même en incluant les salaires).

    Faut dire que le prestataire a dû se faire une belle marge. Il faut rappeler à ce titre que le prestataire de St-Malo (C.Ris Pharma) est dirigé par l’ancien doctorant de Séralini (simple coïncidence ? pas vraiment…), en occurrence Pierrick Auvray (http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=191023). Co-auteurs de plus de six papiers ensemble dont déjà des travaux (controversés) sur le RoundUp, on peut dire qu’ils s’apprécient bien.

    En tant que jeune chercheur, ce qui m’a aussi agacé c’est que M. Séralini (et consorts) crie sur tout les toits médiatiques l’existence de « conflits d’intérêts » chez ses détracteurs mais ni lui ni son organisation n’en aurait aucun. L’histoire de la paille et de la poutre ? M. Séralini n’est plus un chercheur (à mes yeux), c’est un militant extrémiste qui n’hésite pas à détourner des fonds publics (et privés) à ses fins idéologiques en se foutant de l’avis de ses pairs.

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  7. Zdravo

    Je ne sais pas pour Séralini, et j’avoue ne pas avoir de temps à fouiner/fouiller… Mais pour Vélot, j’ai passé quelques temps à suivre son évolution de carrière, d’ailleurs ce n’est pas très compliqué à vérifier 😉

    J’ai mis il y a quelques mois un long message sur lui et son parcours (sur le blog Imposteurs) mais il a été retiré (probablement trop acerbe, ou d’éventuel risque pour Anton ?). Je retraçais mois après mois les péripéties de cher Vélot.

    En quelques mots : sa carrière scientifique est plus sur la fin qu’au début, je dirais même qu’elle s’est effondré (mais il s’est reconverti dans la vente de bouquins ?). Il suffit de suivre les comptes-rendus des Conseils Scientifiques de Paris Sud + les évaluations AERES 😉

    Pour revenir à Séralini, il risque des sanctions « universitaires ». Cette procédure est prévue , au niveau académique universitaire, par la Convention internationale de Bologne 1988 dont l’université de Caen est signataire… Alain de Weck devrait en dire davantage à se sujet d’ici quelques temps (cf son blog).

    Mais Séralini n’est pas spécialement bien « aimé » à Caen.

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