Le 8 mars en revue(s) : étudier le féminisme

La Journée Internationale des Droits des Femmes est l’occasion pour nous, cette année, de valoriser un domaine particulier de la recherche : les études féministes.

MLF affiche

MLF affiche – Par Jeanne Menjoulet – CC BY 2.0 – source Flickr

C’est à partir des années 70 en France, parallèlement à l’émergence du Mouvement de libération des femmes, que sont apparus les premiers enseignements universitaires et les premiers groupes de recherche sur le féminisme, notamment à l’Université Paris 7. Le GEF (Groupe d’Études Féministes) est créé en 1975 autour de Françoise Basch et Michelle Perrot à Jussieu. Dans « Du mouvement des femmes aux études féministes », la militante, historienne et sociologue Françoise Picq estime que les études féministes en France sont nées de ce groupe d’études. Comme l’explique Claude Zaidman dans « Institutionnalisation des études féministes » (Cahiers du CEDREF, 1995), il y avait volonté de joindre militantisme et recherches universitaires.

Sexual Politics first edition

Sexual Politics de Kate Millet

Ces chercheuses avaient lu et commenté les ouvrages féministes publiés dans les années 60 : Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir, Sexual Politics de Kate Millet, La femme mystifiée de Betty Friedan…). Elles souhaitaient amener les problématiques des rapports de domination, d’égalité femmes-hommes, d’émancipation dans le champ universitaire.

La recherche féministe s’institutionnalise plus fortement dans les années 1980 avec davantage de financements, la création de postes d’enseignants en Études Féministes (à Toulouse, Rennes, Paris 7…), et le succès déterminant du colloque de Toulouse en 1982, organisé et financé par le CNRS et le ministère des Droits de la femme. On peut lire à ce sujet l’article de Hélène Rouch : « Recherches sur les femmes et recherches féministes : l’Action Thématique Programmée du CNRS » (Cahiers du CEDREF, 2001).

Aujourd’hui, les études féministes ne sont plus des champs de recherche marginaux. De nombreuses formations, en Master surtout, sont proposées dans plusieurs universités françaises (Rennes, Toulouse, Lyon, Paris, Bordeaux…). Ces formations sont listées sur le site du GIS « Institut du Genre ». ll existe également plusieurs centres de recherche et laboratoires qui travaillent sur les problématiques du féminisme ou plus largement du genre : le CEDREF à Paris Diderot, le CEFEG (Centre d’études féminines et d’études de genre) à Paris 8, le Laboratoire d’études de genre et de sexualités du CNRS, etc.

Mais comme l’explique Claude Zaidman dans l’article cité plus haut, les études féministes sont encore caractérisées par une fragilité institutionnelle : elles ne se sont jamais constituées en secteurs de recherche autonome, mais plutôt comme des spécialisations de champs de recherche plus traditionnels comme la sociologie, l’histoire, la psychologie, ou à l’inverse comme des champs d’études pluridisciplinaires.

Les travaux de ces chercheuses et chercheurs sont publiés dans diverses revues, auxquelles vous avez accès en tant que membre de l’Université de Poitiers. En voici une sélection :

  • Revues francophones :

Les Cahiers du CEDREF sur OpenEdition
Clio : Femmes, Genre, Histoire sur OpenEdition
Nouvelles Questions Féministes, sur CAIRN
Genre, sexualité & société, sur OpenEdition
Recherches féministes, sur Érudit (revue québecquoise)
Genre & Histoire, la revue de l’Association Mnémosyne, sur OpenEdition

  • Revues étrangères :

Gender & Society, sur JSTOR (accès jusqu’en 2015)
Feminist Economics, sur Business Source
Violence against women, sur SAGE (accès jusqu’en 2009)
Feminist Theory, sur SAGE (accès jusqu’en 2009)
Feminism & Psychology, sur SAGE (accès aux numéros de 1991 à 2009)
Debate Feminista, sur ScienceDirect
Feminist Formations, sur JSTOR
Feminist Review, sur JSTOR

Pour connaître tous les titres autour des questions de genre et de féminisme auxquels nous vous donnons accès, vous pouvez consulter notre outil de recherche de revues électroniques.

 

 

 

 

 

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