Rire

Le rire du chimpanzé

Le rire du chimpanzé

Peut-on rire de tout ? se demandait Pierre Desproges. Ce à quoi il répondait oui, mais pas avec n’importe qui. L’attentat contre Charlie l’a récemment démontré : si les raisons de pleurer sont les mêmes de Pékin à Tombouctou en passant par Détroit, celles de rire sont loin d’être universelles.

C’est le propos du numéro 1269 (2015) du Courrier international qui pose la question : « De quoi rit-on ailleurs ? ». Où l’on apprend avec intérêt comment les joutes politiques se transforment en jeux de mots en Grande-Bretagne, la date de la journée de l’humour en Argentine et l’existence en Irak d’une série télévisée caricaturant l’État islamique.

Le numéro 61 (2013) de la revue Terrain consacrée au même sujet s’interroge sur ce qui fait rire les Indiens, les Chinois, les minorités, les fous, les sages et les chimpanzés (qui eux aussi à l’instar des rats se gondolent quand on les chatouille).

On le voit, l’humour, le comique, la franche rigolade ne sont pas les mêmes du Nord au Sud, d’un étage à l’autre, ni même du jour au lendemain.

Ainsi, la revue l’Histoire titre son numéro du mois de mars 2015 « Rire, pleurer, haïr au Moyen Age ». On y découvre que Messire Rire n’a pas été toujours bien vu, qu’il était considéré comme un suppôt du diable et que les religieux recommandaient à leurs ouailles de ne pas rire le vendredi.

L’explication en est donnée par Jacques le Goff, dans « Une enquête sur le rire » (Annales histoire, sciences sociales n° 3, 1997) : L’ancien testament distinguait deux phénomènes, désignés par deux mots : sâkhaq, le rire joyeux qui donne son nom à Isaac, et Iâag, le rire moqueur, de dénigrement ».

C’est donc bien ce rire moqueur, d’un mauvais esprit, voire satanique qui est fustigé, comme le confirme Laurence Molinier, qui publie dans ce même numéro « Quand le Malin fait de l’esprit ». Antoine de Baecque décrit quant à lui « La culture aristocratique du rire ». Preuve s’il en est que le rire est bien une question de lieu, de personne et de temps.

Mais au fait, pourquoi rit-on ? Si le mécanisme du rire est intéressant, sa description n’est pas franchement hilarante. A retenir cependant : le rire est un réflexe et fait un bien fou à notre corps ! D’ailleurs, les ateliers de rigologie ou autres yoga et thérapie par le rire font florès.

Gilbert Diatkine a pour sa part publié un article sur le rire dans la Revue française de psychanalyse (n° 2, 2006) dans lequel, entre autres, il explore les différents niveaux de rire et leurs rapports avec l’inconscient.

Répertorier et analyser tous les types d’humour est précisément la mission que se donne la revue Humoresques, avec des titres aussi alléchants que « Adapter le comique et l’humour, Histoire, humour et caricatures, L’enfance du rire, Spectacles grotesques…

A noter que cette revue est disponible à la bibliothèque ainsi que sa consœur Ridiculosa, plus axée sur la caricature.

Vous pourrez retrouver les documents cités ci-dessus et d’autres encore dans la salle des revues, en présentation jusqu’à fin mars.

 

 

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