Pierre Bulliard, un vulgarisateur scientifique du 18e siècle

Flora Parisiensis / Pierre Bulliard.- Paris : Pierre François Didot le jeune, 1776-1783

Champignons

L’ouvrage le plus remarquable, d’un point de vue scientifique, de Jean Baptiste François, dit Pierre Bulliard (1752-1793) est son Histoire des plantes vénéneuses et suspectes de la France (1784), qui parut à nouveau entre 1791 et 1812 avec le titre Histoire des champignons de la France. Constitué de 400 planches de champignons, ce livre  est l’un des premiers ouvrages de référence en mycologie. Mais Bulliard s’intéressa également aux fleurs et, pour les champignons comme pour celles-ci, il travailla à produire des illustrations de grande qualité.

Flore

Pierre Bulliard publia de 1776 à 1783 une Flore de Paris (Flora parisiensis), constituée de six tomes de textes et de 640 planches. Il ne décrivit pas dans cet ouvrage de nouvelles espèces, mais il proposa une refonte d’un livre antérieur, le Botanicon parisiense. Il utilisa pour cela le système de Linné, qui avait proposé en 1735 une classification des plantes, très remarquée, s’appuyant sur l’observation des organes sexuels ; mais il commit quelques erreurs.

Des ouvrages au prix modique

Pierre Bulliard souhaitait vulgariser les connaissances botaniques de son temps au moyen d’ouvrages de qualité, illustrés d’images belles et exactes et vendus à un prix raisonnable. Ayant appris à dessiner auprès de Martinet, illustrateur de Buffon, il réalisait lui-même les dessins des plantes. En publiant ses ouvrages en livraisons successives, il répartissait dans le temps les coûts d’impression et faisait baisser les prix de vente, ce qui facilitait l’achat.

Gravures en couleur

Pour ne pas avoir à colorier les illustrations à la main, il reprit une technique mise au point par le Hollandais Johannes Teyler et utilisée également par Pierre-Joseph Redouté (le « Raphaël des fleurs ») : le système de la poupée. Contrairement au procédé par repérage, une seule planche gravée était utilisée. L’encrage dans différentes couleurs, qui devait être répété pour chaque tirage, se faisait avec un petit tampon, la « poupée », ou avec un pinceau. Bulliard publia ainsi les premiers ouvrages de botanique sans retouche à la main.

L’exemplaire de la Flore de Paris conservé au Fonds ancien sera exposé jusqu’au 20 décembre à la Bibliothèque universitaire de Médecine-Pharmacie. Le 25 novembre à 13h, une présentation permettra aux visiteurs de découvrir l’histoire de la botanique au 18e siècle et de consulter ensuite l’ouvrage ancien (s’inscrire auprès de Karine Furcy : karine.furcy@univ-poitiers.fr / 05 49 45 43 73).

Indications bibliographiques

Botanique et médecine anciennes à travers le patrimoine des Universités toulousaines : [exposition présentée à la Bibliothèque universitaire Santé – site de Rangueil [Toulouse], du 15 novembre au 15 décembre 2005] / Textes de : Marielle Mouranche, Isabelle Fourasté, Dominique Mazau.- Toulouse : SICD, service du livre ancien, 2005

Claude Hartmann. « L’Herbier de Pierre Bulliard : une « première » dans l’édition scientifique », dans La bibliothèque numérique Medic@

Joëlle Magnin-Gonze. Histoire de la botanique.- Paris : Delachaux et Niestlé, 2004

Madeleine Pinault Sørensen. Le livre de botanique : XVIIe et XVIIIe siècles.- Paris : Bibliothèque nationale de France, 2008

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