Hoax et littérature saoudienne

C’est une histoire qui commence par une fausse nouvelle répandue sur Internet: une écrivaine saoudienne, Balkis Melhem, a été assassinée par ses frères, très religieux, parce qu’elle était trop proche des laïcs.

Sauf que…on a beau chercher des sources à cette nouvelle qui se répand comme traînée de poudre sur les réseaux sociaux, on ne trouve rien, même en cherchant sur Factiva, notre base de données de presse internationale. Rien, au point de douter de l’existence même de Balkis Melhem.

Il s’avère en fait que Balkis Melhem existe bel et bien et qu’elle va très bien. La fausse nouvelle de sa mort ressurgit périodiquement et est à chaque fois démentie par l’intéressée, notamment sur son compte Twitter. Un article de Rue 89 fait le point sur ce hoax.

Mais au-delà du hoax c’est l’occasion de se pencher sur cette littérature saoudienne dont on ne sait pas grand chose. Même wikipédia pour cette fois reste presque muet, ne fournissant la notice descriptive que d’une seul écrivaine contemporaine.

Saudi Arabia. Par Zamanalsamt. Flickr.com. CC BY-SA 2.0.

Saudi Arabia. Par Zamanalsamt. Flickr.com. CC BY-SA 2.0.

Si les BU de Poitiers ne conservent aucun livre précisément sur la littérature d’Arabie Saoudite, on peut noter que même dans l’ensemble des BU françaises il y en a très peu, puisqu’une recherche au Sudoc sur les termes « Arabie Saoudite littérature » ne donne que 7 documents en français.

Si la littérature saoudienne peine à se faire connaître, c’est principalement à cause de la censure. Cet article de Courrier International paru en 2009 rappelle que les écrivains saoudiens sont édités au Liban ou en Egypte ; les livres rentrent ensuite en Arabie Saoudite. C’est pourquoi la police religieuse fait régulièrement des descentes dans les librairies pour saisir les livres interdits.

Malgré cette censure, la littérature saoudienne est en plein essor, notamment du fait de jeunes écrivains qui publient et se font connaître par Internet. Deux articles (ici et ) parus en 2007 sur le blog « Culture et politique arabes » du chercheur Yves Gonzales-Quijano font le point sur cet essor en donnant une foule de noms à connaître et à suivre si l’on s’intéresse au sujet.

Pour deux références de littérature saoudienne traduite en français, on peut également se reporter au blog « Le tao du migrant » qui, sous l’entrée « Littérature saoudienne », évoque un recueil de nouvelles, Le mercredi soir, de Badriyah al-Bishr, et un roman, Loin de cet enfer, de Yousef al-Mohaimeed.

Enfin, en 2010 dans la Revue de littérature comparée accessible via Cairn, Frédéric Lagrange a publié un article intitulé « Arabies malheureuses: corps, désirs et plaisirs dans quelques romans saoudiens récents » (permalien vers l’article / texte intégral accessible pour la communauté universitaire de Poitiers).

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Une réflexion au sujet de « Hoax et littérature saoudienne »

  1. A chaque fois je me fais avoir par ce genre d’annonce, pourtant à chaque fois je me promets de faire plus attention la prochaine fois !

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