Pourquoi je kiffe la science

je-kiffe-grave-1Avec un tel titre, mon relecteur d’orthographe favori n’est pas passé loin de la crise cardiaque! Il faut dire que je n’y suis pour rien, le coupable n’est autre que Sirtin,  membre du café des sciences, qui a lancé une chaine  sympathique de billets où de nombreux camarades du café racontent d’où vient leur passion de la science (Sirtin SciencePourquoi Comment CombienÇa se passe là hautLe webinet des curiositésTout se passe comme siPourquoi le ciel est bleuLes coulisses de Podcast Science, Sweet Random Science, Le monde et nous, Sciences dessus dessous, Le bLoug, Nicotupe et  Scepticisme scientifique). Beaucoup de blogueurs sont « tombés dedans quand ils étaient petits », d’autres, plus minoritaires, ont découvert les joies de la science sur le tard. Un seul point commun chez tous: la curiosité et l’envie de comprendre.  

Il serait tentant rétrospectivement de construire une belle histoire autour de ma passion pour la science. Mais, même en ayant pris le temps de la réflexion, il me parait clair aujourd’hui que les chemins qui m’ont amené à la science sont divers, parfois contradictoires et le hasard des rencontres n’y sont certainement pas pour rien.

Sham et la science

Sur les deux grandes tendances que j’exposais en introduction, je dirais que je ferais plutôt partie des minoritaires. Je n’ai jamais été réellement fasciné par la science durant mon enfance, j’aimais la sensation provoquée par la résolution d’exercices complexes, de temps en temps j’expérimentais (torturais, réellement) bien sur quelques pauvres fourmis, mais pas de passion de la découverte, ni de curiosité débordante. Étrangement, vu la teneur de ce blog, j’étais plutôt fasciné par ce qu’aujourd’hui j’appelle les pseudosciences.

Sham et les pseudosciences

Au cours de mon adolescence, je faisais tourner les tables et les verres avec un groupe d’amis. J’avais lu avec passion le livre d’Allan Kardec sur le spiritisme, et, bien que déjà profondément athée, je m’étais juré de croire aux esprits jusqu’à la fin de ma vie 1. J’étais aussi un grand fan des versions télévisées de comics de super héros américains sauveurs du monde et des mangas japonais science fiction débouchant sur l’apocalypse 2 (type Akira). Rétrospectivement, il est amusant de constater combien la culture populaire est influencée par le vécu d’un pays: les États-Unis sauveur du monde comparés au Japon victime des dérives technologiques. Plus tard, j’ai développé une véritable passion pour la magie mais le scepticisme m’avait déjà rattrapé et je cherchais principalement à comprendre les mécanismes utilisés par les illusionnistes. La simplicité du « truc » dans un tour de magie m’a toujours bien plus fasciné que le tour en lui même. La psychanalyse aussi m’a longtemps fasciné avant de l’abandonner en découvrant les nombreux mythes qui l’entoure.

Sham et la politique

J’ai eu ensuite un très long parcours en politique qui continue aujourd’hui en sourdine. Je crois que c’est à ce moment que j’ai découvert le goût de l’analyse et de l’apprentissage; j’ai appris à argumenter, à faire des recherches, à me cultiver pour mieux défendre mes idées. Sans ce parcours politique, ce blog n’existerait certainement pas. Paradoxalement, plus je m’engageais en politique, plus je cherchais à parfaire mes arguments et plus je découvrais les limites qu’il pouvait y avoir dans certaines des positions que je pouvais défendre. J’avais besoin en quelque sorte d’une argumentation infaillible, une recherche de la vérité qui me poussait de plus en plus vers la science 3. Ma lutte politique contre les inégalités s’est donc naturellement transformée en lutte pour rétablir certaines vérités scientifiques.

Comprendre avant tout

Mais comme je le disais plus haut, retracer les évènements qui m’ont fait aimer la science n’est pas chose aisée. Les détails que j’expose ici ont certainement joué un rôle mais j’en oublie probablement plein d’autres peut-être encore plus importants. Le thème récurrent, le leitmotiv, reste le désir de comprendre. Les marxistes associent la notion de liberté à celle du contrôle, ce qui peut paraître contradictoire et sujet à polémique. Néanmoins, on comprend aisément qu’on est libre seulement si on est capable de choisir la direction dans laquelle on veut aller. En ce sens, la science est pour moi un formidable outil pour atteindre cette liberté… ça méritait bien un « kiff » 😉

sham (Facebook, Twitter, Google+)

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Notes:

  1. La contradiction ne me sautait pas aux yeux à l’époque.
  2. Il me faut aussi mentionner la BD culte de Jodorowski, l’Incal qui a profondément marqué mon adolescence.
  3. Aujourd’hui, je me rends compte à nouveau que cette infaillibilité n’est pas atteignable mais cela n’empêche pas d’essayer.

4 réflexions au sujet de « Pourquoi je kiffe la science »

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  4. Coriolan

    « En matière de Science, il existe un grand principe: il n’y a pas d’argument d’autorité. Ce qui importe, ce sont d’abord les observations et les mesures, puis les théories et les calculs, éventuellement numériques. L’autorité supposée de celui qui les rapporte (avec des sources vérifiables) s’efface devant le contenu des informations. En matière de Sciences, le scepticisme est un devoir. » Pr Jacques DURAN, physicien. Auteur de: Passion Chercheur. BELIN, 2005. Et animateur du blog: pensée-unique.fr

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