La gentillesse est-elle « utile » au travail ?

 Le souci de l’autre est-il compatible avec les besoins d’efficacité de l’entreprise ?

Lancé il y a un an par la revue Psychologies, « l’Appel à plus de bienveillance au travail » est signé aujourd’hui par plus de 300 entreprises. A l’heure où l’on n’ose plus dénombrer les suicides sur le lieu de travail, et où l’on masque sobrement les ravages du stress au travail derrière les sibyllins RPS (Risques Psycho-sociaux), l’affaiblissement du collectif de travail n’est plus un mythe. Si parler de gentillesse au travail s’avère alors une évidence (surtout un 13 novembre – cf. le précédent article…), n’est-ce pas autant une provocation gratuite, reflet d’un idéal aux antipodes des réalités pragmatiques de l’entreprise ?

 

Photo credit Svenwerk via Photopin CC

 

« Accoler la gentillesse au management, c’est de la duperie. »

Jean-Marc Borello, fondateur du Mouvement des Entrepreneurs Sociaux, affirme sans détours : « Accoler la gentillesse au management, c’est de la duperie »

 » La gentillesse a-t-elle sa place dans l’entreprise ? Oui, sûrement. Mais elle a davantage sa place dans les rapports entre salariés que dans les rapports hiérarchiques employeur/employés. Ce n’est pas très politiquement correct, mais je ne crois pas à la gentillesse comme arme de management. Dire le contraire serait démagogique. La gentillesse dans l’entreprise, c’est avoir comme préoccupation première l’autre et son bien-être.

C’est pour cela que les rapports hiérarchiques me paraissent antinomiques avec cette définition. Dans les rapports de l’employeur vers l’employé, c’est davantage une relation de bienveillance qui s’établit, liée à l’exigence et à la fermeté. Exigence, respect, bienveillance, c’est en tout ca comme ça que je manage. Y accoler de la gentillesse serait de la duperie. Parce que le rôle du management est de fixer des objectifs et de les atteindre.

Paradoxalement, il est plus facile d’être gentil avec ses partenaires, voire ses concurrents, qu’avec ses employés. Parce que la gentillesse fonctionne bien à parité, quand il n’y a ni hiérarchie ni pouvoir d’une personne sur une autre. Quand je ne suis pas en situation de responsabilité, je suis plus gentil que quand je suis en situation d’autorité dans ma propre maison. Dans le deuxième cas, je suis exigeant, bienveillant certainement, mais pas gentil.

D’ailleurs, pour moi, l’avenir de l’économie est là : dans la confiance, le respect et la bienveillance, pas dans la gentillesse. Ce sont ces valeurs qui caractérisent l’économie sociale par rapport aux entreprises où les finances sont centrales. La qualité du rapport entre les gens y est privilégiée, ce qui est logique dans un secteur centré autour de l’humain. Mais ce n’est pas forcément de la gentillesse… « 

 

Retenons donc pour principe que davantage que la gentillesse, c’est d’abord la bienveillance qu’il est fructueux d’incarner et de promouvoir autour de nous en entreprise… Tel est précisément le propos de Juliette TOURNAND, citée dans un article précédent pour son ouvrage intitulé « La stratégie de la bienveillance ou l’intelligence de la coopération ». Cette dernière illustre combien la bienveillance bien conduite est imbattable pour se diriger vers une réussite sereine et durable.

 

Pour aller plus loin : 14 bonnes pratiques pour promouvoir la bienveillance en entreprise

Alors, si vous avez décidé de passer à l’action, la revue Psychologies, instigatrice de la Journée de la Gentillesse en France, propose ainsi concrètement 14 bonnes pratiques pour promouvoir la bienveillance en entreprise :

http://journee-de-la-gentillesse.psychologies.com/La-bienveillance-au-travail/14-bonnes-pratiques-au-travail

Quelques pistes concrètes pour promouvoir le bien-être, la convivialité, la communication, l’implication, la responsabilisation, la diversité, l’optimisme, le développement durable, la démocratie…

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