Journée de la gentillesse…

« Les gens gentils sont en meilleure santé…! ». Présentée comme cela, l’affirmation peut faire sourire ; mais si on se dit qu’être gentil au quotidien traduit une tournure d’esprit positive et une approche apaisée de « l’autre », cela se conçoit plus aisément !

Le 13 novembre est la Journée de la Gentillesse. Dans la rue, dans l’entreprise, à l’école, sur le web…, le 13 novembre prochain, qu’est-ce qu’on attend pour être gentil ?

Credit photo melolou via Photopin CC

Une journée mondiale

Apparu au Japon dans les années 1960, le Small Kindness Movement entendait enrayer la montée de la violence à l’université de Tokyo. Pour son président, si chacun faisait preuve d’une petite attention quotidienne, la bienveillance finirait par embraser le campus, la ville et le pays. Le World Kindness Movement est ensuite né en 1997 : il est à l’origine de Journée mondiale de la gentillesse, qui a lieu chaque année le 13 novembre. Il compte aujourd’hui des millions de membres dans dix-neuf pays. En 2009, le magazine Psychologies reprenait l’initiative en France…

« Gentillesse n’est pas faiblesse »

Valeur positive embrassant générosité, bienveillance et altruisme, la gentillesse a pourtant souvent mauvaise presse. Dans un monde parfois cynique et brutal, le gentil est forcément faible et naïf. Synonyme pour certains de mièvrerie ou de simple bêtise, la gentillesse est vite renvoyée au pays des Bisounours, là où, justement, « tout le monde est beau et gentil ».

Néanmoins, le nombre d’ouvrages « sérieux » publiés ces dernières années sur le sujet laisse à penser que la gentillesse est une valeur moderne, plus que jamais nécessaire…

Auteur de « La stratégie de la bienveillance ou l’intelligence de la coopération », Juliette Tournand, diplômée de l’EDHEC et de l’INSEAD, applique cette ligne de conduite pour coacher les dirigeants en matière de performance. De « L’art d’être bon » de Stefan Einhorn, à « Petit Eloge de la gentillesse » de Emmanuel Jaffelin, il semble décidément que « Gentillesse ne soit pas faiblesse ».

Gentillesse, disponibilité, sécurité, réciprocité…

Dans la vraie vie, on croit volontiers qu’il vaut mieux être battant, égoïste et sans états d’âme, pour réussir et se faire respecter. Le gentil, le mollasson, le soumis, trop faible pour connaître ses désirs et pour les imposer aux autres, est fatalement un perdant, utilisé par les cyniques pour effectuer les basses besognes. « Merci, tu es bien gentil », recueille-t-il avec dédain.

Aujourd’hui, nous ne considérons souvent la gentillesse que sous l’angle de la manipulation (une séduction pour arriver à ses fins) ou de la vulnérabilité. Celle du timide, qui ne sait pas dire non, prêt à tout pour être aimé… quitte à « se faire avoir ». Un vrai contresens quand on considère que son fondement, l’empathie, demande réciprocité : « être à l’écoute des pensées et des émotions de l’autre, tout en acceptant qu’il ait accès aux miennes ». Une disponibilité à l’imprévu, qui exige, précisément, sécurité intérieure et confiance en soi.

Etre librement gentil…

Loin d’être une faiblesse qui inhiberait le moi et l’empêcherait de rencontrer autrui, c’est une force qui permet de s’ouvrir aux autres. Pour être librement gentil, il faut avoir le choix de ne pas l’être. À la différence de celle de l’anxieux social qui n’ose pas s’affirmer, la gentillesse consentie dépend du contexte. C’est un choix comportemental qui me laisse la possibilité de faire un pas en arrière si je constate que l’autre ne la mérite pas, et non un engrenage de soumission.

Ainsi, disposition positive à voir le bon côté de l’autre, elle n’a rien d’obligatoire : je peux choisir de ne pas être gentil sans pour autant être un affreux méchant. Peu coûteuse en temps et en énergie, c’est une vertu efficace qui se cultive et se transmet facilement. Il me suffit en effet d’en bénéficier pour que mon estime de moi grandisse, et qu’il me prenne l’envie d’être chaleureux à mon tour. La gentillesse produit de la bonne humeur, du lien social et rend la vie plus douce : elle a le pouvoir de nous élever un peu, de nous anoblir, et tout cela en un minimum d’efforts ! Ainsi, contrairement à la sagesse des philosophes antiques qui demandait une ascèse, ou à la sainteté chrétienne qui exigeait le sacrifice, c’est un état d’esprit à hauteur d’homme et à portée de main. Un héroïsme des petits gestes et aux grands effets…

A vous de jouer… !

La gentillesse combat l’ignorance, dissipe la peur et la méfiance. Non seulement les petites attentions données ou reçues rendent la vie plus douce, mais elles renforcent notre estime de nous-mêmes. Mieux encore, il suffit de peu de temps et d’efforts pour embellir son quotidien : un merci, un sourire ou un geste de solidarité même modeste…

Dans la rue, dans l’entreprise, à l’école, sur le web… le 13 novembre prochain, à vous de jouer !

Et en entreprise, la gentillesse a-t-elle sa place…? A suivre dans un tout prochain article…

Pour aller plus loin : http://journee-de-la-gentillesse.psychologies.com/

 

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